Pour de nombreux économistes, journalistes économiques mais aussi responsables politiques, une antienne voudrait qu’une innovation plus soutenue permette à l’économie française de faire face à la concurrence des pays émergents. Ce raisonnement, pourtant, ne résiste pas à l’analyse.
Les partisans du libre-échange tel qu’il est pensent en effet qu’un effort supplémentaire d’innovation par la recherche et développement serait de nature non seulement à nous protéger de la concurrence étrangère mais aussi à redévelopper l’emploi industriel dans les prochaines années. On reconnaît là un argument issu de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo: pour bénéficier du libre-échange, il est nécessaire de se spécialiser, et de préférence sur les secteurs à plus forte valeur ajoutée.
A ce stade du raisonnement, il faut d’abord signaler que les partisans du libre-échange font de la sorte aveu de leur excessif optimisme passé. Si le rétablissement d’un avantage concurrentiel de l’économie française et européenne passe en effet par un surcroît d’innovation, c’est bien qu’il y a eu rattrapage des pays émergents sur l’ensemble de la chaîne de valeur, c’est-à-dire y compris sur des secteurs à forte valeur ajoutée.
La position habituelle des libre-échangistes schématisant une répartition des activités économiques entre le high tech pour les pays anciennement industrialisés et l’industrie manufacturière pour les pays émergents s’est donc bien révélée erronée. Les pays émergents, loin de se spécialiser sur une fonction d’atelier du monde, ont pris les occidentaux à leur propre piège: ils seront l’atelier du monde et le laboratoire du monde.
Les historiens nous diront peut-être ultérieurement ce que cet aveuglement devait au complexe de supériorité des anciens colonisateurs et au cynisme du management de certaines multinationales…
Mais prenons au mot les libre-échangistes. Imaginons que la France et l’Europe redressent significativement leur effort de recherche et développement (par exemple à plus de 3% de son PIB) et se donnent pour impératif catégorique l’innovation. Le rétablissement d’un avantage concurrentiel sur les pays émergents par ce seul levier supposerait que l’effort de recherche de ces derniers demeure inférieur à terme. Or, que font les pays émergents, si ce n’est de se doter patiemment d’un appareil éducatif, scientifique et technologique de haut niveau, le tout sur des bases le plus souvent strictement nationales (la souveraineté n’étant pas encore un gros mot sur la majeure partie du globe…)?
La Chine abrite d’ores et déjà la plus grande concentration d’ingénieurs de haut niveau de l’histoire, et la poursuite de son rattrapage éducatif ne peut qu’amplifier à terme cette réalité prosaïque. De plus, les pays émergents ont un très relatif respect de la propriété intellectuelle et pas seulement dans les ateliers clandestins de contrefaçon (voir la plainte d’Apple contre Samsung). On le voit, l’hypothèse d’une recherche plus efficace ici que là-bas nécessiterait des acrobaties théoriques dont nous aimerions être instruits.
Mais supposons encore, pour les besoins de la démonstration, que notre futur effort de recherche soit plus puissant et efficace que dans les pays émergents. La France solidement appuyée sur une recherche dynamique flirtant avec les 3% du PIB pourrait alors se réindustraliser à toute allure, à l’abri d’une protection invisible et désormais seule à être tolérée, celle de l’intelligence. Nous pourrions nous doter des futurs «Apple» et héberger les futures marques plébiscitées par les consommateurs du monde entier… Malheureusement, ce scénario ne tient pas. Aux Etats-Unis, les sociétés qui ont le plus innové (comme Apple) se sont spécialisées à l’excès sur la recherche et développement et le marketing, et ont sous-traité massivement leur production (cf. le cas emblématique de Foxconn en Chine).
On se souvient que l’été dernier, l’ancien PDG d’Intel, Andy Grove, avait créé un véritable électrochoc dans la Silicon Valley, estimant dans une tribune qu’une industrie high tech solide devait également maîtriser la production manufacturière sous peine de ne plus être capable d’innover. Le point essentiel de la démonstration semble effectivement échapper aux esprits les plus brillants de l’économie «en chambre». L’innovation repose en réalité pour une part essentielle sur la dialectique et la dynamique qui existe entre conception et production et établir une frontière étanche entre les deux n’est pas soutenable à terme.
On le voit, à mesure que la désindustrialisation de l’économie française atteint des proportions dramatiques, un sujet autrefois tabou chez les «croyants» du libre-échange généralisé devient délicat à contourner. L’impact de la concurrence des pays émergents, à bas coûts salariaux et désormais à forte maîtrise technologique, sur les pertes d’emplois industriels devient une évidence trop éclatante pour que subsiste encore le discours classique de la dénégation «savante».
L’érection d’empires industriels en Asie et de solides compétiteurs en Europe de l’Est au moment même où l’Europe détruit à allure soutenue (Allemagne exceptée) son tissu industriel n’est pas une pure concomitance. La surévaluation structurelle de l’euro, la disparition des protections extérieures du marché commun européen et l’abandon de toute politique industrielle ont été et demeurent les facteurs explicatifs essentiels de cette chute. L’appétit et le rattrapage éducatif et technologique des pays émergents, en particulier d’Asie, font le reste.
L’industrie française ne représente désormais plus que 13% de son PIB. Depuis 2000, plus de 530.000 emplois industriels ont été détruits, et rien ne permet aujourd’hui de penser qu’il sera mis un terme à cette pente vertigineuse.
Si l’innovation seule ne permet pas de nous protéger des pays émergents, ni de faire repartir l’emploi industriel, c’est que dans un univers libre-échangiste, où les pays émergents cumulent armée industrielle de réserve de travailleurs à bas coûts et progression exponentielle de leurs capacités technologiques, les économies anciennement industrialisées n’ont tout simplement plus les moyens de riposter.
Cette réalité, paradoxalement comprise intuitivement par les salariés et les entrepreneurs soumis à la concurrence internationale, est refusée en bloc par ceux qui en demeurent (pour le moment) protégés. L’appel à l’innovation (sans régulation du libre-échange) ne serait-il que le discours que des «croyants» toujours moins nombreux opposeraient à des «pratiquants» du libre-échange toujours plus tentés par l’hérésie? Il permet du moins de justifier à bon compte la casse sociale que constitue la disparition des industries manufacturières, prétendument inutiles, et la société inégalitaire qui va avec.
Ce «sacrifice nécessaire» dessine une économie partagée entre des emplois bien payés pour les ingénieurs et les as du marketing, et des aides sociales et des emplois sous payés pour les autres: est-ce bien cela que l’on appelle l’économie de l’innovation? Il est permis d’en douter.
Julien Landfried
Secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen
C'est très dangeureux pour les entreprise surtout si on se souvient de l'éviction de Pepsi du jour au lendemain du Venuezela par CocaCola: les usines qui fabricaient le pepsi ne leur appartenait pas et CocaCola en a profité pour les racheter! Conséquences hier exit pepi / bonjour Coca et demain exit Apple / bonjour Foxcon... imparable et même ineluctable... mais chut... faut pas faire peur!
Mais on fait quoi alors ? (A part apprendre à vivre avec beaucoup moins)
je ne pense pas que nos dirigeants nous ont enfumés (comme je l'ai lu) mais comment se faire réélire si on ne peut prétendre avoir de solution ...
Il est temps de changer de cap. Et n'en déplaise à certains commentateurs, ce n'est ni du défaitisme ni du renoncement, ni du repli nationalisme.
Tant mieux si les pays émergents ont pu se développer et nous rattraper.
Simplement il ne faut plus accepter de jouer à armes inégales et accepter que les faibles normes sociales et environnementales permettent une concurrence sauvage.
Surtout il faut prendre en compte deux points : - l'intérêt des grandes multinationales est parfois bien différent de l'intérêt collectif des pays européens. Il serait temps de réconcilier les deux. - la liberté de mouvement des capitaux est le vrai piège. Elle ne profite ... qu'aux détenteurs de ces capitaux dans leur intérêt personnel propre.
Plus sérieusement je considère la monnaie comme un instrument de mesure, et pas comme la grandeur mesurée elle-même.
Mais il y a pire, plus inexcusable encore que la propagande à laquelle personne ne croit plus selon laquelle on pourrait conserver l'innovation après avoir sacrifié l'industrie, et récupérer les emplois au passage.
C'est la rage de supprimer tous les emplois non délocalisables, ceux là même que les chinois n'auraient pas pu nous piquer, ceux la même sur lesquels nous aurions pu nous appuyer pour affronter toutes ces épreuves dans des conditions un peu moins désespérées.
-le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux décime des emplois non délocalisables, et même des emplois dont la France a cruellement besoin : enseignants, personnels de santé, pour ne citer que les services les plus vitaux... -l'interdiction de fumer dans les bars, -la taxation délirante des cigarettes, (beaucoup de français vendent maintenant des cigarettes en Belgique à leurs propres compatriotes, est-il normal qu'un buraliste soit obligé de s'expatrier pour continuer à servir le consommateur français ?) -les contrôles d'alcoolémie à la sortie des restaurants et des discothèques…
ont détruit des milliers d'emplois dont les chinois n'auraient pas pu avoir la peau si notre propre gouvernement n'avait pas froidement décidé de les occire de son propre chef,
Les normes d'urbanisme malthusiennes, outre qu’elles creusent la pénurie de logements en interdisant de construire les centaines de milliers de toits qui nous manquent. -empêchent l'industrie du bâtiment de recruter (toujours des emplois non délocalisables, comme par hasard), -maintiennent les loyers à un niveau tellement exorbitant que les jeunes ménages ne vont jamais au restaurant, ni chez le coiffeur, car il ne leur reste quasiment rien pour vivre une fois payés les frais fixes,
Il n'y a pas jusqu'au tourisme qui ne soit délibérément sacrifié.
-Comme on ne peut plus créer de nouveaux anneaux, les plaisanciers français ne peuvent plus mouiller dans leur propre pays et se sauvent dans les ports étrangers. À qui fera-t-on croire que cette situation ne cause aucun tort à nos chantiers navals ? -Il coûte désormais beaucoup moins cher de passer ses vacances en Tunisie ou au Maroc que sur la Côte d’Azur. Et qu’on n’aille pas me dire que c’est à cause du coût de la main-d’œuvre : l’économie réalisée sur le loyer de la chambre nue, sans aucun service, suffit déjà à rembourser le ticket d’avion. C’est donc comme pour les anneaux de plaisance, un problème de pénurie créée délibérément pas des normes malthusiennes.
Si le sac de notre industrie peut s'expliquer, théoriquement, par une erreur d'analyse involontaire de la part des élites qui nous gouvernent (et encore, en pratique je ne les crois pas aussi bêtes) le massacre des emplois non délocalisables ne peut s'expliquer, lui, que par la volonté froide et délibérée de saigner le peuple français, par la crainte que la concurrence des pays émergents n'y suffise pas.
http://www.fondation-res-publica.org/Strategie-des-grands-groupes-et-politique-industrielle-francaise_r67.html
Il est certain que la tâche la plus ardue va être d'expliquer au Français que le Fordisme c'est bien! Merci de vous referer aux Temps Modernes de Chaplin.
Là : http://www.mrc-france.org/Le-Programme-de-Salut-Public-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen_a218.html est dit que "L'école de la République (est un) outil de savoir et d'émancipation". Mouais, ça dépend pour qui.
Bon courage!
PS : "Les propos de M. Henri Guaino n’ont pas donné lieu à transcription."..."Écoutant Henri Guaino(moi Jean Pierre Chevènement NDLR), je dois reconnaître que je partage largement ses analyses." Il a bien de la chance M. Chevènement de savoir ce qu'a dit Henri Guaino(sic!).
Mais, je parle de vraie innovation, pas d'une nouvelle version d'un smartphone, qui nous suive encore un peu mieux à la trace...
Ce que la Chine et quelques autres pays sont en train d'essayer de nous imiter avec tant de frénésie, c'est un modèle de société qui est totalement arrivé en fin de course ! Ses plaies béantes feraient fuir le plus endurci des charognards ! Une voiture qui s'est déjà depuis si longtemps fracassée contre le mur qu'elle n'est plus qu'une carcasse rouillée, dont même plus aucun ferrailleur ne veut...
Nous avons à inventer, à mettre sur pied, une civilisation entièrement nouvelle, et, comme on dit en anglais "soutenable" . Il n'y a pas de bonne traduction de "sustainable"...mais il y a-t-il un titre de roman et de film plus poétique que "l'Insoutenable Légèreté de l'Être" ?
L’Union Européenne ne pourra pas assurer durablement l’équilibre de sa balance des paiements courants et le plein emploi de ses actifs sans l’existence d’un secteur industriel substantiel. En effet, l’agriculture et les services ne suffiront pas à ; -équilibrer nos besoins incontournables d’importations (matières premières, énergie), quels que soient nos progrès en matière de recyclage, d’économies d’énergie et de développement d’énergies renouvelables -employer la main d’œuvre peu qualifiée que nos efforts de formation professionnelle ne parviendront malheureusement pas à résorber entièrement. Cet impératif industriel, permettant de retrouver le plein emploi, d’équilibrer notre balance des paiements courants et de rembourser nos dettes, exige une véritable renaissance de l’industrie européenne, une réindustrialisation de l’Europe.
En France, le Rapport des Etats Généraux de l’Industrie, publié par la Documentation Française, propose plusieurs leviers pour réindustrialiser la France. Dans d’autres pays de l’Union Européenne, d’autres leviers sont proposés.Ces leviers doivent être mis en oeuvre pour éviter une accélération de la désindustrialisation.
Mais ils ne suffiront pas à inverser le phénomène, face à la concurrence de la Chine et d’autres pays émergents dont les coûts horaires de main-d’oeuvre sont plus de 9 fois inférieurs aux nôtres et dont la productivité est équivalente à celles de nos meilleures usines car elles utilisent les mêmes process, machines, outils ou robots.
Dans les pays développés, la recherche et l’innovation permettent, aujourd’hui encore, la création de nouveaux produits. Si cette innovation permet de maintenir ou de créer des emplois dans la RD, le marketing, la vente et l’après-vente, en revanche elle n’entraîne pas nécessairement le maintien ou la création d’emplois dans la fabrication. Pour s’en convaincre il suffit de constater que les nouveaux produits lancés par Apple, Dell, Sony ou HP par exemple sont immédiatement industrialisés et fabriqués en Chine (ajoutons que l’éloignement géographique de la conception des produits par rapport à leur industrialisation constitue un handicap pour leur optimisation technico-économique).
Mais, d’ores et déjà, la Chine dispose d’un réservoir d’ingénieurs et de techniciens qui lui permet de s’affranchir des transferts de technologies dans plusieurs domaines, de maîtriser les technologies les plus avancées (voir les dépôts de brevets) et de créer de nouveaux produits issus de ces technologies (ex.spatial, ordinateurs, téléviseurs, portables, smartphones, panneaux solaires, éoliennes,TGV).
Le cas des TGV préfigure ce qui va se passer dans les prochaines années pour les avions moyens courriers, puis pour les avions long-courriers, les centrales nucléaires et tous les produits de haute technologie. Après deux commandes (l’une à Siemens, l’autre aux japonais), accompagnées de transferts de technologies, les chinois ont mis au point un nouveau TGV, purement chinois, qui leur permet, d’une part de réaliser eux-mêmes la gigantesque extension de leur réseau ferré et d’autre part d’exporter leur TGV à des prix imbattables.Une première commande leur serait acquise en Afrique du Sud et une deuxième commande pourrait leur être attribuée en Californie.
Car les chinois ont une stratégie délibérée d’indépendance, d’autosuffisance et d’exportation dans tous les domaines pour assurer le plein emploi et l’amélioration du pouvoir d’achat de leur énorme réservoir de main d’œuvre, qualifiée et non qualifiée.
Par ailleurs, ses 3.000 milliards de réserves monétaires lui permettent de racheter non seulement des marques et des réseaux de vente et d’après-vente dans les pays développés mais aussi certaines technologies qui lui feraient encore défaut. A titre d’exemple, le rachat de Volvo par Geely ne devrait pas tarder à faire souffrir les salariés européens des constructeurs européens d’automobiles.
En résumé, le dernier avantage compétitif des pays développés par rapport à la Chine (la recherche et l’innovation) va rapidement disparaître. Restera alors l’énorme avantage compétitif de la Chine par rapport aux pays développés :des coûts horaires de main d’œuvre, qualifiée et non qualifiée, très inférieurs aux nôtres, avec une productivité équivalente à celles de nos meilleurs usines et laboratoires. S’y ajouteront deux atouts supplémentaires :un marché intérieur et un réservoir de main d’œuvre qualifiée aux potentiels deux fois plus importants que ceux de l’Union Européenne.
C’est pourquoi il est indispensable d’instaurer un protectionnisme commercial européen, « raisonnable et raisonné », prôné par Maurice Allais et d’autres économistes libéraux, vis-à-vis des pays qui ne respectent pas les normes sociales fixées par l’ONU et par l’OIT et des normes environnementales et juridiques comparables à celles de l’Union Européenne et dont les balances de paiements courants avec l’Union Européenne sont largement excédentaires.
Ceci ne sera possible que si les peuples européens imposent un débat démocratique sur ce sujet, en contrepoids aux lobbys de la finance internationale et des firmes transnationales, qui se délectent d’une mondialisation sans foi ni loi.
Développement de coopération sur base de nos savoir et savoirs faire. Coopérations basées sur la collaboration et non la compétition. Pour ce faire il faudra développer un droit international non plus basé sur la gestion des conflits et les rapports de force mais sur les modalités de coopération d’égal à égal. Cette politique est naturellement à l’opposé de celle développée actuellement que ce soit par la droite ou la gauche, par les Etats ou l’UE. Elle est profondément anti capitalisme-libéral (entendu que la droite et la gauche sont acquises, l’une et l’autre, à cette idéologie ou plutôt à ce dogme qui et la doxa occidentale). Cette politique ne peut se déployé que sur un tissus où il n’y a pas de rapports de forces dominants compétitifs. Il lui faut inventer une démocratie coopérative (pas participative car ce terme est dévoyé pour n’être plus qu’un système de rapport de force et de lobbying), où chacun participe à la décision dans la sphère de ce qu’il est (et non de ce qu’il a) et de son espace de vie dans l’esprit de défendre les intérêts, collectifs et individuels, de tous. La coopération sera d’autant plus facile que les réseaux seront multiples et diversifiés. Réseaux de relations individuelles, sociaux, de communications, culturels, politique … et, en fin (en deux mots) économiques. L’économie étant une résultante (ce qui est sa nature) et non un objectif pour lui-même. L’objectif politique étant le bien-être, non pas matériel mais le bien vivre ensemble.