- Une famille homoparentale, en 2010 à Mexico. REUTERS/Eliana Aponte -
Commençons par un retour sur ce qui devait être le scandale du 15 août. Finalement, quoi qu’on en dise, il n’a pas eu lieu. En fait de polémique, ce fut une polémicule. Ici ou là, seuls quelques communiqués, quelques tweets, un ou deux reportages ont été consacrés à la prière de la discorde, cette supplique prononcée dans les églises de France pendant la messe de l’Assomption pour que tous les enfants puissent «bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère» –mots banals mais terribles, derrière lesquels se profile une condamnation sans appel, par l’Eglise catholique, du projet d’extension du mariage aux couples de même sexe, et de sa conséquence nécessaire, à savoir la possibilité donnée à ces derniers d’adopter des enfants ou de recourir, en tant que couple, à la procréation médicalement assistée (notamment par le truchement de la gestation pour autrui).
Le 15 août est une bonne date pour un non-scandale, une non-polémique, un non-duel.
D’un côté, le cœur militant de la communauté catholique (LA véritable avant-garde du lobby anti-«mariage gay») a eu beau jeu d’expliquer, tout à l’effroi d’encourir l’accusation infâme par excellence («Homophobes!»), et dans un chuchotement idoine, quasi-monacal, opportunément inapte à concurrencer la musique des campings ou à troubler la sieste des masses laborieuses –beau jeu d’expliquer, donc, qu’il n’est pas meilleure date que le 15 août, autrement dit l’Assomption, autrement dit la fête principale de la Vierge Marie, autrement dit la fête principale de la patronne de la France –ouf!– pour prier pour ladite France en général, et pas pour (ni contre, d’ailleurs) les gays en particulier. Trop compliqué pour des cerveaux ensuqués par l’été –qu’attendre d’une bulle, quand ça bulle?
De l’autre côté, les choses sont plus simples, mais non moins éloquentes: les principaux hérauts du mariage-pour-tous-et-de-l’enfant-pour-tous®, ça tombe mal, le 15 août, ils le fêtent à grands coups de Vodka Red Bull, Get 27 et autres Veuve Clicquot, au bord de la Méditerranée, à Mykonos ou Sitges, en tout cas loin des autels ainsi orthographiés –je le sais, j’ai tout vu sur leurs profils Facebook. Bref, le coup mille fois recommencé des délices de Capoue.
Cette confrontation manquée, qui porte moins sur le mariage proprement dit, lequel peut devenir un contrat entre deux personnes de même sexe sans que la face du monde en soit changée, que sur la perspective de voir des enfants «projetés» et élevés par deux hommes ou deux femmes –cette confrontation manquée, donc, faut-il la regretter? Pas sûr. Car, pour l’instant, le débat s’est drôlement mal emmanché.
Revenons par commodité pédagogique à nos deux camps, même si la zone-tampon grouille comme toujours d’avis nuancés, de «oui mais», de «non sauf» et de «pro statu quo».
A l’arrière de chaque position, les stratèges, avec leur raison pour seule arme, manient les questions et les notions, s’efforçant de pratiquer la prudence et l’honnêteté intellectuelles, au point qu’avec un peu d’empathie et un travail de délibération digne de ce nom, les képis blancs et les bérets arc-en-ciel pourraient se serrer la main au milieu du champ de bataille, là où, comme disaient les Anciens, stat virtus.
Mais pour cela, il faudrait que lesdits stratèges, dans les deux camps, contournent ou se frayent un chemin à travers leurs fantassins, qui se font face, eux, et dont les figures tordues de haine illustrent la commune quoique lointaine étymologie de leur nom avec le mot «fanatisme».
Car ces fantassins sont les simplificateurs, les médiocrisateurs, les vulgarisatuleurs, les populistisateurs, les larmoyeurs-aboyeurs. Là où les stratèges, experts en coulisses philosophiques, pourraient tenter de concilier le donné et le construit, la nature et le droit, le juste et le bon, les fantassins s’emparent d’un concept, l’élaguent pour le rendre aérodynamique, le taillent pour le rendre perçant, et le lancent à l’ennemi après l’avoir enduit de poison.
Attention, pas n’importe quelle sorte de concept! Pour pouvoir subir un tel traitement, il doit être malléable, «bonne pâte» en somme. Il doit accepter, le cœur léger, d’être le refuge du simplisme, voire de la bêtise et de la brutalité, un peu comme ces filles dont on ne sait pas très bien si elles sont «gentilles» ou «faciles».
Les concepts maniés par les fantassins des combats idéologiques complexes sont toujours des concepts-refuges, des concepts-grottes. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils peuvent servir les discours de l’évidence.
Le concept préféré, l’arme chérie, la botte non-secrète des képis blancs, c’est la nature et son avatar, la loi naturelle, c’est-à-dire l’ensemble des principes inscrits dans l’ordre de la Création –ce que le théologien médiéval Thomas d’Aquin appelle la participation à la Loi éternelle, «imprimée» dans l’homme comme dans tout être «soumis à la Providence divine» [1].
Ce concept, les képis blancs l’ont déniché dans le trésor passablement poussiéreux –car un trésor aussi peut être poussiéreux, et donc dépoussiéré– de la doctrine chrétienne, dont Thomas d’Aquin est le principal docteur. Ils s’en sont saisis à la manière d’une souche bactérienne, en l’isolant de son milieu d’origine –l’Evangile– qui est la source et la garantie de son authenticité, de sa vitalité et de son intelligibilité. Ce CGM (concept génétiquement modifié) a ensuite été manipulé pour conforter l’évidence suivante, aux relents de géométrie dans l’espace:
«Il faut un homme et une femme pour faire un enfant; il faut donc un homme et une femme pour l’élever.»
Les képis blancs, par cette simplification/castration, laissent de côté de nombreuses données. En premier lieu, aucune étude sérieuse –qui dépasserait donc le stade des phénomènes statistiques, précaution impérieuse dont les képis blancs peuvent d’autant moins s’exonérer qu’ils se réclament souvent d’Aristote et des philosophes de la substance, de la res, du noumène– n’a jamais montré que les êtres humains placés de leur naissance à leur majorité sous l’autorité parentale d’un être humain de sexe masculin et d’un être humain de sexe féminin soient plus heureux, plus épanouis, plus sains que les autres. Aucune.
Et pour cause: le critère de comparaison est littéralement insaisissable. Les enquêtes sur le bonheur sont des chimères méthodologiques et épistémologiques.
Deuxième élément non versé au dossier, pourtant propre à intriguer des militants qui se réclament de la tradition chrétienne: l’attachement théorisé de l’Eglise catholique à la famille nucléaire –papa/maman/enfants– comme fondement premier de la justice sociale et horizon définitif de la joie et de la paix universelles, est assez récent, surtout à l’échelle de l’histoire du christianisme.
Il serait difficile d’en trouver des traces indiscutables et convaincantes avant le XIXe siècle et la mise par écrit des principes de la doctrine sociale de l’Eglise. D’ailleurs, dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique, au chapitre sur la communauté humaine, la famille est simplement définie comme une «société nécessaire», sans précision de sa constitution interne. La structure papa/maman/enfants n’est évoquée qu’au chapitre sur le cinquième commandement, «Tu honoreras ton père et ta mère»; son caractère fondamental procède de son antériorité: la cause finale du projet de Dieu, c’est l’existence de l’humanité à son image et selon sa ressemblance; l’institution de la famille n’en est que la cause matérielle et l’union de l’homme et de la femme la cause motrice ou instrumentale, c’est-à-dire la plus contingente (quoique nécessaire par nature).
Au total, le Catéchisme de l’Eglise Catholique utilise presque exclusivement, dans ce domaine, les mots «famille», «parents» et «époux», rarement les mots «époux» (au masculin) et «épouse» (au féminin).
D’ailleurs, nous y reviendrons, la structure de la famille intéresse peu l’Eglise –en tout cas sa personne, sinon son personnel, comme dirait Jacques Maritain. C’est une préoccupation victorienne et petite-bourgeoise plus que chrétienne. Au fond, elle porte les stigmates d’un anthropocentrisme très moderne. Le fait que, dans les années 1950, le catholique emblématique –et traditionnaliste– Julien Green ait adopté un adolescent avec son compagnon Robert de Saint-Jean n’a causé aucun scandale; le sensus fidei, l’ethos légitime de la communauté catholique, n’en a pas été ému.
Troisième élément négligé par les képis blancs, le plus important: dans l’Eglise catholique elle-même, le concept de loi naturelle fait débat [2].
Sans rentrer dans le détail, signalons simplement qu’il suppose l’existence d’une nature humaine immuable alors même que la prise en compte déférente des récentes découvertes scientifiques (notamment la théorie de l’évolution et la physique des particules élémentaires), attitude d’ouverture recommandée par l’Eglise au moins depuis le concile Vatican II [3], oblige à reconsidérer la pertinence d’une telle notion ou en tout cas de son acception traditionnelle.
En 2009, la commission théologique internationale [4] a d’ailleurs publié un rapport [5] invitant les hommes de bonne volonté à poser un «nouveau regard» sur ce concept de loi naturelle, afin d’éviter notamment qu’elle se réduise à une «soumission résignée et toute passive aux lois physiques de la nature, alors que l’homme cherche plutôt, à juste titre, à maîtriser et orienter ces déterminismes», alors même qu'«au cours de son histoire, la théologie chrétienne a justifié trop facilement par la loi naturelle des positions anthropologiques qui, par la suite, sont apparues conditionnées par le contexte historique et culturel».
Au XIIIe siècle déjà, Thomas d’Aquin s’interrogeait sur le caractère immuable de la loi naturelle, et concluait ainsi [6]:
«On peut comprendre que la loi naturelle soit changée de deux manières. D’une part, on peut lui ajouter certaines prescriptions: et rien n’empêche, en ce sens, que la loi naturelle subisse un changement. De fait, on a ajouté à la loi naturelle –soit par la loi divine, soit par les lois humaines– beaucoup de choses qui sont utiles à la vie de l’homme.
D’autre part, on peut concevoir un changement dans la loi naturelle, par mode de suppression, en ce sens qu’une prescription pourrait disparaître de la loi de nature, alors qu’elle en faisait partie auparavant. (…) Il peut y avoir des changements en tel cas particulier, et à titre d’exception, en raison de certaines causes spéciales qui mettent obstacle à l’application de tels préceptes.»
Et la question qui nous occupe commande de lire la suite: Thomas d’Aquin y explique que les ordres de Dieu surpassent tout précepte, quel qu’il soit, même s’ils conduisent à un adultère ou un vol, et ce pour une raison simple: la volonté de Dieu, «maître de toutes choses», telle est la seule voie de salut. De là à prétendre que, pour leur propre salut, Dieu veut ou permet que certains couples homosexuels deviennent parents, en dépit d’une loi naturelle ainsi relativisée...
Les évidences des fantassins de la loi naturelle ne résistent donc pas à un examen plus approfondi qu’à l’accoutumée.
Faut-il en déduire que les partisans de l’ouverture aux couples homosexuels du mariage, de l’adoption et de la procréation médicalement assistée ont raison, et rejoindre leurs troupes derechef? Pas si vite! En matière d’évidence, les bérets arc-en-ciel n’ont rien à envier aux képis blancs.
Leur concept-phare, à eux, c’est l’égalité des droits. Arme redoutable, fusil à double détente: égalité, première cartouche; droits (au pluriel), deuxième cartouche. Arme d’autant plus redoutable qu’elle est complètement artisanale dans sa structure, avec ces deux termes qui vont ensemble comme le bric et le broc, comme le sucre en poudre et le chlorate de soude.
Soyons clairs: la locution «égalité des droits» telle que l’emploient les bérets arc-en-ciel est une aberration logique et syntaxique avant même d’être une baudruche philosophique. Doit-on seulement y voir un innocent abus de langage pour signifier que les êtres humains sont égaux en droits? Ou est-ce une usurpation visant à niveler les différentes matières du droit (par le bas...) et à imposer comme une évidence que tous les «droits à» imaginables doivent être réglementés de la même manière –le droit à se marier et à adopter un enfant comme le droit à posséder un crocodile ou le droit à fumer dans les toilettes des avions?
Si le deuxième soupçon est avéré, l’évidence ne tient pas car les droits ne sont pas égaux entre eux, ne serait-ce que par leur différence de catégorie [7]. Et c’est d’abord pour cette raison que, en définitive, les êtres humains ne sont pas égaux devant leurs droits potentiels.
Cette inégalité tient parfois à des critères qu’on peut juger arbitraires ou injustes: pourquoi n’a-t-on le droit de conduire une voiture seul qu’à partir de 18 ans? Pourquoi pas 17 ans? Ou 21 ans? De même, avant 2011, il fallait avoir 23 ans pour devenir président de la République –pourquoi pas 18 ans, comme c’est le cas aujourd’hui? Pourquoi pas 35 ans, comme autrefois pour les sénateurs, âge abaissé à 30 ans en 2004, puis à 24 ans –Dieu seul sait pourquoi...– en 2011?
Si j’ai 20 ans et, malgré tout, l’envie et la capacité d’être sénateur, je puis trouver injuste, contraire à l’égalité des droits, qu’on m’impose d’attendre 4 ans pour me présenter au suffrage des grands électeurs: en quoi suis-je responsable d’être né si tard? Ainsi, les règles mêmes de la représentation démocratique, cœur de la liberté politique, fruit du sang et des larmes de dix générations, seraient marquées du sceau de l’inégalité? L’égalité des droits envisagée comme un universel abstrait planant au-dessus des pouponnières n’est pas une évidence.
Comment s’étonner d’ailleurs que, dans une société servie par un Etat de droit, animée par quelques grandes valeurs considérées comme universelles, au premier rang desquelles se trouve l’attachement à la valeur inaliénable de chaque être humain, et à sa dignité en toutes circonstances –comment s’étonner que l’on rejette les discours de l’évidence et que l’on ne touche aux lois que «d’une main tremblante», comme dirait Montesquieu, quand le bien des enfants, pour ne pas dire le bien de l’enfant comme tel, est en jeu?
Le droit à l’enfant n’est pas un trésor qu’on aurait dérobé aux homosexuels et qu’ils devraient reconquérir, un graal qu’ils devraient chercher et recouvrer. Le droit à l’enfant n’existe pas lui non plus.
Pas plus d’ailleurs pour les couples hétérosexuels que pour les couples homosexuels. Ce n’est pas parce qu’ils ont la capacité biologique de se reproduire (cause instrumentale, la moindre des causes) que les couples hétérosexuels, contrairement aux couples homosexuels qui ne l’ont pas, seraient titulaires d’un droit à l’enfant.
Animal politique par nature, l’être humain ne dispose pas d’un droit à avoir des enfants dans n’importe quelle condition et à en faire ce qu’il veut par la suite, pour la seule raison –imputable en revanche aux chiens et aux crevettes, qui ne sont pas des animaux politiques– que la reproduction est à sa portée immédiate; en effet, la puissance publique, à qui l’homme est lié de manière ontologique, veille et corrige, le cas échéant.
Au fond, même si leur arme favorite les rend victorieux de la bataille à venir (certamen non bellum...), il n’en reste pas moins que les bérets arc-en-ciel auront péché par hubris et fragilisé leurs positions à long terme.
En recourant à l’évidence de l’égalité des droits, ils commettent l’erreur de transformer leur «désir d’enfant» –une notion problématique pour tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels– en une revendication communautaire [8]:
«Les hétéros y ont droit, les homos doivent y avoir droit!»
Allons même plus loin: une revendication artificiellement communautaire, tant cette partition de l’humanité entre hétérosexuels et homosexuels est plus que discutable...
Ce faisant, les bérets arc-en-ciel encourent trois reproches. Le premier, dans leur propre camp, est celui de ramper derrière le mode de vie des hétéros avec une frénésie suspecte:
«Sont-ils si à l’aise avec leur homosexualité qu’ils veulent à tout prix ressembler aux hétérosexuels?»
Le deuxième est celui de chosifier les enfants et de les ravaler au rang de produits de consommation: au lieu d’être une disposition désintéressée à l’accueil de la vie quelle qu’elle soit, ce «désir d’enfant» équivaut parfois, en effet, à la pulsion d’achat qui porte certains de nos contemporains névrosés vers un petit chien ou une perruche.
Cela dit, en contrepoint de ce constat, il importe également de préciser, d’une part, qu’un tel comportement se rencontre également chez les couples hétérosexuels et, d’autre part, que la sociologie actuelle des couples homosexuels désireux d’avoir des enfants incline à la confiance: compte tenu de leurs revenus et de leur niveau culturel, ils sauront sans doute faire face, mieux que le Bidochon moyen, aux graves aléas que la vie, indifférente à leur légèreté de départ, mettra nécessairement sur leur route de parents –nous verrons ce qu’il en est dans une génération; n’injurions pas l’avenir.
Il reste à savoir si ce «désir d’enfant» pèse plus du côté «enfant» que du côté «désir».
Autrement dit, est-il réellement fondé sur une disposition pleine à entière à l’accueil de la vie, de toute vie? Ce «désir d’enfant» est-il le «désir de n’importe quel enfant»? Les couples homosexuels qui, par exemple, se lancent dans une démarche de gestation pour autrui, sont-ils prêts à mener à son terme une grossesse à problème? Sont-ils prêts à accueillir un enfant trisomique? Sinon, sont-ils capables de répliquer, en raison, à l’accusation d’eugénisme? Que penser de ceux qui veulent à tout prix un garçon plutôt qu’une fille? De ceux qui refusent l’adoption internationale car elle propose «trop d’enfants noirs ou asiatiques»?
Voilà des questions qui méritent d’être posées sans tabou ni préjugé, pour invalider –ou confirmer– l’idée selon laquelle le désir d’enfant chez les couples homosexuels s’apparente à un projet parental d’ordre artistique et/ou esthétique [9].
Troisième reproche adressé aux bérets arc-en-ciel, enfin, celui d’instrumentaliser les enfants comme faire-valoir symboliques dans leur lutte pour la reconnaissance de leur mode de vie et de la nouvelle anthropologie qui le fonde. Et quand, de la part des plus puérils, la provocation militante s’en mêle, pour aboutir par exemple à ces homoparents qui exhibent leurs enfants comme des trophées, on ne pourra s’étonner des réactions épidermiques des képis blancs les plus ardents.
Ces failles sont d’autant plus regrettables qu’elles minorent ce qu’il peut y avoir de constructif et de juste dans le combat des bérets arc-en-ciel; sans doute empêchent-elles ces derniers, enragés par un militantisme de mauvais aloi, d’envisager leur requête, non comme une revendication, mais comme une proposition.
Une proposition formulée à la société, à l’humanité. Une proposition qu’ils auraient articulée à une définition très simple du bien de l’enfant, qui est moins d’avoir «un père et une mère», comme le proclament les képis blancs, que d’avoir des parents et une famille stables.
Autrement dit, le droit des enfants à avoir des parents plutôt que le droit des parents à avoir des enfants –et Dieu sait s’il y a, de par le monde, des enfants orphelins.
La stabilité de la famille, dont les psychiatres, les psychothérapeutes, les médecins, les éducateurs, les pédagogues, les professeurs connaissent l’importance cruciale, est le premier mode de ce que Simone Weil appelle le «besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine», à savoir l’enracinement, qu’elle définit ainsi: la «participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir», ce qu’elle appelle également, plus loin, un «milieu vital» [10]. Bref, sans critère de composition ou de structure interne.
Dans le prolongement de cette idée, les bérets arc-en-ciel devraient mettre en avant leur adhésion –on aurait presque envie de dire leur allégeance– aux exigences de la République vis-à-vis des personnes qui se marient sous sa houlette, au nombre desquelles figure la fidélité.
En se proposant comme instruments d’enracinement des enfants orphelins et/ou livrés à eux-mêmes, ils s’exonéreraient plus aisément de l’accusation qu’on leur adresse souvent, celle de vouloir changer l’être humain et la société parce qu’au fond, en raison de leur «particularité», ils n’aiment ni l’un ni l’autre. De manière générale, les homosexuels devraient se garder de passer pour les agents du progrès, cette «allergie à la dépendance, [ce] discrédit de l’antériorité, [cette] élimination du jadis» [11].
Car, plus qu’un débat, plus qu’un duel, c’est un combat de titans, peut-être le retour d’une de ces «guerres des dieux» chères à Weber, qui se profile derrière la controverse sur le mariage-pour-tous-et-l’enfant-pour-tous®: le clivage entre naturalisme et constructivisme.
Or, le grand enjeu consiste à résister aux positions extrêmes de ce clivage et à maintenir la liaison entre les deux pôles. Pour ce faire, la démocratie libérale nous offre des outils qui, sans être miraculeusement infaillibles, peuvent aider à tenir en respect les forces de désagrégation.
Le premier d’entre eux est la délibération, au sens où l’entend Aristote, c’est-à-dire la nécessité de construire une réponse à une question pratique, tout en sachant que certaines questions relèvent d’un ordre différent, antérieur, supérieur –on voit que les deux pôles du clivage sont ici embrassés.
La délibération passe par la catégorisation des questions. Est-il pertinent, par exemple, s’agissant de l’ouverture de la filiation aux couples homosexuels, d’aborder d’un seul tenant le problème de l’adoption et celui de la gestation pour autrui ou de la procréation médicalement assisté?
Quand un couple homosexuel choisit d’adopter un enfant, l’enfant existe déjà, mais il n’a pas de parents. Son bien n’est pas atteint. En l’adoptant, le couple se fait la cause instrumentale d’un processus dont la cause finale est le bien de l’enfant, quel que soit le contenu que l’on donne à ce bien et l’inadéquation qui peut caractériser la cause instrumentale mobilisée.
En revanche, quand un couple homosexuel choisit, pour des raisons qui constituent son bien, de «concevoir» –j’emploie à dessein le vocabulaire de la figuration mentale– un enfant par le bien de la gestation pour autrui ou d’un contrat avec une femme, l’enfant n’existe pas encore. Dans cette situation, l’enfant est la cause instrumentale d’un processus dont la cause finale est le bien du couple.
Les perspectives sont radicalement différentes, d’un double point de vue moral et politique, et même complètement renversées. Chacune nécessite une approche singulière, et donc un effort intellectuel qui s’accommode difficilement des rigidités idéologiques et des polarités indignes de la condition humaine.
Matthieu Grimpret
Article également paru dans Minorités
[1] Somme théologique, Ia IIae q 91 a 2. Retourner à l'article
[2] Voir notamment Eric Gaziaux et Laurent Lemoine (dir.) La loi naturelle, le retour d’un concept en miettes?, numéro spécial de la Revue d’éthique et de théologie morale, Cerf, octobre 2010. Retourner à l'article
[3] La «juste autonomie des réalités terrestres» reconnue au paragraphe 36 de la Constitution pastorale Gaudium et Spes. Retourner à l'article
[4] Organisme dont la vocation est d’aider la congrégation pour la doctrine de la foi dans l’examen des questions de grande importance. Retourner à l'article
[5] Commission Théologique Internationale, A la recherche d’une éthique universelle, nouveau regard sur la loi naturelle, Cerf, 2009. Retourner à l'article
[6] Somme théologique, Ia IIae q 94 a 5. Retourner à l'article
[7] Les juristes distinguent les droits-libertés («droit de...»), ceux auxquels fait référence par exemple la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et les droits-créances («droit à...»), énoncés par exemple dans le préambule de la Constitution de 1946. Retourner à l'article
[8] Pour preuve, même les personnes homosexuelles qui ne veulent ni se marier ni avoir d’enfants n’osent pas se désolidariser des combats de leurs semblables. Retourner à l'article
[9] C’est la thèse de Thibaud Collin, dans son dernier ouvrage Les lendemains du mariage gay, Salvator, 2012. Retourner à l'article
[10] Simone Weil, L’Enracinement, 1943. Retourner à l'article
[11] Pascal Quignard, Les ombres errantes, Grasset, 2002. Retourner à l'article
"Le plus important, c'est l'enfant".
OK. Donc je rappelle qu'il vaut mieux etre elevé dans une famille homoparentale que par des alcoolo ou des cassos.
Tant que les cassos et les alcoolo n'aurant pas de restrictions a avoir des enfants, je ne voix pas pourquoi les homosexuelles en auraient (des restrictions).
"Tant que les cassos et les alcoolo n'aurant pas de restrictions a avoir des enfants, je ne voix pas pourquoi les homosexuelles en auraient (des restrictions)."
Mais les homosexuels n'ont pas de restriction non plus. Comme dans le cas des hétérosexuels, il suffit à un homosexuel de trouver un partenaire compatible pour la reproduction et consentant. Les hétérosexuels ont les mêmes problèmes de reproduction quand le partenaire est incompatible.
Ensuite, pour ce qui est de l'éducation des enfants, les "cassos" et/ou alcooliques subissent aussi des restrictions et peuvent se faire enlever leurs enfants par les autorités compétentes. Et pour adopter, ils vont avoir aussi beaucoup de difficultés.
Je pense que vous feriez mieux de comparer les droits des couples homosexuels avec le droits des autres couples stériles, plutôt que de les comparer aux alcooliques. Ca me paraîtrait moins humiliant.
Et puis il y a des homosexuels alcooliques vivant d'aides de l'état ou de pratiques illégales, non ?
Que la vie religieuse et sexuelle ne regarde que des adultes consentants et ce dans le stricte cadre de leur vie privée, oui.
Par contre lors qu' il s' agit d' enfants il s' agit avant tout de se demander quelle est la solution optimale pour un enfant? Peu m' importent les états d' âme des adultes, l' enfant avant tout.
Les parents disposent- ils des moyens matériels suffisant pour garantit une jeunesse riche, structurante, épanouie à l' enfant? Non, on arrête ici. Ceci n' a rien à voir avec l' homosexualité mais il est utile de le rappeler de temps en temps.
Les parents sont- ils mentalement disponible pour donner à leur enfant l' amour, la sévérité, la disponibilité dont celui a besoin au moins jusqu' à son indépendance. Rien à voir non plus avec l' homosexualité.
La société est- elle disposé d' accepter un enfant issu d' un couple non conforme au modèle dominant? Et si la réponse est négative, les parents sont- ils disposés à confronter leurs enfants à une difficulté sociale, celle d' être différent ou du moins d' être issu d' un milieu différent? Sont- ils prêts à en subir les conséquences.
La monde des enfants est sans pitié. Cela fut toujours ainsi. La guerre des boutons, The Lord of the Flies, la différence est mal vécue à l' école et ce jusqu' à l' armée. 20 ans de souffrances quasi au quotidien, uniquement par ce qu' on est différent ou pire, par ce que les parents sont différents.
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort (F. Nietsche). Mais il faut l' assumer.
J'ai envie de citer l'Article 16 de la DUDH de 1948 :
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.
L'Eglise a droit de cité dans la société, mais elle est et doit rester cantonnée à la sphère privée, on a voté une loi en 1905 dans ce but. Après, on est tout à fait libre de en pas adhérer au mariage pour tous en fonction de sa foi, et c'est normal, on a la liberté de croyance et de religion. Mais on ne peut prétendre vouloir empêcher une loi citoyenne au nom de cette même liberté, pourquoi ? Parce que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres (ça aussi c'est dans la Déclaration,celle de 1789 cette fois) . Le mariage pour tous n’entravera en rien la foi des croyants, personne ne les forcera à marier des couples de même sexe. Alors qu’à l’inverse, refuser ce droit c’est nier l’existence des milliers de familles homoparentales en leur refusant la sécurité juridique à laquelle elles ont droit au regard de l’alinéa 3. C’est nier la volonté d’union de couples en toute liberté et en toute conscience par un amour qui est différent mais pas illégal (on est loin de la polygamie et de l’inceste brandis par certains religieux) au regard de l’alinéa 2. C’est enfin nier un droit naturel offert par l’alinéa 1 à tout citoyen sans distinction aucune. Le sexe n’est pas mentionné mais je rappelle que l’homosexualité a été retiré des maladies mentales grâce notamment aux initiatives de la France (Hollande en a d’ailleurs fait un rappel hier à l’ONU).
Après, en ce qui concerne "l'envie d'enfant", je pense que c'est quelque chose de bien plus réfléchi et pesé pour les homos du fait de l'adoption, tellement soumise à un parcours du combattant, à une série de tests, entretiens, évaluations, autorisations, qui montrent que l'enfant doit être réellement désiré. A l'inverse des hétéros qui n'ont besoin d'aucune permission et le font "naturellement", c'est le cas de le dire. Il n'y a pas de plus méritant, mais force est de constater que pour les uns, la volonté doit être plus forte que pour les autres.
Bref, il existe déjà des textes garantissant des droits à tous, des textes qui s’imposent aux législations nationales. J’utilise ici des arguments de droits, de forme. Si j’utilisais des arguments de fond de la même nature que les attaques salaces et insultantes de certains religieux (pédophilie, inceste, polygamie) je ne pourrais que leur renvoyer en pleine face la longue, longue liste d’affaires liées à ces thèmes auxquelles les religions ne sont que bien trop souvent liées (il y a 2 semaines encore en Vendée ..) Mais je ne m’y abaisserai pas. Parce que je sais que ça se fera, avec ou sans eux.
"C’est nier la volonté d’union de couples en toute liberté et en toute conscience par un amour qui est différent mais pas illégal (on est loin de la polygamie et de l’inceste brandis par certains religieux)"
Il n'est pas illégal non plus de vivre à 3 ou plus. Il n'est pas illégal non plus d'avoir des relations incestueuses entre personnes consentantes et responsables. Donc non, l'interdiction du mariage polygame ou incestueux, me semble assez proche de l'interdiction du mariage de deux personnes du même sexe. Ce sont aussi des cas d'amours différents mais légaux.
Et à mon avis vous avez tord d'associer ces cas à la pédophilie, puisque dans ce dernier cas le consentement éclairé n'est pas possible. Alors pas d'amalgame, hein.
Le titre de cet article m'avait donné un peu d'espoir : n'étant pas adepte d'une des trois religions monothéistes, je me contrefiche complètement du fait de savoir si les homos et les lesbiennes pourront s'habiller en vêtements de cérémonie et se faire jouer de l'orgue dans une église : à priori, je leur souhaite !
Ce qui m'interesse, c'est la question de l'homoparentalité et je me suis donc mis à lire cette très longue littérature, mais je me suis aussi rapidement mis à la survoler : en fait, ce que je cherchais, c'est le mot clef "Sigmund Freud".
J'ai bien vu Aristote et Thomas d'Aquin, mais aucune trace du maître viennois.
Pas plus les autres messies ou prophètes , l'inventeur de la psychanalyse n'est pas infaillible, et à la lecture de certains de ses écrits, il peut parfois apparaître un peu fantaisiste, mais je crois qu'incontestablement sa théorie du "Complexe d'Oedipe" nous a fait faire un grand pas en avant dans notre compréhension de la nature humaine.
Les enfants élevés par un couple homoparental pourront-ils réaliser correctement leur Oedipe ?
Personnellement, cela me paraît impossible !
Il y aurait paraît-il quelques études américaines qui diraient que "cela se passe très bien", mais comme pour les OGM ou le réchauffement climatique, il faudra bien évidemment de très nombreuses et larges statistiques et surtout... trente à cinquante ans de recul.
Pour devancer quelques objections, je précise que je pense que les veuves, mères d'enfant en bas-âge devraient se remarier, et que je suis assez pessimiste sur le résultat de la grande mode actuelle des enfants sans père, élevés par des mères féministes, volontairement seules...
Mon père est mort avant mon premier anniversaire et comme c'était le grand amour de ma mère, elle n'a jamais voulu se remarier malgré les propositions qui lui ont été faites.
J'ai donc été élevé par un couple de femmes, ma mère et ma grand mère, veuve elle aussi.
Donc en leur nom, et au nom de mon père, je vous dit ... attention si je t’attrape tu vas voir comment je vais le réaliser mon Oedipe hé bouffon.
Votre petite démonstration d'agressivité me paraît effectivement très "oedipienne" (sourire)
Vous avez été élevé par deux femmes, mais hétérosexuelles, et probablement avec une image idéalisée du père.
Il faut parfois plaisanter un petit peu pour faire passer des idées sérieuses et j'ai écrit ailleurs que le rêve ce serait probablement d'être une petite fille élevée comme une princesse par un coiffeur et un styliste de haute couture...
Il me semble que deux lesbiennes peuvent apporter une éducation équilibrée, surtout si l'une d'elle a de nettes tendances "masculines". Par contre, deux féministes militantes risqueraient de rendre une petite fille assez "asociale" et de "castrer" un petit garçon.
Mais à mes yeux, le pire cauchemar, c'est un garcon élevé par deux hommes : de quoi devenir fou !
J'ai commencé par hurler aux premiers paragraphes. Finalement l'article est quand-même assez équilibré.
La gestation pour autrui est un joli terme qui cache une régression épouvantable de notre société vers le moyen-âge. Il s'agit ni plus ni moins que du commerce des enfants. La littérature est pleine de ces récits sinistres du 17 eme ou 18 eme siècle où une pauvre famille vend son fils à de riches bourgeois, pour son bien évidemment. Il s'est passé la même chose avec les bien-pensants qui sont allé acheter leur "petit nègre" à Haïti.
Au USA, le phare de la démocratie moderne et le vivier du vocabulaire de nos maîtres à penser, des femmes se prostituent pour 10.000 dollar et même moins afin de vendre leur enfant. Un enfant n'a qu'une seule mère, la femme qui accouche. Dans le pire des cas le sperme est aussi acheté ailleurs. L'acheteur peut choisir les caractéristiques raciales du donneur de sperme (par exemple père intelligent, yeux bleux) et choisir le sexe. Ce qui a été reproché aux nazis et devenu réalité. C'est le racisme et l'eugénisme poussé à l'extrême. Quand on écrit qu'on ne veut pas d'arabe on se fait condamner immédiatement par la cohorte des bien-pensants républicains mais les mêmes trouvent génial qu'on achète un enfant sur des critières raciaux. Il faudrait qu'ils aient un minimum de constance.
Si l'on défend ce genre de commerce, qu'on ne vienne plus jamais nous parler des droits de l'homme. Le premier d'entre eux est le respect de la vie. Obama vient de rappeler dans son allocation à l'ONU que les enfants américains (our children) ne sont pas à vendre. Cela aussi, les défenseurs du commerce pourraient l'écouter. Que je saches, Obama n'est pas un évêque.
Peut être que ces dérives seraient largement atténuées si les géniteurs ne pouvaient être anonyme. Le fait de devoir ensuite expliquer à son enfant naturel pourquoi on a accepté de donner ses gamètes ou de prêter son ventre, obligerait à réfléchir un peu plus.
Et je pense qu'il faudrait que la loi prévoie bien que tout enfant à le droit de savoir qui sont ses géniteurs, sauf si cela met sa vie en danger, évidemment. Si ce droit est reconnu, je suppose qu'on peut accepter sans inconvénients majeurs que géniteurs et parents ne soient pas obligatoirement les mêmes. C'est déjà le cas si souvent.
Mon cher "intelligence", permettez-moi de douter de la qualité de votre analyse. Avez-vous vraiment compris cet article ?
Je préfère également être riche et bien portant que pauvre et malade, et ce genre d'argument ne fait guère avancer le débat. Quoique nous pourrions encore discuter des types de personnes à exclure du droit à avoir des enfants selon vous, ça promet d'être intéressant !
Globalement d'accord avec l'auteur. Pourquoi voit-on si peu d'analyses de ce genre dans la presse "classique" ? Pourquoi la majorité des études qui comparent le développement des enfants élevés par des parents homos et hétéros ne sont-elles pas fiables ? (représentativité, échantillon trop faible, différences de comparaison, âge des enfants …)
Merci d'essayer d'élever le débat M. Grimpret! Ca nous manque, et vous y parvenez plutôt bien ;)
Adrien M o n t c o u d i o l
ce n'est pas parce que les fantassins simplistes et médiocres sont en première ligne
que les intelligents ne peuvent plus débattre,
c'est précisément parce que DES gens qui auraient pu débattre intelligemment ne l'ont pas fait
et ont escamoté, confisqué, le débat
que maintenant, les petites gens, moins capable de réflexion ...ou plutôt d'exprimer leur réflexion en termes appropriés et pacifiés, s'emparent du terrain laissé vague.
et pour l'instant, les enfants adoptés ne le sont que par des familles qui sont triées
et qui ne sont ni des cassos, ni des alcoolos ni des bidochons.
par contre, les cassos et les alcoolos viennent le plus souvent
de familles décomposées, sans père ou sans mère.
les autres enfants, ils sont faits par les gens, sans qu'une loi ne soit nécessaire,
donc ça ne regarde pas le législateur de statuer qui doit ou pas en faire.
ça se faisait avant que nos gouvernements ne gouvernent,
et aucune loi ne devrait pouvoir interdire à quiconque de se reproduire.
le problème avec les homosexuels,
c'est qu'ils ont besoin des hétérosexuels pour leur faire des enfants.
et comme les hétérosexuels ne veulent apparemment pas leur donner les leurs,
il faut des lois pour les contraindre
...ou du moins permettre un marché où l'argent sera le moyen de pression.
Personnellement je me moque de savoir si des homosexuels peuvent se marier. J ai d ailleurs du mal a comprendre pourquoi ils veulent a tout prix connaitre les joies du divorce et des pensions alimentaires ou compensatoires
Par contre ce que l article ne dit pas assez, c est que si un couple homosexuel veut des enfants, il n a pas enormement de choix: l adoption (mais c est long et complique, sans compter que c est comme vous le dites des noirs & asiatique) ou les meres porteuses
Et c est la le vrai probleme: doit on autoriser les meres porteuses ?
Que doit on faire si un couple a commande son bebe dans une usine a bebes comme en inde (il y avait un article sur slate bien fait la dessus: on utilisait des femmes pauvre en inde pour pondre des bebes a grande echelle). C est pas de la science fiction: on a deja eut un cas en france: l etat civil a fini par plier et a regularise l enfant
A t on idee de ce qui va se passer dans la tet de ses enfants quant ils vont savoir la verite: ma mere m a fait pour de l argent et m a vendu comme un paquet de lessive a ma naissance...
Mais je refuse catégoriquement qu'on en fasse un droit. Tu es homo, tu ne peux pas avoir d'enfants, même si tu en éprouves le désir profond et sincère. Ou alors tu fais comme on a toujours fait. Tu te marries avec une personne du sexe opposé, tu fondes une famille, et tu te trouves une relation extra-conjugale homo.
Ce n'est pas une situation facile, j'en conviens, mais ça fait tout simplement partie des contradictions personnelles que tout le monde connaît, entre ce que on a et ce qu'on aimerait avoir, ce qu'on est et ce qu'on aimerait être. On ne peut pas et on ne doit pas faire d'un désir égoïste un droit inaliénable et opposable, je le répète.
Et le fait qu'on soit techniquement en mesure de contourner la stérilité du couple homosexuel ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur le prix qu'il en coûte de le faire. Discrimination par l'argent, développement d'un business de location d'utérus, de filières parallèles d'adoption, de trafic de gamètes, et je n'ai certainement pas encore tout envisagé.
Pour ce qui est du mariage, à partir du moment où on supprime le critère de genre, il n'y a pas vraiment de raison de garder le critère de nombre. Les familles polygames n'auront donc qu'à clamer haut et fort qu'elles sont différentes mais veulent être égales, qu'elles sont parfaitement heureuses comme elles sont, que les situations existent de fait, et qu'elles voudraient être officiellement reconnues et ne plus être stigmatisées. Et on n'aura plus aucun argument à leur opposer. Des militants LGBT qui font la courte-échelle à des intégristes religieux, avouez que c'est comique.
Puis on se rend compte qu'en fait, ce n'est pas du tout drôle parce que les militants LGBT sont aussi des intégristes, qu'ils s'attaquent sans le dire aux fondations de notre civilisation, auxquelles ils opposent un individualisme tout-puissant, qui nous conduira tout droit au tribalisme et, de manière tristement ironique, à l'aggravation des inégalités.
Le droit à l'enfant n'existe pas plus pour les hétérosexuels que pour les homosexuels.
De fait, pourquoi avons-nous autorisé jusqu'à ce jour, PMA et adoption aux couples hétérosexuels stériles qui sont par nature (tout comme les homosexuels) des condamnés à vie du bonheur familial.
Et si ce "mariage pour tous" justement, allait nous permettre de revenir en arrière sur cette aberration qui s'est installée chez les couples hétérosexuels (quels qu'ils soient) d'avoir un (des) enfants à tout prix.
Car il est clair qu'une fois que tout le monde aura droit de se marier, il faudra, soit offrir à tout le monde les possibilités alternatives d'avoir des enfants (quels qu'ils soient), soit le supprimer à tout le monde au risque de faire exploser les "bébés thalis" dans l'indifférence et l'anarchie totale.
Le droit à l'enfant n'existe pas plus pour les hétérosexuels que pour les homosexuels.
De fait, pourquoi avons-nous autorisé jusqu'à ce jour, PMA et adoption aux couples hétérosexuels stériles qui sont par nature (tout comme les homosexuels) des condamnés à vie du bonheur familial.
Et si ce "mariage pour tous" justement, allait nous permettre de revenir en arrière sur cette aberration qui s'est installée chez les couples hétérosexuels (quels qu'ils soient) d'avoir un (des) enfants à tout prix.
Car il est clair qu'une fois que tout le monde aura droit de se marier, il faudra, soit offrir à tout le monde les possibilités alternatives d'avoir des enfants (quels qu'ils soient), soit le supprimer à tout le monde au risque de faire exploser les "bébés thalis" dans l'indifférence et l'anarchie totale.