- L'intérieur du consulat américain de Benghazi, après l'attaque du 11 septembre - Esam Al-Fetori / Reuters -
Il y avait les bons et les mauvais chasseurs des Inconnus, il y a maintenant les bons et les mauvais blasphémateurs des «gens de bien» (je n’ose pas dire «bien-pensants», une expression désormais aussi connotée et vide de sens que «point Godwin» et «pensée unique»).
Qu’un obscur réalisateur fabrique, avec trois dollars et autant de bouts de ficelle, une vidéo un peu crétine sur le prophète Mohamed et qu’elle serve de prétexte à des fanatiques pour assassiner quatre personnes au terme de l’attaque à la roquette d’un bâtiment diplomatique, et c’est une déferlante de condamnations horrifiées… du cinéaste en herbe.
Les islamistes, vous comprenez, sont de petits animaux fragiles à l’épiderme tendre qu’il convient de ne pas provoquer, sauf à se voir reprocher le sang que l’on croyait pourtant avoir vu couler sur leurs mains. Le réalisateur concerné qui, non content d’être médiocre et mal intentionné, possèderait les deux passeports les plus détestables du bréviaire progressiste (américain et israélien), est donc ce que nous pouvons appeler un «mauvais blasphémateur» [il serait en fait copte et d'origine égyptienne, indique le Washington Post]. Un sale type directement responsable de la mort violente d’un ambassadeur.
Et puis nous avons les «bons blasphémateurs» qui, s’ils irritent un ayatollah ou une bande de barbus à grands couteaux, le font dans le cadre de l’autoroute bien balisée de nos certitudes. Salman Rushdie? Un grand écrivain, un intellectuel ultimement meilleur musulman que les jeteurs de fatwas. Charlie Hebdo? Le phare de notre tradition nationale de la gaudriole anticléricale, dont les provocations tiennent davantage de la stimulation des neurones que de l’agression du divin.
En fait, on distingue le bon blasphémateur du mauvais blasphémateur en ce qu’il ne blasphème vraiment qu’à regret, que pour faire réfléchir. Le bon blasphémateur est essentiellement un type bien, éclairé et n’insultant les cieux que dans les limites du bon goût ―comme lorsqu’il enferme un crucifix dans un bol d’urine, par exemple, et nous force ainsi à nous pencher sur l’insondable vacuité de l’expérience humaine (ou quelque chose dans le genre, je ne me souviens plus de l’argument).
Le mauvais blasphémateur, lui, est plutôt un pasteur évangélique qui prêche dans une baraque en bois du fin fond des Amériques et crame un coran sur YouTube. Un méchant illuminé dont les ouailles pourraient facilement se serrer dans une cabine téléphonique, mais n’en sont pas moins capables de mobiliser la rue arabe d’un claquement de doigts. Un Robert Redeker qui écrit des tribunes dans Le Figaro (argh!) et trouble le sommeil d’un croyant un peu fruste.
Sur Rue89, mais c’est juste un exemple, il y en a d’autres, on sait manifestement séparer le bon grain de l’ivraie (Matthieu 13, 36-43: c’est une citation, pas un blasphème). Dans un papier titré «L’ambassadeur US tué à Benghazi à cause d’un film de série B anti-islam», Pierre Haski renvoie cinéastes médiocres et provocateurs et assassins fanatiques dos-à-dos, dénonçant la symétrie de leur action et au final, dédouanant les seconds pour mieux charger les premiers.
Je n’ai, moi-même, pas de sympathie excessive pour les blasphémateurs. Je respecte la foi et je ne brûle pas plus de coran que je ne compisse de petits Jésus en bois. Mais je me refuse à me faire le censeur de qui que ce soit, parce que la liberté d’expression n’est pas un machin à géométrie variable que l’on ne sortirait de son tiroir que lorsqu’elle semble servir sa cause, a fortiori lorsqu’une attaque d’ambassade et son cortège de morts procède davantage de la stratégie d’un groupe d’islamistes déterminés commémorant le 11-Septembre que d’une réaction spontanée à «un film de série B anti-islam».
Et surtout, je me refuse à établir la moindre symétrie entre mauvais goût et assassinat. Et tant pis si ça me met mal avec les «gens de bien» (ça ne sera pas la première fois).
Hugues Serraf
Les medias occidentaux semblent cautionner la barbarie islamiste. Il suffit de comparer la facon dont les " PUSSY RIOT" ont ete traites et celle de "US firing". Il est temps de denoncer a haute voix... l'Islam represente un danger pour la liberte, pour la democratie, pour toute l'humanite. Comment justifier une telle haine si ce n'est que par inspiration du Coran? Les gens qui ont commis cet acte ignoble viennent de confirmer la these defendue dans le film!
Je suis de ces gens biens que dénonce l'article, car en effet je mets dos-à-dos ceux derrière cette vidéo crétine et ceux justifiant de leurs crimes sur cette base. Pour plusieurs raisons.
D'une, pour moi moi la caricature même jugée blasphématoire par certains, n'est caricature que si elle véhicule une critique et non juste une haine brute de l'objet caricaturé. Désolé, à mes yeux tout ne se vaut pas. Le symbolisme et le contenu orientent le jugement. Cette vidéo était finalement qu'une tentative maladroite, de mauvais goût et nauséeuse pour mettre le feu aux poudre, une volonté de se placer dans l'insulte et non dans la critique ; et quitte à faire dans le points Godwin, c'est comparable je trouve, sans la virtuosité macabre, au faux des "Protocoles des sages de Sion" qui eut les conséquences que l'on sait.
Ensuite, mais là j'avoue que je suis plus pour l'instant dans le procès d'intention qu'autre chose... j'ai la faiblesse de croire que les gens derrière ce genre de brûlot haineux ne sont plus très loin d'un passage à l'acte violent contre l'objet de leur haine : les musulmans ; en effet, la bassesse et la bêtise de leur vidéo crétine peut se comparer à mes yeux aux vidéos salafistes qui pullulent sur le net.
Après, tout ceci ne tempère en rien l'amoralité et la barbarie de ceux ayant fomenté ces attaques, et ne les rend ni plus condamnables ni moins condamnables que si elles étaient venues sans film justificatif. Car ce dédouanement de culpabilité qu'induirait ce film, seuls les criminels ayant accompli ce meurtre croient qu'il peut s'appliquer. Ce qui n'est pas le cas, bien évidemment.
Charlie Hebdo, on est dans le basphème athée, on tappe sur tous les dieux, et on considère que Thor n'est pas plus légitime qu'Allah et que tous les croyants autant qu'ils soient nous font ch... et que le monde serait bien meilleur sans eux.
Les pasteurs ricains, il veulent se débarasser des musulmans, ça tombe bien les athées aussi, mais eux ils veulent remplacer un prophète par un autre. Bref les monothéistes c'est commes les trotskiste à deux c'est une hérésie, à trois c'est un schisme. Et donc ils veulent que tout le monde y compris les musulmans (qui ne sont que des chrétiens schismatiques) adoptent leurs schisme. Forcément c'est pas le même but.
Sur je vous rassure aux toilettes, je pisse sur une croix, je m'essuie avec des portraites de Mahomet, et je me lave les mains sur les rouleau de la Torah, et j'utilise le marteau de Thor en guise de balais à chiotte.
Non pas l'article, car chacun à le droit à une certaine liberté d'expression et le mauvais gout étant assez subjectif tout le monde peut juger selon ses principes, la démonstration de l'avocat de Charlie Hebdo dans le documentaire 'C'est dur d'être aimé par des cons" démontrait bien qu' avant de se prendre au dernier prophète le journal avait déjà "attaqué" les autres croyances.
Non, le commentaire de DidicovDi est assez édifiant pour ne pas dire flippant de constater que certains confondent encore les agissements d'extrémistes et la majorité des représentant d'une croyance.
Je ne saurais trop vous conseiller de lire les analyses d'Odon Vallet sur les passages de la bible qui n'ont rien à envier à l'esprit guerrier que vous attribuez au Coran.
Dire que notre pays à engendrer la pensée des lumières et que certains sont retombés dans les abîmes de l'ignorance.
Pour info, l'Indonésie est le premier pays musulman du monde et les femmes y sont très bien représentées, signe au cas où vous ne l'auriez pas encore compris que certains agissement n'ont rien à voire avec une religion mais sont uniquement les reflets de la société où ils s'exercent.
J'apprécie beaucoup plus vos articles quand ils traitent de sujets légers...
Je suis athée, mais j'ai été élevé dans la religion musulmane, ce film, les extraits m'ont hautement dégoutés et choqués. Pas besoin d'être Islamiste, intégriste pour se sentir insulté par un tel film.
Les musulmans font ils des films où Jesus fricotent avec des petits enfants? Font ils des caricatures avec vos symboles religieux? La réponse est non. Personnellement je ne pense pas que ce soit aux chrétiens/athées/juifs/scientologues... de blasphémer sur l'Islam mais aux musulmans eux mêmes (comme les chrétiens le font pour eux mêmes). Car quand cela vient des "autres" c'est toujours teinté de haine, de mépris, de "nous sommes supérieurs à vous". Bref si on fait les choses bien, chacun s'occupe de sa religion. Je ne justifie en aucun cas le meurtre d'innocents, mais on ne peut pas s'attendre à autre chose étant donné le contexte politique de ces pays en ce moment.
Par ailleurs la liberté d'expression elle est encadrée mon cher, on ne peut pas dire tout et n'importe quoi. Je peux très bien dire que vous êtes un gros pédophile (désolé mais faut que ce soit insultant) alors? Et bien non c'est diffamatoire, c'est insultant. J'en ai un peu marre qu'on utilise l'argument de la liberté d'expression pour justifier les attaques/insultent contre une religion que des milliards d'humains pratiquent sans saouler personne. Il y a pas plus politiquement correct et convenu que de critiquer cette religion, mais c'est finalement le seul domaine où effectivement les gens peuvent utiliser leur liberté d'expression/ou de hair.
Pour finir avant il y avait le racisme primaire. Le noir, l'arabe ils puent et font du bruit. Mais finalement il y avait certainement quelque chose de trop primitif dans cette façon de hair, trop brute. Du coup aujourd'hui on ne parle plus d'arabes et de noirs mais de musulmans (je ne veux pas dire que musulmans=arabes+noirs). On attaque pas l'apparence, mais plutôt un mode de pensée, c'est plus noble, les "intellectuels" s'y mettent aussi. C'est plus admis de représenter le prophète Mahomet comme un être abjecte, que de représenter un "arabe" comme un être abjecte mais au final c'est la même chose on s'attaque à un groupe de personne.
P.S: je viens de lire le post de DidicovDI, devons nous justifier tous les crimes commis par les chrétiens avec la bible? "Un danger pour toute l'humanité" vous me faites tellement rire. Le danger c'est les gens comme vous incapable de vivre avec des gens différents et des gens comme vous peuvent aussi être musulmans. Comme quoi vous êtes pas si différents de ceux que vous haissez.
Votre réponse est brouillone. Il est bien évident que les 1 millairs et qq de musulmans ne sont pas tous des terroristes en puissance; Celà va de soi.
On peut malgré tout observer que, dans la plupart des pays musulmans, il y a une crisptaion sur tout ce qui touche à la religion.
Il faut d'abord se rappeler que dans tous ces pays, il y a des minorités religieuses, qui ne vivent pas toujours de façon très tranquille.
Je reprends ensuite votre phrase : C'est plus admis de représenter le prophète Mahomet comme un être abjecte, que de représenter un "arabe" comme un être abjecte mais au final c'est la même chose on s'attaque à un groupe de personne.
Je ne comprends pas trop. Tous les arabes ne sont pas musulmans, et tous les musulmans ne sont aps arabes, me semble-t-il.
D'après vous, il est donc interdit car raciste d' émettre une critique sur le Coran. Je crois que de nombreux chrétiens, ou non-chrétiens, ne sont pas gênés si quelqu'un fait une critique de l'Ancien ou du Nouveau testament.
J'ai donc une question pour vous : Qu'auriez-vous répondu à Mustapha Kemal lorsqu'il a formulé une des pires critiques sur le Prophète ? Qu'il n'était pas assez arabe ou musulman ??
Je vous réponds en dessous de mon message (je ne sais pas comment fonctionne la réponse aux commentaires).
Je n'ai pas dit que arabe=musulman (même s'il serait de mauvaise foi de dire que la plupart des gens ne pensent pas cela). J'ai dit qu'il y avait une façon détournée d'attaquer les étrangers, avant on attaquait sur la couleur de peau maintenant on attaque la religion. Quand je dis qu'il est plus admis de critiquer le prophète, c'est que pour beaucoup de personne qui ne se "rabaisserait" pas au discours raciste primaire, il est plus "intelligent" d'attaquer sur une idée, un mode de pensée. De plus vous me parlez de chrétiens qui réagissent très bien au blasphème, laissez moi rire, révisez l'actualité pour voir que certaines expo ou films ont mis en colère des chrétiens pratiquants. D'ailleurs je ne vois pas l'utilité d'insulter les croyances des autres.
Je finis en vous disant que les musulmans (ou de culture musulmane) peuvent faire une caricature, blasphémer sur leurs propres religions, ils savent de quoi ils parlent. D'ailleurs l'occident adore les médiatiser pour dire "on est pas le seul à le dire que cette religion est dangereuse". Ce qui est dangereux ce sont ces attaques, car cela pousse au replis sur soit, cela amène moins les musulmans à vouloir réformer leurs religions, vu que la réformer serait suivre ce que l'occident leur dit de faire.
(ah et votre réponse est aussi brouillonne que la mienne.)
excusez moi pour le double post mais j'ai oublié de vous dire mustafa kemal n'était pas arabe mais turc...et je n'ai jamais dit qu'un musulman qui critique l'islam n'était pas assez musulman ou arabe. J'ai dit qu'il était plus légitime à le faire au contraire.
Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié les cathos sanguinaires qui ont attaqué des théâtres, armés de lance roquettes et d'AK-47... Quelle religion barbare!
En fait, au lieu de nous rappeler les croisades et caetera, vous pourriez préciser qu'elles ont eu lieu y a quelques années quand même, (1270 la dernière si je ne m'abuse, ou un truc dans le genre), par contre, le terme djihad reste plutôt usité dans certains milieux ces derniers temps...
Bref, l'Islam est une religion adolescente, dotée d'un des plus gros troupeaux d'excités (et quand je dis excités, je veux dire vraiment, de mémoire, je ne me souviens pas de prêches invitant à la ratonnade dans une quelconque église de France ou de Navarre ces dernières années) et remplace l'URSS dans la logique mondiale actuelle, qui ne peut fonctionner que par opposition de blocs.
Que vous soyez musulmane non pratiquante et respectueuse de la religion de chacun est tout à votre honneur, cependant, dans les Etats du moyen Orient, la minorité agissante (les salafistes, islamistes, enfin bref, tout ce qui se termine en "iste" quoi...) détient le pouvoir en ayant gagné la bataille de la terreur.
Les avis de petits occidentaux choqués et tolérants ne servent à rien, face à la barbarie, il n'y a qu'une seule réponse possible, mais il semble que l'aveuglement soit de mise, alors bon... Alea jacta erat, comme disait l'autre...
Lemurien je n'ai pas du tout parlé des croisades, vous êtes complètement à côté de la plaque. De plus je suis pas musulmane non pratiquante, je suis non croyante mais ayant grandit dans une famille musulmane c'est différent.
On va pas s'amuser à quelle religion a le plus de sang sur les mains. D'autant plus que les extrémistes tuent plus de musulmans que de non musulmans (mais ça c'est certainement tant mieux pour vous) (c'est marrant que vous parliez de catholiques, mais les évangélistes sont pour moi aussi dangereux que les salafistes). Mais je vais pas continuer à commenter, c'est fatiguant de parler avec des gens qui ont une vision aussi manichéenne du monde.
Les fameux attentats évangélistes... On n'en parle pas assez, je suis bien d'accord...
Bon, en fait, je comprends, quand on ne sait pas quoi répondre, on cherche un argument pour clore la conversation, vous avez choisi d'employer le terme "manichéisme", c'est bien essayé, complètement à coté de la plaque, mais bien essayé, donc je ne vous en veux pas trop.
Alors, juste pour le fun: je suis agnostique, non baptisé, ni circoncis ou initié à je ne sais quoi. Je pars de constats très simples et j'énonce des faits, tout en donnant ce qui me semble être la solution.
Donc, je crois comprendre que vous pensez que "Le Choc des civilisations" est un ouvrage d'extrême droite, mais non, c'est un ouvrage scientifique, tout simplement, certes récupéré par d'aucuns, mais le livre n'est en aucun cas politisé.
Oui, l'humanité s'est toujours construit sur des oppositions, ainsi, la logique de bloc s'est elle instaurée au 20ème siècle et un nouveau bloc a remplacé le bloc de l'est.
Non, tous les musulmans ne sont pas des grands malades (quoi que, tout croyant, en quelque Dieu que ce soit, a selon moi un léger problème, mais c'est une autre histoire...), mais, le principe de la minorité agissante prenant le pouvoir de manière détournée et imposant sa loi à une population qui ne dit rien est réel, vous pouvez demander aux Egyptiens ou aux Tunisiens...
Conclusion: face à un extrémisme, il faut répondre par un autre extrémisme, à un dogme par un autre dogme, la tolérance et la modération permettant toujours au plus violent des deux de prendre l'avantage. Je n'invente rien, je ne fais que paraphraser Machiavel (qui est un républicain, si, promis, juré, craché) et les jacobins.
Que mes conclusions vous déplaisent, soit, que vous pensiez que les termes de mon équation sont faux, soit, mais dans ce cas, j'attends avec impatience que vous m'expliquiez comment vous résolvez le problème.
Allez, bisou.
Il n'y a pas de liberté de religion sans liberté du blasphème.
En effet ce qui est un dogme sacré pour la religion X est un blasphème pour la religion Y, et les fondateurs d'une nouvelle religion commencent généralement par blasphémer les religions qui les ont précédé.
C'est ainsi que les livres saints monothéistes blasphèment à longueur de pages les religions polythéistes en prétendant que les divinités animistes ne seraient que des idoles sans pouvoir, ou au mieux (si j'ose dire) des esprits malfaisants.
(dans le coran les animistes sont appelés "associateurs" et il est difficile de trouver une sourate où ils ne sont pas insultés, maudits, menacés, et toujours blasphémés)
Cela n'empêche pas bien entendu les religions monothéistes de se blasphémer entre elles. Le coran dit que Jesus n'a pas été ressuscité, ce qui est un blasphème pour les catholiques, ou encore que les écritures juives et chrétiennes auraient été falsifiées par les copistes, ce qui est un blasphème pour ceux qui les croient sacrées.
Jésus blasphème le judaïsme et ses rites funéraires les plus sacrés quand il demande de laisser les morts enterrer les morts.
Ce n'est donc pas un hasard si ceux qui réclament la pénalisation du blasphème sont toujours des ennemis de la liberté de religion et des hypocrites.
Ils veulent empêcher les autres de blasphémer leur religion mais se réservent le droit de continuer à blasphémer celles des autres.
Vous etes le seul qui comprend ce que c'est la religion et peut-etre le meilleur des defenseurs de la liberte d'EXPRESSION! Certaines gens en Europe devraient visiter l'Arabie Saoudite, le Yemen,le Soudan, la Somalie, l'Iran et consort pour comprendre la chance qu'ils ont eu d'etre nes dans des pays democratiques. Mais a present ,le danger n'est pas loin de votre porte
Un peu trop d'amalgames dans cet article dont les bases informationnelles paraissent un peu fragiles :
1) Il était clair dès avant minuit le 12/09 que l'attaque du consulat américain de Benghazi ne relevait pas de débordements d'une foule en colère mais bien d'une authentique attaque terroriste : personne ne va manifester "spontanément" équipé de fusils d'assaut, de lance-roquettes et de mortiers (voire de canons antiaériens comme indiqué sur quelques sites d'infos). Il me parait excessivement prématuré de mettre cette attaque sur le compte d'islamistes enragés par le film.
2) Assez d'accord avec Gast en ce qui concerne le film (du moins le petit 1/4 d'heure dispo sur Youtube). Il va bien au-delà du simple "blasphème" : c'est une oeuvre de propagande visant à déshumaniser les musulmans d'hier et d'aujourd'hui (ainsi que tout ce qui n'est pas copte en Egypte).
A la limite, l'aspect blasphématoire (figurer Mohammed, en bâtard-pédophile-homosexuel-polygame-pilleur-assassin tout de même) est secondaire : c'est plus le fait de présenter les fidèles, les musulmans, comme des imbéciles cruels, cupides et amoraux qui pose un sérieux problème. L'analogie avec les films et l'iconographie de propagande antisémite me paraît parfaitement justifiée.
D'autre part, on commence à en savoir un peu plus sur la personne derrière cette "oeuvre" : il s'agirait d'un dénommé Nakoula Basseley Nakoula (à noter l'indice constitué par le nom intermédiaire : "Basseley" ~ "Bacile") qui n'est ni israélien ni juif mais bien américain, chrétien (copte) et... repris de justice ; condamné en 2010 par la justice fédérale américaine pour vol d'identité et escroquerie (un lien : http://www.timesofisrael.com/california-man-confirms-role-in-anti-islam-film/ [juste l'article le plus détaillé que j'ai trouvé sur le sujet. S'il y en a d'autres, je suis preneur].
Il apparait de plus que les comédiens embauchés pour la partie "historique" du film ont été trompés quant à sa nature réelle (on leur a fait tourner "Les guerriers du désert" ("Desert Warriors") puis les textes "blasphématoires" ont été rajoutés à leur insu en post-production, ce qui s'entend et se voit parfaitement sur la vidéo (mouvements des lèvres incompatibles avec les paroles, brusques changements de voix et de qualité d'enregistrement/fond sonore).
Bref on aurait en fait affaire à une sacrée manipulation, bien perverse et odieuse : un chrétien copte qui se fait passer pour israélien (sous-entendu : juif), on voit assez bien pourquoi (orienter la colère des musulmans vers les "usual suspects" et protéger les coptes) et produit un monstrueux film de propagande anti-islam et anti-musulmans (il faut le dire, cette vidéo n'est pas "de série B" ou "un peu crétine" : c'est une monstruosité cinématographique, esthétique, éthique et morale).
Des types ont tué des gens au pif en prétextant une offense. Il s'agit d'un acte si dénué de sens au regard du prétexte que je ne vois guère de point d'entrée à une quelconque "exégèse", c'est du pipeau. Les actes de ce genre sont, à l'instar des crimes de la mafia, des signaux envoyés, à la concurrence, à la population, aux autorités.
Si, après l'épisode de " Piss Christ ", des Chrétiens s'étaient livrés à des réactions extrêmes, que n'aurait-on pas dit !
Si, après les massacres de Chrétiens au Nigéria (notamment), il y avait eu de violentes réactions dans les rues occidentales, n'aurait-on pas crié au fascisme à juste raison ?… bien que l'assassinat soit en principe un crime plus grave que la caricature (laquelle, d'ailleurs, n'est pas un crime).
Si l'on souligne que les fanatiques islamistes se comportent de façon absolument conforme à leurs pires caricatures, va-t-on être accusé d'islamophobie ?
J'apprécie les articles de Monsieur Serraf, mais là, j'avoue que je suis un peu déçu. (Je m'en remettrai et continuerai à le lire avec plaisir!)
On mélange un peu tout sous le prétexte de la liberté d'expression et de la caricature.
Le film, imbécile et méchant, me semble plus correspondre à ce que nous appelons en France "incitation à la haine raciale" qu'à autre chose.
Enfin, j'ai arrêté de lire CHarlie Hebdo le jour où j'en ai eu marre de lire Siné (je sais, ça fait longtemps donc) se réjouir de la mort d'un flic ou des dessins d'évêques avec un crucifix dans le cul.
Ayant à peu près la même situation que Cramoisie, je ne cautionne pas les attaques délirantes et monstrueuses qui ont fait suite à ce film, mais regrette la publicité qui lui est faite.
Quant à Lemurien c'est un troll (http://fr.wikipedia.org/wiki/Troll_%28Usenet_et_Internet%29)... Inutile de lui répondre...
Votre article ne tient pas compte du contexte et fait donc des comparaisons qui n'ont pas lieu d'être. Il n'y a pas de bons et de mauvais blasphémateurs. Toutes les moqueries sont moralement condamnables mais devraient être civilement permises. A ce sujet vous oubliez les juifs qui ont réussi à passer des lois spéciales leur permettant de faire condamner ceux qui disent des choses qui ne leurs plaisent pas. Les musulmans ont la rue, les juifs la loi. Il n'y a que les chrétiens qui restent sans défense, par passivité. On brûle les églises de France, on insulte le Pape et on pisse sur les crucifix sans que le moindre député humaniste y trouve à redire.
Quand la situation est explosive, il suffit d'une petite provocation qui en d'autre lieux serait ridiculement insignifiante pour déclencher une émeute. La presse jouant dans l'instant ne cherche jamais la relation de cause à effets. C'est pour cela qu'il ne faut pas mettre sur la même balance un blasphème et l'assassinat d'un ambassadeur. Ce blasphème vient après des années de massacres en Irak, au Liban, en Afghanistan, en Palestine et en Lybie commis par les occidentaux et les israéliens. Quand on a subi la honte des images des soldats américains pissant sur le cadravre de leurs ennemis, le viol des arabes dans la prison d'Abu-Graïb sans qu'il y ait la moindre sanction, le choc de voir les soldats américains se prendre en photo avec à leur pieds les corps en sang des victimes de leur dernier safari, la rage de toujours être du côté des perdants, constaté l'hypocrisie des moralisateurs qui traitent Kadaffi et Assad de dictateur mais sont trés respectueux du roi d'Arabie alors il est normal que n'importe quel incident puisse provoquer une telle réaction.
Le meilleur terreau de la violence est l'empilement des injustices et des rancoeurs. Le blasphème n'en est qu'une parmis d'autres.
Excusez moi Carloman, mais votre notion de "contexte" justifie toutes les violences, toutes les horreurs. N'importe quelle saloperie devient justifiable parce que l'on pourra toujours trouver une autre saloperie qui l'aura précédée. Sadam Hussein hier, Bachar al Assad aujourd'hui ont violé, torturés, assassinés, massacrés leur population à une échelle qui fait des crimes de l'armée américaine un boulot artisanal. Leurs crimes ne justifient pas plus ceux de l'armée américaine, que ceux de l'armée américaine ne justifient les leurs. Ou alors on entre dans les raisonnements délirants tels que tuer des musulmans et brûler des mosquées parce que des églises ont été brûlées et des chrétiens massacrés au Nigeria, ou tuer des enfants français parce que des enfants palestiniens ont été tués par des israéliens. Je suis cependant d'accord avec vous, lorsque vous dites que le meilleur terreau de la violence est l'empilement des injustices et des rancoeurs. Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne faut pas répondre à l'injustice et à la rancoeur, en suscitant d'autres injustices et d'autres rancoeurs. Mais ce n'est pas le blasphème qui est un facteur d'injustice et de violence. Selon les mains qui la manipulent, c'est la religion (toutes les religions) qui peut devenir un facteur d'injustice et de violence. Les imprécateurs catholiques du moyen-age tout comme les talibans aujourd'hui utilisent la religion pour justifier un ordre social, pour imposer l'injustice et l'inégalité au nom de la religion. Et je pense qu'il en serait de même avec la base dure des républicains aux Etats-Unis s'ils prenaient le pouvoir. L'accusation de blasphème devient alors une arme redoutable qui leur permet de terroriser tous ceux qui voudraient remettre en cause cette ordre qu'ils cherchent à imposer sous couvert de religion.
Un blasphème c'est un discours jugé irrévérencieux vis à vis de ce qui est considéré comme sacré, vénéré par une religion. Une religion, c'est une vision du Monde, un système de pensée, une idéologie. Sans liberté d'irrévérence, il n'y pas de liberté de pensée. D'ailleurs il n'y a pas si longtemps, critiquer le communisme était de l'ordre du blasphème de l'autre coté du rideau de fer comme chez nous au sein de certains groupes sociaux.
Avec les religions monothéistes, le seul fait de penser qu’un autre Dieu puisse être le bon ou que Dieu n’existe pas est, par essence, un blasphème. Cela remet en cause l’origine même de la croyance. Comme l’a bien formulé Recap 59 « Il n'y a pas de liberté de religion sans liberté du blasphème. » Aujourd’hui encore, l’apostasie est punissable de mort dans certains pays islamiques. Pour reprendre un mot utilisé par Cramoisie, les fidèles ressentent l’apostasie comme « une insulte » à leur foi et à leur communauté, alors qu’ils acceptent (plus ou moins...) le fait que l’on puisse avoir une autre religion que la leur, tant que cela peut être mis sur le compte de l’ignorance.
Maintenant, ça ne sert pas à rien d’avoir une réflexion logique sur le blasphème dans la mesure où les fous de Dieu qui mettent le feu à des ambassades parce qu’ils ont entendu parler d’un film qu’ils n’ont pas vu, sont dans une pensée délirante comparable à celle de Mohamed Mehra lorsqu’il est allé tuer des enfants français pour « venger » des enfants palestiniens. La loi du Talion c’est « œil pour œil, dent pour dent » et non « le fils du voisin si c’est tout ce que tu as sous la main ».
Arrêter de blasphémer pour éviter d’entretenir les délires des fous de Dieu, ça ne me semble pas négociable, parce que ce serait renoncer à toute liberté de pensée. Le problème avec cette vidéo, c’est que c’est un fou de Dieu qui défie d’autres fous de Dieu, mais qui est tout aussi décidé qu’eux à s’opposer par tous les moyens à ce qu’il considérerait comme un blasphème contre sa propre religion. Faut-il au nom de la liberté de pensée défendre ceux qui sont contre la liberté de pensée ?