Économie

La reprise a tardé à créer des emplois mais les bonnes nouvelles arrivent

Temps de lecture : 2 min

Dans le cadre de la présidence française du G20, l’Association mondiale des services d’emploi publics, présidée par Christian Charpy, et Pôle Emploi organisent à Paris les 26 et 27 mai, une conférence mondiale sur «la contribution des services publics de l’emploi à la sortie de la crise». Slate.fr, partenaire de cette conférence organisée par l'Amsep et Pôle Emploi, publie contributions et synthèses.

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Le marché du travail s’améliore. Le taux de chômage est à la baisse depuis 5-6 mois, revenant à 8,2% dans la zone OCDE en mars 2010 après être monté à son pic de crise de 9%. La principale raison qui explique pourquoi ce retour de l’emploi est tardif est la faiblesse de la reprise elle même. Mais les bonnes nouvelles arrivent. La croissance est solide malgré l’existence de risques. Les créations d’emplois vont continuer. Les entreprises embauchent y compris en France et, maintenant sur un bon rythme, aux Etats-Unis.

Ce rebond de l’emploi ne concerne pas tout le monde de la même façon. On relève quatre caractéristiques:

  • 1) Les jeunes sont punis. La montée du chômage pour les jeunes a été nettement plus rapide que pour les adultes;
  • 2) Les travailleurs précaires ont été les premiers à être sortis des entreprises, ils sont les plus touchés;
  • 3) Curieusement les seniors sont relativement épargnés;
  • 4) De façon nouvelle: les hommes ont vu leur taux de chômage plus augmenter que celui des femmes.

L’explication de ce dernier phénomène est que les secteurs les plus en crise ont été la construction, l’industrie et la finance, où les métiers sont plutôt masculins.

Le petit miracle allemand

On compte huit pays sur les trente-quatre membres de l’OCDE, où le chômage est revenu à moins de 5%. Ils sont très hétérogènes et il est impossible d’en tirer des conclusions générales: Autriche, Japon, Corée du sud, Norvège, Pays-Bas, Australie… Mais le cas de l’Allemagne mérite qu’on s’y arrête, il s’agit d’un petit miracle. Les causes du succès germanique contre le chômage tiennent à trois facteurs. D’abord, les réformes du marché du travail des lois dites Hartz qui ont mis en place des politiques «actives» de soutien des chômeurs. Ensuite, les négociations collectives sur le Kurzarbeit (chômage partiel) qui ont laissé en poste des emplois qualifiés avec un temps de travail réduit mais permettant une conservation du lien avec l’entreprise. L’Etat a subventionné ce recours au travail partiel en aidant les entreprises mais aussi les travailleurs eux-mêmes. Cette adaptation de l’emploi au cycle de la crise a permis de garder les ouvriers qualifiés, bien utiles quand la reprise survient.

Enfin troisième facteur, la bonne compétitivité allemande, améliorée depuis 10 ans. Ces trois facteurs correspondent aux recommandations de l’OCDE concernant l’emploi.

Je termine en soulignant qu’hélas, il reste des pays en retard. Dans la périphérie de la zone euro: Grèce, Portugal, Espagne, Irlande. Il est difficile de prévoir une nette amélioration à court terme, tant que les gouvernements de ces pays n’ont pas assaini les comptes publics et le secteur bancaire.

John Martin

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John Martin

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