Un samedi au soleil

Charlotte Duperray, mis à jour le 18.03.2009 à 18 h 11

La Parisienne

Le Bazar de l'Hôtel de Ville à Paris

Le Bazar de l'Hôtel de Ville à Paris

Je quitte mon café de la dernière fois. Depuis le temps, on a coupé le cordon de l'inauguration. Et moi, je suis rentrée dans les rangs. Bien sagement. Aujourd'hui n'est plus un dimanche soir, il ne pleut pas, je me demande si je n'aperçois pas un rayon de soleil. Veille du printemps. Enfin.

Un samedi à Paris. Un samedi après une semaine de travail. Un samedi. Classique. Très agréable. Jouissif et frustrant. Court et intense. On aimerait que chaque samedi soit une exception à ces semaines qui se ressemblent un peu trop. On aimerait que chaque samedi soit une fête, une détente, un moment qui nous rappelle le bonheur du week-end. Où que l'on aille un samedi à Paris, les rues grouillent de monde. Les bouches de métro avalent et déversent des queues leu leu de parisiens. Musique sur les oreilles, regards perdus, sourires légers, si discrets, mouvants en mous. Ils viennent d'où,  ils vont où ? Chacun sa part de mystère. Vaquons à notre imagination. Ce matin, j'hésite, entre attendre et réagir. Attendre au fin fond de mon lit, attendre le moment d'être lassée de buller, de laisser filer le temps. Ou réagir & nourrir l'activité de ma journée. Ne pas se laisser grignoter par les heures, si précieuses. Et puis, le lit est froid à midi (déjà midi) et c'est un appel du pied. Debout, dehors ! Je n'attends plus. On ne peut pas s'y tromper, j'entraperçois, le rayon de soleil.

Un samedi à Paris & une virée au BHV, bazar de l'hôtel de ville. On en redemande. C'est fascinant un grand magasin parisien. Les yeux fermés, on peut imaginer le bonheur des dames, des premier temps. Farandoles d'objets et de couleurs. Et du monde, farfouillant dans les rayons. Les escalators se croisent, montée et descente d'acheteurs. Effrénés ? Ben peut-être pas, y a quelqu'un qui m'a dit...la crise...et puis tant pis. Bel entre-deux des escalators. De ceux happés par les étages, et les autres, automates, consommateurs, sacs souvenirs en main.

(6ème étage). Rayon literie. INCROYABLE. J'adore les magasins où l'on teste des produits; la charcuterie et le fromage des grandes surfaces, les vélos des magasins de sport, les canapés. Des situations rigolotes et loufoques qui rendent les gens attendrissants, impolis parfois, ridicules souvent, mais humains, comme de vrais gens. Avez-vous déjà essayé un lit dans un grand magasin ? Le vendeur vous guide entre les allées, du premier prix, au lit méga super confortable. Son rôle, il le maîtrise, imperturbable. Première étape, choix du matelas. Plutôt mou ou plutôt dur? Sans mauvais jeux de mots. Pour acheter, il faut tester (& plus si affinités). Un lit, c'est un bon investissement. Sur du long terme. Même pendant la crise. Un investissement sommeil, vie de couple, détente, grasse matinée. Rester au lit et faire des économies !

Retour au BHV. Les couples testent le lit. Touchants, touchés. Les jeunes en phase d'installation, la quarantaine  en crise de renouvellement et en quête de grande surface, et les plus âgés, rôdés et blasés, retour au plus petit. La recette ? S'allonger. Mais vraiment s'allonger ! Les pieds sur le plastique de protection et la tête sous les néons. Oui comment dire, on a l'air un peu con. Côte à côte, à l'aube du fou rire, on se demande ce qu'on fait là. Sur le lit de monsieur et madame tout le monde, avec monsieur le vendeur qui tente de crédibiliser son produit, et vous, dessus et avachis. Une vraie performance d'essayer un lit dans les rayons peu discrets du BHV. Manque d'intimité ? Certes, un peu compliqué et quoiqu'un peu audacieux de tester la souplesse des lattes. Un nouveau lit, pour une première fois.

Ce samedi à Paris, à la sortie du BHV, le rayon de soleil s'est échappé. Finalement, le lit n'est pas choisi. Tout cela pour cela. En réalité, peu m'importe, j'emmène des souvenirs, qui se seraient sans doute fanés si j'avais usé de l'objet au quotidien. Sous le lot de tous les petits nouveaux qu'il aurait évoqué. Le petit bonheur du bazar de Paris, c'est sa sortie ; les yeux sur les quais. La Parisienne est ravie de s'être finalement levée, de ne pas avoir attendu d'être lassée.

D'un pas pressé, le cœur léger, je vadrouille entre les gouttes de pluie et me laisse cette fois, tendrement porter par Paris.

A bientôt.

Charlotte Duperray

Charlotte Duperray
Charlotte Duperray (13 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte