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LORS DE LEUR RENCONTRE de Clohars-Carnoët le jour du solstice d'été (21 juin) le PS français et le SPD allemand ont eu plusieurs bonnes idées pour doter enfin l'Europe d'une gouvernance économique, et notamment celle de créer une agence de notation financière européenne, indépendante et donc publique. Les bonnes idées appartiennent à ceux savent s'en servir.
Pendant la crise, les trois agences de notation anglo-saxonnes (Fitch est la propriété d'un Français, mais se comporte comme les deux autres: Standard & Poors et Moody) ont montré l'étendue de leur amateurisme et leur degré de myopie. Combien valait Lehman Brothers en septembre 2008? Et Dexia, quelques jours avant sa crise de liquidité? AAA. Sauf que quelques jours plus tard Lehman n'existait plus.
En revanche, les trois cerbères ont toujours fait preuve d'une sévérité implacable vis-à-vis des dettes des petits Etats. Pourtant, faut-il le rappeler, ceux-ci ne peuvent faire faillite (on ne liquide pas un peuple comme une entreprise), mais ils n'ont pas les moyens de protester quand on les traite mal. Les Grecs, les Irlandais, les Islandais ont pu le vérifier à leurs dépens.
L'énorme dette américaine, avant même que l'on atteigne le plafond légal fixé par le Congrès, n'avait provoqué que des propos lénifiants de la part des «pundits» des agences anglo-saxonnes, alors même que les Etats-Unis poursuivaient leurs guerres coûteuses, et ne prenaient aucune mesure pour augmenter leur recettes fiscales. Sans doute, pour les agences comme pour le FMI, suffit-il de baisser les bas salaires, de diminuer les petites retraites et de placer les minima sociaux au niveau des salaires du Burkina-Faso pour être considérés comme sérieux et conserver une bonne notation.
En dégradant le 5 juillet dernier, d'un seul coup de 4 crans, et sans aucun avertissement ni concertation la dette portugaise (de BBA1 à Ba2), au moment même ou l'Etat portugais commençait à mettre en oeuvre sans rechigner le plan d'austérité très contraignant demandé par le FMI et l'Europe, l'agence Moody's a fait preuve d'un mépris et d'une arrogance sans précédent. Cela revient à dire que la dette de l'Etat portugais est complètement pourrie.
Pour ne pas être en reste, Standard & Poor's s'est avisée à la même date, qu'en toute hypothèse la dette grecque sur laquelle FMI et UE travaillaient d'arrache-pied devait être considérée comme un «cas de défaut». Avant même que le plan ne soit bouclé, S&P déclarait la Grèce en faillite!!
La sanction d'une baisse de notation est immédiate et lourde. Les prêteurs, l'oeil sur leur écrans, réagissent tout de suite et ensemble.
Un pays bien noté comme l'Allemagne emprunte à 3%. Lors de sa première crise, le tigre celtique, dont l'endettement public résultait exclusivement du transfert massif et sans vergogne sur l'Etat des dettes de banques privées ayant prêté sans aucun examen sérieux de solvabilité, les taux d'intérêt imposés à l'Irlande ont plus que triplé!
Après son classement comme dette pourrie par Moody's (Ba2), le taux d'intérêt demandé à l'Etat portugais va bondir de 10,6 à 12,6%. Le Portugal, complètement exsangue, devrait payer des taux d'intérêts quatre fois plus élevés que l'Allemagne. La décision irresponsable de Moody's a annulé d'un seul coup tous les efforts d'austérité déjà réalisés par ce petit pays courageux.
Les premiers à se lasser de ces petits jeux entre amis furent les Chinois. Créée en 1994, «Dagong global credit rating», après une longue période de rodage, a frappé fort en 2009 en n'hésitant pas à dégrader, légèrement pour rester crédible, la dette américaine.
N'oublions pas que la Chine détient environ 1.000 milliards de dollars de bons du trésor américain; il est donc bien normal qu'elle s'intéresse à son débiteur. Dans la foulée, Dagong a dégradé la dette britannique et vient le 1er juin dernier d'attribuer un «AA- avec observations négatives» à la France. Dagong fait désormais partie du paysage.
Ensuite, un groupe privé allemand a créé une agence rapidement agréée par l'Europe, en 2011. Sa première décision a été de dégrader unilatéralement la dette française (bonjour l'Europe et le couple franco-allemand).
Mais il y a mieux à faire que de fabriquer de nouvelles agences simples clones des «trois grâces» anglo-saxonnes.
La France serait dans son rôle de leader du G20 en proposant de créer d'ici à la fin de l'année en cours une agence publique de notation (APEN); sur les bases suivantes:
Les agences existantes, avec l'appui de certains gouvernements, essaieront naturellement de torpiller l'initiative, puis de la décrédibiliser.
Les premières notations seront capitales; je suis sûr que les entreprises et les banques de l'économie réelle apprécieront le changement de ton et le sérieux des avis de la nouvelle Agence.
Mais il faudra qu'elle fasse ses preuves d'abord.
Michel Cotten
Les agences de notation usent des mécanismes bien connus de la prophétie auto- réalisatrice ( self fullfillingprophecy )...
Le système mis en place depuis une quinzaine d'année est un immense scandale historique...
Nos décideurs politiques de droite comme de gauche ont baissé les armes devant cet ahurissant délire financier...
De facto, les agences de notation dictent aux gouvernements démocratiques leurs programmes...
Tout se passe comme si l'on était fasciné par cette pathologie de la raison calculatrice...
L'impérium insensé de ces quelques agences de notation, petits corsaires aux idées courtes, au jugement controuvé et à la cupidité effarante...
La marge opérationnelle de ces agences devenues littéralement rançonneuses, 58 % pour Fitch...
La triche est devenue la norme, l'opacité s'aggrave encore avec le récent devellopement de la finance de l'ombre ( shadow banking )...
La politique macroéconomique induite de façon mécanique, l'austérité moralisatrice imposée dans toute l'europe au nom d'une dette largement construite....
Bigre, Jean -Claude Guillebaud, dans sa chronique de l'obs n°2436, se livre à un réquisitoire sans appel.
Mais qui arrêtera les agences de notation ? L'Italie, les Etats -Unis ? Avant qu'il ne soit trop tard.
Dan92
AHAHAHAH cherchez l'erreur ! Savourez toute la bêtise qu'exprime ce "donc".
Ces Etats qui vivent à crédit depuis des décennies méritent ce qui leur arrivent. Et vivement qu'on s'intéresse à la dette française.
Est-ce que c'est sain de toujours dépenser plus que l'on gagne ? Vraiment ? C'est pourtant le quotidien financier de n'importe quelle famille raisonnable. Ne pas dépenser plus que ce qu'on gagne. C'est vraiment si difficile ? Les hommes de l'Etat sont des enfants irresponsables et maintenant ils viennent pleurnicher.