- REUTERS/Tanushree Punwani -
Briser le silence, et rendre justice aux victimes de viols, pour une société libérée des violences sexistes et sexuelles.
Il y a quelques jours, nous avons lancé le hashtag #jenaipasportéplainte sur Twitter. Nous n'avions pas imaginé à quel point il serait riche d'enseignements et d'émotions.
Les témoignages sont arrivés par centaines. Et alors même que nous sommes habituées, jour après jour, à entendre la parole des victimes, l'effet de masse, et la souffrance qu'on imagine derrière le simple fait de prendre la décision, anonymement ou pas, de témoigner ainsi, nous ont emplies d'émotion.
Pour des centaines qui ont témoigné, des milliers n'ont pas pu le faire (et nous les comprenons). L'ampleur en nombre et en contenu de ces témoignages est un message politique fort, c'est le même message que celui de notre campagne Pas de justice, pas de paix, lancée début mars.
En effet, à la suite de l'abandon des charges l'été dernier contre Dominique Strauss-Kahn, pour des raisons qui ne nous semblaient pas directement liées avec les faits eux-mêmes, nous avons voulu mettre en évidence pourquoi, aujourd'hui encore en France, alors que 75.000 femmes et autant d'enfants sont victimes de viols, autant de victimes ne portent pas plainte, et si peu de condamnations sont prononcées.
Nous avons souligné qu'il fallait que la justice trouve, dans la qualification des faits, dans la façon de mener les enquêtes, et dans la capacité à tenir enfin compte de la gravité de l'impact psychotraumatique, les moyens de rendre justice et réparation aux victimes de ces crimes que sont les viols. Et qu'elle arrête d'envisager si souvent les victimes comme des coupables, en plaquant sur elles des stéréotypes sexistes, voire pornographiques, et en considérant –par ignorance– comme preuve de leurs mensonges ou de leur consentement, des réactions, des comportements, des difficultés à se souvenir ou à parler qui sont en fait des symptômes psychotraumatiques, et en tant que tels des preuves médicales des violences.
Avec la campagne lancée début mars et son point d'orgue, le hashtag #jenaipasportéplainte (qui fait écho à la campagne #Ididnotreport), nous avons constaté ce que nous savions déjà, mais qui là est apparu de façon encore plus flagrante: il est toujours aussi nécessaire de briser le silence dans cette société qui est dans le déni de ces violences et ne veut pas croire les victimes.
Cela se manifeste dans le contenu des témoignages: les victimes n'ont pas pu parler, ou n'ont pas été entendues, que ce soit par leurs proches ou par la justice. On ne les a pas crues. Cela se manifeste aussi par les trolls très importants qui sont venus au départ s'immiscer au milieu des témoignages, et s'en moquer parfois.
Sur Twitter, de nombreuses personnes qui ont témoigné ont reçu des menaces et des insultes, et c'est pour cette raison que nous avons décidé d'anonymiser les témoignages sous @manifestePJP. Cela montre bien que la violence sociétale qui empêche les victimes de porter plainte est présente à tous les niveaux, et cela prouve la nécessité de notre combat.
Il est très impressionnant également de voir comme «l'outil Twitter», qui s'était déjà fait remarquer au moment des révolutions arabes, a ici une capacité de libération de la parole individuelle. En effet, à la fois il permet l'anonymat et de ne pas se sentir seul(e), puisqu'en direct, on peut voir que d'autres, des centaines d'autres, témoignent également. Et souvent plusieurs jours après leur tweet, des personnes qui ont été victimes, continuent à nous écrire pour nous remercier du lancement de la campagne et nous dire qu'elles souhaitent que nous continuions.
C'est ce que nous allons faire. Nous le disons à toutes les victimes: nous vous croyons, que vous ayiez ou pas la force de témoigner, nous vous croyons. Et nous continuerons à nous battre pour que l'ensemble de la société vous croie, ne vous abandonne plus et se mobiliser pour changer les choses.
Dans les prochaines semaines, nous enverrons le recueil de tous ces témoignages aux parlementaires et aux candidats à la présidentielle, pour qu'elles et eux aussi, s'engagent dans ce combat et cessent d'être dans le déni.
Pour le manifeste Pas de justice, pas de paix
Muriel Salmona et Sandrine Goldschmidt
Je suis frappé de constater que chaque racisme fonctionne de la même manière.
On prend prétexte du comportement d'un ou deux individus, si possible, bien caricaturaux, puis on dénigre une population, un groupe, qu'on désigne à la vindicte populaire. Et le comble dans ce processus, c'est que la victime de cette haine devra se justifier si elle veut échapper à l'agression.
Ainsi, le commun des mortels qui est perméable au racisme, quel qu'il soit, va demander à la victime de se justifier, pour vérifier qu'elle ne mérite pas d'être agressée !
C'est le cas des femmes violées, toujours suspectées d'avoir mérité leur agression, des femmes battues, mais aussi de l'étranger, qui sera toléré que s'il le mérite, du handicapé, qui n'a pas le droit d'être désagréable, du chômeur, suspecté de mériter son chômage, etc.
La question que vous posez est fondamentale et donc très intéressante. Vous n'êtes apparemment, pas plus que moi, juriste de profession ou de formation, mais je vais essayer de vous répondre.
Il faut distinguer deux actions bien différentes : en tant que victime, convaincre la police et la justice que vous avez subi un préjudice : on vous a cambriolé votre appartement, volé votre voiture, agressé physiquement, tué, ou violé...
C'est là qu'intervient l'examen indispensable par un médecin spécialiste assermenté et l'enquête policière.
Bien différent est ensuite le procès où il faut alors démontrer, au delà de tout doute possible, que c'est bien tel citoyen, tel être humain, qui a commis l'acte dont vous avez été victime!
Et là, la tendance actuelle, le courant d'opinion qui consiste, sur le seul sujet particulier du viol, et au contraire de tous les autres crimes ou délits, à demander aux tribunaux de condamner sans aucune preuve, sur le seul témoignage de la victime, est anti-démocratique, et évidemment porteur d'injustices et d'erreurs judiciaires.
Ceci va, de toute évidence, à l'encontre de la façon dont toutes les sociétés humaines rendent la Justice, depuis des millénaires !
Je pense que le combat contre le viol est nécessaire et important, mais c'est pour cela que je suggère que cette lutte soit menée de façon réaliste et efficace, et bien évidemment, sans renoncer aux principes fondamentaux de notre Droit.
La priorité après un viol devrait être la récolte de preuves juridiquement valables et les campagnes d'informations devraient se centrer sur des conseils pratiques dans cette voie.
Quant à la notion de "viol sans violence", elle est contre-productive, parce qu'il devient alors très difficile de définir la différence juridique avec un rapport sexuel normal !
le viol sans violence n'existe pas car le violest une extreme violence.
mais c'est une violence morale.
la violence physique n'intervietn que dans la moitie des viols,
car pour l'aute moitie la victime, tellement detruite rien que par l'idee que quelqun qu'elle aimait eet en qui elle avait confiance puisse faire ca, n'arrive pas a se battre et essaye de se defendre en parlant, ou pleure, ou est tetanisee de peur.
on ne peut pas juger un crime selon la reaction de la victime.
biesur qu'il faut essayer de prouver que c'est vrai, les menteurs existent,
mais ce qui se fait suvent c'est, une fois que le crime est avéré on trouve des excuses au violeur et on culpabilise la victime sur sa reaction (pourquoi porter plainte seulement 5 ans plus tard, comment se fait il que vous n'ayez pas deprimé tout de suite? pourquoi n'avez vous pas essayé de vous debattre etc...)
c'est absolument abominable de juger la victime sur sa reaction, elle reagit comme elle peut a un crime qui lui tombe dessus, surout que le plus souvent elle connait son agresseur.
elle commence donc par se defendre en parlant "non mais arrete lå, arrete" et n'ose pas lui mettre une baffe et partir car elle ne veux pas creer de probleme s'il s'agit de l'ami de son pere, de son propre cousin, de son petit copain (suvent des ados pressés la premiere fois)
bref, si on ne juge les viols que si la victime s'eat fait tabasser en plus on ne jugera que la moitié des viols. et en plus ca sous entend que le tabassage est plus grave qu'un viol.
alors que statistiquement en psychologie un enfant battu toute son enfance a plus de chance de se sentir bien qu'une victime d'un seul viol.