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Laïcité et écologie sont au cœur du pacte républicain

Jean-Michel Baylet et Yves Pietrasanta, mis à jour le 08.03.2012 à 6 h 05

Pour Jean-Michel Baylet et Yves Pietrasanta, le projet républicain est le mieux armé pour répondre aux désordres de la mondialisation et de la société post-industrielle qui ont fait voler en éclat toutes les références éthiques, morales, sociales et politiques.

Les drapeaux français et européen. REUTERS/Charles Platiau

Les drapeaux français et européen. REUTERS/Charles Platiau

La crise écologique contient toutes les autres crises: alimentaire, énergétique, sanitaire et des matières premières. Ces crises qui se succèdent les unes aux autres, menacent les délicats équilibres de la nature et, avec eux, l’humanité.

La République nous a donné les outils politiques pour relever ces défis du XXIe siècle. Le projet républicain est, en effet, le mieux armé pour répondre aux désordres de la mondialisation et de la société post-industrielle qui ont fait voler en éclat toutes les références éthiques, morales, sociales et politiques.

Pourtant, le citoyen français, isolé par la société de consommation dans un individualisme effréné, est désorienté et décontenancé par l'évolution des conditions d'existence au sein de notre pays. Le gigantesque fossé le séparant du pouvoir politique doit inquiéter les décideurs. Les carences démocratiques, exacerbées par le quinquennat qui s’achève, sont dangereuses et engendrent un sentiment de défaitisme et de distanciation qui est le ferment de la montée en puissance des extrémismes.

Les inégalités ne cessent de croître

Après cinq années passées aux commandes de notre pays, le «Président du pouvoir d'achat» comme il s'autoproclamait en 2007, doit assumer les ravages qu'il a engendrés. Les inégalités ne cessent de croître, le pouvoir d'achat des français est en berne, la situation économique et sociale est périlleuse et elle nécessite un grand changement. Il est temps de revenir aux fondamentaux et de rendre au peuple son pouvoir.

Par excès de naïveté, un espoir est né avec la mise en place d'un Grenelle de l'Environnement. Mais cet espoir s'est rapidement envolé. Les grandes déclarations d'intention n'ont, d'une part, pas été suivies d'effets, et, d'autre part ont permis de cautionner des comportements contraires à l'éthique écologiste. Entre les huiles et gaz de schistes et le soutien inconditionnel à l'atome, le désenchantement laisse place à l'exaspération.

L'action collective, responsable et solidaire qui est au cœur du pacte républicain, est le moyen d'avancer à nouveau dans la bonne direction. L'individu a besoin de liens avec son environnement et la République laïque est un projet qui place au cœur de la cité un citoyen émancipé mais qui n’est pas coupé de ses racines.

Science et croyance ne sont ni solidaires, ni opposées, elles cheminent sur des voies parallèles. La laïcité participe de cette société écologique que nous appelons de nos vœux car elle nous protège de l’obscurantisme, de l’irrationnel et de l’endoctrinement qui s’invitent dans la vie publique.

La conversion écologique de la société exige de la créativité, de l’audace et de la solidarité, une responsabilisation des hommes et des femmes de ce pays, à commencer par les hommes et les femmes politiques. Une illustration  concrète : le grand chantier des énergies renouvelables. Leur généralisation pourra garantir notre indépendance énergétique, créer durablement de l'emploi et respecter les fragiles équilibres naturels.

La crise écologique par un effet d’emballement que l’esprit humain peine à appréhender, nous porte vers de grandes turbulences. Une désagrégation est possible. Elle appelle une renaissance, une mutation de la société, de nouvelles manières de penser, libres de toutes contraintes, sectarisme ou idéologie. Pour prendre la mesure des défis auxquels l’humanité doit faire face pour survivre, la conversion écologique doit se faire dans un cadre laïque, républicain, progressiste car nous ne perdons pas de vu que c’est l’être humain qui doit rester au cœur de nos préoccupations. 

Jean-Michel Baylet et Yves Pietrasanta

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