Total: s'attaquer à des moulins à vent
Une polémique sans fondement.
- Moulins à vent aux Pays-Bas Michael Kooren / Reuters -
Que l'annonce par Total de la suppression de 555 postes dans le raffinage et la pétrochimie d'ici 2013 ait été une grossière erreur de communication, personne ne le contestera. Comment ne peut-on pas réaliser qu'après avoir rendu public un résultat net historique de 13,9 milliards d'euros en 2008, supprimer des postes dans l'un des pays le plus traumatisé - mais pas le plus touché - par la crise économique et financière planétaire allait provoquer une polémique? La maladresse a été jusqu'à informer par avance la plupart des décideurs politiques, de l'Elysée à Laurent Fabius (député de Seine-Maritime), mais d'oublier au passage, funeste erreur, Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi qui s'est répandu en imprécations. Mis au pilori l'an dernier quand le prix des carburants flambait et lors du procès AZF il y a quelques jours, Total a bien un sérieux problème de communication.
Pour autant, la polémique sur les suppressions de postes est sans réels fondements. D'abord, parce que les bénéfices gigantesques et choquants de Total sont le reflet d'une période révolue, celle, pas si lointaine, où le baril de pétrole atteignait des sommets historiques à 150 dollars ce qui mécaniquement dégageait des plus-values instantanées et colossales dans les comptes des compagnies pétrolières.
Mais surtout, parce que supprimer 555 postes - il ne s'agit pas de licenciement, il faut le marteler - fait partie de la gestion normale de toute entreprise. Elle ajuste ses activités aux besoins de son marché et à la technologie. Total transforme son outil industriel et investit dans les trois prochaines années en France un milliard d'euros dans le raffinage et la pétrochimie, ce qui créera plus de 1.000 emplois en moyenne par an, de 2009 à 2011. Le groupe pétrolier prend simplement acte dans ses décisions industrielles du fait que les Français consomment moins d'essence et plus de diesel... qui va s'en plaindre.
Il ne s'agit pas ici de se faire le défenseur des entreprises qui seraient par essence vertueuses. Ce n'est pas vrai, et certainement pas pour Total en particulier et les groupes pétroliers en général qui en dépit de campagnes de communication incessantes se soucient comme d'une guigne de l'avenir climatique de la planète et de la nature des régimes qu'ils cultivent assidûment pour obtenir le droit de creuser leurs puits.
Mais il faudrait qu'un jour en France, on cesse de se tromper d'ennemi. Les entreprises, à quelques rares exceptions près et aux Etats-Unis, ne sont pas responsables de la crise financière et économique. La force économique de la France tient avant tout dans ses entreprises et notamment ses champions, dont on oublie trop souvent que leur nombre et leur qualité sont disproportionnés par rapport à la taille de la France. Dans le désordre, les Michelin, Renault Nissan, L'Oréal, LVMH, Air Liquide, AXA, BNP Paribas Fortis, Suez Gaz de France, EDF, France Télécom, Airbus, Alsthom, Areva... Total sont le meilleur atout pour faire que la France contrôle encore un peu son destin économique et social dans les prochaines décennies.
Il est indispensable que ses entreprises continuent à faire des profits, à payer des impôts en France, à investir en France, à recruter en France et à conserver sur le territoire national des sièges sociaux, des centres de recherche et des usines. Le meilleur moyen pour qu'elles ne le fassent plus consiste à les stigmatiser en permanence, à accuser de tous les maux les «exploiteurs du CAC 40» et à les «contraindre» pour reprendre le mot malheureux employé par Laurent Wauquiez.
Il n'est d'ailleurs pas le seul à se laisser aller à la facilité. Nicolas Sarkozy aussi, stigmatise volontiers depuis quelques mois les entreprises. Cela permet de trouver un exutoire aux angoisses sociales et de désigner des boucs émissaires. Mais c'est irresponsable, comme la polémique autour des suppressions de poste de Total. Nous ne manquons pas en France de Don Quichotte pour attaquer flamberge aux vents des moulins à vent !
Eric Leser
Mis à jour le 13/03/2009 à 23h09








































ENFIN un commentaire intelligent - et auquel je souscris pleinement - dans cette marée vraiment insupportable de critiques populistes et dont Laurent Wauquiez - alias le 'jeunot' - s'est fait le héraut. Ahhhh l'occasion était tellement belle, hein ? Et la critique est aisée. Au moment de ses invectives - assénées sans le moindre recul, sans le moindre détail sur la réalité des faits - je me suis incidemment demandé si par hasard Mr Wauquiez n'avait pas été dans le passé (qui forcément est assez court pour lui) un ancien analyste du secteur péttrolier. Ce qui après tout lui aurait donné un minimum d'autorité.
Mais non, même pas.
C'est juste un homme politique dont la crédibilité vient de s'effondrer à grand fracas comme une pyramide de barils de pétrole.
Vous oubliez juste de dire que les départs en pré-retraites et autres sont en partie financés par l'Etat, et en ce moment celui-ci a autre chose à foutre. Total ,a supposer que le motif économique soit établi ,a largement les moyens d'attendre de se faire financer son plan. La France ne l'a pas, cette mesure est d'un égoisme abject.
Faux ce plan est finançé à 100% par Total
Total avait parfaitement les moyens d'annoncer qu'il supprimait zéro emploi, en créant 555 nouveaux postes dans son groupe, et en supprimant les 555 postes dans la pétrochimie. Cela s'appelle une restructuration, et aurait simplement signifié que 555 personnes devraient changer d'emploi.
S'il ne l'a pas fait, c'est parce qu'il a pris l'habitude de traiter l'emploi comme une simple variable d'ajustement, la variable d'ajustement automatique. C'est une ces mauvaise habitudes dont les grandes entreprises doivent apprendre, vite, à se dégager.
Il n'est plus possible, en période de crise, de systématiquement externaliser, c'est à dire renvoyer sur les contribuables, certains coûts de gestion de l'entreprise, comme les conséquences sociales ou écologiques. L'entreprise doit devenir responsable.
Faux ce plan est finançé à 100% par Total
Tant mieux si c'est exact. Techniquement, je demande à voir, n'ayant jamais vu de pré-retraites hors fond étatique; je me demande même si c'est légalement possible. Si c'est le cas je m'en réjouis.
Rien n'empêche une entreprise de monter un plan de pré-retraite intégralement financé par elle. J'en ai connu plusieurs il y a 10-15 ans dans l'entreprise où je travaillais; il suffit de proposer aux gens de continuer d'être payés avec dispense de'activité et de présence. Bien sûr, l'employeur essaie d'accrocher un financement public. Ca marche ou pas; je ne vois pas Total faire la démarche aujourd'hui. Ils sont mauvais en comm, c'est vrai. mais à ce point-là?
en cas de pré-retraite, le salarié a droit à une allocation spéciale. Pour qu'il y renonce, en premier lieu son consentement est indispensable, en second lieu la convention devrait être tripartite, avec l'Etat. C'est possible, mais je fais le pari que, si beaucoup de gens comme vous sont de bonne foi, Total ment en affirmant que le plan ne coûtera rien à l'Etat.
... un enseignement important des ses dernières décennies a été de constater le caractère "systémique" de certains secteurs d'activité. Le secteur bancaire, pour prendre un exemple d'actualité, dont les errances ont un impact sur l'ensemble de la planète.
Le secteur pétrolier, quant à lui, du fait de la très forte dépendance énergétique et l'absence de développement de sources alternatives, a un impact immédiat sur le pouvoir d'achat de chacun, touchant ainsi un nombre considérable de consommateur. Vous me direz que ce sont les Etats qui en profitent le plus en ponctuant un pourcentage assez invraisemblable sur le litre d'essence, mais après tout, les taxes, elles, sont redistribuées. Alors qu'en 2008, tout le monde souffrait de la hausse du prix de l'essence, Total n'a pas jugé utile de rogner un instant sur sa marge, pour alléger le cout de la flambée du pétrole. Il ne s'agit donc pas de regretter que Total fasse du profit, mais de regretter que Total n'ait JAMAIS mis en avant la responsabilité SOCIALE que lui impose sa taille et sa situation de dominante... alors au delà des difficultés de communication qui sont en fait tres révélatrices d'un état d'esprit un "chouya" autiste, on serait en droit d'attendre que Total sache faire preuve d'un peu plus de responsabilité, ou accepte un débat sur une nationalisation, au moins partielle, de ses activités.
Le moment n'était pas le bon moment en communication, le fut-il du point de vue de l'économie, combien de temps attendre alors? En réalité, s'agissant de Total, le moment n'est jamais le bon moment. Cela vaut pour Total, cela vaut pour Danone, pour Areva ou pour L'Oréal, pour tous les champions français à l'international. L'opinion attend d'eux plus que de tous les autres, plus de vertu, plus de protectionnisme de l'emploi (créer de nouveaux emplois en gardant tous les autres, lorsqu'il s'agit de restructuration, c'est économique idiot, mais on a envie d'y croire). Fallait-il dire "restructuration", plutôt que "suppressions"? Le débat n'est pas dans la sémantique. Car là aussi, quel que soit le mot, il est toujours pris pour un autre.
La "fabrique de l'opinion" se pose souvent comme une énigme à résoudre pour les entreprises. Sous quelle influence, politique et médiatique, se construit le récit des faits économiques dans l'imaginaire de l'opinion? Il est finalement un certain paradoxe entre le peu de confiance accordée aux médias par l'opinion et la fusion-confusion des médias avec l'opinion publique, comme l'a une nouvelle fois prouvé cette envolée médiatique à propos de Total. Là encore, un fait économique, comme vous l'analysez ici, se réduit à la fonction symbolique d'événement. Médias et politiques s'enflamment, dans une course à l'échalote, qui consiste à raconter à l'opinion ce que d'aucuns croient qu'elle a envie d'entendre.
Ce n'est pas une simple question de communication (ce ne sont pas les media qui ont protesté, c'est un ministre). Ce genre de nouvelles montre que l'entreprise est gérée avec le regard braqué uniquement sur le marché et la "shareholder value". Depuis la crise, il n'est plus possible d'en rester là - tout comme il n'est plus possible pour Total de continuer à déclarer ses cadres expatriés comme salariés de sa filiale suisse, en fraudant le fisc et les Assedic.
La crise (pas les media, pas les minsitres, mais la crise) impose à toutes les entreprises, même celles qui ne sont pas ou ne sont que peu affectées par la crise, de modifier et d'élargir leurs critères de gestion.
L'incident des 555 postes supprimés est symptomatique. D'un côté un sentiment d'injustice bien que personne ne soit licencié, eu égard aux bénéfices affichés, de l'autre une explication rationnelle des nécessités de gestion.
Là dessus déferle une animosité qui fait feu de tous bois et ne s'embarrasse pas de vérité, de rationalité mais utilise l'opportunité pour s'enflammer et emflammer les autres surtout, sur le registre émotionnel. Il s'agit de déboulonner le capitalisme et tous les maux qui sont prêtés à Total, le mal incarné donc.
Là les gens un peu avisés devraient dresser l'oreille. En général la dénonciation du mal a pour but une auto-sanctification, démagogique, pour arriver à ses fins et imposer sa loi un jour. Du coup on comprend que ceux qui s'y prêtent ont besoin de ce référentiel du mal pour arriver à leurs fins. Ce que cela empêche c'est de se pencher sérieusement sur les rationalités de gestion qui justifient Total et les entreprises du même type.
Comme le dit déjà Franck Riboud qui travaille avec Muhammad Yunus sur le social business au sein de Danone communities, il faut repenser les finalités des entreprises. Plus précisémement il faut rétablir des rationalités cohérentes avec des finalités recevables.
Or on peut dire que la crise financière révèle la coupure entre la valeur, objet de toutes les évaluations dans l'entrprise et donc des rationalités de gestion et les valeurs qui sont l'expression du Sens du bien commun d'une communauté donnée. Il faut donc déterminer quelle est la communauté de référence de chaque entreprise. La France? L'Europe? Le monde? D'autres? Selon le cas l'échelle de valeurs sur laquelle établir la valeur des choses n'est pas la même et donc les rationalités de gestion ou aussi la gouvernance. Les entreprises ne peuvent continuer à être apatrides et se dissimuler dans des lieux fiscalement éxonérés de la contribution au bien commun d'une communauté précise.
Une fois la communauté de référence déterminée avec son Sens du bien commun et ses valeurs propres, il y a un axe de cohérence pour toutes les parties prenantes dont l'intérêt particulier est légitime lorsque le Sens du bien commun est respecté et à la mesure de leur contribution au bien commun.
Le défaut des universalismes rationalistes c'est d'avoir éloigné les valeurs du réel vécu des communautés d'appartenances auxquelles s'identifier et donc justifié n'importe quelles arguties pour expliquer la valeur des choses y compris des lois de l'équilibre systémique qui font que personne n'a plus de responsabilité communautaire. La crise financière en dévoile l'illusion mortifère.
Malheureusement bien des ennemis jurés du capitalisme ont les mêmes principes si bien que quand ils viennent au pouvoir ce sont les mêmes arbitraires qui règnent. Croyez-vous qu'EDF se comporte sur les marchés internationaux autrement que Total? Et Areva?
Voilà le problème révélé par la crise financière mais symptômatique d'une mutation, d'une nécessaire refondation des modèles enseignés dans les écoles. Le paradigme du Sens associé avec le Sens du bien commun des communautés d'enjeux doit supplanter celui de la raison qui, s'exonérant des valeurs communautaires, pouvait légitimer n'importe quelle rationalité. C'est devenu insupportable.
C'est pour cela que les cris poussés sont contre-productifs mais qu'il faut, dans le calme, avec tous les interessés, repenser les fondements et donc cesser de croire que quelques aménagements cosmétiques suffiront à changer les choses pour arriver à une économie communautaire qu'elle n'a jamais cessé d'être malgré la pression des théories systémiques. La mutation des entreprises pourra alors commencer.
je partage votre avis sur l'essentiel. J'y apporterais une nuance, c'est que le responsable de cet éloignement n'est pas l'universalisme rationaliste (car dans l'esprit des Lumières, la rationalité et la technique étaient associées à un but, un bien commun, la liberation par la connaissance, la constitution d'un groupe humain permettant à chacun de gagner sa liberté tout en s'accordant avec les autres sur des vérités partagées, scientifiques, indiscutables, à l'époque...). La dérive de la technique pour la technique, de la performance qui se moque de la finalité, de l'économétrie qui remplace l'économie, n'est pas un défaut des universalismes rationalistes. Il est au contraire une trahison profonde des idéaux qui les composaient.
Il est vrai qu'il y a plusieurs rationalismes dont l'un qui ne veut rien connaïtre des finalités et que nous sommes d'accord à dénoncer. Il y a aussi un rationalisme conservatoire de reproduction de modèles où règne la vertu de conformité sans autre fin que l'obéissance irresponsable et confortable à la règle. et il y a le rationalisme des Lumières que je qualifierai d'idéaliste celui dont vous parlez.
Là il y aurait vraiment un débat de fond à tenir sur les buts et sur le Sens. Je crois que la conception de l'homme, qui a fait des progrès incontestables grâce à cela du côté de la conscience individuelle doit être aujourd'hui remise sur le chantier pour sortir de ce qui se révèle porteur d'ambiguïtés. Je crois même que c'est l'enjeu profond de la mutation de civilisation engagée: aller plus loin, franchir une nouvelle étape. Cela peut paraître une question philosophique mais rien de plus concret fasse aux défis qui sont devant nous. Le cas Total doit y trouver ses solutions.
La polémique concernant les suppressions de poste n’est pas une polémique sans fondement. S’il ne s’agit pas de diaboliser les entreprises dans leurs décisions de gestion parce qu’elles ont un impact négatif sur l’emploi, il ne s’agit pas non plus de les sanctifier au nom d’un droit à faire des profits.
Total n’est certainement pas un moulin à vent, dans tous les sens du terme. Le fait que Total ait fait quatorze milliards d’euros de profits , que l’article qualifie lui-même de « choquants et grotesques » , ne peut être écartée d’un revers de la main au motif qu’ils seraient « le reflet d'une période révolue, celle, pas si lointaine, où le baril de pétrole atteignait des sommets historiques à 150 dollars ce qui mécaniquement dégageait des plus-values instantanées et colossales dans les comptes des compagnies pétrolières ». Ces profits signifient que Total a bénéficié tant des délocalisations, avec un transport en particulier maritime dévoreur de pétrole que des mécanismes spéculatifs de la finance de marché. Total a donc doublement profité des opérations qui sont à la source de la crise financière et économique. Contrairement à ce que dit l’article Total a ainsi une responsabilité majeure dans la crise
De plus Total est un responsable majeur de la crise environnementale, qui a de plus été par ailleurs fautif dans son comportement concernant le transport de ses produits, causant des dommages environnementaux dans une recherche irresponsable de profit . C’est avec raison que l’article souligne que les compagnies pétrolières « en dépit de campagnes de communication incessantes se soucient comme d'une guigne de l'avenir climatique de la planète et de la nature des régimes qu'ils cultivent assidûment pour obtenir le droit de creuser leurs puits » .
C’est à tort que l’article ne relève pas que Total n’a pas fait les efforts nécessaires, et en particulier les investissements, pour développer les technologies et adapter son marché. Il n’y a donc aucun justificatif qui puisse être tiré de nécessités d’ajustement de la technologie et d’adaptation au marché qui résulte du fait que jusqu’à présent Total n’a pas rempli ses obligations et a eu une gestion irresponsable.
Il ya donc un vrai débat , critiquer Total n'est pas se comporter en Don Quichotte et Total n'est certainement pas Bayard. Dans ce débat l'affirmation suivant laquelle ce sont les grandes entreprises qui feraient plus particulièrement la force économique de la France est particulièrement discutable.
Les résultats de gestion ne sont pas uniquement liés aux péripéties du prix du baril (cf résultats des exercices précédents) mais à une bonne exploitation du marché national captif des carburants pétroliers et à un taux de marge appliqué opportunément avec anticipation ou retard lors des variations à la hausse ou à la baisse du brut. Reconnaissons aussi la bonne réponse en matière de couverture linéaire aux besoins de consommation, soit une grande efficacité prospective de la production.
Le malaise semble plutôt se situer ailleurs. 40 % de ces bénéfices sont distribués aux actionnaires alors qu'aucune règle de répartition ne prescrit cette distribution scandaleuse ; pour les entreprises du CAC 40, la distribution des bénéfices à quelques centaines de milliers d'actionnaires équivaut ces dernières années au montant des prestations familiales servies par les CAF -55 Md€) qui permettent entre autres à 42 % des ménages allocataires de dépasser ainsi le seuil de pauvreté !!!
Autre source de malaise, les bénéfices résiduels sont réinvestis selon le bon vouloir et la seule sagacité desdits gestionnaires trop enfermés dans leurs propres logiques productives même si des reconversions (judicieuses ?) sont opérées dans le nucléaire. On le sait aujourd'hui les logiques productives trop sectorielles conduisent à des inadaptations cruciales au marché et on le constate aujourd'hui pour l'automobile qui s'épuise dans la reconduction de plus en plus improvisée de son seul savoir faire. Il est donc foncièrement dommage de laisser entre quelques mains l'usage souverain de profits réalisés somme toute à très bon compte sur le dos des cochons de consommateurs sans pouvoir espérer des projets vraiment pertinents pour garantir notre avenir industriel et donc nos emplois futurs. Et aussi la survie à terme de l'entité Total et consorts du CAC 40. L'état ne peut donc se complaire dans le laisser faire, laisser aller actuel et doit proposer par des incitations réglementaires et fiscales les creusets utiles de réinvestissement.