- Un canapé «végétal» à Kiev. REUTERS/Anatolii Stepanov -
Pourquoi la réalité psychique disparaît dès lors que sont évoqués les sujets de l’homosexualité et de l’homoparentalité? C’est l'interrogation que je souhaiterais adresser, en tant que psychologue, aux différents psychologues et/ou psychanalystes qui prennent la parole en défaveur de l’homoparentalité (et donc de l'homosexualité, car c'est bien cette question qui in fine se pose à nouveau et qui sous-tend celle de l'homoparentalité).
Il est en effet tout à fait surprenant de constater la ferveur, voire la rage, que convoquent ces questions chez de nombreux –trop nombreux– «psys», questions qui semblent agir comme un impensable, un inentendable, un ininterrogeable.
Face à celles-ci, certains psychanalystes ou psychologues cliniciens d’obédience psychanalytique se bornent à un point de vue des plus factuels, descriptifs, ce qui constitue une véritable trahison de la pensée psychanalytique, qu’elle se réclame de Freud ou de Lacan.
Fi de tous les concepts qui fondent le corpus, le prisme de lecture psychanalytique est en réalité brusquement abandonné lorsqu'il s'agit d'homosexualité ou d'homoparentalité: plus de dialectique entre réalités externe et interne, plus d’inconscient, plus d’épaisseur fantasmatique, plus de primat du symbolique, plus de bisexualité psychique mais un concret purement conscient.
Le «comportement», à savoir la pratique d’une sexualité homosexuelle, semble agir comme un Réel (au sens lacanien du terme) et tout emporter sur son passage. Ainsi, ce que ces psys semblent nous dire est que, lorsqu’il s’agit d’homosexualité ou d’homoparentalité, un cigare est un cigare –si vous me permettez l’expression. Première nouvelle!
Il est par ailleurs intéressant de constater la force d'attraction dont est dotée l’homosexualité: pourtant sortie des classifications psychiatriques [1], elle persiste à se constituer «diagnostic» majeur pour de nombreux psys, qui, au moyen d’une causalité aussi univoque qu’arbitraire, ramèneront tous les éléments de la vie psychique d’une personne ayant une pratique homosexuelle à cette dernière, récusant ainsi le principe même de l'analyse, au profit de son opposé, celui d'une catalyse (et cela bien qu’un grand nombre de travaux de recherche en psychologie clinique s’accordent pourtant désormais à parler d’homosexualités, au pluriel, le singulier n’ayant aucun sens –pas plus qu'il n'en aurait pour l'hétérosexualité– ayant à maintes reprises démontré qu’une homosexualité «agie» ne permettait de présager d’aucune organisation psychopathologique spécifique).
Si l'homosexualité fantasmée ou sublimée est accueillie «sans résistance» par les psys et articulée sans difficulté à la vie psychique de celui ou celle qui l'énonce, la levée de «l'inhibition quant au but» produit un véritable tollé, créant une rupture identificatoire franche chez l'interlocuteur post-freudien.
Freud était pourtant ouvertement opposé à la discrimination des homosexuels, qu'elle concerne les analystes (en formation) [2] ou les patients, estimant que l'homosexualité ne peut en rien être considérée comme une maladie et à ce titre ne constitue pas un motif pour une cure analytique [3]. Propos que ses contemporains se sont bien gardés de mettre en avant.
L'homosexualité est dans le discours insidieusement ramenée au pathologique par un jeu de pures correspondances, étant avant tout envisagée comme l’inverse d’une hétérosexualité –quid de la bisexualité– assimilée sans plus d’interrogations au «normal».
L’amalgame est intéressant, car face à la question de l’homosexualité, l’hétérosexualité se constitue magiquement comme critère fondamental –et se suffisant à lui-même– d’une santé mentale et garant d'un heureux destin… deuxième nouvelle!
Car sauf avis contraires, il me semble pourtant que les services de l’Aide sociale à l’enfance, et mieux encore, ceux de psychiatrie regorgent d’enfants –possiblement devenus adultes– de parents hétérosexuels, non? Mais il ne viendrait à l’idée de personne d’inférer l’hétérosexualité des parents pour expliquer les difficultés rencontrées par ces individus. Ce serait en effet absurde. Cela l’est tout autant concernant l’homosexualité.
Car, depuis quand la différence des sexes se résume-t-elle à la différence des sexes, dans la réalité externe, du seul couple parental?!
Réduire le concept de différence des sexes à une réalité anatomique des figures parentales est une aberration théorique. La réalité anatomique –bien au-delà de celle des parents!– n'intervient que comme support de la différence des sexes, telle qu’elle est envisagée par la psychanalyse. Ce qui importe est son incidence et sa reprise psychiques, s’articulant aux problématiques œdipienne et de castration.
Rendre la réalité psychique, en l’occurrence l’accès à la différence des sexes, uniquement tributaire de la réalité externe anatomique des seuls parents est absurde.
Que les psychanalystes inquiets pour l'Œdipe s'apaisent... il aura lieu! Faites confiance aux enfants. Il se déploiera certainement différemment qu'au sein d'une famille dite «traditionnelle» –ce qui d’ailleurs ouvrira un champ de recherches des plus passionnants, afin d’en découvrir les modalités– mais l'histoire de l'Œdipe «non-orthodoxe» a commencé depuis bien des années déjà avec l'apparition croissante des familles «recomposées», «monoparentales», etc.
Qui oserait en effet soutenir qu’être un père et une mère est davantage une réalité biologique et anatomique que des fonctions voire des places?! Et rappelons que la «scène primitive» est importante en ce qu'elle est un fantasme originaire. Mais là encore, face à la question de l'homoparentalité, seule la réalité externe du coït est invoquée et brandie, pour mieux en dénoncer l'absence.
Ces craintes ont pourtant déjà été invalidées par l'épreuve de réalité, car le même argumentaire avait été avancé à l'orée de la procréation médicalement assistée. L'expérience nous a montré que ces dernières étaient infondées.
La question des origines est évidemment fondamentale quant à la construction identitaire, mais elle est avant tout langage, c'est-à-dire ce que les parents vont pouvoir en penser et en dire. Les travaux de Geneviève Delaisi de Parseval sont tout à fait éclairants sur ce point.
Enfin, assimiler homosexualité et trouble identitaire est scandaleux et qui plus est, encore une fois, un non-sens théorique tel qu’il ne peut renvoyer qu'à une malhonnêteté intellectuelle certaine.
Car les psys qui crient au scandale du «même» et à la soi-disant abolition de la «différence» (la différence anatomique devenant brusquement la différence tout court) font l’impasse sur la notion d’altérité, et convoquent en lieu et place de celle-ci un principe de discrimination, au sens le plus péjoratif du terme, comme seule à même de garantir la «différence». Curieux point de vue...
D’autant que la question de l’altérité paraît tout à fait centrale lorsque l’on souhaite aborder le thème de la différence: reconnaître l’autre sans se confondre avec lui... et sans le confondre non plus; reconnaître l’autre comme un sujet à part entière, au même titre que soi, mais distinct de soi.
Ainsi, un autrui de même sexe peut être un autre... et un autrui de l’autre sexe pas... ou l’inverse. Le choix d’objet amoureux et la pratique sexuelle ne sont aucunement des critères pour le déterminer.
Homosexualité/hétérosexualité n’est pas une ligne de démarcation pertinente concernant la reconnaissance de l'altérité ou son défaut, pas plus qu’elle ne l’est concernant l'accès à la différence des sexes ou son défaut.
La pratique homosexuelle ne relève plus ni de la psychiatrie ni du juridique. N’en déplaisent à ceux qui s’obstinent, non sans outrage, à considérer les sujets ayant une pratique homosexuelle comme des demi-sujets à la sexualité «inachevée», c'est-à-dire une «hétérosexualité manquée». Les Lois soutiennent le fait qu’ils sont des Sujets à part entière, inscrits dans le symbolique. Et le symbolique n’est pas le biologique. Demander à inscrire leur désir d’enfant dans l’ordre symbolique est on ne peut plus légitime.
Ainsi, conformément à ce que mentionne la pétition «Lettre ouverte: Des psychanalystes face à l’égalité des droits et au “mariage pour tous”», aucun élément rigoureux ne permet, d'un point de vue psychologique, de nous opposer à ce projet.
Outre ma signature, je serais tentée d’ajouter la clause de conscience qui est mienne, en tant que psychologue: lever la négation, et allant plus loin qu'un simple «pas contre», me déclarer favorable à ce projet de loi.
Noémie Capart
» Tribunes, enquêtes, analyses sur le mariage pour tous: un dossier pour en parler
[1] L’homosexualité fut retirée du DSM (III) en 1973. Retourner au texte
[2] «dans une lettre circulaire adressée au Comité secret, Freud et Jones répondent sans ambiguïté: "Votre question, cher Ernest, concernant l'adhésion éventuelle d'homosexuels a été examinée par nous et nous sommes en désaccord avec vous. En effet, nous ne pouvons exclure de telles personnes sans autres raisons suffisantes et nous ne sommes pas d'accord avec leur poursuite légale."» in Le Corre L., 2009, «Existe-t-il des psychanalystes lesbiennes?», Journal des anthropologues, 116-117, p 351-357. Retourner au texte
[3] Freud S., lettre à Mrs N. N... 9 avril 1935 in Correspondance, 1873-1939, Paris, Gallimard, 1966, p. 461. Retourner au texte
Merci pour cette mise au point.
Je ne suis pas psy mais cette notion d'altérité mise en avant par les ''anti'' m'agaçait profondément et je ne comprenais pas pourquoi ''l'autre'' ne saurait être du même sexe. Le fait que ce postulat n'était jamais remis en cause me troublait.
Votre article me conforte et me réjouit.
Votre avis de psychologue est sans doute très intéressant, mais il n'engage que vous car, comme vous le soulignez, il y a dans votre discipline des gens aussi qualifiés que vous qui pensent le contraire de ce que vous énoncez. On regrettera juste qu'ils ne puissent s'exprimer aussi longuement sur Slate.
Par ailleurs, la psychologie n'est pas une science infaillible et ne prétend pas l'être; donc mettre en avant votre qualité pour donner du poids à vos propos semble un peu prétentieux. Si vous et vos collègues étiez infaillibles, comment expliquer les erreurs d'appréciation des psychologues sur le profil psychologique de certains criminels?
Quant à votre raisonnement tordu sur le fait que la loi autoriserait le mariage et l'adoption aux homosexuels parce qu'ils sont "dans le symbolique", je serais curieux de voir d'où sort cette fabuleuse jurisprudence si ce n'est de votre chapeau.
On peut débattre de tout, mais quand on commence à vouloir lire dans les lois ce qui n'est inscrit nulle part, on est dans la falsification partisane et cela est difficilement admissible de la part d'un professionnel. Le droit ne fait rien de plus que de protéger les homosexuels de la discrimination et de reconnaitre leur droit à l'union dans le cadre du PACS. Le reste relève de votre rhétorique fumeuse mais, malheureusement, la loi s'y prête moins facilement que la psychologie.
La prochaine fois que vous rédigez une lettre ouverte à vos collègues avec des arguments ayant trait droit, faites-la relire par des juristes.
Il y a certains passages qui trahissent le lacanisme : impigeables et tellement ronflants!
Tout ça pour poser la théorie des genres comme allant de soi ma brav'dame.
Mais bien sûr : on n’est masculin ou féminin que par un pur hasard, que seul le carcan étriqué du petit bourgeoyisme pourrait imaginer comme étant lié à une quelconque caractéristique anatomique, ça serait bien trop simpliste!
Alors voilà, je suis libre : je suis anatomiquement un homme, mais je veux vivre ma féminité, et mon homosexualité, ce qui me fera coucher avec une femme, tout le monde a suivi et trouve ça logique j'espère?
(je suis un homme et je couche avec ma femme, ça fait trop simple et petit bourgeois, non?)
rhaââah c'était d'la boooonne!
Quel article verbeux.
Puisque vous semblez vous targuer d'une démarche scientifique, ce qui détermine en premier lieu le fait que l'on soit un homme ou une femme, ce sont les chromosomes. Pas le fait d'avoir un gros zizi ou petite foufoune.
Les chromosomes sexuels déterminent beaucoup plus que l'apparence extérieure. Ils sont à la racine de tout un ensemble d'hormones qui différencient assez singulièrement l'homme et la femme, dès le début de la vie, jusque dans leur caractère. Ce qui permet de situer l'altérité à un autre niveau que celui purement technique de la génitalité(et pourtant ce niveau technique permet à toute personne n'ayant pas la vision embrumée par des théories fumeuses de voir ce qui est : l'homme n'est pas une femme et vice-versa).
Le corps est la manifestation extérieure de ce qui est profondément ancré à l'intérieur.
Après, nous avons tous du féminin et du masculin en nous et c'est d'ailleurs merveilleux de voir des petits couples de vieux qui finissent par se ressembler à force d'avoir pétri leurs vies ensemble. Le côté macho ou bien le côté séductrice s'est totalement effacé pour laisser place à un amour simple et vrai, un accueil réciproque de l'autre tel qu'il est.
Mais allez demander à ces couples si, pour autant, ils sentent qu'ils ont changé de genre... Il va falloir vous lever tôt pour en trouver...
En niant l'existence de l'altérité homme femme, vous commettez un crime parce que vous empêchez la construction d'un dialogue ayant pour but de comprendre cette altérité et d'en faire une force. Car c'est bien ce qui est comblant dans l'amour : se dire que, malgré notre différence primordiale et essentielle, nous parvenons à nous aimer, à nous comprendre, à vivre ensemble, bref à surmonter cette différence. Trouvez moi des homos qui se disent totalement comblés par leur amour et qui restent toute leur vie durant avec la même personne. J'ai lu beaucoup d'articles d'homos déçus qui disent enchaîner les aventures parce qu'ils sont insatisfaits, à la recherche de quelque chose qu'ils n'ont pas identifié mais qu'il leur faut pour être apaisés..
"Que les psychanalystes inquiets pour l'Œdipe s'apaisent... il aura lieu! Faites confiance aux enfants. Il se déploiera certainement différemment qu'au sein d'une famille dite «traditionnelle» –ce qui d’ailleurs ouvrira un champ de recherches des plus passionnants, afin d’en découvrir les modalités– mais l'histoire de l'Œdipe «non-orthodoxe» a commencé depuis bien des années déjà avec l'apparition croissante des familles «recomposées», «monoparentales», etc."
Quel cynisme ! Quelle inconscience ! Comment pouvez-vous considérez les enfants susceptibles d'être élevés par des couples composés de personnes de même sexe comme un simple "champ de recherches des plus passionnants" ? Les enfants élevés dans des familles recomposées ou monoparentales ont rarement leur mot à dire à propos des choix désastreux de leurs parents qu'ils subissent et qu'ils vivent comme une dégradation de leurs conditions de vie familiale initiale.
Là, le législateur s'apprête à instaurer un régime juridique susceptible d'autoriser l'un des parents à organiser dès la conception d'un enfant une vie familiale interdisant d'emblée à l'autre parent de faire partie de l'environnement immédiat de l'enfant.
Le législateur est-il en droit de porter ainsi préjudice à un enfant ?
Puisque vous parlez d'Oedipe, il me semble que ces enfants seront un jour face à l'un de leur parent dans la situation d'Antigone apostrophant le roi Créon, son père, au sujet de son refus d'inhumer Polynice, leur frère et fils :
« Je ne croyais pas que les édits eussent tant de pouvoir qu’ils permissent à un mortel de violer les lois divines, lois non écrites celles-là mais intangibles. »
Bigre, voilà que je fais erreur au sujet de l'ascendance d'Antigone : Créon n'est pas son père mais son oncle. Antigone et Polynice sont enfants d'Oedipe et de Jocaste, soeur de Créon.
La correction de cette bévue me donne l'occasion de découvrir de nouvelles perles dans ce texte, notamment :
"C’est l'interrogation que je souhaiterais adresser, en tant que psychologue, aux différents psychologues et/ou psychanalystes qui prennent la parole en défaveur de l’homoparentalité (et donc de l'homosexualité, car c'est bien cette question qui in fine se pose à nouveau et qui sous-tend celle de l'homoparentalité)."
Non, définitivement non, s'opposer au projet de loi introduisant dans notre code civil le mariage entre personnes du même sexe ne signifie pas prendre la parole en défaveur de l'homosexualité. Il s'agit tout simplement de dire que l'institution du mariage ne constitue pas une réponse juridique adaptée à la réalité des couples formés de personnes de même sexe.
J'entends bien les arguments relatifs au repli, incompréhensible pour l'auteur, de certains praticiens derrière le Réel. Encore heureux qu'ils se réfèrent au Réel quand il s'agit de bâtir une législation qui aura une incidence sur la vie quotidienne de nombreux enfants !
Le Droit doit demeurer arrimé au réel si nous ne voulons pas générer à l'avenir des frustrations, des désillusions et de l'amertume parmi la population intéressée par cette réforme. Seul l'énoncé du réel permet d'apaiser les tensions au sein d'une nation. Régir par un même droit la vie de 64 millions de français ne peut s'apparenter à une analyse menée par un patient avec son psychanalyste.
Comme il est difficile de débattre sereinement dès qu’il s’agit d'une sujet qui sort de l'ordinaire, en l'occurence l’homosexualité ! Les réactions dogmatiques et agressives ici présentes semblent donner raison à l’auteur de cet article qui, conscient des risques encourus (l'autodafé ?), a déjà posé en préalable ce même constat, avant même de nous communiquer son point de vue très nuancé sur un débat de société pour le moins complexe. Son propos consiste à nous dire d’élever le débat (au prix d'un petit effort mental supplémentaire) en sortant de nos habitudes de pensée et et de nos comportements bien enracinés. Mais hélas ! Le monde moderne avec son machinisme, sa robotisation bien installés par le métro-boulot-dodo , nous incitent à nous complaire préférablement dans la paresse intellectuelle plus confortable. Le temps (pour penser) nous fait défaut, je le reconnais.
Il faut croire que l’intervenant a réfléchi avec son intellect (le sujet en vaut la peine) et non avec ses tripes, ses émotions pour considérer que la nature, même si elle était immuable (ce qui n’est pas le cas, puisque de constat scientifique irréfutable, elle évolue aussi), ne dit pas la loi éternelle et absolue. Car nos lois, obligatoirement temporelles donc perfectibles, découlent des coutumes, des conventions sociales et culturelles relayées par le langage qui, n’en déplaise aux éternistes, relèvent en effet « du symbolique » . On l'a trop souvent oublié, l'homme n'est pas un animal comme les autres. C’est le point fort de son argumentation et c’est normal qu’on s’y attaque sauvagement.
Quant aux homosexuels malheureux, dit-on, le sont-ils par nature ou parce que mis en quarantaine par une certaine société qui n’a pas encore jugé bon de les inclure dans les rituels symboliques dont le mariage ?D'autre part en quoi les couples hérérosexuels sont-ils plus heureux que les homosexuels? A-t-on une preuve sérieuse que leur union préserve l'amour véritable et dure davantage? Une dernière question, en quoi le fait de rejeter dans un séparatisme dogmatique une bonne partie de la societé va rendre la terre paradisiague? Le paradis promis par les chrétiens n'est-il fondé que sur le rejet d'autrui alors même que Dieu, dit-on, aime inconditionnellement tous ses enfants? Je n'y comprends plus rien. Bien évidemment, ces questions méritent un peu d’attention. On dirait d'ailleurs que les interrogations sont tout aussi nombreuses que les réponses. Au fait, jusqu’à quel point serions-nous prêts à accepter honnêtement la vérité, si jamais on avait la certitude de son existence ? Réfléchissez-y !
« Un point de vue très nuancé » ! Vraiment ? Noémie Capart nous sert un brouet qui, sans en avoir officiellement le nom, présente la saveur, l’odeur et la consistance des affirmations consubstantielles de la théorie du genre, voire de la « queer theory » : « Ainsi, un autrui de même sexe peut être un autre... et un autrui de l’autre sexe pas... ou l’inverse. Le choix d’objet amoureux et la pratique sexuelle ne sont aucunement des critères pour le déterminer. » Jusqu’à preuve du contraire, ces élucubrations relèvent toujours de l’ordre de la théorie et notre législateur serait fort inspiré de concourir à les maintenir dans ce seul cercle académique.
Dans son essai accessible en ligne (« Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : ce que l’on oublie souvent de dire. »), que je vous invite à (re)lire, le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, assimile le projet de loi visant à introduire dans notre droit civil le mariage entre deux personnes de même sexe à un « cheval de Troie », non pas seulement de la théorie du genre (« On ne naît pas femme, on le devient ») mais, surtout, de la négation de la sexuation comme donnée naturelle (« Queer therory ») : « Que les droits en termes d’homoparentalité et d’adoption soient étendus ou limités, il ressort également que les militants LGBT utiliseront le mariage homosexuel comme un cheval de Troie dans leur entreprise, bien plus large, de nier la sexuation, d’effacer les différences sexuelles et de leur substituer des orientations permettant à la fois de sortir du « carcan naturel » et de mieux dynamiter les fondements hétérosexuels de notre société. »
http://www.grandrabbindefrance.com/mariage-homosexuel-homoparentalit%C3%A9-et-adoption-ce-que-l%E2%80%99-oublie-souvent-de-dire-essai-de-gilles-bern
« Il faut croire que l’intervenant a réfléchi avec son intellect. » Encore heureux ! Pensez-vous sérieusement qu’elle soit la seule à le faire ? C’est aussi ce que s’évertuent à faire bon nombre de personnes depuis quelques mois et auxquelles Mmes Taubira, garde des sceaux, Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement et M Erwann Binet, rapporteur du projet de loi opposent sèchement des fins de non-recevoir au motif, fallacieux, que le débat a été tranché en vertu du résultat de l’élection présidentielle de mai 2012. A propos de la curieuse conception du débat défendue par M Erwann Binet :
http://www.lavie.fr/actualite/auditions-sur-le-mariage-pour-tous-une-methode-contestee-23-11-2012-33501_3.php
Face à ce dédain, des juristes se proposent, au moyen d’une lettre ouverte et d’une pétition, d’expliquer au rapporteur les raisons juridiques pour lesquels cette réforme législative ne doit pas se faire :
http://www.consultation-nationale.fr/?lig=3&gen=3&val=2
« Le paradis promis par les chrétiens n'est-il fondé que sur le rejet d'autrui alors même que Dieu, dit-on, aime inconditionnellement tous ses enfants? Je n'y comprends plus rien. » L’Eglise catholique a toujours invité à distinguer les personnes de leurs actes, conception qui est parfois difficile à accepter aujourd’hui. Je vous invite à (re)lire à ce propos la note en date du 27 septembre 2012 du Conseil Famille et Société de la Conférence des Evêques de France : « Pour les personnes homosexuelles, la découverte et l’acceptation de leur homosexualité relèvent souvent d’un processus complexe. Il n’est pas toujours facile d’assumer son homosexualité dans son milieu professionnel ou son entourage familial. Les préjugés ont la vie dure et les mentalités ne changent que lentement, y compris dans nos communautés et familles catholiques. Elles sont pourtant appelées à être à la pointe de l’accueil de toute personne, quel que soit son parcours, comme enfant de Dieu. Car ce qui, pour les chrétiens, fonde notre identité et l’égalité entre les personnes, c’est le fait que nous sommes tous fils et filles de Dieu. L’accueil inconditionnel de la personne n’emporte pas une approbation de tous ses actes, il reconnaît au contraire que l’homme est plus grand que ses actes. »
(http://www.eglise.catholique.fr/getFile.php?ID=20797)
Merci Antoine1965 de votre réponse et surtout pour votre sitographie. Vous reprochez à l’auteur d’avoir recours à des élucubrations purement théoriques. Je n’en disconviens pas car tout débat advient dans un cadre résolument théorique, sinon c’est la porte ouverte à tous les dérapages verbaux et même pire. En revanche vous semblez n’avoir pas pleinement conscience que vous-mêmes n’en êtes pas exempt : comment argumenter et contre-argumenter sans en référer à des théories ?.Pardon de vous le dire mais vous et vos amis devriez prendre consciences des vôtres, simple question de lucidité et de bonne foi. (D’ailleurs vous n’êtes même pas supposés savoir ce que vit un homosexuel, n’en étant pas un). Voyez-vous, théorie pour ou contre théorie, il n’y aucune raison valable que le législateur privilégie la vôtre, sauf dans les conjonctures totalitaires où les rapports de force par trop déséquilibrés ont fait pencher la balance d’un côté plutôt que d’un autre.
Il se trouve qu’on ne vit plus au Moyen-âge quand l’Eglise dictait sa loi et faisait les rois ; honneur à Voltaire et à tant de vaillants « théoriciens » qui ont contribué à façonner ce monde de tolérance où l’arbitraire religieux n’a plus cours ! Nous sommes vraiment des nains perchés sur des épaules de « géants théoriques ». Dieu merci ! La liberté étant la nature même de l’homme, prions pour que le Nord du Mali et tant d’autres pays où sévit le dictat religieux trouvent leurs théoriciens courageux!.
Ensuite la phrase « l'Eglise...a toujours... » prouve que vous avez la mémoire courte et une lecture très orientée. L’Eglise, je devrais dire l’intolérance religieuse, par le passé, a commis beaucoup de crimes au nom des dogmes religieux et avec parfois les meilleures intentions du monde : faire le bien mais qu’en sait-elle ? Jeanne d’Arc, l'Inquisition,les autodafés,ça vous parle ? D’autre part, qu’est-ce qui justifie qu’elle saucissonne les gens pour ne retenir que ce qui l’intéresse ? (Je crois savoir que toutes les sociétés dites modernes ont des juges, des tribunaux, bref une Justice). Jésus n’a-t-il pas accueilli la femme adultère ? L’apôtre Paul n’a-t-il pas dit que « l’amour pardonne tout, comprend tout… ». Je conçois alors votre glissement sémantique « d’accueil inconditionnel » au lieu d’ « amour inconditionnel ». Or ce n’est pas la même chose. C’est le « bon fruit » éventuel de « l’arbre » du chrétien véritable selon une allégorie biblique et ça ne trompe pas. C’est très difficile n’est-ce pas, l’amour, le vrai ? Un simple accueil ne donne aucun mérite ; sous la forme de l’hospitalité, c’était et c’est peut-être encore la chose du monde la mieux partagée. Non,un chrétien doit aimer de tout son cœur. En seriez-vous capable ? Savez-vous que l’amour christique pousse à « donner sa vie ». A propos des actes supposés être séparés des personnes : « Ne jugez pas et vous ne serez point jugés » dit le Christ. C’est bizarre, j’ai la sensation pourtant drôle que le Christ n’était pas chrétien. Heureusement !
Quand vous dites que « les familles catholiques sont pourtant appelées à… », Elles attendent quoi pour le faire dès maintenant ? Qu’elles saisissent cette chance qui leur est gratuitement offerte par l'actualité pour être enfin dans les pas du Christ ! Qu'elles acceptent de se laisser pénétrer par cet amour si profond qui dégouline dans le message du Christ! Mais, jusqu’à présent elles n'ont fait qu’y résister, introduisant la peur, l’exclusion, le séparatisme: l’homophobie actuelle étant une conséquence d'un enseignement sectaire. J’espère seulement que le Christ ne leur dira pas à la fin " non, je ne vous reconnais point, car vous m’avez humilié en humiliant ces pauvres homos qui essayaient, à leur manière, de sauvegarder l’Amour dilué dans les mariages d'intérêts et noyé dans les rapports convenus". Il aurait juste fallu un peu d’humilité pour vous éviter une telle désillusion !
Vous me remerciez pour ma « sitographie », néologisme que je découvre, ce dont je vous remercie en retour ! Je ne sais pas si mes propos sont fondés sur une théorie (il faudra me dire laquelle), mais ce dont je suis certain, c’est que je cherche à comprendre, en vérité, ce qui est en train de se passer. C’est pourquoi, lorsque je ne maîtrise pas un sujet, je me documente, je me manifeste et je pose des questions.
Par ailleurs, je vous invite à une infinie prudence au sujet de la prétendue ignorance des uns ou des autres au sujet de l’homosexualité. Après tout, qui vous dit que votre interlocuteur n’est pas lui-même sujet à une orientation, une inclinaison ou un désir homosexuel ? Ou bien, une personne parmi ses proches ? Peut-être posez-vous ce postulat parce que vous supposez que cette personne est catholique ?
Vous savez, il vous suffit de lire les différentes publications catholiques (La Croix, La Vie, Le Pèlerin, Famille Chrétienne ou France Catholique), leurs articles, tribunes, dossiers et, peut-être plus particulièrement, leurs courriers des lecteurs pour comprendre combien ce sujet touche les catholiques et suscite entre eux témoignage, réflexion et questionnement. Et je ne parle pas des blogues, véritables ruches actuellement (dont, « koztoujours » que j’apprécie particulièrement).
Je vous propose, également, de lire le livre de Philippe Arino, L’homosexualité en vérité, publié en octobre 2012 chez Frédéric Aimard Editeur (disponible sur les sites habituels de vente en ligne) et à consulter son site (encore un !) http://www.araigneedudesert.fr afin de comprendre comment une personne peut dire et vivre avec son orientation, inclinaison ou désir homosexuel tout en restant profondément attachée à l’Eglise catholique et à son enseignement et pourquoi une personne homosexuelle peut être défavorable au projet de loi en cause.
Ensuite, au sujet de l’Inquisition, des autodafés, tout ça, tout ça ; il vous serait certainement profitable de vous documenter plus avant sur le sujet avant d’en faire mention comme preuve, à jamais, de la noirceur de l’âme du chrétien. Sans rechercher l’exhaustivité : Bartolomé Bennassar, (L'Inquisition espagnole, Hachette, 2001), Henry Kamen, (Histoire de l'Inquisition espagnole Paris, 1966), Emmanuel Leroy-Ladurie, Régine Pernoud et Pierre Chaunu. J’ajoute, en prime, une citation de ce dernier (de confession protestante) : « La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l'athéisme que l'Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l'Europe. »
Pour le reste, je crois comprendre que vous pensez que les catholiques sont sujets à des erreurs, des errements et des fautes. Eh bien, j’ai un scoop pour vous : Vous avez raison, les catholiques sont en proie au péché et se détournent (parfois, souvent …) de Dieu ! Et en plus, ils le savent et le reconnaissent ! D’où leur réticence à juger les personnes et leur propension à (plutôt) agir (CCFD, Emmaüs, Secours Catholique, AFC, MCC, CFTC, JEC, JOC, ATD Quart Monde, ACAT, AED, aumôneries pénitentiaire et hospitalière ...).
Tous les psys "anti" que j'ai pu lire ne traitaient jamais la question de l'homosexualité en tant que telle quand ils abordaient celle du "Mariage pour Tous", mais uniquement le fait pour un enfant d'avoir deux parents de même sexe et les problèmes que cela pourrait, selon eux, soulever...sans aucun rapport avec leur opinion sur l'homosexualité en général.
Cette diatribe ne me semble donc pas très pertinente quand à la problématique. Personnellement, je la vois plutôt comme une énième tentative de prétendre par tous les moyens rhétoriques possibles qu'il serait illégitime de débattre sur la question.
Comment peut-on encore se baser sérieusement sur les élucubrations fumeuses de Freud et/ou Lacan
que rien n'a jamais justifiées ?
Ces deux personnages ont réalisé à la fin de leur vie qu'ils s'étaient trompés du tout au tout,
et comme par un retour des choses, pour compenser leurs discours ineptes, ont terminé
dans le silence (cancer de la gorge, claustration) et ont fini par se suicider !
De bien beaux exemples en vérité.