Donner du temps au temps
Le gouvernement et les syndicats ont un intérêt commun à canaliser l'angoisse sociale. Mais le pouvoir devra concéder davantage.
- Manifestation du 19 mars à Paris Benoit Tessier / Reuters -
Alors, on continue? On continue! Oui mais comment? Telle est la question que peuvent se poser les organisations syndicales au lendemain de la journée de manifestations du 19 mars, plus importantes que lors de la précédente journée six semaines plus tôt. Comment concrétiser ce succès qui les met en bonne posture de négociation, mais qui ne nuit pas non plus au gouvernement.
Succès maîtrisé donc. Comme si les syndicats avaient voulu désamorcer la critique qui s'amorçait dans l'opinion, ils ont moins mobilisé dans la fonction publique, du coté donc de ceux que protège leur statut et la garantie de leur pouvoir d'achat, et davantage dans le secteur privé, là où grandit le nombre des victimes de la crise, travailleurs précarisés ou plus durement encore précipités au chômage. Des cortèges plus imposants et mieux composés, donc, voulant donner l'image d'une solidarité entre les deux France, celle que l'on dit à l'abri (ce n'est globalement pas faux) et celle qui en prend plein la figure, Entre ce lendemain de mobilisation réussie, et le 1er mai, rendez-vous logique pour le prochain grand rassemblement, les syndicats devront imaginer une sorte de continuum de la mobilisation, dans les régions les plus touchées par les restructurations qui se profilent, afin de maintenir le gouvernement sous pression.
Ils sont déjà forts de la position qu'ils ont conquise: voilà bien longtemps que l'on n'avait vu un rapport de force aussi favorable, pour des organisations qui étaient jusque là plutôt spectatrices, et qui se sont replacées en interlocutrices obligées, et légitimées par la foule.
La situation n'est pas pour autant trop inconfortable pour le gouvernement. Car si le seul prix à payer devait être cette dialectique très contrôlée entre lui et les syndicats, scandée par des cortèges qui, à intervalle régulier, permettent d'"évacuer la pression", pour parler le langage des terrains de football, il serait à coup sûr gagnant.
Le pouvoir donne d'ailleurs l'impression, une fois n'est pas coutume, de jouer avec le temps. On en gagne en organisant un sommet social à l'Elysée, d'où sortent des annonces "sociales", dirigées vers les premières victimes de la crise (chômeurs à temps plein et à temps partiel, à qui l'on promet une meilleure indemnisation, personnes à très bas revenus, pour lesquels on annonce une prime, petites classes moyennes que l'on exonère partiellement de l'impôt sur le revenu); rien de tout cela n'est à négliger pour les intéressés; et le temps de la mise en place, précisément, permet d'occuper le terrain; et d'éviter une problématique plus globale, d'une relance "par la consommation" que les partenaires sociaux comme l'opposition voudraient voir mettre en avant. Tenir, donc, sans céder plus avant, jusqu'aux premiers bourgeons du printemps; celui que Jean-Claude Trichet entrevoit pour le printemps 2010.
Pour le moment, le pouvoir s'en tient, en outre, à un schéma politique classique: Nicolas Sarkozy est impopulaire, certes; mais il n'y a pas d'alternative encore visible à droite. Règle en vigueur aux Etats-Unis et que le président voudrait à coup sûr importer: un premier mandat étant censé préparer le second, le titulaire ne se voit opposer personne de son camp; encore faut-il que ce camp-là s'y retrouve.
Nicolas Sarkozy, qui est contraint à des mesures d'interventions publiques, voire de nationalisations partielles à travers des prises de participation de l'Etat, dont l'inspiration est plus socialiste que libérale, doit pour garder le contact avec le noyau dur de son électorat, refuser de céder à la gauche et à une partie de ses amis sur le "bouclier fiscal", mesure dont il n'a pas la paternité (il a été installé par le gouvernement Villepin) mais qui est devenue, la pression hostile aidant, un marqueur idéologique de la droite.
Pour autant, le sentiment d'injustice existe. Il faudrait que l'on soit sourd et aveugle à l'Elysée pour ne pas s'en apercevoir. D'où l'ultimatum de François Fillon au Medef, décidément grand perdant du 19 mars: si rien n'est fait pour limiter les sur-rémunérations des patrons, il y aura une loi. Rendez-vous dons le 31 mars, date d'expiration du délai de réflexion fixé par le premier ministre! Nicolas Sarkozy espère sans doute dégager au moins ce terrain d'entente avec les syndicats.
Cela suffira-t-il? Sans doute pas. La suite est entre les mains des Français eux-mêmes. Pour le moment, ils donnent tort, du moins ceux qui protestent, à ceux qui à l'extrême gauche, voudraient pouvoir jouer la politique du pire. Mais pour que le syndicats gardent la main, il faut que le pouvoir y mette du sien; plus qu'il n'en a concédé jusqu'à présent, sans doute (c'est-à-dire une enveloppe sociale bien inférieure à ce qu'il accepte de perdre en recettes au bénéfice de la restauration soit 1,5 milliard, versus 3 milliards). C'est une partie délicate pour les deux parties, comme pour nous tous.
Jean Marie Colombani
A lire sur Slate.fr, la précédente chronique de Jean-Marie Colombani: «Sarkozy joue gros» et l'analyse de Robert Landy «Syndicalisme et décalage français».
Image de Une: Manifestation du 19 mars 2009 à Paris. Benoit Tessier / REUTERS
Mis à jour le 22/03/2009 à 7h37








































Les manifestations et grèves ont, en gros, rassemblés ceux qui font toujours grève. Fonctionnaires, retraités, syndicalistes protégés, ils étaient tous là à demander d'avoir encore, à supplier "s'il vous plait M. Sarkozy, endettez l'état pour nous donner de l'argent !"
Sarkozy lui, a une autre vision: la dette il compte l'utiliser pour être réélu. Cela ne lui fait rien de donner 5 milliards aux cafés et restaurants car il sait qu'il se les met dans la poche. Mais pourquoi les donnerait-il aux fonctionnaires ? Avec 40% de popularité, en empêchant toute concurrence sérieuse à droite, en utilisant tous les leviers que donnent le pouvoir, c'est jouable. Il ne lâchera donc rien aux professionnels de la grève qui d'ailleurs ne voterons pas pour lui.
Que font nos présidents depuis des années, si ce n'est affecter de la dette pour garder le pouvoir ?
Sauf le respect que je vous dois, votre 3ème paragraphe me paraît, disons un peu bancal.
Je pense qu'il eût fallu écrire :
"Ils sont déjà forts de la position qu'ils ont conquise : voilà bien longtemps que l'on N'avait vu un rapport de forceS aussi favorable, pour des organisations qui étaient jusque là plutôt spectatrices, et qui se sont replacéES en interlocuTRICES obligéES, et légitiméES par la foule."
@marianne
Merci fautes corrigées sauf pour le rapport de force.
Sans s après débat dans la rédac :)
Bonjour,
on trouve à plusieurs reprises ici et ailleurs des idées comme :
"dans la fonction publique, du coté donc de ceux que protège leur statut et la garantie de leur pouvoir d'achat" (également ce matin sur France Inter)
c'est le retour de l'image des fonctionnaires nantis. Le seul problème avec cette notion c'est que la plupart des fonctionnaires qui font la grève et/ou défilent ne le font pas forcément pour des intérêts corporatistes mais bien souvent pour défendre le service public. Quand les enseignants rejettent la suppression des RASED -par exemple- ils le font au nom des valeurs héritées de l'après guerre, comme quoi les services publics sont au service du plus grand nombre et notamment des plus défavorisés.
Ils ont peut-être tort -quoique personellement je n'ai pas encore trouvé de modèle social qui soit équivalent- mais ils sont souvent altruistes, ils donnent régulièrement une journée de leurs salaires pour défendre leurs idées et le bien public (qui veut en faire autant ?) et ne méritent pas sans doute pas une telle déformation de leurs actions
bien à vous
flatb
Désolé la légende des fonctionnaires altruistes qui défendent le service public, cela ne passe plus. On nous a fait le coup pour la SNCF, pour EDF, pour la poste et plus personne n'y croit. Il y a des individus altruistes, mais pas de catégorie sociale, cela n'a pas de sens.
Un des grands problèmes français est qu'une catégorie sociale très importante et influente, par définition, celle des enseignants, est nourrie de ce mythe. En gros pour eux il y a deux catégories d'acteurs économiques, d'une part ceux qui comme eux ont choisi leur métier par idéal, dévouement, etc. d'autre part ceux qui travaillent par appât du gain. Et ne me dites pas que je ne connais pas le milieu, je suis tombé tout petit dans la marmite, et je me rappelle encore mes parents en vacances qui se moquaient (gentiment) de cousins qui s'échinaient à faire tourner un petit hôtel.
Les "autres" ne sont pas idiots, ils voient quand même bien le niveau de vie des enseignants, ils les servent souvent en vacances, résultat ils ne les respectent plus. Ils n'ont pas besoin de lire (et surtout pas le temps) le point de vue récent d'un de ces fameux directeurs de recherche du CNRS qui semblent tant impressionner certains ici, et qui se compare au loup famélique de la fable, pour savoir que sous leurs grands airs ils se moquent du monde. Ils en déduisent souvent que les enseignants et les chercheurs ne travaillent pas, ce qui est faux dans la majorité des cas ; mais pitié qu'ils travaillent du mieux qu'ils peuvent dans leurs domaines respectifs, et que pour le reste ils fassent preuve d'humilité et d'éthique !
Je ne crois pas que l'on puisse dire que des gens qui sacrifient régulièrement une journée de salaire pour des conditions décentes d'accueil des enfants "se moquent du monde". Même s'ils étaient victimes d'une vision mythique, ils donnent régulièrement des gages de leurs convictions . Les revendications ne sont généralement pas tournées vers les salaires, et on peut observer la même chose à l'hôpital ou ailleurs dans la fonction publique ... Le grand reproche que l'on pourrait faire serait plutôt le manque de solidarité avec les travailleurs du privé, ...
Vous nous livrez une analyse relativement pondérée et comme toujours vous assurer ainsi un rôle qui contribue au bien commun, au notre dans ce pays. Cependant par exemple ici : "...les deux France, celle que l'on dit à l'abri (ce n'est globalement pas faux)... vous vous sentez obligé à juste titre de défendre une vérité qui est connue de tous, ceux qui sont de bonne foi dans ce pays ou qui dépassent les slogans ressassés mais qui est démentie par d'autres ou simplement occultée dans une confusion opportune.
Il y a un vrai problème dans notre actualité c'est que le vrai et le faux sont mêlés, que la caricature et la mystification sont mélangés, que les fictions manipulatoires ont le même poids que les véritables problèmes. Un grand nombre de français sont complètement déboussolés ne sachant plus séparer le vrai du faux, leur expérience réelle du discours convenu. Le comptes rendus des faites ou des évènements y participent en négligeant quelques fois des nuances pour détourner le Sens. Il faudrait partout le rétablir c'est la mission que devrait se donner la presse. L'information elle est partout, la vérité du Sens est d'autant moins assurée que l'humeur est prise comme gage de vérité.
Vous dites : "Pourtant le sentiment d'injustice existe" alors s'agit-il pour les gouvernants de traiter le sentiment d'injustice ou l'injustice. Le premier est construit d'une part de réalité que certains connaissent et d'une part de maniement de l'émotion publique par la médiation des médias. Ne s'agirait-il que d'une guerre de la communication? Certes non et ceux qui croient que c'est agir de bonne guerre que de manipuler les gens surtout ceux qui souffrent et ceux qui ont vite peur alors ils créent une nuisance publique terrible.
Je suis persuadé que vous avez une responsabilité majeure dans les temps qui viennent de contribuer au discernement, avec mesure, avec nuance, sans autre parti pris que le respect des règles de la république et des règles morales si cela ne suffisait pas. Personne n'est exempt d'avoir à contribuer au bien commun et particulièrement la presse dont la neutralité quand à la vérité est un mythe qu'il faut évacuer sans légitimer pour autant le n'importe quoi. C'est vrai que c'est difficile dans un monde où les pulsions immatures comme les prurits libertaires passent pour la manifestation à tort de l'âge adulte.
Je lis que les syndicats ont donné dix jours au gouvernement pour changer sa politique d'avant crise et toucher à ce que l'on dit symbolique, le "paquet fiscal". Et bien justement ce qui est ainsi affirmé c'est symboliquement la négation de la démocratie. Si le gouvernement y satisfaisait cela ne changerait strictement rien en termes de justice ni de sentiment d'injustice (il faut faire confiance aux cyniques) mais cela serait avouer le renoncement à la démocratie et à la charge qui est confiée aux autorités qui en sont issues. C'est très exactement le but et le seul du PS. Le NPA a, lui, l'anticapitalisme comme but.
Vous terminez en disant "c'est une partie délicate pour les deux parties, comme pour nous". merci de rappeller que nous sommes concernés. Reste à rappeler que nous disposons d'un système démocratique et que nous n'avons pas confié aux syndicats de jouer au rapport de force avec les gouvernants. Il semblerait qu'ils s'interrogent sur leur rôle. Et bien qu'il quittent celui-là pour épouser celui de représentation effective de leurs mandants dans la recherche avec le gouvernement de solutions aux problèmes réels de justice et d'avenir. Les problèmes sont assez complexe pour ne pas les jouer au rapport de force. Grand bien fasse à ceux qui n'ont pas de souci du bien commun mais de leur seule impuissance.
Nous sommes confrontés à une crise sans précédent et les schémas du passé ne semblent plus coller à la réalité.
Nous sommes dans une économie mondialisée, souffront de déficits publics abyssaux et d'une balance commerciale très dégradée. De plus nous évoluons heureusement dans un contexte de politique europénne commune. Dans ce contexte, la solution à la crise ne doit pas être recherchée dans une relance par la consommation. Il faut , me semble t il, essentiellement prendre des dispositions visant de manière coordonnée et réfléchie à rétablir la confiance. Il faut également travailler à réformer le système économique là ou il a échoué.
Pendant ce temps, la population, inquiète et souffrant au quotidien des effets de la crise , manifeste son mécontentement. L'opinion publique est à la recherche d'une cause facilement exprimable et de solutions simples . Les leaders politiques responsables cherchent à éviter que ce mécontentement ne débouche sur de la colère, de la rage et dela destruction.
Le PS cherche lui à canaliser le mécontentement social à sa manière classique, en offrant la solution simple de la relance keynésienne et comme cause principale la poltique erronée du président de la république. Les dirigeants socialistes cherchent ainsi à apparaitre de comme une solution de recours.
N. SARKOSY essaye de refiler le mistigri du mécontement aux dirigeants des grandes banques et des multinationales qui agissent il est vrai de manière franchement égoiste et incivique. Il s'agit là de boucs hémissaires de bonne tenue, mais il me semble assez original que la droite lance ainsi un "haro sur le grand patronat".
La position des syndicats me parait également originale. Usuellement les syndicats, défendent dans les entreprises et dans la rue, les intérêts de leurs adhérents et plus généralement des salariés. Qu'ils revendiquent des hausses de salaires dans les entreprises ou l'arrêt des lienciements va effectivement de soi. Qu'ils se melent de vouloir changer la politique économique du gouvernement me semble plus nouveau.
Mais ce qui ma parait vraiment nouveau, c'est que ce rôle nouveau des syndicats ne semble pas totalement déplaire au président de la république, qui trouve la un interlocuteur et un partenaire prenant à sa charge la fonction tribunicienne (expression du mécontentement populaire) mias qui ne présente pas de réel danger politique.
D'abord je trouve que c'est une bonne chose de rappeler que le bouclier fiscal a été instauré par le gouvernement Villepin car on voit ce dernier monter au créneau de la justice sociale et réclamer sa suppression sans pour autant faire amende honorable. Puis que vous parlez dans ces colonnes de "courage politique", en voici un qui en manque singulièrement.
Ensuite, je suis frappé qu'en France, la demande de la population face à la crise soit d'exiger plus de "justice sociale" à travers des avantages financiers ou autres. A priori, on pourrait dire que la meilleure des justices, c'est de sortir de la crise au plus vite, ce me semble. Au contraire, la demande, c'est "aide moi, Dieu aidera (peut-être) mon voisin chômeur". On voudrait voir la population défiler avec des pancartes "we want jobs", pas "augmenter le smic".
Il en ressort, à mon sens, un sentiment d'égoïsme, de passivité et d'irresponsabilité plutôt gênant.
Ce qui me frappe encore plus, c'est qu'aux Etats-Unis, où la crise a son origine dans une véritable injustice sociale (les subprime viennent du fait qu'on a endetté les plus pauvre pour pallier l'injuste répartition de la richesse), vous voyez les émissions de CNN sur la crise titrées "The Road to Recovery", d'où il ressort un certain optimisme et un sens de la responsabilité.
Ce qui me gène encore plus, ce sont les messages lapidaires du style "Les schémas du passé sont obsolète", "le capitalisme a fait la preuve de son inefficacité", "le libre-échange est en crise", "le marxisme fait son retour en force", "face au capitalisme dont les ravages sont de plus en plus éclatants...", j'en passe et des plus radicales. Nous voici prêts à brûler les idoles, à jeter le bébé avec l'eau du bain.
De temps en temps, on peut s'arrêter, prendre une grande respiration et, quand même, réfléchir à ce qu'on dit ou ce qu'on écrit.
A contrôler un temps soit peu les mouvements de foule et à devenir l’interlocuteur entre ces foules et le pouvoir.
Il n’est pas certain que les syndicats soient longtemps légitimés par la foule si le mouvement devait durer dans le temps. Il ne faudrait pas non plus que le gouvernement joue le pourrissement comme il a pu le faire en Guadeloupe. Les syndicats pourraient alors se trouver en posture inconfortable en ne maîtrisant plus rien, leur succès d’aujourd’hui se limite a une procuration, tenant le rôle d’interlocuteur privilégier avec l’état…Mais demain, qu’en sera-t-il ?
Le "bouclier fiscal" que vous d’écrivez comme un marqueur idéologique de la droite donc érigé en symbole conduit dans ces conditions à une impasse. Si Sarkozy ne revient pas dessus il conforte sont électorat de base, il renforce l’incompréhension, et le sentiment d’injustice face aux plans sociaux, et si il décide de revenir dessus, il pourrait apaiser temporairement la colère des foules, mais mécontenterait son électorat qui pourrait lui en tenir rigueur aux prochaines élections.
Penser à son deuxième mandat à trois ans des prochaines présidentielles, c’est stratégiquement et politiquement peut être ce qu’il faut faire dans un contexte normal, mais dans la crise actuelle.., si cette préoccupation qui pour l’instant ne dépasse pas l’espace des salons privés arrivait sur l’espace public, le décalage et la réaction de la population, pourraient devenir ravageurs !
Si ceux qui protestent, donnent tord à ceux de l'extrême gauche qui voudraient pouvoir jouer la politique du pire, on peut se demander ce que cherche le gouvernement lorsqu’il méprise les manifestants en rappelant haut et fort que la majorité des français n’était pas dans la rue.
Provocation ou maladresse ?
Souhaite-t-il-lui aussi la politique du pire quand on sait que 74% des français soutiennent le mouvement ? Il en va de même pour le MEDEF qui par la voie de Laurence Parisot donne dans la provocation au plus mauvais moment en justifiant les bonus et autres parachutes dorés des dirigeants.
Le contrôle d’une foule importante, majoritairement non syndiquée est plus qu’incertaine, il vaudrait mieux pour le gouvernement que cela ne dure pas trop longtemps et que les syndicats réussissent cet exercice difficile qui s’annonce !