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La solidarité internationale est chère aux Français. Qu’en disent les politiques?

Bénédicte Hermelin, mis à jour le 09.03.2012 à 12 h 54

Malgré ce soutien fort de nos concitoyens, la solidarité internationale est le parent pauvre de la politique française. Le prochain quinquennat doit être l'occasion de mettre à l’ordre du jour du Parlement l’adoption d’une loi-cadre sur la coopération au développement.

Liberté, égalité, solidarité / vydd via FlickrCC License by

Liberté, égalité, solidarité / vydd via FlickrCC License by

La solidarité internationale est chère aux Français. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: deux millions de donateurs individuels; 150.000 bénévoles; des millions de personnes dans le monde bénéficiant d’un appui des ONG; des centaines de partenaires renforcés; des milliers de bénévoles, de salariés, de volontaires, qui partent sur le terrain pour des activités d’échanges, d’aide humanitaire, de projets de développement; des centaines de jeunes qui frappent chaque année à la porte des ONG. De leur côté, de nombreuses collectivités territoriales françaises consacrent une partie de leur budget à la solidarité internationale.

Chacun à sa manière et selon ses priorités, tous ces acteurs de la solidarité internationale cherchent à promouvoir plus de justice sociale, d’équité entre les catégories de populations, à réduire la misère, contribuer à une meilleure protection de l’environnement partout sur la planète, en un mot pour un monde plus juste et vivable pour tous. Même les entreprises du CAC 40 se mobilisent à leur manière en faveur des pays pauvres, et recherchent des partenariats avec des ONG de solidarité internationale.

Malgré ce soutien fort de nos concitoyens, la solidarité internationale est le parent pauvre de la politique française. Le Parlement n’est saisi de cette question qu’à l’occasion de la loi de Finances. Jamais de débat de fond sur les orientations de la politique française de coopération au développement, ni sur celles de l’Union européenne, pourtant le premier donateur au monde.

Où est le dialogue global?

De sommets internationaux en réunions de haut niveau, le président de la République, l’actuel comme ses prédécesseurs, décide d’affectations budgétaires. Dans leur rapport sur l’AFD il y a près d’un an, les sénateurs Cambon et Vantomme s’étonnaient «d’un système politique où la voix d’un seul homme puisse engager une partie des moyens de notre politique de coopération sans que le Parlement ne soit associé».

De même, s’il y a des échanges avec les associations de solidarité internationale en amont des grandes réunions internationales ou à l’occasion de l’adoption du récent document cadre sur la politique de coopération française (sans vote des élus de la nation), les ONG déplorent le manque de cadre de dialogue global.

Pas de Grenelle de la solidarité internationale, disparition en décembre dernier de la commission Coopération au développement, qui ne s’était plus réunie depuis des années… Au moins, les coordinations d’associations de solidarité internationale ne peuvent être taxées d’être des «corps intermédiaires qui s’interposent parfois entre le peuple et le sommet de l’Etat» pour reprendre les mots du candidat Sarkozy à Marseille!

Le prochain mandat présidentiel doit être l’occasion de redonner à la solidarité internationale la place qu’elle mérite, en inscrivant à l’ordre du jour du Parlement l’adoption d’une loi-cadre sur la coopération au développement, et en instaurant un cadre formel de dialogue stratégique avec les ONG, dont les compétences et la capacité d’action sont reconnues. Ce qui permettra aussi de rendre hommage à la mobilisation des citoyens, pour la solidarité internationale.

Bénédicte Hermelin

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