- Des prostituées roumaines en Allemagne, en 2009. REUTERS/Hannibal Hanschke -
Brillant par leur absence de tous les débats depuis toujours, les clients de la prostitution sont aujourd’hui sous les feux des projecteurs grâce aux récentes «révélations» de Claude Guéant sur DSK.
A cette occasion, les attaques verbales fusent, alors que les arguments font défaut: il est parfaitement autorisé en France de recourir à des prostituées, pourvu qu’elles soient majeures. Seuls les faits commis au Carlton de Lille pourraient être reprochés à DSK, mais la présomption d’innocence commande de le considérer innocent face aux possibles accusations de complicité de proxénétisme et recel d’abus de biens, ces faits n’étant à ce jour pas avérés.
Par ailleurs, sa participation habituelle aux soirées libertines n’est plus un secret, et est matière à railleries, alors que le libertinage n’est pas un délit. Ainsi, juridiquement aujourd’hui rien ne peut lui être reproché. Mais bizarrement, les attaques dont il est l’objet semblent plus fortes que l’application du code pénal. Parce que ce n’est pas en sa qualité de citoyen qu’il est attaqué, mais en sa qualité d’homme.
Un Etat de droit se doit d’être éthiquement neutre, c’est pourquoi le libertinage comme la prostitution sont inattaquables sur le terrain de la morale. Il en est de même de tous les comportements sexuels imaginables, pourvu qu’ils n’atteignent pas aux droits et libertés d’autrui.
Mais s’il est tout à fait justifié de ne pas remettre en cause le libertinage au titre de la liberté sexuelle, s’en tenir au même fondement juridique pour justifier la prostitution serait non seulement faux mais montrerait une indifférence profonde, voire une complicité passive face à ce qui est nécessaire de nommer une violence faite aux femmes. La prostitution est une violence faite aux femmes. Et doit être abolie.
La prostitution est vieille comme le monde et se renouvelle. De l’escorting aux sex tours, en passant par la prostitution estudiantine, elle est même devenue une cause défendue par certains et certaines, au nom de libertés qui sont devenues leur prison, et même pas dorée. La permission de la prostitution prend l’habit de la libération des mœurs alors qu’elle n’est que synonyme de misère et violence.
Au-delà de la lutte contre le proxénétisme, évidemment nécessaire, à maintenir et à développer, c’est le phénomène prostitutionnel en tant que tel dont il est temps de débattre.
Les hommes ont toujours justifié la prostitution par les faits d’un «mal nécessaire», d’un «rempart contre le viol», d’un remède à la misère sexuelle d’une certaine catégorie d’hommes et de son statut de «plus vieux métier du monde».
En somme, la prostitution existe parce qu’elle est d’utilité publique.
Et depuis la nuit des temps, c’est en ces termes que les possesseurs de pouvoir donnent à voir la chose, selon un paradigme mettant le corps des femmes au service des hommes, que les petits et grands sont éduqués, et c’est sur ce modèle hautement philosophique que notre société (qui n’est pas la seule) s’est construite.
Pourtant, les séquelles physiques et psychologiques dues à la soumission à des actes sexuels répétés et non désirés que connaissent les personnes qui se prostituent ou qui se sont prostituées sont aujourd’hui connues, mais apparemment ignorées.
Il s’agit d’une violence faite aux personnes, qui entrent dans le cadre des conséquences psychotraumatiques, (conséquences reconnues par la communauté scientifique médicale internationale comme pathognomonique c'est-à-dire comme une preuve médicale de l’existence d’un traumatisme).
Rien de moins que ce que ressentent les victimes de viols. Les prostituées opèrent une dissociation mentale, une «décorporalisation», comme une anesthésie corporelle, et connaissent ainsi par exemple, des seuils très élevés de résistance à la douleur. Et ce n’est qu’un exemple de moyen de défense développé par le corps et l’esprit.
C’est, entre autres, ce qui différencie fondamentalement le «métier» de prostituée d’autres métiers réputés difficiles. L’atteinte à l’intégrité du corps (problèmes immunitaires, troubles cutanées, problèmes gynécologiques et dermatologiques) et de l’esprit (60% à 80% des personnes prostituées souffrent de troubles psychotraumatiques sévères, chiffre semblable aux personnes ayant subi des actes de tortures et aux prisonniers politiques selon le rapport d’information d’avril 2011 précité) est flagrante et ne peut plus être niée en matière de prostitution.
Parmi les pays européens, certains sont abolitionnistes comme la Suède ou la Norvège, d’autres règlementaristes comme les Pays-Bas ou l’Allemagne.
Les Pays-Bas, qui ont choisi en 2000 de règlementer la prostitution, pour disent-ils, accroître et faciliter la surveillance de ce milieu, sont forcés de constater que les chiffres de la traite des êtres humains ont largement augmenté; de plus, un rapport du gouvernement norvégien de 2004, comparant les politiques suédoise et néerlandaise (ministère norvégien de la Justice et de l’Intérieur, Purchasing Sexual Services in Sweden and the Netherlands. Legal Regulation and Experiences, 2004) montre que la légalisation n’a pas empêché le proxénétisme au sein même du secteur légal de la prostitution, et un secteur illégal a même fait son apparition, deux données plus parlantes encore sur l’inefficacité relative de la légalisation.
Un projet de loi a donc été présenté en décembre 2009, poursuivant le but de politique générale de décorrélation entre le proxénétisme et la prostitution, et qui propose, en désespoir de cause, de punir les clients de la traite (avec un système de certificat affiché sur la vitrine de la prostituée). Par ailleurs, le rapport d’information de la commission des lois publié le 11 avril 2011 et préalable à la Résolution débattue le 6 décembre devant l’Assemblée nationale, explique:
«Cette conviction de l’inéluctabilité de la prostitution est si fortement ancrée dans les esprits que Mme Corinne Dettmeijer-Vermeulen, rapporteure nationale sur la traite des êtres humains, a vanté les mérites du modèle néerlandais en matière de lutte contre la traite en indiquant qu’il y avait eu près de 900 affaires de traite depuis 2000, contre environ 50 constatées en Suède, attribuant cette différence à l’efficacité de la politique néerlandaise en la matière. Jamais n’a été évoquée l’idée que la réglementation de la prostitution pouvait constituer un encouragement à la prostitution et à la traite des êtres humains, dans un pays qui compterait pourtant dix fois plus de personnes prostituées que la Suède, pour une population deux fois supérieure.»
Enfin, les incohérences telles que celle portant sur le «Pôle emploi» hollandais, qui ne peut pas proposer d’emploi équivalent car «pas considérés comme appropriés», ou encore l’impossibilité de suivre une formation professionnelle en la matière, prouvent que malgré toute la «bonne» volonté du monde à faire de la prostitution un métier comme un autre, cela ne fonctionne pas.
L’exemple hollandais est aussi parlant par l’échec que la Suède l’est par la réussite. En effet, la prostitution, analysée en violence faite aux femmes, y est interdite (incrimination des clients et des proxénètes, mais pas des prostituées, considérées comme des parties faibles) depuis une loi extra territoriale de 1999.
Un rapport suédois mené par le ministère de la Justice entre 2008 et 2010 sur l’évaluation de la pénalisation de la prostitution, confirme l’efficacité de la loi à plusieurs plans.
D’après le rapport, le nombre de prostituées de rue a diminué de moitié en dix ans, quand le chiffre des pays voisins (Danemark ou Norvège) a triplé. Le proxénétisme semble renoncer à s’installer en Suède au bénéfice de destinations plus «rentables», et pour l’année 2008, la demande d’achats de services sexuels a presque diminué de moitié, passant de 13,6% à 7,8% parmi les hommes suédois. Au surplus, son taux de viols est stable (ni hausse ni baisse depuis la loi).
Le rapport montre aussi que la loi a contribué à faire évoluer les esprits, à faire prendre conscience aux clients (qui, comme en France, ne sont pas des hommes en détresse affective ou sexuelle, mais en grande majorité des hommes «normaux», ordinaires souvent en couple et pères), grâce notamment à une grande campagne de sensibilisation à l’interdiction nouvelle comme à ses conséquences pénales, et surtout à l’analyse de base qui fonde l’interdiction: la prostitution est une violence.
Le secret de la réussite de la Suède réside dans la mise en place de moyens financiers colossaux pour faire appliquer la loi et pour financer le volet social.
L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a, quant à elle, adopté le 4 octobre 2007 une résolution sur la prostitution «volontaire». Elle recommande une approche «pragmatique» face à l’inéluctabilité de la prostitution.
Le texte est fondé sur l’approche règlementariste (le rapporteur est hollandais), au point de ne citer que les pays prohibitionnistes et abolitionnistes concernant la prostitution clandestine, cachée, cherchant à montrer que l’absence de règlementarisme en est la cause.
Certaines formules, si candides, feraient sourire si elles ne touchaient pas un problème si grave («… en veillant à ce que les prostitué(e)s aient accès à des pratiques sexuelles sans danger et bénéficient de l’indépendance suffisante pour les imposer à leurs clients»); le cas de la Suède est évidemment mentionné, mais juste mentionné. Le rapport de la commission reste théorique, naïvement subjectif, et part perdant en niant le débat de fond. A l’instar des Pays-Bas.
Il ne peut y avoir de prostitution volontaire, comme métier, comme ambition professionnelle, mais qu’une situation de prostitution par défaut.
Défaut d’amour, d’argent, d’ambition, d’estime de soi… Le lien entre prostitution et carences dans l’enfance (maltraitance, abandon, violences, abus…) n’est plus à prouver. Quelle femme resterait dans la prostitution à salaire égal? Aucune. Ce n’est pas donc en termes de droit à faire commerce de son corps qu’il faut chercher à adopter une position mais en termes de violence légalisée. Non pas en termes de droit des clients mais en termes de devoir envers les prostituées.
La France est aujourd’hui face à un choix:
• Soit elle opère un revirement de sa position abolitionniste pour suivre l’exemple hollandais, réglemente la prostitution et ouvre la porte à un proxénétisme décomplexé. Elle cherchera en vain à justifier qu’un proxénète légalisé vaut mieux qu’un proxénète illégal. Mais cette solution paraît heureusement peu probable au vu de la teneur et la coloration abolitionniste du rapport d’information précité.
• Soit elle demeure le pays abolitionniste tel que conçu en 1946, et dans cet immobilisme qui ressemble plus à un refus de choix qu’à un choix, puisqu’à la fois elle tolère la prostitution et les clients, mais empêche ce système prostitutionnel de fonctionner en interdisant le racolage; puisqu’elle dit lutter contre le proxénétisme mais refuse de s’attaquer à sa matière première qu’est la prostitution; enfin, puisqu’elle ignore purement et simplement un pan entier de ses principes juridiques au nom de la protection d’un seul, la liberté individuelle, ainsi que les conclusions médicales qui montrent les prostituées en situation d’immense détresse physique et psychologique.
Car même s’il ne suffit pas d’interdire une pratique pour la voir totalement disparaître, il ne faut pas espérer qu’elle puisse disparaître sans commencer par l’interdire.
Elle permet l’existence d’un marché où l’offre revient à être illicite (par l’interdiction des moyens de se faire connaître) mais pas la demande, sans le justifier socialement, ni philosophiquement, autrement que par un renoncement au débat de fond qui devrait être à l’origine de toute décision politique. Non, la France ne doit pas rester dans cet immobilisme incohérent.
• Soit enfin, la France fait face à ses responsabilités de pays leader de la protection de la personne, de la dignité humaine, de la liberté sexuelle, protectrice du consentement contractuel quand il est donné librement, et reconnaît que la prostitution en tant que telle est avant tout une violence faite aux femmes; et, tout en restant dans la logique abolitionniste, se donne réellement les moyens de lutter contre la traite des êtres humains comme elle s’y est engagée en 1960, en pénalisant les clients de la prostitution, en encourageant la sortie de la prostitution par la mise en place de mesures, forcément provisoires mais réelles, concrètes et crédibles, en expliquant aux adolescents et aux adultes que la prostitution est une violence faite aux femmes, prouvée médicalement, qui s’assimile à une succession de viols, en menant une campagne de sensibilisation suffisamment expressive pour toucher tous les publics concernés (à savoir et avant tout l’homme «ordinaire»), parce que «la prostitution personnelle et privée ne relève que de la conscience et n’est pas un délit» (Convention internationale des Nations unies pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui du 2 décembre 1949), elle ne doit pas être punie, mais le système doit faire basculer la charge du risque, de la prostituée vers le client.
Les Pays-Bas qui semblent enlisés dans leur loi, enfermés dans cette légalisation, ne plus pouvoir reculer, auront au moins montré le chemin à ne pas emprunter. La France, elle, peut encore choisir la voie de la démocratie et de l’égalité. Elle en a les moyens. En aura-t-elle le courage?
Jarod Barry
Mais dire qu'à salaire égal, aucune femme ne resterait dans la prostitution n'a un sens que pour la prostitution purement alimentaire.
Et encore.
Déjà, vous entendrez régulièrement certaines amazones vous dire qu'elles préfèrent quelques passes bien payées au fait d'aller bosser à jour et heures fixes pour le SMIC.
D'autre part, certaines prostituées de haut-vol peuvent quand même gagner jusqu'à 15 ou 20.000 Euros pour une prestation.
Honnêtement, quel métier de remplacement leur donnerait autant ?
La règle ne vaut donc pas pour tout.
Qui ecoute l'avis de ces femmes ? leurs demandes ?
Le strass a, encore une fois, été bouler hors du débat.
Pour prendre une autre profession, pourrait on imaginer l'etat délibérer sur le statut des boulangers, sans tenir compte de leurs avis ? non
On decide à la place de ces hommes et de ces femmes, sans les écouter. Comme si la prostitution etait un malade (comme l'etait homosexualité il n'y a pas si longtemps).
Renier la réalité des faits, se satisfaire de chiffre qui ne font que masquer l'incapacité des instituts a allez chercher les vrais données, et faire tout cela sous un couvert "droitdelomiste".
C'est juste cracher a la face de la "liberté, egalite, fraternité".
Quel homme resterait éboueur à salaire égal ? Quelle femme continuerait à se lever à 4h chaque matin pour aller nettoyer les bureaux des grandes villes à salaire égal ? Quel homme travaillerait dans un abattoir à salaire égal ?
Voilà un argument qui me parait assez spécieux, des millions de gens ne sont pas satisfaits de leur travail et en changeraient immédiatement si on leur proposait une alternative.
Je suis également toujours frappé par cet autre argument qui est prononcé de manière toujours sentencieuse et qui est supposé provoquer l'horreur chez l'auditoire : "faire commerce de son corps". Il me semble assez évident que, le Saint Esprit mis à part, tout le monde fait commerce de son corps. On pourrait parler des acteurs de X, qui bizarrement sont rarement évoqués par les opposants à la prostitution, mais sans aller jusque là, un ouvrier agricole fait bien commerce de son corps. Un footballeur fait commerce de son corps, un mannequin fait commerce de son corps. Un chirurgien qui fait assurer ses mains pour plusieurs millions d'euros établit un rapport direct entre une partie de son corps et ses revenus. Un parfumeur vend son nez, un militaire qui peut mourir au combat met son corps à disposition de l'Etat. On peut aller jusqu'aux professions dites intellectuelles : moi-même si je n'avait ni yeux, ni cerveaux, ni mains je suis certain que mon employeur n'aurait jamais voulu de moi.
Donc tous ces arguments ne me conviennent pas, j'aimerais qu'on admette que derrière cette réprobation il y a une question morale car c'est la seule qui vaille à mes yeux. Car s'il s'agissait juste de sauver des malheureuses d'une situation professionnelle qu'elles subissent, j'aimerais vraiment qu'on ne se limite pas aux seules prostituées et je tiens à dire qu'il y a du boulot.
Passons, enfin, au sujet de l'interdiction de la prostitution (dis comme ça, ça sonne tout de suite moins bien). Le consensus semble évident à ce sujet, au moins s'agissant de nos parlementaires : nul doute qu'une infraction pénale sera bientôt créée, c'est comme ça que le pouvoir avance depuis 10 ans. Les clients encoureront une peine délictuelle. Peu surprenant de la part de la droite, beaucoup plus surprenant de la part de la gauche, qui se prête au jeu de la pénalisation actuelle.
L'interdiction de la prostitution est pourtant une mesure profondément inégalitaire, stupide, et même réactionnaire.
Profondément inégalitaire, car on sait d'avance qui elle frappera, de la même manière qu'on a bien vu qui le racolage réprimait : les catégories sociales les plus défavorisées, c'est-à-dire celles qui n'utilisent pas Internet. Les clients de call-girl ne seront évidemment jamais pénalisés, de même s'agissant de toutes les formes de prostitution plus sophistiquées. Seul l'ouvrier passant par le bois de Vincennes se verra traduire devant le Tribunal Correctionnel et infliger une peine infamante, certainement pas DSK au Carlton.
Stupide ensuite. Du temps de l'interdiction de l'homosexualité, il existait un commerce florissant pour les petits truands, en général indics : organiser des fausses rencontres pour piéger des homosexuels et exiger d'eux le paiement de sommes d'argent en échange du silence. Gageons que la pénalisation des clients de prostituées doublera le bonheur de leurs proxénètes et de tous les malfrats qui pourront ainsi se faire de l'argent facilement, le sexe étant ce qu'il est. La prostitution ne cessera certainement pas pour autant, de sorte que le pouvoir aura réussi à aggraver la situation.
Réactionnaire enfin. Votre billet est particulièrement clair pour ceci. Un peu d'histoire : la répression de la prostitution, loin d'être née en Suède, y a été importée du modèle américain, en vigueur dans plusieurs Etats. L'idéologie sous-jacente est limpide : il faut "abolir" la prostitution car, tout comme les esclaves jadis, la femme est par essence une victime. Une partie faible. Si elle se prostitue, c'est qu'elle n'a pas le choix : il faut donc la protéger contre elle-même. Sous couvert d'un soi-disant progrès, l'interdiction ne vise en réalité qu'à perpétuer une vision réactionnaire de l'inégalité entre les sexes. Il est d'ailleurs frappant à cet égard que les débats n'évoquent jamais ou presque la prostitution masculine. A partir du moment où on admet que la femme est une victime, il suffit de dérouler la pelote: quel meilleur endroit que le foyer pour protéger quelqu'un de faible ? Le monde extérieur n'est en tous cas pas l'endroit le plus adapté, n'est-ce pas ?
Il existe pourtant bien des moyens de réguler la prostitution, en la rendant moins dangereuse pour les prostituées : mettre en oeuvre une politique systématique de répression du proxénétisme (ce qui est très loin d'être le cas actuellement, mettre en commun les moyens européens pour détruire les réseaux de traite des êtres humains ; reconnaître un statut juridique de travailleur du sexe afin de conférer des droits sociaux aux prostitué(e)s. C'est à dire agir comme un Etat démocratique et non une sorte de théocratie moralisatrice, croyant pouvoir éradiquer le désir sexuel chez l'être humain, entreprise ridicule s'il en est.
Dans tout ça la question du statut des prostitué(e)s, de leur protection sociale et de leur situation administrative (pour les sans-papiers et les transgenres, notamment) est laissé soigneusement de côté, tout comme les lois qui les répriment - comme celle sur le "racolage passif" - ne sont contestées par personne. Tout le monde se précipite pour prendre des belles postures morales, mais pour défendre des femmes et des hommes pauvres et à la situation économique, sociale et administrative précaire, il n'y a plus personne. Comme si interdire le recours à la prostitution allait comme par magie faire disparaître tout ce qui conduit les gens à se prostituer - et qui est le cœur du problème.
"La prostitution est une violence faite aux femmes. Et doit être abolie. "
Je ne suis pas d'accord. Vous avez évidemment raison dans certains cas (reseau de prostitution gerés par la mafia par exemple), mais ce n'est pas le cas pour tous.
Prenez le quartier rouge a Amsterdam, meme si vous en parlez dans cet article, ces femmes sont la par choix, elles gerent leur vie comme elles l'entendent, elles payent des impots. Il n'y a la aucune forme de violence. Il s'agit meme d'une attraction touristique, donc profitable a la ville et au pays.
Comme vous le dites si bien, la prostitution existe depuis l'aube des temps. Je ne pense honnetemenet pas que l'abolition soit la solution, et je suis persuadé qu'il n'est pas possible de supprimer la prostitution.
Au lieu de chercher a abolir ces pratiques, ce qui favorise le marché noir et de fait les violences, optons pour un cadre plus réglementé, et une reconnaissance pour les femmes dont c'est le choix (car il y en a).
http://www.nananews.fr/fr/cultivez-vous/1375-le-sexe-est-il-un-droit-fondamental-et-accessoirement-un-bien-de-consommation-
Je ne dis pas qu'elle représente la majorité, je dis qu'il faut arrêter les généralisations abusives concernant la prostitution.
http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2011/12/07/prostitution-les-abolitionnistes-font-fausse-route.html
Bien sur qu'une femme, sauf cas rares, préférera avoir un métier "normal" que se prostituer. Mais ce n'est pas en interdisant la prostitution, ou en pénalisant les clients qu'on changera les choses. Tout au plus rendra-t-on la prostitution plus clandestine, plus précaire, et donc encore plus dommageable envers les prostitués hommes comme femmes (et oui il y a des hommes qui se prostituent).
Si vous voulez réellement réduire, voire supprimer la prostitution, il ne faut pas de "solutions simplistes" telles que celles proposées. il faut attaquer le problème à sa racine, c'est à dire comprendre les raisons de la prostitution et s'attaquer à celles-ci.
Prenons un exemple simple. Pourquoi y a-t-il de la prostitution étudiante? Parce qu'un étudiant doit étudier, se nourrir et s'héberger. Si pour une raison ou une autre il n'a pas les revenus nécessaires à cela il lui faut bien une "solution" pour les obtenir. Les bourses étudiantes sont ridiculement basses, et rares. Les emplois chez MacDo ne sont ni valorisants, ni bien payés, et pas nécessairement suffisant pour des villes telles que Paris. Emprunter auprès de sa banque est très difficile en France sans revenu ni garantie. C'est possible dans certains pays, mais cela signifie que les étudiants arrivent ensuite dans le monde du travail avec un crédit sur 10 ou 20 ans à rembourser. Ce qui n'est clairement pas un "bon départ". Alors, effectivement devant cette équation la prostitution peut paraitre une solution pour certains.
Sauf que la solution logique, que la France refuse d'adopter, consiste avant tout dans des logements étudiants en nombre suffisant, des bourses d'études avec un montant suffisant pour vivre, et tenant compte de la réalité économique locale, et une couverture boursière permettant à tous d'étudier sereinement. Que notre pays fasse cela, et la prostitution estudiantine disparaitra d'elle-même.
Il faut donc prendre raison après raison et déterminer les bonnes réponses à chaque cas, si on veut réellement sortir de la prostitution. Mais en revanche les réponses juridiques seront forcément mauvaises. Après, par contre, elle peuvent accompagner ce véritable travail de fond, en visant plus les réseaux de traite, et éventuellement en créant une forme de légalisation très contrôlée, permettant aux prostitués d'avoir une certaines sécurité juridique et sanitaire.
http://www.liberation.fr/monde/0101564572-la-suede-malade-de-ses-viols
Je ne dis pas qu'il y a corrélation entre frustration sexuelle et viol mais le faits sont là et la déduction précédente pas intellectuellement aberrante..
Dire qu'une politique a été un échec parce que globalement il y a plus de prostitués est idiot... On penserai presque que les hollandais obligent des personnes a ce prostituer... La réalité est tout autre, les flux migratoires sont plus grands que par le passé (et vont croitre énormément...)et le nombre de prostitués illégales augmentent mais aussi l'ascenseur sociale pour celle qui le veulent (et qui peuvent face a ses réseaux mafieux)est bien en place en hollande, et est très actif...
La légalisation de la prostitution pourra aider 60 % des prostitués mais pas 100 %, en revanche, en ce moment, ici, c'est 100 % qui ne sont pas aidées et même pourchassées par des politiques répressives.
L'histoire de la Suède me fait rire, j'y suis allé 2 fois en 2 fois j'ai pu me faire au moins 3-4 filles très très facilement, ils ont une liberté sexuelle très ancrée dans leur moeurs et les filles la bas sont très accessibles, il faut le reconnaitre...
En revanche j'attends les résultats de cette politique et surtout, hélas, le développement de frustrations masculine et ses conséquences... Genre ne laissez pas trainer vos mères,vos filles et vos soeurs... Cette politique est toute récente et ces résultats pas encore probant... Gare aux tarés suédois, que l'on va vite retrouver sur nos plages cet été...
La légalisation de la prostitution permettra un combat mieux ciblé face aux réseaux mafieux, en revanche si c'est légalisons et parès on s'occupe de rien (comme d'hab en France)sûr que l'on va dans le mur...
Tout cela pour nier le consentement ! L'auteur nie la dignité humaine à chaque fois qu'il dénie aux femmes le droit de consentir librement à toutes leurs relations sexuelles, tarifées ou non. Et pour prouver que la prostitution serait une forme de viol, l'auteur se base sur les traumatismes subis par des prostituées...victimes de viol ! Et quand une boulangère se fait violer, doit-on en conclure que les traumatismes qu’elle a subi prouvent médicalement qu’il n’y a pas de boulangerie libre et que la boulangerie est une violence faite aux femmes ?
Tout cela relève du terrorisme intellectuel, et derrière le terrorisme intellectuel se cache généralement un agenda fasciste.
« Car même s’il ne suffit pas d’interdire une pratique pour la voir totalement disparaître, il ne faut pas espérer qu’elle puisse disparaître sans commencer par l’interdire. »
C’est faux ! Deux fois faux !
Une première fois faux, car il est tout à fait possible d’abolir la prostitution sans l’interdire, tout le monde le sait. Il suffit d'abolir d'abord l'argent, la propriété privée et le travail !
Une deuxième fois faux car si on n’abolit pas d'abord l'argent, la propriété privée et le travail l’interdiction de la prostitution ne la fera pas disparaître. Bien pire, elle ne pourra qu’aggraver encore la précarité et l’insécurité dans lesquelles vivent les prostituées, obligées d’emmener leurs clients, pour les protéger, hors de la vue des forces de l’ordre et donc de se mettre elles-mêmes en danger !
Beaucoup de prostituées paieront très cher l’hypocrisie et la lâcheté des tartufes et des bigots qui sous prétexte des faire leur bien contre leur gré ne réussiront qu’à les livrer aux proxénètes et aux psychopathes ! Mais qu’importe après tout ; l’essentiel n’est il pas que les prostituées disparaissent de la vue des braves bourgeois soi-disant bohèmes qui se sont accaparés nos villes et en ont déjà chassé toutes les classes populaires, jeunes, pauvres ou « dangereuses » ?
Pau importe ce qui leur arrive, du moment qu’on ne le voit pas !
« puisqu’elle dit lutter contre le proxénétisme mais refuse de s’attaquer à sa matière première qu’est la prostitution »
Mais oui bien sûr ! Et d’ailleurs je propose aussi qu’on lutte contre le racket des épiceries par la mafia en s’attaquant à la matière première du racket des épiciers : il faut abolir ce commerce, prendre des mesures sévères contre les commerçants, ou au moins contre leurs clients. D’ailleurs les bijouteries et les banques ne sont-elles pas la matière première des braquages dont elles sont victimes ? Je propose donc une grande campagne de persécution et de stigmatisation des banquiers et des joailliers, ou au moins de leurs clients.
« en encourageant la sortie de la prostitution par la mise en place de mesures, forcément provisoires mais réelles, concrètes et crédibles »
Quelles mesures, et pourquoi provisoires ? On aimerait tant en savoir plus sur ce que l’auteur entend concrètement par là ! Propose-t-il par exemple d’abolir la discrimination dont sont victimes les moins de 25 ans vis-à-vis du RSA ? (au fait pourquoi s’abstenir de chiffrer cette proposition ?) Dans l'affirmative les jeunes pourront-ils prétendre au RSA sans condition, ou faudra-t-il d’abord qu’ils se fassent prendre en flagrant délit de prostitution ? Autrement dit les jeunes qui tendent la main sur le trottoir, et qui par définition ne se livrent pas encore à la prostitution, seront-ils exclus des mesures destinées à aider les autres à survivre sans se prostituer ?
Et pourquoi provisoirement ?
Est-ce que les expulsions de squatters et les déportations de sans-papier seront suspendues aussi ? Et pourquoi diable provisoirement ?
Oui, si l’auteur croit pouvoir abolir la prostitution, pourquoi ne veut-il donc l’abolir que provisoirement ?
Oui on attend avec impatience les propositions et les explications de l’auteur.
Quant à l'argument selon lequel la plupart des prostituées préfèreraient, si elles en avaient la possibilité, gagner leur vie sans travailler, il ne permet pas d'assimiler la prostitution au proxénétisme, ou alors il faut aller jusqu'au bout de cette logique et affirmer haut et fort qu'il n'y a aucune différence entre l'esclavage et le travail salarié sous prétexte que l'immense majorité des ouvriers et des employés préfèreraient eux aussi, s'ils en avaient la possibilité, gagner leur vie sans travailler, comme le font d’ailleurs les capitalistes.
Donc les patrons sont des trafiquants d'esclaves, il faut les pénaliser et les éduquer !
Si l'auteur est choqué par les effets des inégalités sociales, qu'il aille jusqu'au bout de sa logique : pour abolir la prostitution c'est très simple, il suffit d'abolir d'abord l'argent, la propriété privée et le travail !
Mais s'il n'a pas le courage d'attaquer le capitalisme, alors qu'il laisse au moins les prostituées en paix ! Et le subterfuge hypocrite consistant à prétendre qu’on ne viserait pas la prostituée quand on menace son client ne trompera personne.
Comment peut-on attaquer le gagne-pain de quelqu’un et oser raconter que la personne n’est pas visée ?
Est-ce pour cela que les lois scélérates et, n’ayant pas peur de le dire, fascistes qui pénalisent le racolage actif, puis passif ont suscité aussi peu de réactions ? Il s’agissait donc de préparer le terrain à la pénalisation du client. Puisque le racolage est interdit, il ne peut pas exister, bien entendu. Et si le client n’appelle pas immédiatement la police pour dénoncer la prostituée qui le racole activement (ou passivement) il est déjà complice de traite des êtres humains, je suppose ?
Comment ce fait-il que ceux qui veulent abolir la prostitution s’en prennent toujours aux prostituées soit directement, soit indirectement à travers leurs clients ? Ils me font penser à ceux qui persécutent les consommateurs de drogue sous prétexte de lutter contre la drogue, qui taxent à mort les fumeurs sous prétexte, bien entendu, de lutter contre le tabagisme.
Les antisémites ne sont vraiment pas malins. Au lieu d’avouer qu’ils détestent les juifs, ils feraient mieux de raconter qu’ils veulent seulement lutter contre le judaïsme en tant qu’idéologie obscurantiste, et qu’il ne faut voir là aucune animosité contre les juifs : au contraire c’est pour leur bien, pour les sauver du judaïsme qu’on va raser les synagogues et jeter les rabbins en prison !
Merci pour cet article. Vous avez l’intelligence de baser votre argumentation sur des faits qui, pour autant qu’on les reçoive comme tels (c’est-à-dire sans déni de réalité), sont incontestables. Je note cependant avec un peu d’amertume en lisant certains commentaires précédents que ces faits ne sont pas acceptés pour ce qu’ils sont : beaucoup refusent encore de voir que la prostitution revient à une aliénation, une dégradation de la personne, et qu’elle mérite à ce titre d’être combattue, quelles que soient les difficultés que soulève le combat. Il s’agit selon moi du point de départ. Seulement cela suppose d’accepter de baser un débat sur une réflexion morale, en l’occurrence sur le principe universel (et formulé par Kant sous sa forme la plus limpide : « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen") du respect de la dignité humaine. Or dans notre société actuelle, la pensée morale est systématiquement assimilée à une tyrannie potentielle, à une négation de la liberté en tant que « laisser-faire », ce laisser-faire et son jumeau l’opportunisme tenant donc lieu de morale au plus grand nombre. Que faire ? Je ne poserais qu’une question à vos détracteurs : souhaitent-ils ou ont-ils envisagé de bon cœur cette « profession » pour leurs enfants, leurs frères et soeurs, leurs épouses, leurs mères? On me répondra sûrement: « Je ne me suis jamais posé la question. D’autre part il se trouve que la «profession » de prostitué(e) n’a jamais fait d’émule dans mon entourage » … de quoi commencer à avoir le courage de voir les choses en face, peut-être ?
Citer Kant le dessus, c'est ajouter le grotesque a l'inadéquation, car a part fournir de belle phrases tres creuse et surtout inapplicable (et inappliqué) je ne vois pas le rapport. Qui vis ainsi, dans le monde réel ? chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il à et s'efforce de ne pas trop etre dans la peau d'un salaud. Il n'empêche que celui qui parvient q tirer un peu plus couverture que les autres, n'a pas spécialement envie de la partager avec autrui et garde son benef pour lui. Kant à surtout l'avantage de pouvoir couvrir une morale cryptochretienne d'un vernis de raison.
Que la prostitution soit un aliénation, soit. Mais sans doute pas beaucoup plus que le travail à la chaine, les CDD en serie, l'incertitude des lendemains que provoque le "miracle" capitaliste.
Le "respect de la dignité humaine" ca fonctionne mieux avec le ventre plein et les fesses au chaud. Vous proposez quoi pour sortir les filles de la rue ? Un allocation "ex fille de joie" ? dans l'absolue, je vous concède que cela serait une bonne idée. Mais on ne vit pas dans l'absolue, mais dans le réel et dans sa dureté quotidienne.
Il ressort de votre post l'impression que vous avez eu la chance de ne jamais savoir quel goût pouvait avoir les emmerdes, les vrais, la pure mistoufle. félicitations, mais ce n'est pas le cas de grand monde.
A mon sens, le vrai respect de la dignité humaine, c'est d'abord d'écouter ce que les personnes concernées ont a dire. La belle "étude" gouvernementale concernait 8 prostitués. 8, Ca n'est une pas prise en compte de parole, c'est un alibi pas cher.
Toute ce passe d'arme nauséabonde n'a pour but que de capter des voix a droite et a droite d la droite. Sans ce soucier des personnes concernées (comme d'hab', )
reconnectez-vous a la realité : http://site.strass-syndicat.org/tag/prostitution/
Envisagez-vous la prostitution comme une carrière souhaitable pour vous-même ou vos proches ?
Je ne juge en aucun cas les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, se prostituent. Et après tout, je veux bien admettre qu’une certaine proportion des prostitué(e)s soit à l’aise avec son activité, au moins prétendument –ça, c’est un mécanisme psychologique de base, de se prévaloir de sa position, quelle qu’elle soit.
Ce que je réprouve, c’est le fait d’acheter autrui comme une vulgaire marchandise. Et pire encore, le fait de justifier cet acte. Eh non, il ne s’agit pas de l’achat de « n’importe quel travail » ! Pour s’en convaincre, répondre à la question posée en toute sincérité devrait suffire.
Quant à vos suppositions gratuites sur ma vie à moi et à votre mépris… vous vous rendez compte, je l’espère, qu’ils n’ont rien à faire ici.
Donc, si ma chère soeur m'annonçait qu'elle avait choisi de se prostituer, il va de soi que cela ne me ferait pas plaisir. Si elle était capable, dans cette circonstance, de me démontrer qu'il s'agirait d'un choix pensé,d'un consentement exprès, je l'accepterai cependant, quoique vous puissiez en penser. Si nous étions tant gouvernés par l'affect, admetteriez-vous qu'il est tout à fait légitime pour un proche d'une victime d'un meurtre d'exercer lui-même la loi du talion, ce qui justifierait alors la peine de mort ?
La question n'est pas là. Il s'agit de savoir, d'une part, ce qu'est la prostitution. Nous sommes tous d'accord pour dire qu'au minimum cela signifie la vente de services sexuels. L'étendue réelle des services offerts (y a t'il plus que la simple sexualité) est une question encore débattue. A vous lire, on voit bien que vous ne voyez que "viande contre viande", dans la plus pure tradition moraliste chrétienne, qui hait les corps. Soit. Admettez qu'on puisse penser différemment.
D'autre part, il s'agit de savoir ce à quoi on souscrit quand on souscrit à la mal-nommée "abolition" de la prostitution, c'est-à-dire, soyons clair, à l'utilisation de la force publique contre une pratique sociale (rien à voir avec l'abolition de la peine de mort par exemple).
Le problème principal est que la plupart des occidentaux, particulièrement de culture catholique, souscrivent instinctivement à une morale répressive concernant la question de la prostitution (car le sexe, c'est le Mal). C'est donc une opinion profondément ancrée, au delà de toute pratique effective de la religion, qui a trouvé un renouvellement bien pratique grâce à la notion de dignité humaine dans les droits de l'homme, notion particulièrement floue, tant et si bien que le premier moraliste venu la brandit toujours pour y faire entrer toujours plus de conservatisme social (anti IVG, anti clonage, anti recherche, etc).
Or, réprimer la pénalisation des clients des prostituées aboutit à une équation fort simple, qui correspond parfaitement avec cette idéologie importée des EUA : les clients sont des coupables, ce qui signifie donc que les prostituées sont des victimes. Pourquoi ? Car elles n'ont pas pu valablement consentir à exercer ce métier. Pourquoi cela, alors que la volonté est un pilier de la civilisation occidentale depuis au moins deux cents ans ? Car ce sont des femmes, donc des personnes faibles, que la société (masculine) doit protéger, comme les enfants, ou les incapables : des personnes intrinsèquement en devenir ou handicapées.
Le mouvement actuel aboutit donc à un incroyable retour en arrière pour la représentation des femmes en tant qu'individu libre et égal en tous points avec son équivalent universel masculin. Etre en faveur de la pénalisation de la prostitution, c'est donc être en faveur de la perpétuation de la domination masculine.
Le reste n'est que beaux discours sur la nécessité d'une société plus juste, cachant une pénalisation rampante des rapports sociaux.
Pour répondre a votre question, je vous dirais fort simplement que pendant la guerre ma grand mere a ete obliger d'y recourir pour nourrir mon père (son mari avait ete invité a visiter l'allemagne). Si un jour ma fille etait contrainte par les événements a recourir a cet expédient, je préférais que cela soit dns un cadre legal et protégé plutôt que dans une clandestinité qui la jetterais dans les griffes de la mafia. Car si il y une verole qu'il faudrait parvenir a ecrasé, ces bien celle là. Un bon moyen serrait de lui couper les sources de revenu en faisant de ces dames des artisans à part entière. (RCS, secu, ect.)
Justifier que le travail sexuel n'est pas comme n'importe quel travail, c'est admettre de facto des préjuges moraux autour de l'acte. Que dire de la femme de ménage obliger de supporter la tyrannie d'un petit chef de service et ses mains au cul pendant des années pour nourrir ces gosses ? Kant n' rien a répondre a cela que des généralités absolument déconnecter de la réalité du monde.
On parle de dignité des gens, dans leurs dos. Mais qui vous a donner blanc seing pour juger de ce que font les gens ? de quel autorité tenez vous le droit de juger a leurs place ? de faire mieux qu'eux ? ( et ca n'est pas une attaque personnel, c'est une simple question).
Croyez bien que ma réponse ne contient aucun mépris, si ce n'est celui de la dictature moral sans rapport avec le réel.
Autres exemples de ces idées ?
Interdire les pauvres de mettre une yourte sur un terrain privé, il est preferable que les gens dorment dehors, ou saigne leurs pauvres budgets à payer des marchands de sommeils.
Ne plus supporter les pauvres et leurs interdir de faire la manche (ca arrange tout, ils n'ont qu'a se mettre a voler)
Penaliser tous les actes jugés déviants, remplir les prisons et leurs supprimer tous les moyens de resinsertions (déjà faible) : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111207.OBS6198/prisons-la-pauvrete-des-detenus-s-est-aggravee.html <= tres instructif !
Interdire les drogues douces, ce qui permet a la mafia de disposer de fond quasi illimité. ce qui lui permet de s'equiper d'armes lourdes.
La mafia à des armes lourdes ? Ok, tapons sur les tireurs sportifs et les collectionneurs qui ont obtenu legalement leurs equipements. Comble du gag, rendre illegal certaines armes de collections et menacer de prison ferme des gens qui les avaient achetés de maniere legale il y a quelques années.
et la, je ne parle que de faits , de faits brut.
Ayant vécu en Suède deux ans, y ayant toujours des amis et m'y rendant au moins une fois par an j'affirme comme de nombreux articles de presse que la loi est un échec. la prostitution n'a pas disparue mais c'est adaptée pour être moins visible.
La loi Française sur le racolage n'a rien réglée et n'a fait que repousser les prostituées loin du regard des bien pensant et augmenter les risques qu'elles encourent.
Les bordels de riches malgré la loi de 45 existent toujours.
quand au fait que toutes les prostituées seraient exploitées, ce n'est que l'extrapolation des abolitionnistes basés sur aucunes données prouvées, des témoignages des membres du strass viennent le corroborer.
cette faculté de vouloir réglementer la vie des femmes (comme dans le cas des mères porteuses) n'est que la manifestation du retour d'un puritanisme.
j'aime l'approche suedoise je cite: "Le secret de la réussite de la Suède réside dans la mise en place de moyens financiers colossaux pour faire appliquer la loi et pour financer le volet social." on aura ca ici aussi? "lol"
tant qu'a récupérer des lois suedoises sur la violence faite aux personnes, pourquoi ne pas appliqué celle aux enfant? elle a pourtant été adopté par l'europe... a non "seulement 22 pays" dont la hongrie, la pologne, la roumanie...
"L’atteinte à l’intégrité [...]de l’esprit (60% à 80% des personnes prostituées souffrent de troubles psychotraumatiques sévères, chiffre semblable aux personnes ayant subi des actes de tortures et aux prisonniers politiques selon le rapport d’information d’avril 2011 précité) est flagrante et ne peut plus être niée en matière de prostitution." et bien si justement, autant j'imagine que les victimes de torture ou les prisonniers politiques voient des psychothérapeutes autant je voudrais bien voir une étude portant spécifiquement sur les prostitué(e)s sortant des chiffres pareils. On apprendra peut etre que les 60 a 80% sont des femmes sous la coupe d'un proxénete.
pour moi, la prostitution aujourd'hui, c'est l'IVG d'hier: les femmes ne sont toujours pas libre de faire ce qu'elle veulent de leurs corps et ce sont globalement des hommes (politiques) qui leurs imposent leurs vues
C'est choquant hein!?! Pourtant c'est exactement la même chose.
Au lieu de permettre un encadrement strict de l'activité et de permettre à ces personnes d'exercer cette activité en toute sécurité dans des lieux adaptés et protégés comme cela se fait déjà et avec succès dans plusieurs pays, on va seulement les marginaliser un peu plus et les obliger à se cacher dans des coins sombres où on pourra les agresser bien à l'abri.
Mais c'est vrai que pour la France "bien pensante", il est plus politiquement correct de taxer les ventes d'armes que celle du sexe, ou des drogues.
La non-écoute des signaux du corps est une réponse aux situations physiques rudes chroniques. On trouve ce genre de défense dans le domaine professionnel. Chez les SDF aussi, certains se sont adaptés à la dureté de leur vie et ne ressentent quasiment plus rien, pas le gros ulcère ni l'infection. Il y a beaucoup de professions qui usent le corps. Les maçons, travailleurs de chantier, paveurs, etc., mettent leurs articulations à dure épreuve, porter des sacs de 50kg, poser 2 ou 3 centaines de parpaings / jour, le froid, les chutes, .... Avec la retraite, la nécessité est partie, les sensations douloureuses que l'anesthésie avait atténuées, reviennent. Il y a des dépressions somato-psychiques, la vie quotidienne est désagréable, pénible.
Sur ce plan, il n'y a aucune spécificité dans la prostitution.
Les questions soulevées par la prostitution : la liberté, la plaisir / déplaisir, le paiement, le statut des êtres humains, l'usure du corps, l'épanouissement / dépérissement au travail sont les mêmes que dans les autres activités professionnelles que la plupart des gens considèrent avec pragmatisme, pourquoi pour le sexe élever les exigences de 10 crans ? Parce que le sexe déroge à la loi commune, la religion chrétienne lui a donné un statut spécial, l'a mis en exergue, l'a relié à une foule de représentations, de jugements et d'affects, et avec lui la prostituée. En conséquence le débat est de nature au ¾ religieuse et exige de prendre une distance particulièrement grande avec les évidences inculquées par la culture comme par les contre-cultures.
Comme l'Eglise et autres traditions n'ont pas construit de représentations envahissantes sur le maçon ou la femme de ménage, on est capable d'en parler avec notre bon sens, qui nous dit que faire la ménage chez soi n'a pas de conséquence physique ou psychologique, ça peut être une détente, mais que faire ce même ménage, frotter intensément 8 heures par jour pendant 30 ans peut avoir des conséquences physiques importantes, comme décrit ici : http://gesd.free.fr/usurcorp.pdf. Ce n'est pas pour autant qu'il faille placer un interdit et un jugement envers le ménage ! Mais de prendre la mesure raisonnable des conséquences des diverses activités de ménage.
Quitter les questions de principe et prendre la mesure des impacts des conditions de vie des travailleurs du sexe, ne pas mêler des situations différentes et même très différentes, est un préalable indispensable.