- Une prostituée sur la Promenade des Anglais à Nice en septembre 2002. Eric Gaillard / Reuters -
L'abolition est un projet que ses détracteurs enlisent dans la propagande et les faux débats. Remettons les pendules à l'heure: la prostitution n'est ni une forme de sexualité ni une activité économique. La notion de consentement est une arnaque.
Le vrai enjeu est le suivant: sommes-nous enfin prêt-e-s pour les changements de société nécessaires au respect des droits et de la dignité des femmes?
Les faux débats ont pour argument principal:
«Les personnes en prostitution sont consentantes, elles l’ont choisi, il n’y a donc pas de violence!»
Or ce n'est pas le consentement qui détermine si oui ou non il y a violence.
Vouloir l'abolition, c'est tout simplement réaffirmer un principe des Droits Humains: aucun humain ne peut consentir à sa destruction; en matière d’atteinte et de violation de l’intégrité physique et psychique d’une personne, de coups et blessures et d’actes de torture et de barbarie, le consentement de la victime ne compte pas pour la qualification des faits. Vouloir aménager des droits aux prostitueurs (ceux de pouvoir acheter une violence) et affirmer l'existence d'une «prostitution choisie», c’est blanchir leurs délits et leurs crimes au nom du consentement de la victime.
Ce discours bénéficie aux seuls prostitueurs. Car toute personne prostituée est arrivée là suite à une forme de violence. L'argent dans la prostitution n'est qu'un outil supplémentaire de la domination masculine et on ne peut comprendre le système prostitueur qu'en imbriquant toutes les violences physiques, économiques et sexuelles des hommes contre les femmes et les enfants.
De très nombreuses personnes prostituées on été d'abord mises en prostitution par un proche, un membre de la famille, un ascendant ou un conjoint. Les violences sexuelles dans l'enfance sont un facteur majeur d'entrée en prostitution: entre 60 et 80% des personnes prostituées ont subi des violences sexuelles dans l'enfance, des maltraitances familiales qui ont ensuite mené à une errance matérielle et affective, fugues ou placements.
L'âge moyen d'entrée dans la prostitution se situe à 13 ans: ces personnes, mal prises en charge, abandonnées à la répétition de la violence et des traumatismes, sont des proies idéales pour les proxénètes.
La violence par conjoint est un autre facteur majeur de l’entrée des femmes en prostitution et en pornographie. Le conjoint isole sa victime, rend son lieu de vie invivable, surenchérit les violences sexuelles, et augmente ainsi la désocialisation et la dépendance financière et affective de sa victime et empêche que beaucoup de victimes parviennent à désigner leurs agresseurs pour ce qu’ils sont: des proxénètes.
Enfin, 80% des femmes en prostitution sont migrantes. Elles fuient des pays dévastées par les violences masculines: guerres économiques, guerres militaires d’occupation ou nationalistes. Les profiteurs de chaque pays, fonctionnaires ou opportunistes, transforment leur exil en enfer.
On nous dit sans cesse: la prostitution est une forme de sexualité, car ce qui s’y «achète» serait un «rapport sexuel». Mais le rapport prostitutionnel est-il une relation réciproque? Non. D’un côté, la liberté entière de choisir de recourir ou non à la prostitution, l’expérience du désir, de l’excitation et du plaisir, l’absence de peur, l’absence d’humiliation d’avoir été utilisé et déshumanisé. De l’autre côté, l’expérience de gestes non désirés, le plus souvent de pénétrations non désirées, et la contrainte d’être là et de se plier à tous les désirs exprimés.
Nommer cela rapport sexuel c'est se ranger du côté des agresseurs et soutenir la place que l’on réserve aux femmes dans la sexualité: la victime de viol. L'expérience de la personne prostituée, c'est celle d'une violence extrême : subir des actes non désirés est une source majeure de psycho-traumatismes.
Il est donc urgent de dénoncer l’équation prostitution = sexualité, et de rappeler que le système prostitueur est responsable d'atteintes graves à l'intégrité psychique et physique des femmes en situations prostitutionnelles et d'une diminution de leur espérance de vie (1).
Autre idée majeure des faux débats: la prostitution serait une transaction marchande. L’homme paie? c’est un consommateur ou un client... la personne prostituée en vit? c’est un métier.
Mais est-ce la rétribution de la personne prostituée qui caractérise ce système? Prétendre cela est d’une part ignorer que le vrai business se réalise bien en dehors d'elles, (elles ne reçoivent quasi rien de l'argent échangé) et nier la caractéristique centrale du système : la violence, à tous ses niveaux.
Qui songerait à définir l’esclavage ou les camps de concentration comme des plans marchands, où les persécuté-e-s seraient seulement des «travailleuses-rs»? Pourtant de la richesse est produite par ces systèmes. Pour autant on ne met pas en avant des considérations économiques. C'est le fait que des gens ont fait d’actes de torture et de la mort elle-même une étape dans la chaîne de production, c'est la violence et la destruction des personnes ciblées qui guident l'analyse. Que cette destruction soit ponctuée par un échange d’argent est non seulement secondaire mais suscite le scandale, puisque cela démontre l’indifférence criminelle ou le sadisme des payeurs, et le cynisme criminel des profiteurs.
Dans la prostitution, l’échange d’argent n’atténue pas les violences, ni ne prouve le consentement des victimes. Au contraire il prouve qu’il y eu préméditation des violeurs et profit des proxénètes. L’échange d’argent en matière de crime est une circonstance aggravante.
Que dire du plaisir que retire l’homme à asservir autrui? Aussi une circonstance aggravante: qualifiée de froideur voire de sadisme dans le cadre d’autres crimes (meurtre). Le sadisme est la pire des «intentions coupables» (au sens pénal); il motive les crimes les plus atroces.
La prostitution n'est donc ni une forme de sexualité ni une activité économique. Il n'y a pas de «clients», mais des hommes prostitueurs qui achètent l'impunité d'un viol. Il n'y a pas de femmes, ni d'hommes, ni d'enfants qui «louent ou vendent des services sexuels», il n'y a que des victimes de violences sexuelles qui, à un moment donné, se voient forcées ou contraintes, par des hommes ou par les conséquences des violences du système exposées plus haut, à être violées quotidiennement par des inconnus.
Disons le clairement: réglementer ou libéraliser c’est donc affirmer que dans des faits de violations de l'intégrité physique et psychique de la personne, le consentement de la victime devient le critère déterminant, et non plus le crime lui même.
Quelle sera la tâche du législateur alors? S’assurer que le refus a été énoncé clairement? Déterminer à quel niveau de violences les personnes peuvent consentir? Consentir à sa destruction ou jouir du viol d’autrui, ce sont là des «libertés» qu’une démocratie ne peut garantir!
Réglementer ou libéraliser ce système de violences, c’est entériner dans le droit qu’il existe un prix à certains crimes et que certains viols ont leur prix. Un droit démocratique peut-il continuer à persécuter les victimes des hommes prostitueurs? Peut-il laisser impunies des violences aussi graves, continues, répétées?
Abolir toute forme de prostitution, c’est s'attaquer à l'impunité des violeurs, et commencer à reconnaître que les enfants et les femmes sont des êtres humains à part entière, dont l'intégrité physique ne peut être violée. Abolir le système prostitueur, c'est la seule solution, pour vivre dans une société humaine.
Muriel Salmona, psychiatre, psycho-traumatologue, Présidente de l'association mémoire traumatique et victimologie
Sandrine Goldschmidt, journaliste, présidente de Femmes en résistance, blog A dire d'elles
Anne Billows, Présidente «d'Education féministe», militante féministe
Typhaine Duch, comédienne, militante féministe
Annie Ferrand, psychologue, militante féministe
(1) «Une étude prospective aux USA sur 33 ans de 1969 femmes (John J. Potterat, 2003) a montré que pendant la situation prostitutionnelle les personnes prostituées ont un taux de mortalité bien plus important que la population générale (femmes de même âge, mêmes origines) 459/100 000 contre 5,9/100 000 (x78) avec une moyenne d’âge de décès à 34 ans; les causes de mortalité sont l’homicide, la prise de drogues, les accidents, l’alcool. La situation prostitutionnelle est l'activité la plus à risque de mort par homicides (clients, proxénètes) avec 204/100 000, le métier le plus dangereux aux USA étant à 29 homicides /100 000 pour les hommes et 4 homicides/100 000 pour les femmes).» Dr Muriel Salmona, 2012. Revenir à l'article
Le minimum d'objectivité aurait été de donner la parole à ceux qui ont décidé de vendre leurs corps de leurs propres gré.
Le STRASS qui représente ceux qui ont fait ce choix est toujours exclus du débat public et n'a été invité à aucune réunion organisé par la ministre qui veut faire le bonheur des femmes(les hommes et les trans étant exclus des statistiques) en décidant pour elles.
Ce n'est pas parce que l'immense majorité de ceux qui exercent sont sous la contrainte de réseaux mafieux (le proxénétisme est punis par loi) que l'on doit interdire à ceux qui ont fait ce choix.
Donnez la parole à Fanny "ex" porte parole de ce syndicat qui indiquait préférer cette activité qui lui permettait de mieux vivre qu'en faisant la P. dans un bureau pour un salaire de misère.
Perler également du système Suisse et de ces femmes qui apportent un peu de réconfort aux handicapés.
A force de vouloir faire le bonheur contre la volonté des gens ont arrive vite vers un système dictatorial.
Au sujet du système Suisse , la solution pour les handicapés n'est pas de leur fournir des prostituées mais de leur permettre d'accéder à une relation amoureuse et la faciliter , de façon à leur rendre dignité humaine , user de prostituée ne rend pas la dignité .
Ceux qui ont fait le choix de se prostituer , le font malgré eux , ils sont en souffrance , et l'état ne peut cautionner cette activité qui va contre la morale c'est à dire contre la dignité humaine .
Je suis complètement d'accord avec vous.
En plus ici dans l'article, on confond le proxénétisme et la prostitution. La réalité est qu'il y a beaucoup de prostitution sans proxénète. Le vrai proxénétisme est celui pratique aux Pays Bas, en Suisse, en Espagne où les femmes sont exploitées, mal payées et soi disant protégées par les détenteurs des maisons closes.
Légaliser les maisons closes ne serait pas un crime car en un sens, cela permettrait aux femmes de se sentir protégées.
La prostitution n'est pas un problème enrayable, car les hommes légèrement timbrés auront toujours besoin de se vider les c****.
Ceux qui font le choix de la prostitution et consentent au rapport sexuel ne sont pas victime du viol. Le viol, c'est l'agression sexuelle avec pénétration mais non consentie. Il ne faut pas tout confondre.
L'article est polémique sans être intelligent.
Il faut pénaliser les proxénètes et trouver des solutions utiles.
C'est toujours la même chose en France ! On est contre, on se dit contre, on écrit des articles polémiques. Quelles sont les solutions que vous proposez ?
Le vrai problème c'est l'emploi. Il faut trouver des emplois à des gens non diplômés sans attache et dépressifs. Tout le monde sait que c'est difficile.
La réinsertion sociale après la prostitution à part pour les rares femmes qui l'ont bien vécu doit être bien difficile. Déjà qu'on a du mal à parler de viol de non prostituées...
Bref, un long article pour un constat simple : la platitude de votre interprétation du problème.
Cela reste mon avis.
Les sympathisants du strass insistent pour qu'on écoute les travailleurs du sexe, mais justement la MAJORITÉ DES PERSONNES PROSTITUÉES (90% Rapport Parlementaire N°3334) est CONTRE la légalisation de la prostitution, et voudrait en sortir (Melissa Farley, 89% veulent sortir de la prostitution). La majorité des personnes prostituées n'a pas le choix, n'a pas la parole, elle est contrainte par la violence des réseaux ou des macs à se prostituer. Des experts tel que Mélissa Farley et Richard Poulin, ainsi que la journaliste courageuse Lydia Cacho, sont contre la dépénalisation totale de la prostitution PAR CE QU'ILS ONT ÉCOUTÉ LES PERSONNES PROSTITUÉES, ils ont écouté celles qui n'ont pas la force ou la chance de parler à la télévision, de s'exprimer dans les médias, ou qui ne sont pas membres du strass (moins de 1% d'adhérents).
« Conséquences de leur pratique prostitutionnelle, elles constatent avec détresse la perte du désir sexuel et l’anéantissement de leur vie sexuelle, une désensibilisation progressive de leur corps, le dégoût des gestes sexuels, la confusion sur leur identité sexuelle, une dissociation de plus en plus grave d’avec elles-mêmes qui les amènent à effectuer une rupture affective avec elles-mêmes et les autres. Elles révèlent la perte de l’attrait et de la confiance dans les hommes, l’abondance de leurs diagnostics médicaux, leur alcoolisme et leur toxicomanie, leurs pensées suicidaires et leurs tentatives de suicide,...Ce sont socialement les personnes les plus stigmatisées qui soient. »
« Ces conséquences de l’exercice de la prostitution sont méconnues, banalisées, niées par les clients et les proxénètes qui ne subissent aucune conséquence comparable.
La prostitution n’est pas l’expression de la sexualité, laquelle implique le don et le partage d’une intimité, c’est de la génitalité. La prostitution n’est pas l’amour, c’est de la baise. La prostitution n’est pas un métier, se prostituer c’est être un corps public, c’est ne plus avoir de corps privé. »
Rose Dufour anthropologue
http://sisyphe.org/spip.php?article1605
bonjour,
je ne suis pas consommateur, ni même particulièrement attiré par l'idée même de la prostitution (je tiens à le préciser afin de fixer le contexte et éviter tout biais d'interprétation), mais je suis surpris, voire atterré par la confusion qui semble être faite entre prostitution et proxénétisme.
vous partez du postulat que les prositué(e)s seraient tous contraint(e)s dans leur pratique (évitons le terme d'exercice de leur profession si vous y tenez).
C'est certainement vrai pour une importante proportion des cas, mais quid des femmes ou hommes qui le pratiquent comme une activité consentie, réfléchie, conscientisée par intérêt professionnel, lucratif ou parfois même par gout tout court ?
Je pense sincèrement que les raccourcis et le parti pris donc vous faites preuve, déroutants au vu de vos parcours et expertises proclamés, desservent plus qu'ils ne servent la cause des victimes du PROXÉNÉTISME, qui est lui, sans équivoque permise, condamnable.
Loin de moi l'idée d'endosser le rôle de donneur de leçon, mais il me parait important d'avoir un usage pondéré et réfléchi des mots, si on veut servir une cause...
A bon entendeur
Merci aux auteures pour avoir écrit cet excellent article qui remet les pendules à l'heure une fois pour toutes en dénonçant clairement le problème : oui, la prostitution est une atteinte aux droits humains, et en tant que telle doit être abolie dans tout pays qui reconnaît ces droits.
OUI Bravo
«Ce sont les femmes les plus souffrantes que j'ai rencontrées dans ma vie. On entre facilement dans ce milieu, mais on en sort difficilement. La prostitution entraîne une désensibilisation face au corps et aux émotions. Les femmes se dissocient de leur corps pour passer à travers : elles sont des orifices», s'indigne Mme Lamont, soulignant que les femmes qui ont témoigné devant sa caméra l'ont fait AVEC LE DÉSIR QUE LEUR MALHEUR N'ARRIVE PAS À D'AUTRES FEMMES.
http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/cinema/201102/17/01-4371477-limposture-la-face-cachee-de-la-prostitution.php
Rappelons que la prostitution n'est pas 100 % féminine : il y a aussi des femmes qui louent les services d'hommes. Qualifieriez-vous également ces clientes de "prostitueuses", de "violeuses", leur argent d'"outils de la domination masculine" (ou féminine) ? Parce que vous présentez explicitement les femmes comme victimes et les hommes comme bourreaux ("des hommes prostitueurs", vers la fin de l'avant dernier chapitre).
A moins que vous ne les considériez elles aussi comme une quantité négligeable sans droit à la parole, au même titre que le STRASS...
Soit dit en passant, joli point Godwin avec l'allusion aux camps de concentration.
D'abord, je tiens à préciser que je réprouve totalement la prostitution pour des raisons morales. Il est impossible pour moi de dissocier la sexualité de l'amour, et il est bien clair que dans une rapport avec une prostituée, l'amour est absent, le sexe n'a donc, à mon sens pas lieu d'être. Soit. Ceci étant posé, je ne suis pas d'accord avec le point de vue de l'article qui, à mon sens exagère grandement.
Il est tout à fait vrai que de nombreuses femmes se retrouvent dans les méandres de la prostitution suite à des violences en tout genre parfaitement intolérables, mais il ne faut pas non plus oublier toutes celles qui le choisissent ou qui y restent alors qu'elles pourraient en sortir. Il existe même des femmes qui sont fières d'avoir ce genre d'activité.
L'autre point de vue qui ne me semble pas sensé est de nier que la prostitution est bien une activité économique ! Elle génère de gros revenus, et bien des femmes continuent cette activité justement parce qu'elles se sont attachées au train d vie que ce genre d'activité permet (pour les prostituées de lux) ou parce qu'aucun autre travail ne leur permet de nourrir leur famille. Si cela ne générait pas autant d'argent, il y a bien longtemps que cela n'existerait plus !
Il ne faut pas se leurrer non plus, bien des hommes puissants (politiciens, hommes d'affaires fortunés) sont de grands consommateurs de sexe tarifé, c'est eux qui tiennent les rennes de la société, alors hypocritement certains peuvent réprouver ces pratiques, mais quand personne ne les surveille, nombreux sont ceux qui recourent à ces services.
Je suis bien d'accord qu'il est inacceptable de tolérer des violence envers les femmes et les enfants. A mon sens pourtant, il s'agit plutôt de s'attaquer aux racines du problème plutôt qu'aux symptômes. En prenant des mesures justement pour réduire la misère, pour permettre à tout le monde de gagner sa vie décemment. En mettant en place des structures de soutien pour les femmes maltraitées dans leurs foyers, en offrant un coaching parental ou relationnel pour les familles en souffrances, en prenant en charges les enfants qui vivent dans un foyer à problème, en renforçant les contrôles qui visent à stopper la traite des êtres humains (pour les immigrés). Et puis l'enjeu majeur à mon sens, est toujours le même : l'éducation. Si dès la plus tendre enfance, tout le monde intégrait profondément les valeurs de respect de soi, respect d'autrui, respect de la nature. Si on apprenait à l'école et dans la famille la bienveillance, l'amour désintéréssé, le monde tournerait rond.
Si on appliquait la simple maxime de Jésus, la terre serait un paradis : Aime Dieu de toute ton âme, et aime ton prochain comme toi-même.
Monter des balais d' essuye- glace à la chaîne chez Valeo est une forme activité économique. Servir dans un Fast- Food est une vocation. Vendre des tickets de métro dans une station de métro est un rêve de carrière pour la plupart des enfants.
Vendeur chez Tati? Le souhait le plus cher de chaque adolescent disposant du BAC minimum.
Mais on se fiche de qui?
Combien de personnes pratiquent leur métier par choix? Combien de personnes au contraire sont bien obligées d' accepter ce qui s' offre à eux pour pouvoir payer ce avec quoi (sur?)vivre?
Les boulots mal payés, précaires, malsains, épuisants, stressants, un choix librement conçus? Jusqu' à ce jour aucun système n' a résolu ce problème, pas par manque d' avoir essayé. La pauvreté, fameuse journée de hier, fait partie du mécanisme. Il faut des pauvres pour faire des riches, sinon cela n' a pas de sens. Et pour cela il faut pouvoir exploiter, et pour exploiter il faut une forme de pression physique appelée esclavage, état de serf ou économique appelé salariat et pire, endettement, qui d' ailleurs avant menait à l' esclavage.
Punir ces dames et les priver de leur moyen d' existence?
Punir les clients qui très vite donneront naissance à de nouveaux moyens de contacts.
Lutter contre les vices? Laissez cela aux religions, aux prêcheurs, aux moralistes, aux philosophes qui en débattent, en vain, depuis des siècles et des siècles, depuis cette fameuse pomme. A moins que l' état veuille y participer par des taxes sur le tabac, sur l' alcool, sur les jeux, sur la spéculation, sur ... ...
Vous prenez les exemples les plus glauque bien sur vous defendez votre paroisse. Moi je ne vois pas en quoi vendre son temps son corps et son temps de cerveaux diponible pour un salaire de misere dans un metier socialement acceptable vaut mieux que vendre le temps disponible de son cul a un prix eleve. Je suis pour un encadrement de ce metier comme tous les metiers a risque avec enseignement des risques et une autorisation d exercer, cela donnerait autant de possibilite d empecher la traite d humains. Le seul probleme c est la vision de la societe sur ce metier. A une epoque les courtisanes pouvaient avoir meme un pouvoir politique.
"Non les braves gens n aiment pas que l on suive pas une autre route qu eux."
Encore un post partisan et sans nuances. Après tous ceux sur le pesudo-mariage homosexuel.
Et bien ça suffit pour moi, Slate !
Je me désabonne et je dirais à quel point vous êtes un média orienté et non-objectif, tout comme Rue89.
Adieu !
Adieu, donc. Pour ce qui est du post "partisan", c'est une des raisons d'être des tribunes –exposer un point de vue.
Cordialement
La majorité des personnes qui se prostituent "volontairement" le font pour des raisons économiques. Si elles bénéficiaient d'un Revenu de Base, le problème ne se poserait peut-être pas.
Je ne parle pas de celles et ceux qui sont soumis au proxénétisme qui lui est évidemment condamnable.
Je vous recommande cette "conversation" qui concerne ce même sujet.
http://www.lepetitlivrevert.fr/non-classe/revenu-existence-philosophie-claude-lupu-conversation-n-52/
Un gros revenu de base alors? Quelques milliers d'euros? C'est combien en France le RMI?
Nous savons tous, que sous la pression des Sufragettes les USAs ont prohibés la consommation d'alcool et que le résultat en fut une explosion de la criminalité. La prostitution relève du même registre. "Abolir" la prostitution ne ferait que l’aggraver. Au contraire, pour mieux luter contre le proxénétisme, nous devons réguler cette profession, comme nous le faisons pour d'autres.
que les états luttent fortement et formellement contre le proxénètisme je suis entièrement d'accord,mais imposer bêtement la fin de la prostitution est une "connerie" complète,les pays de l'est sont un exemple du mélange des genres,entre proxénètes et politiques la frontière est si mince qu'elle est franchie chaque jour ,commencez par lutter contre les revenus de la prostitution suivre les filières de blanchiment et saisir les millions d'euros qui profitent a certains protégés par des personnages politiques grassement payés peuvent se pavaner tranquillement a la vue de toutes les forces de police sur d'une impunité totale
"Or ce n'est pas le consentement qui détermine si oui ou non il y a violence."
Effectivement, mais ça détermine si cette violence est acceptable et acceptée ou non. Un masochiste est consentant, pour autant il y a violence.
"L'âge moyen d'entrée dans la prostitution se situe à 13 ans"
J'aimerai bien savoir où vous avez trouvé une statistique fiable à ce sujet, mais je ne crois pas à cette donnée. C'est comme les 40 000 prostitués étudiantes il y a quelques années, des chiffres sortis de nul part, juste pour faire peur.
Sur le fond, vous partez du postulat que toutes les prostituées sont exploitées et victimes d'un réseau, à partir de là votre tribune n'a aucun intérêt, peu de gens sont pour les réseaux mafieux de prostitution...
Votre vision de bonnes femmes féministes est minable, vous ne pensez le monde que sous une domination de l'homme sur la femme et cette idée vous perturbe le jugement.
A qualifier tout client de "violeur", toute prostitué de "victime" vous faites dans l'injure et respectez a peu près autant un client de prostitué qu'un proxénète.
D'ailleurs, vous oubliez évidemment la prostitution masculine, l'homme ne pouvant qu'être un méchant violeur tandis que la femme est une pauvre petite fleur violentée qui pousse tant bien que mal malgré les violences masculines qu'elle subit depuis des millénaires.
Heureusement, la plupart des femmes ne sont pas comme vous.
en réponse au 2 intervenants qui s'offusquent que la liberté de choix des femmes qui se prostituent n'est pas respectée :
la liberté de faire tout ce qu'on veut , sans question de morale , tant que cela ne nuit pas à autrui est dans l'air du temps et exigée maintenant par bon nombres de citoyens ,non conscient des conséquences éthiques sur la personne humaine .
Parler de morale est "politiquement incorrect" alors que la morale n'est qu'un outil pour régir harmonieusement les rapports humains , et protéger les gens : les femmes qui se prostituent , en croyant le faire de leur plein gré et sans risque , n'ont pas une conscience éclairée de la portée de leurs actes et de la souffrance pour elles-mêmes occasionnées .Certains actes ne sont pas anodins et la morale devrait être là pour le rappeler .
D'une part elles ne sont pas libres mais conditionnées par leur enfance , d'autres part elles ne se rendent pas compte des dégats de la prostitution (même voulue et recherchée ) sur leur psyché .
Les auteures de l'articles connaissent ces dégats (mieux que le citoyen lamabda comme vous autres qui voient juste le sommet de l'iceberg sans voir les racines et les conséquences ) car elles ont suivie des femmes en analyses .
Il est donc légitime que l'état légifère et protège , au nom de l'éthique , les citoyens contre des pratiques , qu'ils ne peuvent choisir librement sans en connaitre les tenants et aboutissants , et qui rabaissent et déshumanisent l'être humain.
Les féministes prennent une place folle dans les médias, ces derniers temps, assimilant insidieusement, dans un portrait en creux, l'homme à une ordure bestiale et primaire.
Mesdames, votre tribune serait crédible si vous aviez pris la peine d'évoquer la prostitution masculine.
Là, c'est juste de la vile propagande, permettant, comme d'habitude, de reléguer les femmes à leur statut de victimes permanentes.
La Justice le rend bien aux femmes, d'ailleurs, vue l'iniquité des peines infligées suivant le sexe, les femmes étant par défaut considérées comme victimes ou « faibles », malgré une explosion des chiffres de la délinquance féminine depuis plusieurs années.
N'avez-vous pas la « chance » de bénéficier d'un inédit Ministère des droits des femmes pour exprimer vos doléances ? ;)
faire croire que la vénalité (féminine ici en l’occurrence, mais pas que...) n'existe pas!
le féminisme auquel j'ai adhéré dans les années 70 est dévoyé par ce sectarisme à sens unique.
Bon, comme l'a dit Gabriel12, personne n'est pour les réseaux mafieux de prostitution, et baser toute votre tribune sur le fait que 100% des prostituées sont des victimes, nier qu'il puisse exister- Ô bêtise, Ô aberration- des prostituées consentantes, est vraiment faire fausse route.
Je voulais juste réagir à une petite phrase, donc: "aucun humain ne peut consentir à sa destruction; en matière d’atteinte et de violation de l’intégrité physique et psychique d’une personne, de coups et blessures et d’actes de torture et de barbarie, le consentement de la victime ne compte pas pour la qualification des faits."
...
Euh... si! Si la personne est majeure, en pleine possession de sa raison et consentante, elle peut bien faire ce qu'elle veut si ça lui chante, tant que ça affecte personne d'autre: se tailler les veines, se faire flageller, fumer!
Interdire la prostitution c est faire intervenir l Etat entre 2 adultes consentant. Ceci est une atteinte sans precedent a la liberte individuelle. Puis ou mettrons nous la ligne de la prostitution ? Quand un homme pait un verre a une femme (ou inversement) avant d avoir des rapports sexuel, on est deja dans la prostitution. On peut developpe cela a tous les echanges economique entre homme et femme dont le mariage.
Quel article articulé et éclairant! Merci aux auteures.
Pour M. le doux rêveur, voici des liens de textes écrits par des femmes prostituées ou ex-prostituées:
plusieurs articles dans la rubriques de Rebecca Mott: http://sisyphe.org/spip.php?rubrique155
plusieurs articles d'autres femmes prostituées ou de "survivantes": http://sisyphe.org/spip.php?rubrique95
Personnes prostituées : ce qu’elles disent des clients
http://sisyphe.org/spip.php?article2334
Il y aurait aussi une autre solution.
Si beaucoup d'hommes vont voir des prostituées, c'est qu'ils ne trouvent pas chez eux, autour d'eux, de quoi comblé ce besoin, ces envies d'amour, de relation sexuelles, de sexe.
tirer un trait la dessus, en disant que tant pis pour eux, c'est aller droit à l'échec.
Car le nier, c'est nier l'essence même de l'homme.
Donc pour assécher le marché de la prostitution, rien de mieux que de favoriser la sexualité. faire que tous puisse facilement se rencontrer, avoir des relations le plus souvent possible, sans contrainte, sans obstacle.
vous verrez, faute de client, faute de ne plus répondre à un besoin, la prostitution disparaîtra d'elle-même.
Tout à fait d'accord avec vous T-Buster. Dans le rapport à la prostitution on ne se pose jamais la question suivante: "Pourquoi les hommes en viennent-ils à aller voir une prostituée?" et par la même occasion dépenser une bonne partie de leur salaire.
Ce besoin s'explique sans aucun doute par une carence en rapports sexuel.
Mais bon, les besoins des hommes, les féministes s'en contre fiche...
L'article commence fort : TOUS les détracteurs de l'abolition sont donc de mauvaise foi ? Pas un.e seul.e des nombreux.ses prostitué.e.s qui s'expriment contre l'abolition ne sont conscient.e.s de leur statut et des déterminismes qui ont joué sur eux.elles, et sont donc tou.te.s dans l'erreur en affirmant que leur libre arbitre les conduit néanmoins à rester dans la prostitution ? C'est une thèse que l'on a le droit de défendre, mais la moindre des choses serait d'étayer un minimum le propos. Et il ne l'est pas.
Pour ce qui est des droits humains, ce que vous dites est juste juridiquement aberrant. La prostitution ne relève ni des coups et blessures, ni des tortures et actes de barbarie. C'est un rapport sexuel. S'il est consenti, c'est licite. S'il ne l'est pas, c'est un viol. L'argument abolitionniste, du moins le seul qui tienne intellectuellement, consiste simplement à considérer qu'il ne peut pas être consenti (ou du moins que ce consentement ne peut être éclairé). C'est un petit peu le même genre de discours qui a pu prévaloir quand les femmes ont demandé la liberté sexuelle et qu'on leur a répondu que si elles voulaient le sexe avant le mariage, c'est qu'elles étaient foncièrement mauvaises ou traumatisées et avaient besoin de protection. Il m'apparaît comme extrêmement violent, lorsqu'une personne prostituée affirme avoir choisi ce statut, de lui répondre qu'en fait, non, elle n'est pas apte à choisir quoi que ce soit. C'est infantilisant. Et, en définitive, je crois que c'est sexiste.
Un autre biais consiste à ne pas donner le nombre de personnes non prostituées ayant subi des violences sexuelles. Si l'on considère que 15% des femmes ont subi des rapports ou tentatives de rapports forcés dans leur vie (enquête CSF), que ce chiffre ignore probablement la plupart des mariages forcés, qu'il est déclaratif est donc presque nécessairement sous-évalué, et qu'il ne prend pas en compte l'ensemble des violences sexuelles (je pense sincèrement que les femmes qui ont "simplement" été victimes d'agressions sexuelles considérées comme "mineures" ne se seront pas senties autorisées à répondre positivement), j'ai tendance à croire que les femmes prostituées ne sont beaucoup plus nombreuses à en avoir subi que les autres. D'autant que personne ne défend la prostitution forcée, et j'ai tendance à croire que c'est de ce côté là que se niche principalement cette surreprésentation des victimes de violences sexuelles chez les femmes prostituées. Et je ne parle que des femmes puisque les auteures de cet article semblent se fiche comme d'une guigne du sort des hommes et intersexes prostitué.e.s.
Tout travail est destructeur du corps humain et/ou de la psyché. Sinon ça n'est pas du travail, c'est vivre de ses loisirs. Il n'appartient pas à quiconque de décider à la place d'autrui ce qui lui semble le plus avilissant entre le fait de se faire pénétrer contre de l'argent, de nettoyer les fesses de grabataires ou d'organiser consciencieusement un système forçant les autres travailleurs à la docilité (on appelle ça "manager", je crois).
En bref, cet article est à mon sens le fruit d'une réflexion qui est soit malhonnête intellectuellement, soit imparfaite.
@Libellule1
Vous devez être bien innocente pour ne pas savoir ce qui se passe réellement en Suisse.
Sinon, je vous conseille de lire les déclarations des membres du Strass pour évaluer la position de celle et ceux qui ont librement choisi cette activité.
@ MichelineCarrier
Si vous alliez lu attentivement mon commentaire, vous auriez remarqué que je m'exprimait uniquement pour ceux qui assument et continuent d'exercer.
Evidement que l'on trouvera des cas de personnes ayant voulu exercé et qui le regrettent, surtout sur un site qui prône l'abolition.
Au cas où vous en l'auriez pas encore compris, j'exprime cet avis pour ceux qui ont choisi, je suis totalement opposé aux proxénètes et leurs réseaux mafieux.
Article sur le site de l'express ce jour pour développer le cas Suisse.