- Dans une «salle de shoot» à Genève en 2010. REUTERS/Denis Balibouse -
Que retenir des récents débats, éditoriaux ou commentaires, sur les salles de consommation à moindre risque et sur la dépénalisation du cannabis? Une chose: concernant la politique de santé vis-à-vis de drogues et des addictions, notre pays souffre d’un déficit de maturité sociale d’un manque informations précises. Attention. Lorsque nous parlons de «politique de santé», le mot qui pèse est «politique». Et lorsque nous évoquons une «politique de santé des addictions», la phrase se tue d’elle-même, tel un oxymoron.
Il faut, bien sûr, compter avec la passion dogmatique. Pour autant nous sommes toujours surpris, médecins addictologues ou intervenants de terrain, de découvrir un si pauvre niveau de connaissances et une telle emprise idéologique politicienne, quasi religieuse, sur le sujet des drogues et addictions. C’est là un obscurantisme criminogène qui s’arc-boute sur le refus d’évidences pourtant de plus en plus palpables dans notre vie quotidienne. On peut les réunir en deux points
Le système international de prohibition des drogues ne remplit pas les objectifs qui lui avaient été assignés; à savoir: promouvoir la santé publique et diminuer la consommation des drogues et ses méfaits. Pire, l’approche essentiellement répressive qui a prévalu dès le début —il y a déjà 50 ans, lors de la 1re Convention de l’ONU sur ce sujet— a bien souvent créé de nouveaux problèmes de santé publique, de respect des droits humains et de sécurité publique.
Le crime organisé domine le trafic des drogues. Il s’enrichit toujours plus et menace, par la corruption et les violence, la vie démocratique. Sans doute, pensions-nous en France que cette violence, cette corruption s’arrêteraient aux lignes Maginot de notre royale naïveté, qu’elles ne concerneraient que la Sicile, les pays d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, du Moyen-Orient et du fameux triangle asiatique. Paris et Lyon, Marseille et Lille ne seraient jamais atteintes par la violence et la corruption comme le sont Mexico, Medellin, Rio ou Naples…
Or cette naïveté n’est plus de saison: la guerre des gangs à Marseille, dans la région francilienne ou lyonnaise tue et corrompt chaque jour un peu plus. Pour autant sommes-nous prêts, comme le proposait en 2011 la Commission Mondiale pour la politique des drogues (8e recommandation) à mesurer la réussite —en l’occurrence l’échec— d’une politique des drogues; et ce en s’appuyant sur des indicateurs ayant véritablement un sens pour les communautés et non plus sur une morale répressive qui aggrave l’insécurité et la santé publique?
Ces indicateurs objectifs existent. Ce sont la diminution du taux de transmission du VIH et des virus des hépatites B et C, celle du nombre de décès par overdose, des actes de violence liés au commerce de la drogue, du nombre d’individus incarcérés ou du taux d’usage problématique de substances psycho-actives.
Bien sûr ces indicateurs sont sans doute moins flamboyants à exposer lors de débats que des petites phrases chocs, des petites phrases assassines mais ils nous guideraient bien plus sûrement vers une politique protectrice.
2.
Le deuxième pilier est celui de l’évaluation de la dangerosité comparée des substances psycho-actives. Dangerosité pour l’individu; dangerosité pour la société. Depuis quinze ans, scientifiques américains, anglais, australiens, canadiens, néerlandais, suisses et français tentent d’ordonner nos a priori culturels et historiques et de dépasser le sketch de Coluche: vieillesse «droite pinard» versus jeunesse «gauche pétard».
En 1997, le Pr Bernard Roques, de l’Académie de Médecine, secoua notre beau pays en classant l’alcool bien devant le cannabis, à égalité avec l’héroïne et la cocaïne! Treize ans plus tard, ce sont les travaux du Pr David J. Nutt, du Collège Impérial de Londres, publiés dans The Lancet (novembre 2010), qui nous interpellent. L’objectif de son étude était d’évaluer et de comparer les différents risques liés à la consommation récréative de drogues sur l’individu et la société.
Pour cette recherche, le Pr Nutt et son équipe ont élaboré leur propre système d’analyse de décision multicritères (MCDA) –méthode se référant à la connaissance et à l’expérience d’experts dans la classification des drogues. Vingt substances légales ou illégales ont pu être ainsi évaluées sur seize critères : neuf concernaient les risques pour l’individu (mortalité, dépendance…) et sept, les risques pour l’ensemble de la société (criminalité, coût économique…). Les experts ont ensuite noté chaque substance addictive sur 100 points, le score augmentant en fonction de la nocivité du produit.
Les conclusions de cette étude indiquent que les drogues les plus dangereuses pour l’individu sont l’héroïne, le crack, et la métam phétamine (scores respectifs 34, 37 et 32) alors que celles les plus néfastes pour la société sont l’alcool, l’héroïne et le crack (46, 21 et 17 respectivement).
L’analyse du score global conclut que l’alcool représente la substance la plus nocive (score global 72), avec l’héroïne (55) et le crack (54) en deuxième et troisième place. Suivent dans l’ordre de classement la métamphétamine, la cocaïne, le tabac, l’amphétamine et le cannabis (de la 4e et 8e place respectivement).
Quand le Pr David J. Nutt présente en public ses travaux, il ne résiste pas à une pointe d’humour anglais et précise que les politiques devraient également savoir que le cannabis tue deux fois moins que le Doliprane® (ou paracétamol) et deux fois plus que l’alpinisme.
Quand les résultats de ces travaux sont donnés aux politiques, ils leur apportent, hélas, plus de problèmes que de solutions; et ce d’autant que la polyconsommation (alcool, cannabis, tabac, cocaïne) est devenue bien plus fréquente en 2010 que la monoconsommation des années 1970. Et le sida faisant moins peur aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans, nos constats, même probants, n’arrangent guère nos politiques.
Nous leur disons non seulement que leurs «succès» conventionnels (arrestations, saisies et condamnations) n’ont aucune répercussion positive sur les communautés concernées, mais qu’en plus ils doivent s’armer de courage et d’indépendance vis-à-vis des sondages pour construire une toute autre politique de santé des addictions. Bref… il n’y a là que des coups à prendre, politiquement parlant !
Osons nous répéter: il est urgent d’élaborer une toute autre politique mondiale pour d’une part éviter d’une part des millions de nouvelles infections par le VIH et les hépatites, et de l’autre ne pas laisser «Mafia sans frontières» s’emparer sans cesse de nouveaux territoires et des marchés qui vont avec.
Jamais la santé publique et la sécurité publique ne se sont rejointes aussi clairement sur le sujet des drogues. C’est désormais seringues propres contre kalachnikov… Nous pouvons certes être pour le maintien d’un interdit. Mais nous ne pouvons plus être pour des politiques répressives qui produisent de l’insécurité et contrarient les actions de santé publique. Il faut donner du courage et des possibles à nos élus politiques.
Comment mieux informer, comment faire évoluer l’opinion publique? L’action radicale est politiquement très délicate (nous pouvons avoir médicalement raison et politiquement tort…). Aussi laissez-nous, monsieur le président de la République, Mr le Premier ministre, débattre et expérimenter de manière documentée et constructive entre professionnels, politiques, représentants de la société civile et usagers de drogues.
Laissez-nous, non seulement continuer de travailler sur le terrain, dans les municipalités de droite ou de gauche, mais permettez-nous de décoder les problèmes de santé publique à l’attention des médias et des responsables politiques.
Après le tristement célèbre «responsables mais non coupables», nous aimerions pouvoir vous éviter le «irresponsables et coupables»…
Dr William Lowenstein
Spécialiste des addictions
Président de «SOS addictions»
écoutant dernièrement un débat du France Inter concernant les salles de shoot avec d'un côté ceux qui soutiennent l'expérience avec toutes une liste de petits bénéfices et de précautions à prendre et de l'autre ceux qui répètent des credos du style "mauvais message pour la jeunesse" et "mettons l'argent sur la prévention" je me disais qu'on était encore très loin de la légalisation ce qui doit profondément réjouir l'ensemble du système mafieux qui génèrent grâce à cette prohibition des milliards de dollars.
Je suis très loin de penser que les prohibitionnistes sont des alliés conscients et engagés de la Mafia, néanmoins si toute idée se juge à ses résultats on est bien obligé de constater qu'ils en sont les meilleurs défenseurs et que grâce à eux elle ne s'est jamais mieux portée.
Je cotoie tous les jours des quadra et quinqua, cadres sup et très intégrés qui n'ont aucun mal à se procurer leur barrette de shit hebdomadaire sans s'interroger une seconde sur leur participation au système des traficants de drogue.
Il faut arrêter cette monstrueuse et criminelle hypocrisie et consacrer les milliards dépensés en pure perte contre les narcotraficants à la prévention et au soin des grands drogués (toutes drogues confondues : alcool, tabac, médicament, cannabis, heroine etc)
La guerre au terrorisme a été déclaré avec des moyens colossaux par de nombreux pays occidentaux.Des projets d'attentas sont stoppés tous les mois avant leur éxecution,les mouvements de capitaux sont suivis.La surveillençe du peuple viole parfois la liberté individuel.Aucun de ces moyens n'a été mis en oeuvre pour déclaré "la guerre a la drogue" comme le mouvement de la pensée unique nous ne laisse croire.La tolérence vis a vis de la drogue est apparente dans de nombreux médias ou existe des consommateurs réguliers.Les gouvernements veulent la paix sociale qui serait gravement perturbés en cas de pénurie de drogue.Un ministre français avait déclaré que l'économie souterraine était un mal nécessaire.Des pays "pauvres" dénoncés par l'ONU vivent de la production de drogue et reçoivent en vacances nos présidents et ministres alors que par exemple le roi est la 7eme fortune mondiale.L'argent de la drogue finance des élus et des partis politiques a chaque échelon sans intervention de la police qui court après des petits grossistes
Félicitations ! Enfin un article intelligent au sujet de la drogue et le trafic de drogue. Et la question de MBmy est bien pertinente. A qui profite réellement la prohibition ?
J’ai toujours cru que la ferveur contre une politique de la prise en main par la société, sous contrôle médical, de la distribution des drogues a un fond qui va au-delà d’un souci purement moral.
La comparaison avec la prohibition aux USA s’impose - là ou les bons sentiments des groupes de puritains étaient exploité avec joie par la mafia.
Impossible bien sûr de trouver des preuves de corruption en haut lieux. Mais il y a quand même des indices.
N’est-ce pas étrange que, quand tout le monde fait la queue pour condamner le trafic de drogue, les autorités ne montent aucune politique réelle d’éducation contre leur utilisation – comme ils ont fait avec succès pour le tabac et parfois pour l’alcool ?
N’est-ce pas étrange que, quand les politiciens de droite et de gauche jouent à qui le plus fort en répression, aucune démarche, aucune expérience même, visant la distribution médicalisée des drogues n’est proposée ?
Et je ne parle pas de salles de shoot. Je parle de salles de distribution et de shoot sous contrôle médicale.
La distribution, même payante, des drogues sous contrôle médical permettrait à la société à la fois de mesurer l’ampleur du phénomène, de freiner considérablement le marché noir et d’offrir une voie de sortie via l’éducation aux intoxiqués.
Si quelqu’un a un véritable argument contre une telle démarche j’aimerais bien l’entendre (moralistes mous s’abstenir !)
L' être humain a t 'il le droit de s' auto- détruire?
Un proche a t' il le droit de l' y assister?
Non fut toujours la réponse dans un monde teinté de judéo- christianisme.
Oui fut la réponse dans d' autres civilisations.
C' est vrai que le monde Judéo- Chrétien, et ses produits dérivés comme l' islam, n' ont jamais promu les libertés individuelles.
Vous avez raison. On pense plus au plaisir qu'aux conséquances médicales !
L'alcool et le tabac font l'objet d'un matraquage médiatique contiunue à cause de leurs conséquances sur la santé.... et leurs taxes logiquement augmentent.
Le cannabis n'a pas des conséquances sanitaires même si leur consommation est plus faible ?
Ayant lu un article du Figaro du 23 septembre 2012, intitulé : ""Salles de shoot" : à l'étranger un bilan plutôt négatif", je suis loin, comme il fallait s'y attendre, de pousser les "Hurrah" d'enthousiasme de Peter Wright.
Dans cet article on apprend qu'il existe déjà plus de 80 "salles de shoot" de par le monde, principalement en Europe.
Il est donc étonnant que le Dr Lowenstein n'y fasse pas allusion pour asseoir ses arguments.
Il est vrai que Joséphine Baxter, vice présidente de la Fédération mondiale contre les drogues, explique : "En réalité, elles entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d'aider les gens à s'en débarrasser", ceci expliquant peut-être cela.
On y apprend également qu'"en Allemagne où il existe une vingtaine de ces salles, le nombre de décès liés à la drogue a baissé de 20%, l'an dernier par rapport à 2010. Mais dans le même temps le nombre de nouveaux consommateurs a grimpé de près de 15%.
A Vancouver, Insite est depuis 2003 le premier lieu d'injection sous surveillance d'Amérique du Nord. En septembre 2011, la Cour suprême du Canada s'est prononcée pour le maintien de cette salle car "elle sauve des vies". Mais depuis cette date le recours au Narcan, un médicament administré en cas d'overdose, est en augmentation constante. Le 14 septembre dernier, pour la première fois, un drogué est mort dans ces locaux..."
Pour le reste je vous renvoie à ce très intéressant article de Stéphane Kovaks, en lui demandant de me pardonner de l'avoir honteusement pillé.
Mais si vous ajoutez à cela le prix d'une salle de shoot évalué entre 300 000 et 1 000 000 d'euros, on peut comprendre que certains restent dubitatifs.
Connu pour son avant-gardisme en toute matière sociale et économique, il est vraiment surprenant qu’on trouve dans le Figaro un article qui n’encourage pas l’établissement des salles de shoot…. !
Mais vous n’avez lu qu’à moitié mon commentaire. Je ne suis pas en faveur des salles de shoot comme ils sont proposés actuellement(pas en France apparemment- toujours en retard sur ces questions). Je propose plutôt des centres médicaux spécialisés qui supervisent la distribution et la prise de drogues sous contrôle médicale et avec suivie médicale.
Ces centres fourniraient la drogue à des prix inférieurs à ceux pratiqués par le marché noir affaiblissant ainsi celui-ci. Ils offriraient en sus des conseils médicaux et des produits de substitution.
Si vous préférez la situation actuelle, je vous invite à m’accompagner à la place Stalingrad où vous allez pouvoir voir (découvrir ?) la réalité. Il est vrai que les centres que je propose gâcheraient la fête actuelle des dealers.
Mais ‘la morale’ serait intacte n’est-ce pas !
Cher Peter,
J'espère que Le Figaro sera aussi flatté que moi de se voir ainsi cité à mes côtés, mais j'ai comme un doute !
J'avais parfaitement lu votre commentaire, mais il ne m'était pas apparu que ce serait à vous que notre état demanderait de mettre au point nos salles de shoot. En particulier il n'est absolument pas question de fournir de la drogue aux drogués fréquentant ces centres, à quelque prix que ce soit.
Vous n'ignorez sans doute pas que la France a signé une Convention internationale de 1961, sur le contrôle des stupéfiants qui l'oblige à prendre des mesures législatives et administratives pour LIMITER l'usage des stupéfiants.
J'ai donc la naïveté de croire que nos salles de shoot ressembleront exactement à ce qui se fait de par le monde, et il m'a paru intéressant d'en parler puisque personne ne l'avait fait.
Pour finir, j'ajouterai - toujours tiré du même article du Figaro - qu'en 1965 la Suède a mis en place une politique extrêmement libérale, en matière de drogues. Mais deux ans ont suffi pour décrédibiliser complètement cette législation.
En 1965, 20% des personnes arrêtées étaient toxicomanes, en 1967, ce nombre avait doublé.
La nouvelle politique de la Suède, en la matière est basée sur trois piliers : la prévention, la répression et l'accompagnement à la sortie de la toxicomanie.
Et ça marche ! Mis à part le Japon, la Suède présente le plus faible taux de consommateurs de drogue de tous les pays industrialisés.
Mais c'est une politique qui coûte cher. La Suède y consacre 0,2 à 0,4% de son PIB, d'après les derniers chiffres datant de 2002.
La France y consacre 0,1% de son PIB.
Encore merci au Figaro, et très cordialement à vous.
Chère Marianne : C’est toujours agréable quand une compagne d’armes se sent flattée par ses propos. Surtout quand on ressent qu’à travers ses arguments apparemment contradictoires il semblerait qu’elle serait plutôt d’accord avec soi sur le fond.
« La nouvelle politique de la Suède, en la matière est basée sur trois piliers : la prévention, la répression et l'accompagnement à la sortie de la toxicomanie. Et ça marche ! »
C’est précisément ce que je préconise avec les centres médicalisés dont je parle mais poursuivi d’une façon plus radicale : prévention via l’éducation et l’usage des drogues sous contrôle médicale, répression bien sûr des dealers, accompagnement via un suivi médicale de l’usager.
Je constate par ailleurs que vous seriez d’accord pour une forte augmentation des moyens financiers mis à la disposition de cette politique tandis que dans votre précédent commentaire vous signaliez le coût élevé des ‘salles de shoot’ comme argument contre. On progresse !
Je vous connais trop bien pour ne pas savoir que la radicalité vous déplaît mais nous sommes sur la même voie tout de même. Et puis, si même le Figaro se sent concerné… !
Cordialement,
Mais cher Peter, ces "centres médicalisés" dont vous parlez existent. Ce sont les services d'addictologie de nos hôpitaux qui devraient pouvoir prendre en charge toutes les personnes souffrant d'une addiction, quelle qu'elle soit. C'est donc ces services hospitaliers qu'il faut développer et non ouvrir des "salles de shoot" dont on est loin d'être sûrs de l'efficacité.
Le ministère de la Santé avait publié un programme de prise en charge et de prévention des addictions appelé Plan 2007-2011.
J'ignore s'il a pu être appliqué, mais c'est certainement dans ce sens qu'il faut aller.
http://www.academie-medecine.fr/UserFiles/File/rapports_thematiques/addictions/plan_addictions_2007_2011.pdf
Très cordialement.
Encore un effort Marianne. Les centres que vous citez n'ont pas le droit en France de fournir la drogue sous contrôle médical même si ceci faisait partie d'un traitement.
De peur sans doute de choquer les bons sentiments des 'braves gens' qui habitent les quartiers respectables.
Aussi leur existance ne menacent nullement la main mise des dealers sur ce marché atroce.
Sans doute les protecteurs de ces dealers, et leurs fournisseurs, habitent les mêmes quartiers que ces 'braves gens' (et lisent le même journal?)
ce pays ou l on assimile le cannabis a la coke!
ou l on poursuit les clients de prostitués!
ou les suédois eux mêmes prennent le ferry et se déplace en masse au Danemark pour se bourrer la gueule a pas chère
ce qui n est pas pris en compte dans les statistique de consommation d alcool en suede évidemment.... qui sont déjà impressionnante ... il suffira au sceptique de quelques clics pour se renseigner!
plus sérieusement, quand est ce que la France rattrapera son retard sur les sujets de drogues? après la crise?? ca fait 30 ans qu elle dure la crise!!!!
sans compter les MILLIARDS que rapporterai une légalisation/production/vente du cannabis contrôlé par l état
quitte a nous farcir quelques émeutes de plus en banlieue provoqué par la mafia a qui on aura couper une de ses principales source de revenu!
@ Marianne ARNAUD : vous parlez de développer les centres médicalisés mais pensez vous que cela suffira ?
Un usager de drogue (UD) est prisonnier de se dépendance, il ne peut pas arrêter du jour au lendemain. L'idée, c'est de l'accompagner vers une situation qui sera la moins délétère possible pour lui. L'idéal pour un être humain étant d'être libre de toute dépendance, on ne peut que souhaiter à chaque UD une sortie de sa dépendance. Mais on ne peut pas refuser de prendre en charge ceux qui ne peuvent pas aller jusque là (temporairement ou non). Autrement dit, s'il est possible d'accompagner l'UD vers une situation d'abstinence totale, on le fera avec plaisir. Mais si cela n'est pas possible (et ce n'est pas toujours possible) il faudra se fixer des objectifs moins ambitieux. Cela ne veut pas dire que l'on renonce à aider les UD : au contraire, on accepte de les accompagner dans la réalisation d'objectifs qui leur semblent accessibles sur le moment. Si, par la suite, ils souhaitent ou se sentent capable d'aller plus loin, on les y accompagnera. Mais, à chaque instant, il faut s'adapter à leurs souhaits et capacités. Placer la barre trop haut (viser l'abstinence pour tous, en premier lieu) conduit à des échecs qui sont démotivants et découragent de futures tentatives. Se fixer de objectifs plus modestes, mais atteignables, permet d'avancer. En d'autres termes : les petits succès font les grandes victoires.
Certains UD tenteront un sevrage et le réussiront. D'autres seront bénéficiaires de traitements de substitution (parfois à vie), ils sont certes maintenus dans une forme de dépendance, mais celle-ci sera moins néfaste pour eux. D'autres encore poursuivront la consommation de drogues illicites. Ceux-là, qui ne veulent pas arrêter, ne viendront jamais dans un centre hospitalier d'addictologie. On ne les y verra pas. Mais si on les aborde par d'autres moyens (bus d'échange de seringues, salle de shoot), on peut accéder à eux, et leur proposer un accompagnement. Au début, ça sera uniquement un lieu et du matériel propre pour se shooter. Certains en resteront là, ça n'est pas idéal mais ça sera toujours mieux pour eux que de se shooter dans une cage d'escalier crasseuse. D'autres évolueront dans leur parcours, auront des attentes différentes. Ils décideront peut-être de se rediriger vers un centre spécialisé, d'entamer une prise en charge plus poussée. Voilà un des intérêts des salles de shoot.
Et celui-ci est documenté :
"Les données disponibles permettent donc de conclure que les CIS contribuent à l’amélioration de l’accès aux soins des usagers de drogues injectées, par leur offre de soins de base et par leur activité de relais vers des structures plus spécialisées." (expertise collective INSERM 2010, page 219)
Concernant les autres objectifs des salles de shoot, à savoir réduire les risques associés à l'usage de drogues (overdoses, infections, abcès, etc...) et réduire les nuisances publiques (scènes ouvertes, seringues qui trainent...), je ne reviendrais pas dessus, c'est une question de bon sens...
@ Athymhormia
"vous parlez de développer les centres médicalisés pensez-vous que cela suffira ?"
N'étant nullement spécialiste, à la question que vous me posez, je ne pourrai que répondre que je n'en sais rien.
Mais ce que je sais, c'est que si je devais être confrontée à ce problème pour un proche, je préfèrerais, et de loin, qu'il soit adressé à un service d'addictologie de l'hôpital qui aurait les moyens de le prendre en charge sur la durée ainsi que prévu dans le "Plan 2007-2011", plutôt que de le voir envoyé vers une "salle de shoot".
@Athymhormia
Pauvre Marianne. Nous seulement je l’ai embrigadée contre son gré dans ma campagne en faveur des centres médicalisés de traitement des UD, mais en plus vous lui attribuez une proposition qui était la mienne !
Pas grave (elle y viendra peut-être un jour) car le reste de votre commentaire est très sensé.
Vous ne parlez pas toutefois d’un élément de ma proposition (qui d’ailleurs n’est pas uniquement la mienne) qui est la fourniture payante des drogues dans ces centres sous contrôle médicale à un prix inférieur à celui des dealers.
Pour deux raisons :
1) Vous avez raison de dire qu’un UD a besoin d’une bonne raison pour aller à un centre médicalisé où, il sait, il va être assujetti à une batterie d’arguments pédagogiques et autres pour lui persuader de se sevrer. Le prix de la drogue est un argument irréfutable pour le UD.
2) Le marché noir de la drogue (avec tous ses retombés néfastes sous forme de vols, prostitution etc.) serait très affaibli
C’est pour ces raisons que je ne vois pas pourquoi, et en respect de quelle moralité, la société refuse de prendre en considération cette proposition.
Si ce n’est que par l’hypocrisie des uns et la cupidité criminelle des autres.
Cordialement,
Cher Peter,
Là où je ne serai jamais d'accord avec vous c'est que je ne mélangerai, à aucun prix, lutte contre la toxicomanie, qui incombe, selon moi, à la médecine, et lutte contre le trafic de drogue, qui incombe à la police et peut-être même à l'armée.
Mais vous savez bien que pour lutter efficacement contre les gangs de la drogue, il faut une volonté politique sans faille, qui pour diverses raisons, fait peut-être défaut à notre pays.
Chère Marianne : le problème c'est qu'aucun pays, aucun, n'a réussi à combattre le marché noir des drogues avec les méthodes que vous préconisez - répression policière voire militaire.
Il faut rendre ce marché peu attractif en abolissant la prohibition actuelle.
Cela a marché pas mal aux USA dans les années 20
Des centres médicalisés ayant le droit de fournir la drogue sous controle médical à des prix en dessous du marché noir aurait l'effet de rendre peu attrayant les risques qui courent actuellement les dealers - et leurs protecteurs.
La Mafia trouveraient d'autres marchés illégitimes bien sûr mais ce n'est pas le sujet.
Cordialement,