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- Par Louise Beaudoin
- Louise Beaudoin est membre du Parti québécois, ancienne ministre, députée de Rosemont à l'Assemblée Nationale du Québec, porte parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales et de francophonie.
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Louise Beaudoin
Louise Beaudoin est membre du Parti québécois, ancienne ministre, députée de Rosemont à l'Assemblée Nationale du Québec, porte parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales et de francophonie.
Stories from Louise Beaudoin
Nicolas Sarkozy a blessé les Québécois
Les accusations de «sectarisme» associées aux indépendantistes ont choqué aussi les fédéralistes.
Le 2 février dernier, le Président Sarkozy remettait les insignes de Commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur au Premier ministre du Québec Jean Charest. Tout à coup, sortant de son texte, le Président, après avoir répété, comme il l'avait déjà dit devant Céline Dion en mai dernier, «Le Québec, c'est ma famille, et le Canada, ce sont mes amis», se lance dans une charge étonnante contre les indépendantistes québécois : «Et croyez-vous mes chers amis, que le monde, dans la crise sans précédent qu'il traverse, a besoin de division? A besoin de détestation? Et est-ce que pour prouver qu'on aime les autres, on a besoin de détester leurs voisins?... Je crois qu'ils n'ont pas compris, dans le message de la Francophonie et dans les valeurs universelles que nous portons, au Québec comme en France, le refus du sectarisme. Le refus de la division. Le refus de l'enfermement sur soi-même. Le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre. Alors que si notre identité est forte, on n'a pas besoin d'être agressif.»
Dans le même souffle, il balaie la formule, un rien alambiquée, mais bien commode dans la difficile relation triangulaire Paris-Québec-Ottawa, «non ingérence et non indifférence», qui résume depuis 25 ans les rapports entre le Québec et la France, d'un «Franchement, c'est pas mon truc!».
A ses côtés, Jean Charest, pourtant adversaire implacable des indépendantistes, paraît bien mal à l'aise. Tellement que, quelques instants plus tard, sur le perron même de l'Elysée, il tiendra à rectifier le tir en déclarant que si un nouveau référendum disait «oui» à l'indépendance du Québec, La France devrait inévitablement revenir à cette formule et accompagner le Québec dans sa démarche. Puis le lendemain, au Sénat, il affirmera avoir le plus grand respect pour les indépendantistes.
Si cet incident est resté confidentiel en France, il a provoqué un incroyable tollé au Québec, tant la relation entre ces deux pays «séparés par une même langue» est empreinte de passion, surtout en cette année qui marque le 250e anniversaire de la défaite des plaines d'Abraham, c'est-à -dire la fin de la présence française en Amérique. Même le quotidien «La Presse», porte-étendard de l'unité canadienne, et son très fédéraliste rédacteur en chef, n'ont guère apprécié la charge sans nuances qui rappelait les attaques menées dans les années 70-80 par le premier ministre du Canada Pierre-Elliott Trudeau. Les humoristes, caricaturistes, imitateurs ont brocardé Sarkozy de belle façon.
Comme on peut l'imaginer, les «séparatistes», directement visés, n'ont pas été en reste, accusant notamment Sarkozy d'ignorance crasse. Les deux leaders indépendantistes, Pauline Marois, chef du Parti québécois qui forme l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec (51 députés sur 125) et Gille Duceppe, chef du Bloc québécois (2/3 des députés du Québec à la Chambre des communes à Ottawa) ont envoyé au Président une longue lettre de protestation et de mise au point.
Après avoir pris acte de la volonté du Président de poursuivre et renforcer la coopération franco-québécoise, notamment par la signature d'une entente de reconnaissance réciproque des diplômes et le projet de libre-échange Canada-Union européenne, dont le Québec est le principal promoteur, les deux signataires écrivent : «De qui parlez-vous, Monsieur le Président? Des 49,4% de Québécois, et donc de la forte majorité de francophones, qui, le soir du 30 octobre 1995, ont voté Oui à la souveraineté du Québec? Aux 43% qui, lors d'un sondage de la semaine dernière, ont réitéré ce choix? Cela fait beaucoup de monde. La moitié de la famille, Monsieur le Président... Jamais un chef d'État étranger [ne nous] a autant manqué de respect.... ni George Bush père (qui avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où «il faut rester courageusement assis en coulisse »), ni Bill Clinton (qui en 1995 avait marqué sa nette préférence pour un Canada uni) n'ont utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez. Et comment oublier que depuis 1976, le Parti québécois a gagné quatre élections et dirigé le gouvernement pendant 18 ans?».
C'est peut-être le mot «enfermement» qui a le plus blessé les indépendantistes (et bien des fédéralistes aussi), tant la société québécoise se montre soucieuse d'ouverture et de diversité. Ainsi, en matière d'immigration, Sarkozy lui-même, l'année dernière avait vanté le modèle québécois. Et c'est au Québec qu'a germé l'idée d'un traité sur la diversité culturelle: dès le départ, malgré l'opposition (bien féroce cette fois!) du Canada, le Québec s'est associé à la France. Avec succès puisque la Convention sur la diversité culturelle a été adoptée par l'Unesco en 2005.
Si enfermement il y a eu, selon les souverainistes, c'est bien celui du corset dans lequel le Canada a toujours voulu enserrer le Québec en particulier dans le domaine international. C'est la raison pour laquelle le Québec, seule province canadienne à l'avoir fait, a dû se doter d'un véritable réseau diplomatique dont la nécessité fait l'unanimité parmi tous les partis représentés à l'Assemblée nationale, y compris évidemment pour le Parti libéral dirigé par le Premier ministre Charest.
Louise Beaudoin
(Photos : Fête de la Saint-Jean, REUTERS/Patrick Belanger/ et Assemblée Nationale du Québec, Flickr.)
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Comments
Soyons sérieux 2 minutes
Soyons constructifs...
Bon le président Sarkozy a fait une déclaration peu maîtrisée et certainement hors sujet. Toutefois soyons constructifs et reconnaissons quand même que l’interprétation de celle-ci pourrait avoir plus d’un sens, alors que la « planète finance » traverse une crise sans précédents.
Pour revenir aux propos qui nous occupent, le Québec a parfois la fâcheuse tendance de regarder un peu trop souvent son nombril et de se placer en victime historique. Depuis le fameux départ de ces maudits français qui les auraient laissé tomber ; au Québec « on se souvient ». Le souvenir n’étant pas forcément le meilleur ami de l’avenir, soyons pour une fois constructifs et arrêtons ces joutes verbales qui ne font avancer personnes et surtout pas le Québec.
Une province, qui au travers de sa délégation du Québec en France, vient recruter à tour de bras, les jeunes français sur les nombreux salons dévoués à l’emploi ; devrait se montrer plus diplomate. Alors qu’une étude du démographe québécois de l’université de Montréal, Marc Termotte, démontre qu’un français sur deux qui décident de s’installer au Québec est finalement de retour en France dans les huit années qui suivent son installation québécoise, les personnalités politiques de la province devraient plutôt s’interroger sur la réelle acceptation des différences et l’accueil fait aux immigrants français. Vendant les mérites du Québec sur le territoire français, les recruteurs de la délégation du Québec, se comportent aussi bien que les agents recruteurs des armées napoléoniennes et étalent leur banderole « Faire sa vie au Québec », en oubliant de préciser aux jeunes prétendants qu’aucuns diplômes français ne sera reconnu au Québec ???(même pas le permis moto)
Voilà le vrai débat, alors soyons constructifs que diable, arrêtons d’occulter les vrais problèmes et pensons à ceux qui vivent l’immigration au quotidien. La belle province s’enorgueillit, de représenter toutes les minorités ; mais passe sous silence, les travaux de la lauréate (Fannie Olivier) du deuxième prix Daniel Pearl, décerné par le Wall Street Journal en 2007 avec son travail journalistique intitulé "The Failures of French Immigration in Québec - A one way ticket to problems?". Les échecs de l’immigration française au Québec sont réels et si le discours politique ne tolère que rarement la franchise, l’avenir de la minorité française de France dans le maillage économique local, ne se contentera pas de promesses sans avenir. La réalité ignorée,oubliée, occultée par quelques exemples de stars ayant réussi sur les deux rives de l’atlantique ou quelques festivals humoristiques connaissant un succès important. Alors que nos cousins d ‘Afrique bénéficient d’un statut de minorité visible, les français eux, ne sont considérés que comme des cousins « baveux ». Pas plus, pas moins avantagés que n’importe quelle minorité immigrante, les français sont aigris et commencent à le montrer sur le web (www.immigrer-contact.com). Pour finir, ou pour commencer !!! les représentants politiques québécois devraient s’occuper un peu plus de la situation de l’immigration sur le terrain que de la phraséologie utilisée par Nicolas Sarkozy pour reprendre à son compte l’esprit « YES WE CAN » mais tous ensemble.
Ensemble Nous y Arriverons
Together We Will Succeed
Québec
Sarkosy ne represente en la matière que lui-même et quelques imbéciles. Je fais parti de ceux qui sont de votre coté, depuis longtemps.
Haussez les épaules, vous êtes au dessus de tout cela.
Amitiés,
Cerragle
Les trois solitudes
On fait souvent allusion aux deux solitudes quand on parle du Québec dans le contexte Canadien. Le coté Anglophone d'un bord, et le coté Francophone de l'autre. Il y en a une troisième, et c'est celle de l'immigration, qui ne fait partie ni de la première ni de la deuxième. Vous remarquerez que je ne parle même pas du peuple original du Canada, les Amérindiens....ceux la on les ignore complètement.
Le mythe du Québécois accueillant les nouveaux venus, n'est malheureusement qu'un mythe, une fable, propagée par les Québécois eux même. Ne pensez pas non plus que je sois immigrant moi même, non, pas du tout, je suis né au Québec, j'y ai vécu, étudié, travaillé, et j'ai aussi milité pour construire un nouveau pays, d'abord pour le RIN, ensuite pour le PQ, et j'ai même fréquenté des membres actifs du FLQ. Ma vision des choses n'était pas tout à fait la même que celle des penseurs de ces diverses associations. Je croyai qu'il s'agissait de fonder un pays, sur des nouvelles bases, sur un système d'égalité qui incluerai tous ses habitants, sans exception....il n'en était malheureusement pas question. Il s'agissait uniquement de changer de patron, et les choses n'ont pas changées depuis cette époque. Le mépris que j'ai vu et entendu de la part des dirigeants politiques Québécois , des deux cotés, aussi bien les fédéralistes que les indépendantistes, envers son propre peuple est une honte. La condescendance, que les dirigeants Ecossais protestants tenaient envers les Catholiques Québécois, car ne vous leurrez pas, il n'y a jamais eu de haine de la langue, ça toujours été un conflit religieux, est exactement la même que Mme Marois ou Mr Gilles Duceppe tiennnent envers les leurs. Vous pouvez inclure Mr Charest dans le tas. Comme turncoat il est très fort aussi cet arriviste imbu de pouvoir. Les indépendantistes se sentent bléssés par Sarkozy ?? SVP, ne me faites pas rigoler, vous devriez plutôt être en colère contre ceux qui vous mènent par le bout du nez, et qui vous prennent pour des demeurés, assistés sociaux Bien Heureux. Vous vouliez l'indépendance, fallait le faire en 1976....le train est passé, il est beaucoup trop tard maintenant.
Mr Sarkozy, est un petit homme qui a des amis très riches, ils se grattent mutuellement le dos.
Je Me Souviens ??
Moi aussi je me souviens du jour ou j'ai mis les voiles vers d'autres cieux.. etcomme le dit très bien l'autre lecteur dans son analyse....n'y allez pas, c'est un leurre, vous serez toujours un crisss d'importé !
Merci de ces précisions.
En effet, j'ai moi-même trouvé cette info sur Le Monde.
Je l'ai d'ailleurs relayée sur mon propre blog, mais ce billet ci-dessus donne toutes les précisions supplémentaires que le quotidien n'avait pas publiées.
Merci.
jf.
Jacques
www.lamauragne.over-blog.com