- Une manifestation anti-nucléaire, le 26 juin 2011, à Fessenheim. REUTERS/Vincent Kessler -
Si le 4 juillet marque pour l’indépendance des Etats-Unis, il n’est pas prêt de marquer la prise de distance et l’indépendance au nucléaire en France… Le 4 juillet 2011, l'Autorité de sûreté nucléaire a estimé que l'exploitation du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim pouvait se poursuivre pour dix années supplémentaires –sous réserve de travaux…
Scandaleux, incompréhensible, affligeant, cet empressement et ce manque de réserve dans le contexte japonais et européen. L'ASN émet un avis favorable à la poursuite de l’exploitation de la centrale en demandant notamment le renforcement, avant le 30 juin 2013, du radier, la dalle de béton sur laquelle a été construit le réacteur (4 fois plus mince que celui de la centrale de Fukushima).
Cet avis de l’ASN pointe le coût exorbitant que nécessiteraient les mises à niveau envisagées: socle en béton de protection de la nappe rhénane, remplacement du générateur de vapeur d’un réacteur, mise aux normes sismiques, sécurisation de la piscine de combustibles… La facture sera bien trop lourde au regard des recettes de la vente de l’électricité.
Cet avis pour le prolongement de la centrale, conditionné à un certain nombre de prescriptions, finit de démontrer encore une fois l'entêtement des autorités françaises sur le sujet du nucléaire.
Dans une lettre ouverte du 10 mai dernier, signée avec six autres députés européens[1] (élus de l’Alsace et du Bade-Wurtemberg des groupes des Verts européens et des Sociaux démocrates), nous avions formellement appelé le président de la République française, Nicolas Sarkozy, à fermer immédiatement cette centrale.
La réponse qui nous a été adressée le 9 juin dernier était sans équivoque. Par la voix de son chef de cabinet, on nous assurait de «l’excellence technique et la transparence totale du dispositif de sûreté du parc nucléaire français».
A aucun moment il n'était fait mention des risques présentés par cette vieille centrale ou de la nécessité d'appliquer le principe de précaution! Mais il nous était assuré que tous les tests seraient réalisés d’ici fin 2011. Et nous avions naïvement imaginé qu’ils le seraient dans le cadre le plus exigent possible des «nouvelles» règles définies par l’Union européenne et au-delà au regard de la situation particulière de la plus vieille centrale –transfrontalière pour les risques– de France.
Rappelons que la poursuite de l’exploitation de Fessenheim présente un risque inutile, direct et durable pour un bassin de population cinq fois supérieur à celui de Fukushima.
Fessenheim est sujette à 4 fois plus d’incidents que n’importe quelle autre centrale. Sa vétusté et ses caractéristiques techniques obsolètes sont connues. En plus d'être sur une faille sismique, Fessenheim est à 8 mètres en dessous du niveau du canal d’Alsace, avec des possibilités d’inondations en cas de rupture de digues ou par une crue non prévue.
Ces risques sous-évalués sont autant d’arguments qui doivent conduire à sa fermeture maintenant, pas dans 10 ans! Au vu des derniers évènements au Japon, aux Etats-Unis et même en France (à Tricastin ce week-end), il est incompréhensible et consternant que la France s’obstine à garder sous perfusion une installation aussi dangereuse.
Fermer Fessenheim est certes un devoir que nous dicte le principe de précaution. C’est aussi l'opportunité de transformer ce site en zone pilote recherche-développement pour mettre en œuvre des savoir-faire et des technologies innovantes, générateurs d’emplois nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires.
La fermeture de Fessenheim serait le symbole du passage réussi à une transition énergétique vers une société juste, sobre en énergie et approvisionnée à 100% par les énergies renouvelables. Cette alternative est possible. Les chiffres montrent qu'atteindre l'objectif de 20% d'énergies renouvelables dans l'UE délivrerait 2,8 millions d'emplois au total![2]
Refus ou abandon du nucléaire, développement des énergies renouvelables, mesures pour la sobriété et l'efficacité énergétique… Certains Etats membres de l'Union européenne, frontaliers de la France (Allemagne et Italie), sous la pression populaire se dirigent déjà dans la direction d'un futur énergétique plus sûr, plus durable et plus juste. Il nous appartient maintenant de rejoindre ce mouvement, pour un futur sans nucléaire…
Quelle est l’autorité en France qui décide de l’avenir et de la sécurité des Français et de ses voisins?
Tenons-nous en au fait que l’avis de l’ASN n’est qu’un avis donné par une autorité technique au gouvernement.
Alors, la décision de fermer Fessenheim est encore ouverte et relève d’une décision du pouvoir politique face à ses responsabilités et aux français. Lui seul, et donc Nicolas Sarkozy, peut et doit décider ou non de la fermeture, avec ou sans référendum…
Sandrine Bélier
[1] Franziska Brantner, groupe des Verts européens, élue du Bade-Wurtemberg; Evelyne Gebhardt; groupe des Sociaux démocrates, élue du Bade-Wurtemberg; Rebecca Harms, co-présidente du groupe des Verts européens; Heide Rühle, groupe des Verts européens, élue du Bade-Wurtemberg; Peter Simon, groupe des Sociaux démocrates, élu du Bade-Wurtemberg; Catherine Trautmann, groupe des Sociaux démocrates, élue d’Alsace et moi-même. Retourner au texte
[2] Etude de la Commission européenne, juin 2009. Retouner au texte
Il faut savoir lire entre les lignes, faire les comptes et regarder la montre: les travaux demandés signent l'arrêt de mort de la centrale. Allez creuser en zone, sous un réacteur en fonctionnement, dégagez les gravats, coulez une dalle de 3m et tout ça très vite, et sans que ça coûte rien, sinon c'est pas rentable... Et vous avez la conclusion logique. GAME OVER. Et la dalle n'est pas la seule mesure obligatoire. La seule chose à faire pour EDF, c'est lancer des études et jouer la montre... mais ça suffira jusque 2012, date où justement, la décision politique sera prise... de toute façon. C'est très petit bras, certes mais l'ASN ne peut et ne doit pas faire plus que le juste et le techniquement vrai...
- l'ASN a exigé des travaux soit impossible à réaliser soit extrêmement couteux, ce réacteur est donc amené a fermé de fait.
- Je suis pas le premier à le répéter, la terrible catastrophe de Fukushima a fait zéro mort, soit 53 de moins que les graines germés issus de l'agriculture biologique dont les députés verts sont friands.
- Tout les jours des dizaines de chinois crèvent dans les mines de charbon, le pays est pollués aux possibles, et les allemands veulent relancer cette filière.
- sortir du nucléaire passe par l'utilisation des énergies fossiles. Vals l'admet, les allemands l'appliquent en construisant en masse des centrales à charbon. Le réchauffement climatique va avoir un cout éco et social et environnemental bien supérieur à un accident nucléaire tout les 30 ans.
Le renouvelable est par essence incapable de remplacer nos besoins ou même nos besoins divisés par 2. Il faudrait planter 250 000 éoliennes de 1MW pour remplacer notre parc atomique et multiplier par 5 à 7 le nombre de barrages hydrauliques pour assurer une production régulière. (cf Jean-Marc Jancovici) Le cout du tout renouvelable serai de 500 à 1500 Md d'euro, ce qui est totalement au delà de nos capacité de financement publique et privée. Bien évidement ce cout ne prend pas en compte les nuisances des 250 000 éoliennes et des barrages qui innonderait quasiment toute les vallées montagnardes.
Remplacer nos vieux réacteurs par des EPR flambant neuf couterai 300Md (40 EPR neufs, construction et démantèlement compris). Le solaire est totalement hors de prix (10 fois le prix du nucléaire, soit sortie du panneau cinq fois plus cher que le tarif consommateur) et la biomasse ne peut dépasser 3 à 7M tep sans entamer le capital forestier.
Le choix du nucléaire est un choix rationnel, c'est le choix de la sécurité et de l'environnement. Les écogistes en ont rien à faire de notre confort de vie, ce qu'ils veulent c'est le retour au Moyen Age pour les pauvres, et le charbon importé de Chine pour les riches.
Sortons du monde merveilleux des illusions. Il suffit de faire quelques additions et multiplications pour se rendre compte que l'on ne peut, aujourd'hui, se passer du nucléaire. Un mix énergétique est nécessairement à définir, à équilibrer, mais c'est tout de même majoritairement avec le nucléaire que l'électricité alimente les PC et autres appareils et éclairages de confort des détracteurs de cette même énergie. Plutôt que de passer son temps à prosaïquement dénoncer le secteur, il serait plus utile de prendre son crayon et plancher sur le développement du renouvelable. Aujourd'hui, ces nouvelles énergies ne sont pas complètement au point ; trop énergivores à la construction, d'un rendement trop faible, assez polluantes... A-t-on conscience de ces éléments ?
Il est normal de s'inquiéter, mais il ne faut pas en conséquence refuser de prendre tous les paramètres en compte. Garder une certaine objectivité et un sens des réalités permet d'éviter dénonciation et propagande qui ne font que noircir un sujet dont la complexité est énorme.
Je trouve que le paragraphe suivant résume bien la fiabilité du discourt : « La fermeture de Fessenheim serait le symbole du passage réussi à une transition énergétique vers une société juste, sobre en énergie et approvisionnée à 100% par les énergies renouvelables. » Qu’est ce que la « justesse » de la société a à voir avec la fermeture de Fessenheim / arrêt du nucléaire ? Qu’est ce que la « sobriété énergétique » a à voir avec la fermeture de Fessenheim / arrêt du nucléaire ? Sur quelle étude s’appuie telle pour affirmer que l’approvisionnement «à 100% par les énergies renouvelables » est une alternative possible (quoi que, sans mettre de date, elle pense peut-être à l’horizon 2500 ?) ? Et de finir son paragraphe, honteusement manipulatoire, en s’appuyant sur un – vrai – chiffre de création d’emplois (la cerise sur le gâteau !) conditionné (elle n’insiste pas trop sur ce fait dans la formulation) par l’atteinte de l’objectif de 20% (et pas 100…) d’E.R. par l’UE d’ici 2020…
Quant au paragraphe nous incitant à suivre la voie de nos voisins Allemands, c’est également une bonne blague… L’alternative de l’Allemagne (qui continuera par ailleurs à nous acheter de l’énergie nucléaire !) est le charbon. Tres franchement, si ce n’est pas la blague du siècle ça, comment un écologiste raisonné pourrait supporter cette stratégie… En quoi est-ce le futur plus « durable et juste » que nous décrit Madame Bélier ? De plus, la structure de l’approvisionnement énergétique français n’a rigoureusement rien à voir avec celle de l’Allemagne. En France, arrêter le nucléaire a une portée bien différente, la comparaison n’a pas de sens.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304259304576375154034042070.html
Les allemands vont construire l'équivalent de 15 EPR en centrale charbon et gaz, ils vont totalement substituer l'arrêt du nucléaire avec du fossile. Bien évidement vous n'en parlez pas dans votre article et maintenez l'illusion des énergies renouvelables.
Ignorez-vous vraiment la puissance du lobby nucléaire dans notre pays ? Ignorez-vous vraiment les collusions entre les grands groupes privés et les pouvoirs publics ?
N'avez-vous pas pu poser un regard distancié sur les interventions des instances de sureté et lobby nucléaires qui se sont succédées sur les plateaux de nos JT au mois de février, nous disant que tout ira bien pour nous ? Pensez-vous vraiment que le nucléaire à Fukushima ne fera aucun mort ? Etes-vous sérieux en proférant des énoréités pareilles ? N'avez-vous pas utilisé votre télé et votre raison pour regarder ce qu'il s'est passé à Tchernobyl et dans sa région ces 25 dernières années ?! Comment pouvez-vous fermer les yeux sur cela ?
Quels rapports avez-vous lus, quels chiffres avez-vous utilisé pour faire vos calculs concluant à l'incapacité de la France à faire face à ces besoins énergétiques en l'absence de nucléaire ? Et ces rapports, par qui ont-ils été écrits ? Les chiffres, par qui ont-ils été fournis ? Ne vous posez-vous donc jamais aucune question ?
Combien de temps allez-vous continuer à croire tout ce qu'on vous raconte, sur des sujets complexes dont seuls une poignée détiennent les clés ?
Réveillez-vous !