Monde

Pourquoi n’y a-t-il pas eu un autre 11-Septembre? (1/9)

Timothy Noah, mis à jour le 02.05.2011 à 7 h 51

Depuis dix ans, les terroristes islamistes ont frappé Bali, Madrid, Londres, Bombay et de nombreux endroits du Moyen-Orient, mais pas les États-Unis.

A l'occasion de la mort d'Oussama ben Laden, nous republions une série intitulée: Pouquoi il n'y a pas eu un autre 11 septembre? Pour lire l'introduction, Pourquoi n'y-a-t-il pas eu un autre 11 septembre? cliquez ici, le deuxième volet de la série est intitulé Les fous de Dieu ne sont pas des criminels de génie, le troisième article Al Qaida préfère-t-elle le Pakistan et l’Afghanistan à l’Amérique?, le quatrième article Les musulmans américains n'ont pas suivi al Qaidale cinquième articleAl Qaida cherche-t-elle à dépasser le succès du 11 septembre? le sixième article 11-Septembre et Irak: la théorie du papier tue-mouches, le septième article Bush a-t-il protégé l'Amérique après le 11 septembre?, le huitième article 11 septembre: la théorie des cycles électoraux et le neuvième article La théorie de l'espace-temps


Au milieu de toutes les incertitudes nées des attentats du 11 septembre 2001, une prévision semblait ne pas souffrir le doute: les intégristes islamiques allaient frapper les États-Unis à nouveau, et vite. «Quatre-vingt-dix jours au plus», déclarait alors le spécialiste de la lutte anti-terrorisme Juval Aviv. Le 5 octobre 2001, un officier des renseignements estimait, lors d’un briefing avec des membres du Congrès, que les probabilités d’un nouvel attentat terroriste étaient de «100%» si les États-Unis envahissaient l’Afghanistan, comme ils allaient le faire deux jours plus tard. «Il faut s’attendre à une attaque, que l’on aille en Afghanistan ou pas», considérait pour sa part celle qui allait devenir la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, alors député démocrate de Californie. Le sénateur républicain d’Alabama Richard Shelby reprenait en chœur: «On peut parier là-dessus.»

Rien n’arrivant de plus en 2001, les experts révisèrent leur chronologie. «Si on passe l’été sans autre attentat, on aura de la chance», affirmait en juin 2002 George Vinson, conseiller en sécurité du gouverneur de Californie de l’époque, Gray Davis. En février 2003, Tom Ridge, secrétaire américain à la Sécurité intérieure, évaluait à 80 % le risque d’une attaque terroriste contre le pays dans les jours à venir. En août 2003, le World Markets Research Center jugeait «fort probable» que les États-Unis soient la cible d’une attaque dans les 12 mois suivants. En juin 2006, des fonctionnaires fédéraux déclaraient sur CBS News qu’ils seraient étonnés que le pays ne soit pas frappé dans l’année. En décembre 2008, la Commission pour la prévention contre les armes de destruction massive et le terrorisme exposait qu’il était «probable à plus de 50%» que d’ici à la fin 2013, des terroristes frappent quelque part dans le monde au moyen d’une arme chimique, biologique ou nucléaire. Le 4 février de cette année, l’ex-vice-président Dick Cheney considérait, dans une interview accordée à Politico, que «l’hypothèse était fort plausible». Sans livrer de date.

Le second attentat n’a pas eu lieu, ou du moins, pas encore. Les extrémistes islamiques ont frappé Bali, Madrid, Londres, Bombay et de nombreux endroits du Moyen-Orient, mais pas les États-Unis. Pourquoi? Aucune réponse ne peut être définitive. Mais dans la mesure ou «la guerre contre le terrorisme » a constitué (à tort ou à raison) le fer de lance de la présidence de George W. Bush, qui veut comprendre l’histoire politique américaine de ces huit dernières années doit se poser la question. Notre nouveau président, Barack Obama, se la pose sûrement avec acuité afin de déterminer les risques actuels d’une attaque terroriste contre les États-Unis et les moyens d’y faire face.

Durant la période de transition présidentielle, j’ai demandé à une série de spécialistes en terrorisme de m’expliquer pourquoi ces terribles prophéties ne s’étaient pas accomplies, et j’ai étudié de nombreux documents sur le sujet. S’en sont dégagées huit théories dominantes, dont les déductions sont au mieux plutôt rassurantes, au pire franchement angoissantes. Je me propose de développer chacune de ces théories, de la moins à la plus inquiétante.

Timothy Noah. Traduit par Chloé Leleu

Deuxième volet: 11 septembre: les fous de Dieu ne sont pas des criminels de génie
Troisième volet: Al-Qaida préfère-t-il le Pakistan et l’Afghanistan à l’Amérique?
Quatrième volet: Les musulmans américains n'ont pas suivi al-Qaida
Cinquième volet: Al-Qaida cherche à dépasser le succès du 11-Septembre
Sixième volet: 11-Septembre et Irak: la théorie du papier tue-mouches
Septième volet: Bush a-t-il protégé l'Amérique après le 11 septembre?
Huitième volet: 11 septembre: la théorie des cycles électoraux
Neuvième volet: 11 septembre: la théorie de l'espace-temps

Photo: Un policier américain examine la voiture piégée le 1er mai à New York, REUTERS/Brendan McDermid

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