France

Pourquoi Martine Aubry?

Jean Le Garrec et Guillaume Blanc

Jean Le Garrec, ancien ministre, ancien député du Nord et Guillaume Blanc expliquent les raisons de leur soutien à la maire de Lille.

A Lille le 9 avril 2010. REUTERS/Farid Alouache

A Lille le 9 avril 2010. REUTERS/Farid Alouache

Dans quelques jours les socialistes feront face à leur histoire. Le peuple de gauche pourra choisir le candidat ou la candidate qui le représentera au 1er et au 2e tour de l’élection présidentielle.

Ce choix crucial donnera le ton de l’affrontement entre la gauche et la droite lors de l’élection présidentielle. Alors que nous entendons dire que la crise serait derrière nous sous prétexte que les banques, renflouées par les Etats, ont renoué avec leurs pratiques les plus discutables et leurs dirigeants et traders avec leurs bonus faramineux, il est important de prendre conscience que cette crise est en réalité une profonde mutation de la société capitaliste.

Il ne s’agit pas d’y répondre, comme le propose la droite et une partie de la gauche en restant dans le cadre du système mais de remettre en cause les fondations qui l’ont rendue possible.

Soit nous continuons à faire triompher la cupidité, à mettre au cœur de nos sociétés économiques le libre marché, l’obsession du court terme, les déréglementations, la libre circulation des capitaux, responsables des pires dérives du système financier; soit nous acceptons de prendre du recul et de considérer les causes fondamentales de notre échec.

Nous sommes aujourd’hui arrivés au bout d’un système et plutôt que d’appliquer quelques remèdes cosmétiques, il est temps d’envisager une véritable refondation.

Jack London, dans Le Talon de fer, paru en 1906, prévoyait que sans une mobilisation «révolutionnaire» de la société, le capitalisme financier l’emporterait.

La maîtrise de l’avenir n’est pas seulement un problème technique. Disserter sur telle ou telle réforme fiscale, sur telle ou telle règle d’or budgétaire ne suffit pas. Cette maîtrise implique une conception claire de la place de l’homme dans la cité. Le plein emploi, des conditions de travail convenables, un cadre de vie qui favorise le développement culturel et humain sont des objectifs qui ne peuvent être atteints si les forces vives n’ont pas la possibilité de jouer un rôle déterminant dans les choix politiques.

Pour réformer un système économique fondé sur le triomphe de la cupidité et la prospérité du vice, il faudra remettre l’homme devant la finance. Car c’est d’abord sur la solidarité entre les femmes et les hommes de tous âges et de toutes conditions que se fonde la solidité d’une société.

Les primaires citoyennes, bien plus qu’un choix de personnalités, offrent la possibilité d’un vrai choix politique. Avons-nous besoin d’une gauche consensuelle qui gèrera par le compromis, paraphrasant Lampedusa «pour que tout reste comme avant, il faut que tout change»? Ou avons-nous besoin d’une gauche volontariste qui engagera avec la société un changement radical de système politique, économique et écologique?

Le combat qui se mène est celui d’un rapport de forces entre le pouvoir financier et la politique. Nous pouvons reprendre dans sa brutalité voulue, le mot de Proudhon: «les anthropophages». Ce sont les plus fragiles, les chômeurs, les jeunes sans formation, ceux qui sont venus d’ailleurs, qui seront sacrifiés.

Ce combat ne se mènera pas à coup de petites phrases ou de grandes déclarations. Il ne se mènera pas en cherchant à rassembler les déçus du sarkozysme. Ce combat ne pourra se gagner qu’avec la volonté de mobiliser toutes les forces de notre société autour d’un projet politique fort. Martine Aubry en a cette capacité.

Sa capacité à porter les valeurs et les politiques de la gauche, sans jamais les renier et sans pour autant se couper du milieu économique, son volontarisme politique qui ne lui fait pas rechercher le consensus mais qui assume le rapport de force, sa capacité à fédérer autour d’elles des hommes et des femmes qui partagent les valeurs de la gauche et de la République… tout cela fait d’elle une femme politique d’exception dont notre pays a besoin aujourd’hui pour changer de cap.

Enfin, à l’ère des sondages diapasons de la parole politique, Martine Aubry a le courage des vents contraires lorsqu’elle considère que ce qu’elle défend est juste. Le courage… C’est peut-être ce qui a souvent manqué aux socialistes et à la gauche et dont la France et l’Europe ont aujourd’hui plus que jamais besoin.

Le temps est venu de trouver la voie de ce droit de l’Homme au bonheur que Daniel Mayer nommait le socialisme.

Le peuple de gauche peut retrouver l’espoir dès les 9 et 16 octobre. Il porte un nom: Martine Aubry, évidemment !

Jean Le Garrec et Guillaume Blanc

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