- A Lisbone, en juillet 2011. REUTERS/Rafael Marchante -
FACE À LA SPÉCULATION qui menace, l’euro cherche… une date. Aux dernières nouvelles, ce serait jeudi que se tiendrait le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, et tant pis si un avis de tempête était annoncé pour lundi.
Ce constat accablant révèle une triste réalité: la crise de l’euro est avant tout une crise politique. Il ne s’agit pas de nier les risques d’insolvabilité de la Grèce, les dettes accumulées par le Portugal et l’Irlande et la fragilité de l’Espagne et de l’Italie, pas d’avantage de passer sous silence les risques que présentent les comptes publics de la France. Mais l’Europe paye d’abord son absence de stratégie commune de désendettement, et ce dès avant la crise de 2008.
La France n’a pas, à cet égard donné l’exemple, elle qui depuis 2007 a déséquilibré ses finances publiques par une avalanche de cadeaux fiscaux au bénéfice des plus favorisés. Le plan de relance de 2009 n’aura fait qu’amplifier la tendance au point qu’en 5 ans, la dette n’a eu de cesse de progresser de 20 points de PIB. (65% en 2007, 85% aujourd’hui), un record.
Paradoxalement, ce qui peut faire éclater l’euro, ce n’est pas le «défaut» d’un pays de la zone, en l’occurrence la Grèce, mais le «défaut» de direction de l’Europe. Ainsi, les Etats-Unis sont dans une situation budgétaire bien plus grave que l’Europe. Mais chacun sait que l’issue réside dans un compromis entre le Congrès et le Président, c’est-à-dire un arbitrage politique assumé devant les Américains. Sur notre continent, rien de tout cela, la confusion institutionnelle s’ajoute aux contradictions nationales. Et je n’oublie pas l’improvisation technique. D’ou le retard récurrent par rapport aux évènements et le malaise ressenti que la solution d’un jour crée le problème du lendemain.
Le péril est devenu imminent. C’est bien moins la Grèce qu’il faut sauver que la monnaie unique en elle-même. La crise n’est pas celle d’une économie défaillante mais celle d’une Europe impuissante. Le mal qui frappe l’euro n’est pas financier mais politique. C’est l’évidence d’un double manque:
Puisque la crise est politique, sa solution l’est aussi. Elle suppose l’affirmation d’un gouvernement économique, avec bien plus qu’un ministre des Finances européen, lequel ne serait qu’un organe de plus dans un corps sans tête et donc la source d’une cacophonie supplémentaire. Je propose de fusionner le Président du Conseil européen avec le Président de la Commission et de lui confier cette autorité.
Elle exige ensuite un fédéralisme budgétaire et fiscal pour coordonner les politiques des Etats membres, mais aussi lever des impôts et notamment la taxe sur les transactions financières (taux de l’ordre de 0,1%) qui donnerait à l’Europe les recettes dont elle manque pour financer les dépenses d’avenir.
Enfin, elle appelle une stratégie européenne sur les marchés. Les Eurobonds, c’est-à-dire les emprunts européens, seraient un moyen efficace de lever de l’argent à moindre coût et de l’utiliser pour racheter la dette grecque décotée et de prendre les spéculateurs à leur propre jeux. La Banque centrale européenne pourrait de son côté acquérir des obligations non échues pour permettre une restructuration en douceur des dettes souveraines les plus attaquées.
C’est au prix de cet effort sur elle-même que l’Europe préservera l’existence de l’euro, non pas par des mesures au coup par coup mais par une refondation d’ensemble. Elle partira d’une initiative franco-allemande marquant une cohérence sans faiblesse sur les objectifs et une solidarité sans faille sur les instruments. Un nouveau pacte pour l’euro et l’Europe.
J’en prends l’engagement pour 2012. Mais je sais que d’ici là, le pire est possible si rien de sérieux n’est fait. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel doivent enfin s’élever à la hauteur de l’enjeu. Ils seront jugés sévèrement sur leurs résultats. Leur mésentente, leur pusillanimité et leur attentisme ont déjà coûté très cher. Sauver l’euro, c’est maintenant, c’est tout de suite.
François Hollande
Tribune également parue dans le JDD
Retrouvez ceux qui feront 2012 sur Wikipol.
Mais puisque que vous aspirez à prendre les rênes du pays, ce que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi compte tenu de la situation que vous trouveriez en arrivant, ne passez pas sous silence les implications de vos propositions: Un abandon plus important de la souveraineté de la France à une Europe fédérale. Certes il n'y pas d'autres solutions, mais beaucoup en France (et en Allemagne) ne le veulent pas. Cette solution implique aussi plus d’impôts (et ce ne sont pas les 0,1% sur les transactions financières qui suffiront à aider les Grecques à sauver leur économie).
N'oubliez pas non plus que les agences de notation ne font que mesurer un problème. Même si elles sont contestables, si vous les supprimez il reste la dette, et le problème de la dette. Ce n’est pas non plus la spéculation qui menace l’Euro, mais la lâcheté des hommes politiques qui ne disent pas la vérité, depuis 30 ans en France : Un modèle de développement fondé sur la consommation et l’endettement (même à 3% par an) n’est pas viable. Vient toujours un moment où il faut payer.
Enfin n’oubliez pas non plus qu’une des raisons pour lesquelles l’Allemagne et la France n’arrivent pas à trouver une ligne commune est que la crédibilité de la France a été détruite par son incapacité à se réformer : Les Allemands qui ont accepté les contraintes de l’agenda 2010 du socialiste Schroeder n’ont pas confiance dans les Français qui se sont rués dans les 35 heures du socialiste Jospin.
Vous chantiez, nous disent les Allemands, et bien dansez maintenant !
L'engagement que vous devez prendre solennellement n’est pas de ramener le déficit à 3% d’ici 2013, ce que vous fîtes, mais d’équilibrer le budget en 2013. Et donc dire aux Français la vérité de ce qui nous attend : Hausse des impôts (2% de TVA et 2% de CSG) mais aussi baisse des dépense (retraites, salaires des fonctionnaires, dépenses sociales, sécurité sociale). Objectif : Economiser 100 Mds. Chaque année !
Vous oubliez 15 milliard à économiser sur le budget de la défense ( en supprimant la composante guerre extérieure, soutien à certains industriels et frais divers de politique intérieure)
environ 1 milliard facilement récupéré en augmentant la TVA restauration, fleur, spectacle,disques et livres,activité équestre, TV privée, etc... pour ne laisser à 5,5% que les produits de premières nécessité, les équipements de sécurité, les travaux d'isolation et de développement des énergies durables, accès au monde numérique, etc... 700 millions d'euros en alignant les taxes du gasoil sur celles de l'essence...
IL va de soit que la suppression de la décote pour frais professionnel des retraités s'impose... de même que l'alignement du taux de csg sur les pensions
Les vieux devront aussi payer en plus pour la dépendance qui clôturera hélas les dernières années de leurs 20 à 30 belles années minimum de retraite
Une belle liste à la Prévert... en transparence et soumis au débat démocratique...
L'Histoire retiendra: - Qu'il a sauvé le système financier Européen et mondial à l'automne 2008 lorsqu'il est allé voir Angela pour la forcer à donner une garantie Européenne à toutes le banques restaurant ainsi la liquidité. - Que comme tous les autres (quoi que moins que d'autres) il a menti au Français sur la gravité de notre situation, la dégradation de notre économie et repoussé aux calendes Grecques des réformes plus que nécessaires.
Pour résumer, si Sarkozy était seul responsable des 35 dernières années de déficits cumulés, ce serait trop facile. Nous nous sommes tous voilés la face et nos politiques nous ont tous mentis par lâcheté, pour ne pas avoir à réformer. Pendant ce temps là, en Allemagne, Gerard Schroeder, lui, posait à son peuple le choix du déclin ou de la réforme. Je vous conseille la lecture de ce livre paru en 2006 qui décrit parfaitement ce que nous vivons: http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-jour-ou-la-france-a-fait-14358
Je ne rends pas Mr Sakozy responsable de l’incompétence des politiques de ces 30 dernières années.
Cela fait quand même plus de 10 ans qu'il est un leader influent de la politique française.
Je ne critique pas son choix de privilégier la consommation, quitte à laisser filer un peu de déficit... Sauf que le peu s'avère beaucoup... qu'en même temps il a allégé l'effort déjà modeste des plus riches ( aucun poids économique j'en conviens) et qu'il pratique la même terre brûlée que ces prédécesseurs... lui l'homme de la rupture... Quant à ma liste, je ne suis qu'un simple citoyen... et je l'ai rapidement soumise à votre regard sur une base d'équité et d'utilité publique d'efficacité économique... Économiser 100Mds sur 1500Mds de budget n'est pas si difficile que cela... Cela exige juste de l’intégrité et de l'honnêteté... un homme de la république irréprochable y parviendra... Soyons constructifs ensemble...
Pour augmenter votre doute, je vous propose de choisir un autre milieu dont viendrait le sauveur : LePen? (nan j'rigole), Sarko? (je m'esclaffe), son caniche Borloo? (aucune chance qu'il se présente, et de toute façon...), un autre UMP? (damned, ils ont tous les testicules/ovaires coupés, pas possible), Bayrou? (mais que faire avec 1% des voix?), Eva Joly? (mais que faire avec 10% des voix?), Mélanchon? (lui-même ne voudrait certes pas sortir de l'opposition), Besancenot? (pas mieux...).
Bref, habituez-vous au doute, le Messie est venu il y a 2000 ans, mais celui qui rétablira un peu de normalité et d'envergure en France risque fort de sortir du PS qui est à l'image de la démocratie de Churchill : la pire des solutions... à l'exception de toutes les autres!
Monsieur Hollande prend une position claire et ferme.
Un tel discours méritera je l'espère la UNE du Figaro... et plus sérieusement des prises de position qui je l'espère conforteront la direction à prendre sans trop "pinailler" pour l'instant sur les détails...
En clair c'est vrai. Cependant, ne faudrait il pas mettre un terme aux polémiques partisanes? Les défis qui se profilent dépassent largement nos considérations surrannées.
* un homme qui parle comme un homme d'état (en plus il a maigri un peu et rigole moins). Ce 'new look' suffira-t-il?
* ses propos intelligents concernant les finances, la fiscalité et l'Europe (même s'il n'a pas pu résister à la tentation PS d'attribuer l'ensemble de la dette française aux seules baisses de certaines impôts - lesquelles étaient, j'avoue, inappropriées dans les circonstances)
* des commentaires avisés des slateurs refusant les hystéries trop fréquentes concernant l'Europe et l'Euro (commence-t-on à y croire à nouveau? Même Marianne?)
Il faudrait que je parte en vacances plus souvent!
Une expression en tout cas qui mérite plus de publicité... comme la tribune d'ailleurs, trop vite éclipsée de Slate par quelques histoires belges ;-)