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Hollande: un futur Président normal pour un pays qui ne l'est pas

Dominique Dhombres, mis à jour le 29.04.2012 à 14 h 56

Les électeurs savent ce dont ils ne veulent plus, mais hésitent sur ce qu'ils veulent.

François Hollande à Bourges le 27 avril 2012, REUTERS/Jacky Naegelen

François Hollande à Bourges le 27 avril 2012, REUTERS/Jacky Naegelen

Le premier tour de l’élection présidentielle a révélé un paysage français qui n’a rien de riant. On savait nos concitoyens en proie à une grosse fatigue, comme dégoûtés de tout ce qui bouge en général et des candidats qui briguent leurs suffrages en particulier. On les savait anxieux, pessimistes pour eux-même et plus encore pour l’avenir de leurs enfants.

On ne les imaginait pas à ce point clivés, prêts à tenter, pour 6,4  millions d’entre eux,  des solutions dangereuses (sortie de l’euro) ou douteuses (remise en cause de la nationalité déjà acquise, chasse ouverte aux familles, enfants compris, venues chercher en France une vie meilleure). Pour le dire brutalement, et l’auteur de ces lignes a bien conscience qu’il force un peu le trait, on a rarement vu un pays aussi divisé, aussi peu content de lui-même et des autres, aussi grognon et malheureux.

La victoire de la gauche, avec la qualification de François Hollande en pole position et l’unanimité des sondages lui donnant d’avance le 6 mai, a-t-elle déclenché une explosion de joie? Vous voulez rire! Ou plus précisément, vous ne riez pas, vous qui lisez ces lignes, cher internaute inconnu. Pas davantage que celui qui les écrit. Soyons clair. Il a voté François Hollande, dimanche matin, tôt le matin, très tôt  même, malgré le froid, dans le préau de l’école de son quartier. Il était fier de lui, comme  toujours quand, après avoir contemplé les dessins d’enfant et s’être battu avec le rideau de l’ isoloir, il a  entendu prononcer la formule magique «a voté». Il a fait tout cela, comme vous,  j’espère. Et alors?

Une élection totalement dingue

Tristes, les Français? Comme jamais! Vous me trouvez trabat-joie, moi aussi, incapable de me réjouir du choix que j’ai fait dimanche dernier, et prêt à dire pis que pendre de ceux qui en ont fait un autre? Bref, péremptoire et indécis? Eh oui! Comme vous, cher internaute, tout comme vous! L’électeur n’est jamais content. Le Français n’est jamais content. C’est même à cela qu’on le reconnaît. Toute allusion aux Tontons flingueurs est à prendre ici au pied de la lettre. Elle n’est pas due au hasard.

Cette élection, passez moi l’expression, est totalement dingue. Le corps electoral vient d’exprimer un rejet  massif et dégoûté du Président sortant. C’est sans précédent, dans cette proportion, au premier tour, sous la Ve République. Il vient aussi, le même corps, de placer en pole position le candidat socialiste, étatiste, et amoureux de l’impôt. L’électorat serait donc devenu socialiste, étatiste, et amoureux de l’impôt? Vous voulez rire, une fois encore. Mais vous n’avez pas le coeur à rire, pas plus que l’auteur de ces lignes. Je l’ai déjà dit. On tourne en rond. Comme l’électeur?

Qu’on y songe! Depuis Jean-Jacques Rousseau, il est admis, il est même obligatoire de penser que le peuple réuni (en assemblée générale pour l’intéressé mais c’était un Suisse, un pays où c’était possible, et l’est d’ailleurs encore, au niveau local) ne peut pas se tromper. La volonté générale ne peut pas errer. En langage enfant, elle est toujours la bonne. Un démagogue peut la tromper un moment, mais pas tout le temps, et pas tout le monde à la fois, comme disait Abraham Lincoln. Vous voyez, cher internaute, je suis prudent. Avec Lincoln et Rousseau, je suis paré.

Un pays pas normal

Eh bien non, cette fois encore. L’électeur français a massivement rejeté Nicolas Sarkozy. Il n’a nullement adoubé François Hollande, encore moins son projet. Le corps électoral, réputé souverain et infaillible, peut-il à la fois rejeter Nicolas Sarkozy, mettre François Hollande en pole position, et faire un triomphe à Marine Le Pen? Une explication? L’électeur sait très bien ce dont il ne veut plus (Sarkozy), mais pas vraiment - ou pas du tout - ce qu’il veut vraiment.

La vérité est que le pays n’est pas tout à fait dans son assiette. Il n’est pas normal, comme on dit familièrement. S’il aimait la gauche passéiste, hugolienne et jaurésienne, il avait, en la personne de Jean-Luc Mélenchon, le meilleur choix qui soit. L’intéressé a d’ailleurs été le seul véritable orateur de ce premier tour. Quel talent! On l’applaudit très fort. Mais le citoyen, un moment bluffé, puis conquis, a fini par fatiguer au moment de mettre son bulletin dans l’urne. Un peu de Mélenchon plaît. Beaucoup de Mélenchon lasse.

Le droit au rêve

Et si vous prenez votre calculatrice, alors là, vraiment, mais ce sera la seule fois de cet article, vous rigolez franchement. Vous additionez le SMIC à 1.700 euros (bruts), la retraite à 60 ans, l’école obligatoire de 3 à 18 ans et le remboursement à 100% par la sécurité sociale de toutes les dépenses de santé, vous ajoutez l’âge du capitaine, les mânes de Blum, le chapeau et l’écharpe de Mitterrand, vous agitez et vous consommez sans modération. Le droit au rêve vient d’être inscrit dans la constitution.

Vous vous réveillez. En fait, vous avez voté Hollande sans enthousiasme. Sans illusion, non plus. Rendons justice à celui que vous avez choisi. Il n’a rien fait pour susciter une exubérance irrationnelle. Il ne vous a pas fait marcher. Il n’a même pas tenté. Ce n’est pas dans sa nature. Il l’a dit et redit. Il est normal. Il n’est pas en état d’insurrection permanente, comme le tribun du Front de gauche,  ni d’érection permanente, comme l’autre, celui qui était à New York. Normal, on vous dit.

François Hollande sera un président normal. Le problème, c’est que le pays, actuellement, est tout sauf normal. Car il s’apprête, alors qu’il est conservateur, le premier tour le démontre amplement, à choisir un président socialiste.

Dominique Dhombres

Son nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, d’ici quelques années, il pourrait devenir aussi célèbre que le plastique ou le silicium. Il s’agit du graphène. On discerne une parenté avec le graphite et on a raison. Il s’agit d’un matériau absolument révolutionnaire, un cristal constitué par une seule couche d’atomes de carbone. Oui, vous avez bien lu. Une seule couche d’atomes, ce qui en fait le matériau le plus fin possible. On exprime aussi cette finesse ultime en parlant de premier matériau en deux dimensions (2D). Cela peut paraître abusif mais, bon, une hauteur d’un seul atome, soit environ 0,14 nanomètre (10-9 m), ce n’est vraiment pas grand chose.

Un sandwich très conducteur

Les caractéristiques du graphène sont extrêmement nombreuses et toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Dernière en date à être exploitée, au stade du laboratoire pour l’instant, sa conductivité. Si elle est bonne, deux chercheurs de l’université d’Exeter ont trouvé le moyen de l’améliorer encore. Monica Craciun et Saverio Russo ont mis au point un sandwich composé de deux couches de graphène entre lesquelles ils ont inserré une couche de molécules de chlorure de fer. Le résultat, baptisé GraphExeter est une alternative à l’oxyde d’indium-étain, matériau conducteur très utilisé en électronique mais qui devient fort coûteux à cause de sa raréfaction. Son approvisionnement pourrait de tarir en 2017. En prime, le GraphExeter est… transparent et flexible.

Electronique “portable”

Le GraphExeter pourrait ainsi servir dans une multitude d’application: des panneaux solaires dont ils pourraient augmenter l’efficacité de 30% à l’électronique “portable” (wearable, en anglais) au sens où elle pourrait s’intégrer aux vêtements. Demain, la grande mode sera peut-être le tee-shirt intelligent qui affiche des messages ou l’heure… Ou qui intègre un ordinateur, des écouteurs et des lecteurs MP3. Le portable qui devient vraiment portable et libère les poches… Déjà, les scientifiques de l’université d’Exeter ont mis au point une version du GraphExeter qui peut se pulvériser sur des tissus, des miroirs ou des vitres. Ainsi, le graphène pourrait changer notre vie. Au moins celle des geeks…

Dominique Dhombres
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