- Lors d'une manifestation à Malaga, le 27 mai 2011. REUTERS/Jon Nazca -
Après avoir porté le printemps arabe dans les pays du nord de l’Afrique, la jeunesse exprime son malaise dans les pays européens menacés par leurs dettes souveraines: hier la Grèce, aujourd’hui l’Espagne… Chaque pays doit répondre aux interrogations que lui pose sa jeunesse.
C’est un sujet essentiel, au moment où les jeunes Français font du bonheur une affaire totalement privée. D’après l’enquête sur la «jeunesse du monde» publiée en début d’année par la Fondation pour l’innovation politique, ils sont très satisfaits de leur vie personnelle, mais ils ne croient plus du tout en l’avenir de leur pays! Ils ont l’impression de fermer le cycle de la prospérité économique et de la puissance occidentale. Cette morosité tranche avec l’envie d’en découdre des jeunesses indienne et chinoise.
Il est vrai que pour la première fois en temps de paix, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail connaissent une situation plus difficile que celle de leurs parents: risque de prendre le «descendeur» social, inadéquation entre la formation et l’emploi, marché de l’immobilier saturé…
La baisse du chômage des jeunes depuis un an est un bon signal mais elle ne suffit pas à rassurer. Au-delà de la conjoncture économique, on observe une défiance à l’égard des institutions, la tentation du repli identitaire, ou la volonté de partir à tout prix avec la certitude que la réussite n’est possible qu’à l’étranger!
Sans parler du risque de la «lutte des âges» et du conflit générationnel: c’est simple, la moitié des Français ont une image négative des jeunes… Et en retour, 40% des jeunes ne veulent pas payer pour les retraites de leurs aînés!
Après la réforme des retraites, le chantier sur le financement de la dépendance mobilise les énergies. Ce sont deux chantiers majeurs pour faire face aux évolutions démographiques mais les défis du vieillissement ne doivent pas faire oublier les défis de la jeunesse. Il ne faudrait pas que les débats de la prochaine présidentielle négligent les jeunes, qu’ils ne tiennent pas compte de leurs attentes, de leurs rêves, de la société qu’ils ont envie de construire!
Ce que nous souhaitons pour notre jeunesse, c’est le contraire de ce que lui fait miroiter le PS: plutôt que de lui promettre «l’égalité réelle», nous devons lui proposer les outils pour prendre en main son destin par la méritocratie. Plutôt que de la rendre dépendante aux aides en tout genre au risque de l’enfermer dans l’assistanat, nous devons l’encourager et lui faire confiance. Pour cela, avec Génération France.fr, nous avons développé deux axes de propositions:
Les jeunes sont loin des décideurs et des décisions. Pourtant, ce sont eux les citoyens d’aujourd’hui et de demain, il faut les encourager à prendre des responsabilités le plus tôt possible. Au sein des partis d’abord, et c’est pourquoi je propose qu’une partie des financements des partis politiques soient conditionnés à leur effort en matière de formation et de détection des jeunes talents. A l’UMP, nous avons déjà commencé!
Mais pas seulement au sein des partis: au quotidien tout simplement! Depuis la suppression du service militaire, le sens du «service à la Nation» est devenu un peu désuet. Pire, la mixité sociale n’est plus un rendez-vous obligatoire.
C’est pourquoi je souhaite que l’on institue un service civique obligatoire. Aujourd’hui, le service civique volontaire n’est pas valorisé, ce n’est pas un atout sur un CV. Pourtant, ça devrait être un gage de citoyenneté, d’ouverture, d’expérience…
J’entends déjà les arguments des sceptiques contre un service civique obligatoire: anachronique, trop cher, inapplicable, synonyme de travail forcé, d’emploi déguisé…
Que chaque jeune donne quatre mois pour remplir des missions de service public, je pense que c’est un bel engagement, pour soi et pour les autres. Le service civique ne cherche pas à se substituer à des emplois existants. Au contraire, il permettra aux jeunes de remplir des missions qui, actuellement, ne font pas l’objet d’un financement. Il doit être l’occasion, pour chacun, de rendre à la Nation un peu de ce qu’elle lui a donné, mais aussi de se découvrir des intérêts, des vocations ou encore d’exercer ses talents au service de la solidarité nationale.
Aujourd’hui, le monde professionnel est absent des enseignements scolaires ou universitaires. Sans remettre en cause la vocation de l’école ou de l’université, qui est de transmettre un savoir, il faut inscrire une continuité entre ces deux mondes.
Cela commence au collège. Aujourd’hui, on essaye de formater toute une classe d’âge dans le collège unique sous prétexte de donner à tous les mêmes chances.
Pourquoi ne pas ouvrir des classes «métiers-études» sur les modèles des classes «sport-études» pour permettre aux jeunes qui le souhaitent d’axer une partie de leur enseignement sur le monde professionnel, la découverte des métiers et les savoir-faire techniques?
Les classes métiers-études, comme les classes sport-études, seraient des classes d’ouverture. Tout devra rester possible après: s’orienter vers une filière générale, un lycée technique professionnel ou un CFA (Centre de formation d’apprentis)! La clé de la réussite, c’est le choix et pas l’orientation par défaut.
De même, dans la continuité de la philosophie du «collège unique», on a construit «l’université pour tous». C’est un leurre, nous le savons!
Le résultat: une orientation massive en première année d’université où finit encore par se pratiquer une sélection par l’échec… Ce n’est bon ni pour le moral de nos étudiants, ni pour nos finances publiques!
Pour éviter les déconvenues, je propose d’introduire un entretien de motivation à l’entrée de l’université. Sans faire de la sélection –parce que l’université doit accueillir tous les profils passionnés– cet entretien doit être l’occasion de créer un premier contact avec l’étudiant, évoquer ses attentes, son parcours, et ses perspectives.
L’université est le temple du savoir: il faut en faire une force. On devrait entrer «à l’université» en général, pas seulement dans une «faculté» en particulier.
Je propose de faire du ticket d’entrée à l’université un accès à toutes les formations existantes. On doit pouvoir faire de la finance et du grec en même temps! Dans cette perspective, démocratiser en France le système anglo-saxon des «major» et «minor» me semble indispensable. Actuellement les parcours des universitaires restent trop cloisonnés, cela les dessert quand ils arrivent sur le marché du travail!
Toutes ces propositions impliquent une nouvelle définition de la réussite: pour nous, la réussite, ce n’est pas forcément sortir d’une grande école. La réussite ne se compte pas seulement en euros!
Réussir, c’est aussi innover, accomplir des projets dans tous les domaines, professionnels, artistiques, associatifs, sociaux et familiaux. Et sur le chemin de la réussite, on doit aussi avoir le droit à l’échec.
Voilà notre objectif: donner à chaque jeune la possibilité d’exprimer son potentiel et lui transmettre des valeurs qui renforcent la communauté et la solidarité nationales.
Jean-François Copé
"nous devons lui proposer les outils pour prendre en main son destin par la méritocratie. Plutôt que de la rendre dépendante aux aides en tout genre au risque de l’enfermer dans l’assistanat, nous devons l’encourager et lui faire confiance"
--> les mêmes outils que le droite UMPistes prône depuis 10 ans ? Désengagement de l'état, "corporatisation" (de corporate en anglais pas de la doctrine politique du XIXème) de tous les pans de la société (même la santé !) et l'apprentissage. Le fait de leur donner envie de réussir aux petits jeunes en leur montrant que dans la vie y a que la thunes qui compte et que plus on en a plus on peut s'affranchir des loi, de l'égalité et cracher sur les petits ?(cf les 4% de taux d'impositions des revenus les plus élevés, à comparer avec les 30/40% des autres). À leur montrer que c'est normal de privilégier les riches parce que ceux sont eux "l'avenir du pays" (sic) ? En faisant de l'hypocritécologie outrancière qui ne mène à rien ? De la destruction systématique et du mépris qui l'accompagne pour tout ce qui faisait que la France n'était pas un pays anglo-saxon ?
Bref, Mr JF-Cope vous n'avez aucune légitimité pour vous prétendre lecteur du râs-le-bol des jeunes européens. Au delà du fait qu'on ne peut prétendre juger les français (jeunes et moins jeunes) à l'aune de leur voisins européens car chacun dépend de contextes culturels, politiques et économiques différents; le ras le bol s'exprime en grande majorité contre la société que votre génération a construite et défend encore aujourd'hui.
Le PS fait parti de petit vieux qui refusent de changer leur pradigme, l'UMP fait parti de vieux-beau insipides qui pensent avoir tout compris contre les autres et prétend faire du neuf avec de l'antédiluvien (relisez votre histoire le Moyen-âge s'était l'apogé du "libéralisme" pour les nantis et de la privatisation à leur profit du monde...bon j'exagère un peu mais en forçant le trait jusqu'au bout on s'en approche ).
Bref tt ça pour dire que dans tous les cas aucun partis ne proposent de vrai directions novatrices, un projet national ou quelque chose pour faire bouger le pays dans un sens ...nouveau et révolutionnaire. Mais on peut toujours rêver!
Les jeunes vous en avaient rien à faire ! Une réforme des retraites justes envers les jeunes auraient été de répartir l'effort entres les actifs et les retraités. Et donc prendre une décision impopulaire vis à vis d'une partie de votre électorat privilégié : baisser les retraites.
De toute façon, moi je me marre... Vous serez jamais président.
En 2017, ce sera Christine Lagarde (venant du FMI) qui gagnera ^^
que le taux de charges sociales pour un jeune soit de 25% pour sa première année et que ce taux monte de 1% tous les ans jusqu'à 45 ans puis redescendent de 1% chaque année jusqu'à 65 ans par exemple.
Les jeunes ne rêvent plus en effet, ils ne rêvent plus. Vous avez fermez la société. 1. Ils veulent la fin de cette société médiatico-politiques, vous êtes tous pitoyable avec vos attaques, polémiques, petites phrases, calculs, vous passez pour une bande de vieux cons. Ne comprenant rien ! On veut parlez de politique et non de l'affaire DSK. 2. On nous annonce une vie ennuyante, on n'auras jamais de belles choses, on ira jamais dans de beau endroits, et ça vos mesures n'y changeront vraiment rien. Car les jeunes vont être soupayés, exploités par des patrons. L'avenir ne semble pas épanouissant. 3. Quand la jeunesse a voulu faire entendre sa voix, qu'est ce qu'on a entendu "Ils sont manipulé, ils sont débiles, ils sont ignorants, ils veulent sécher les cours" Super-top, continuez de dénigrer la jeunesse, allez continuez ! 4. On veut une vraie démocratie ! Pas celle des élites, ne me dites pas que vous n'êtes pas ici d'un milieu aisé. La fin des privilèges politique, LA LIBERTE DE SE RASSEMBLER : Cf La Bastille, Vive la matraque, Messieurs de la république. 5. La fin de cette politique xénophobe, les noirs et les arabes ne sont pas du tout une menace pour la France, Saviez vous que ce sont des êtres humains ! Fou, j'aurai pensé que ce sont des casseurs et autres. Alalala je me suis trompé.
Alors faites des efforts, laissez la jeunesse prendre sa place, pas avec des mesures bidons. Votre monde est fini. Exclues d'Europe, réveillez vous il est temps de faire entendre notre voix.
C'est juste des paroles d'un jeune en colère en ayant assez, On va se reveiller un jour monsieur Copé, mais cela ne sera pas pour faire un concourt de croissance avec je ne sais qu'elle autre pays, on veut juste vivre, avoir les mêmes droits, des droits inaliénable tel que l'éducation, la santé. J'ai peur du monde de demain. J'ai peur.
Autres choses j'ai peur quand j'écris ça, j'ai peur d'avoir la police débarquant chez moi, réveillant ma mère, fouillant de mon ordinateurs, m'emmenant en garde à vous et autres choses de votre système répressif. Cordialement Fueram, 17 ans, pour vous servir.
Au passage, ce dernier est capable d'affirmer que "la formation sera meilleure.... en 3 ans qu'en 4" (précédemment)... meilleure pour les finances ;-)
Ce bac pro 3 ans remplace le BEP 2 ans ... qu'un certains nombres d'élèves prolongeaient d'un BP 2ans de niveau bac...
J'ai lu votre article avec beaucoup d'attention. Désormais "jeune actif" après un cursus en école de commerce, je m'interroge sur la pertinence de notre model actuel. On nous incite, très tôt à faire de grande étude, en nous promettant monts et merveilles. La vérité c'est qu'aujourd'hui, je n'ai connu que des stages sous payés (quand ils l'étaient)et ou on exploitait une main d’œuvre malléable et soumise. (Je tiens a préciser que je me base sur des faits, et des conversations avec d'autres étudiants). Ajouter à l'exploitation l'endettement, nécessaire pour payer nos études: il ne nous reste que nos yeux pour pleurer... A peine sur le marché du travail et déjà endetté ! Et ce n'est malheureusement pas nos parents, actifs pour les plus chanceux (ceux la même que vos politiques étouffe de taxes,impôts,cotisations...) qui pourront nous aider.
Vous parlez du ras le bol de la jeunesse Européenne? Mais qu'en savez vous? voila bien longtemps, que les hommes politiques ont cessés d'être les représentants du peuple. Notre système est une démocratie illusoire, maintenu sous coma artificielle à grand coup d'émission télé plus débiles les unes que les autres, de débats politiques stériles (qui ressemble plus a des pugilats d'enfants en bas age..)et des journaux télévisés qui ont pour leitmotiv, la peur, la haine, le malheur des autres. Et vous messieurs les politiques en profitez grandement, cette course au pouvoir à laquelle on assiste tout les 5 ans me débecte. Qui va avoir le dernier mot? quels seront les slogans à la mode? qui plantera en premier son couteau dans les omoplates de l'autre?
Quel exemple pour la jeunesse? des scandales concernant des hommes politiques qui se succèdent (et se ressemble?): Entre détournement de fond, création d'emploi fictif, harcèlement sexuel, vacances à l’œil (ou plutôt au frais de dictateurs), politique étrangère visant à installer et à maintenir les dictateurs dans certains pays (je vous passe les détails de notre politique france-afrique,) ...que voulez vous que la jeunesse tire comme leçon? et surtout pensez vous avoir la crédibilité nécessaire?
Bien sur il ne faut pas amalgamer le milieu politique, et je suis sur que parmi vous, il en existe de vertueux (du moins je l’espère fortement)...mais cela ne sera pas suffisant pour redonner confiance aux français, pas tant que leurs quotidiens seront fait de répression, de discours moralisateurs et privation de leurs libertés.
Bref, je me suis sans doute écarté du sujet, mais à mon sens il s'agit d'un tout. Enfin je finirais la dessus: j'ai appris il y a bien longtemps que l'état c'était nous...c'est faux, l'état au final c'est vous. Partant de ce principe, il n'est pas difficile de comprendre le désintéressement de la population lors d’élection.
Je vous remercie d'avoir lu jusqu'au bout, et m'excuse par avance si mes propos manquaient de finesse, mais depuis le temps...il fallait que ça sorte!
Pour la première fois en temps de paix ? Très drôle ! Alors que cela dure maintenant depuis 35 ans !
Il y a bien une première fois qui arrive maintenant, mais ce n’est pas celle que vous dites, vous semblez très en retard sur la réalité que vivent les français.
C’est la première fois depuis le début de l’horreur, en 1974, que la démographie devenait favorable aux jeunes. Il suffisait de ne toucher à rien et de laisser les premiers baby-boomer partir à la retraite à l’âge prévu, et pour la première fois depuis 35 ans, une génération de jeune serait arrivée sur le marché du travail sans être condamnée d’avance à l’enfer du chômage.
Oui mais laisser les vieux partir à la retraite aurait coûté de l’argent, tandis que le chômage des jeunes ne coûtait rien, puisqu’ils n’avaient droit à rien , pas même au RSA. On a donc décidé froidement de prolonger le chômage des jeunes et de retarder la retraite des vieux.
Les règles du jeu ont été changées déjà 3 fois maintenant pour empêcher la délivrance que tout le peuple français attendait depuis si longtemps.
Et pour la première fois depuis 35 ans les jeunes au chômage ne peuvent plus accuser la démographie, la malédiction d’être nés trop nombreux, comme leurs parents : ils sont victimes d’une politique criminelle froidement délibérée.
« inadéquation entre la formation et l’emploi »
Combien de fois temps n’a-t-on pas entendu cette foutaise !
Comme si la formation y était pour quelque chose. Comme si c’était la faute de l’école ou de l’université s’il n’y a pas de boulot à la sortie. Accuse-t-on l’université de Tombouctou d’être responsable de la sécheresse dans le Sahel ?
Quand il n’y a pas d’emplois la seule formation adaptée à l’emploi, c’est pas de formation du tout.
« marché de l’immobilier saturé » Le marché a bon dos, dans l’idéologie libérale il joue le même rôle que la fatalité ou la météo. Et cette fois c’est sûr, il n’y est pour rien, au contraire : la pénurie de logements a été creusée à l’aide de normes d’urbanisme malthusiennes draconiennes et criminelles qui interdisent au marché, complètement corseté, de satisfaire la demande. Il est totalement interdit de construire quelque logement supplémentaire que ce soit dans toutes nos grandes villes, c’est comme si toute mise en culture de terre arable était interdite pendant que les gens meurent de faim. Pour une fois que l’analyse économique libérale classique suffit à expliquer parfaitement la tragédie, Jean-François Copé préfère y renoncer plutôt que de dénoncer les intérêts particuliers de ceux qui ne veulent pas que les choses changent. Mitterrand ne disait-il pas que la droite française n’a pas d’idées, seulement des intérêts ?
« Plutôt que de la rendre dépendante aux aides en tout genre au risque de l’enfermer dans l’assistanat, nous devons l’encourager et lui faire confiance »
Cela tombe bien, les jeunes n’ont droit absolument à rien, pas même au RSA. Comme ils ont de la chance de ne pas se sentir enfermés dans l’assistanat ! Comme ils sont heureux de crever la bouche ouverte sur les trottoirs de nos villes !
Oui il faut continuer à l’encourager, à lui faire confiance ! A grands coups de rangers et de matraques, jusqu’au jour où…
« Aujourd’hui, le service civique volontaire n’est pas valorisé, ce n’est pas un atout sur un CV. Pourtant, ça devrait être un gage de citoyenneté, d’ouverture, d’expérience »
Les patrons pensent que ce service civique volontaire n’apporte rien, ne sert à rien, et les patrons pourraient se tromper ? Allons M. Copé, vous savez bien que le marché ne se trompe jamais, par définition. Et bien sûr vous proposez de casser le thermomètre en rendant le service civique obligatoire, plutôt que d’enrichir son contenu jusqu’à ce qu’il intéresse les patrons. C’est plus prudent, en effet, puisque de toute façon il n’y a pas de boulot, les patrons n’ont pas besoin de main-d’œuvre.
« Le service civique ne cherche pas à se substituer à des emplois existants. Au contraire, il permettra aux jeunes de remplir des missions qui, actuellement, ne font pas l’objet d’un financement »
C’est vrai quoi, avec 6 millions de chômeurs, dont la plus grande partie non indemnisée, ce serai vraiment dommage de créer des emplois et de payer des salaires, alors qu’il est tellement plus simple de faire travailler bénévolement les chômeurs, n’est-ce pas ?
« Aujourd’hui, le monde professionnel est absent des enseignements scolaires ou universitaires » Suivent des paragraphes de baratin pour nous faire croire, en creux, que si les patrons n’embauchent pas les jeunes, ce serait la faute à l’école ou à l’université qui ne les prépareraient pas comme il faut.
Venant du leader d’un parti qui a fait passer récemment une loi pour subventionner encore plus les entreprises qui embauchent des vieux (et donc pour les dissuader encore plus de recruter des jeunes, n’importe quel économiste niveau CM2 vous expliquera que c’est la même chose) c’est tout simplement à vomir.
« Toutes ces propositions impliquent une nouvelle définition de la réussite: pour nous, la réussite, ce n’est pas forcément sortir d’une grande école »
Non M. Copé nous n’avons aucun besoin d’une nouvelle définition de la réussite, et l’ancienne n’était pas celle que vous voudriez faire croire.
La réussite (professionnelle) c’est toujours la même chose qu’avant : trouver un CDI à temps plein avec un salaire suffisant pour se loger décemment (en ville puisque désormais les voitures n’y sont plus acceptées) et pour payer la mutuelle qui devient franchement exorbitante au fur et à mesure que vous démantelez la Sécurité Sociale.
Pourquoi vouloir à tout prix changer la définition de la réussite, spécialement à l’intention des jeunes ?
Votre seconde proposition concernant les classes "métier-étude" pose le problème des passerelles. Saviez vous ce que vous vouliez faire plus tard quand vous aviez 14 ans? Cela n'a -t-il pas changé entre vos 14 ans et la fin de vos études? si vous donnez un enseignement spécifique pour un métier à un élève cela implique de lui donner des compétences spécifiques, donc soit vous augmentez la charge de travail, de cours etc... soit vous substituez des connaissances du parcours "classique", si jamais l'élève se rend compte que le métier ne correspond pas à ses attentes, comment rattrape-t-il le retard qu'il a pris par rapports à ceux qui ont suivi un cursus "classique"? L'entretien dans les universités s'il n'est pas sélectif ne sert strictement à rien. Enfin le système de major minor peut fonctionner (c'est le cas dans les écoles de commerce) seulement s'il y a une cohérence entre la major et la minor, par exemple latin et finance n'ont aucune cohérence. Il faudrait donc veiller à ce que ce système ne soit un minimum contrôlé.
Les jeunes sont loin des décideurs et des décisions. C'est vrai. Au lieu de mettre la responsabilité sur cette entité vague et indéfinissable, la jeunesse, je vous propose de vous rapprocher des jeunes. Vous allez voir, c'est très simple.
Pour commencer, vous allez adopter pendant 6 mois le revenu d'un jeune SMICARD. 1000 euros net. Il va de soi que vous allez devoir revoir votre train de vie : votre lieu d'habitation, votre voiture, votre mutuelle, vos projets (quels projets avec ce revenu ? à vous de le découvrir).
Ensuite, vous allez chercher un emploi (compte tenu de votre notoriété, il faudra le faire avec un autre nom, mais c'est juste pour l'expérience. Choisissez un nom à consonance maghrébine pour corser l'affaire). Vous savez, un emploi pour les jeunes, un CDD payé au SMIC. Vous allez envoyer des CV, et voir quelles sont les réponses. Soyez patients.
Ensuite, concernant l'université, vous allez faire quelque chose de totalement inattendu. Vous allez retirer votre costume, vous habiller modestement, jean et pull, et vous allez assister aux cours magistraux dans une fac de langues, lille 3 par exemple. Bien sur, pas deux heures. Un bon mois en suivant scrupuleusement les horaires. Histoire d'évaluer de première main le sérieux du corps enseignant.
Alors seulement Monsieur Coppé vous serez à même de parler de la jeunesse et de l'éducation. Vous aurez la voix de l'expérience. Vous serez crédible sur ces sujets. Vous pourrez apprécier vous même la pertinence d'un homme politique qui parle de service civique et de l'université comme d'une voie d'excellence.
Chiche ?
Adam
Hors aujourd'hui dans la société française comme partout au monde, jusqu'à preuve du contraire, la seule compétence ne suffit pas à expliquer la réussite des gens. Elle est un critère, certes important, mais pas le seul.
En vérité la chance, le déterminisme initial (Milieu socioprofessionnel de naissance, héritage) et surtout la valeur marchande d'une personne (qui n'est pas calquée sur sa seule compétence mais bien sur sa capacité à faire gagner de l'argent au modèle économique du domaine professionnel associé) sont des critères au moins aussi importants. Les gens ne sont pas récompensés pour la valeur intrinsèque de leur travail ou de leur personne. Vous pouvez faire merveilleusement un travail par ailleurs très utile à la société et être rémunéré beaucoup moins bien que quelqu'un de médiocre qui a la chance de travailler dans un secteur porteur.
Il ne s'agit pas d'ailleurs de désigner un responsable pour cet état de fait; je vous rassure d'ailleurs, on peut être de gauche et penser que toutes les inégalités ne sont pas forcément des injustices.
Par contre, plutôt que de vous complaire dans la moquerie facile "de l'égalité réelle" d'un parti Socialiste qui tarde à renouveler son discours, pourquoi ne regardez-vous pas en face les propres faiblesses de votre idéologie : "cette sempiternelle rengaine de l'UMP et de toutes les droites du monde qui ont trop lu Ayn Rand ou Frédéric Bastat et qui consiste à asséner comme un indécrottable vérité que le succès d'une femme ou d'un homme est le reflet exact et parfait de son talent et surtout de sa volonté, alors même que le monde nous prouve chaque jour le contraire, et que la volonté politique reste timide pour faire appliquer ne serait-ce que des principes élémentaires de justice (afin que la liberté de chacun puisse s'exprimer sans être tuée dans l'oeuf par la liberté outrageusement supérieure de certains happy few).
Pour le reste, je vous concède tout de même un peu de bon sens sur une professionnalisation plus précoce des filières d'enseignement général...
Votre ambition est si voyante qu'elle me fait peur. Limez vos dents monsieur.
Par ailleurs, je suis pour la liberté d'expression et même la presse d'opinion. slate est un média par un support de communication politique. Veillez à respecter la ligne éditoriale anglée sur le décryptage. Si vous écrivez ici, faites du journalisme. Ne soyez pas tribun.
-Le service civique, pourquoi pas, avec plusieurs bémols, d'une part la capacité d'acceuil des organismes qui recoivent des "appelés", l'autre problème est que fera un jeune qui n'a pas envie d'être là dans un service social, plus de dégat qu'autres choses. Un amis allemand m'expliquais ainsi que l'une des vraies raisons pour laquelle la supression du service militaire est dans les tuyaux, et le fait que dans le meilleur des cas le pauvre appelé ne sait pas se servir du matériel et est négligeant, et dans le pire il le casse volontairement.
-L'entretiens à l'entrée à l'université, pourquoi pas, si ça peut éviter les ré-orientation, je dirais même 6 semaine de stage entre fin Aout et septembre pour les futurs première années histoire de voir si c'est fait pour eux. (Lorsque je terminais ma thèse en 2007, mon labo a commencé à prendre des stagiaires de fin de premières annnées, c'est pas forcément des incompétents si ils sont volontaire et bien encadré) mais même risque qu'avec le service civique avec les non volontaires
-Les colleges metier-études et la fin du collège unique, là par contre j'ai un peu peur, 12 ans c'est trop tot pour décider de l'avenir d'un enfant (même si malheureusement les jeux sont souvent déjà fait)
Deux gros absent,
-L'aspect logement, Paris est le centre économique du pays, mais un loyer parisien est cher, qu'en dessous de 3000 € net par mois c'est pas la peine, vous en connaissez beaucoup des jeunes qui gagne plus de 3000 € net ? et ça devient la même chose dans pas mal de grandes villes, quand je penses que mon 50m² Allemand me coute moins cher que mon 25 m² Marseillais, et qu'il me coute moins cher que l'appart moche d'un copain en banlieue de Lyon.
-Le chomage, ça sert à rien de former des jeunes si il n'y a rien pour les embauchers, or en France, c'est dur pour un jeune, y compris diplomé de trouver du boulot (J'en connais plusieurs qui ont mis un à deux ans à trouver un boulot, pourtant avec des filères qui sont censé déboucher (Ingé chimiste, Ingé électronique, Master environnement). Je ne parle même pas des stages à répétitions que les plus modestes ne peuvent simplement pas se permettre et prennent alors dans le meilleur des cas des vacations comme enseignant, dans le pire des cas de l'intérim chez Mc-Do.
Il faut également ajouter que les jeunes sont souvent les victimes de patrons indélicat et pourtant peu ose se retourner contre ceux-ci, pourtant ça marche, au moins un amis à pu apporter l'apport initial de son crédit immobilier avec ses indemnités prudhommale....
Tout ces points par contre manque totalement du manifeste, La jeunesse ça va au delà de la simple formation