Pourquoi je n'ai vraiment pas aimé «La journée de la jupe»
Le film avec Isabelle Adjani est une vision grossière et fausse de la réalité sociale.
- REZO FILMS -
Pas de doute: «La Journée de la jupe» est un succès. Triomphe critique - on salue partout le grand retour de l'éternelle absente du cinéma français, Isabelle Adjani; record d'audience historique lors de sa diffusion sur Arte avec 2.245.000 spectateurs; sortie en salles prometteuse. Or le film de Jean-Paul Lilienfeld m'a mis très en colère. Passons sur sa médiocrité en tant qu'objet artistique: jeu approximatif des comédiens; pathos d'une insupportable démagogie; situations terriblement artificielles, d'Adjani qui fait répéter le vrai nom de Molière à ses élèves en leur braquant un pistolet sur la tempe à Denis Podalydès, improbable policier du RAID qui tente de rattraper sa femme au téléphone tout en gérant une prise d'otages... Le vrai problème est ailleurs, dans le regard que le réalisateur pose sur la banlieue, dans la direction qu'il indique pour trouver des solutions au problème réel et douloureux de l'école dans les quartiers difficiles.
La situation de départ est éloquente: Sonia Bergerac - Adjani, donc, qui ne quitte pas le registre de l'hystérie — est une prof de français dépassée par ses élèves. On la découvre bousculée, insultée, malmenée à l'entrée de la salle où elle compte leur faire répéter «Le Bourgeois gentilhomme». Ses cris pour ramener l'ordre ne servent à rien. Le Lexomil qu'elle avale avant d'entrer en classe non plus. Les élèves, noirs et arabes pour l'essentiel mis à part un petit rouquin arrogant, la méprisent ouvertement, et se comportent - le mot est employé à plusieurs reprises - comme «des sauvages».
Et puis, le scénario en a décidé ainsi, elle trouve un revolver dans le sac de Mouss N'Diop (Yann Ebonge), s'en saisit, le pointe sur sa classe et entreprend de faire cours. Ah, le symbole est fort: c'est qu'avec un peu de discipline, il y aurait moyen de faire cours aux élèves les plus difficiles! Sous la menace d'une vraie sanction (la mort, rien de moins), ils écoutent, les bougres, ils font moins les fiers! Drôle de vision de l'éducation : quel savoir peut-on bien transmettre sous la contrainte, dans la terreur? Evidemment, devant le pistolet, chacun répète sagement le nom de «Jean-Baptiste Poquelin»... Félicitations, Madame Bergerac!
Syndrome de Stockholm
Son revolver à la main, ravie d'avoir enfin le silence, la prof ne s'arrête plus de parler: elle lit la vie de Molière dans son exemplaire du «Bourgeois gentilhomme», témoignant au passage d'un sens approximatif de la pédagogie. Le regard qu'elle porte sur ses élèves est d'une incroyable agressivité. Elle moque leur prétention sexuelle: «ça parle que de sauter les filles et ça a pas un préservatif en poche!». Elle ricane: «le fric, les journaux people, la Star Ac, y a que ça qui vous intéresse!». Enfin, dans une scène hallucinante, elle leur explique qu'ils ne doivent surtout pas se voir comme des victimes, car leurs difficultés sociales ne sont pas une excuse... «Ne faites pas ça! Ne vous prenez pas pour des victimes!», répète-t-elle les larmes aux yeux, alors qu'elle les retient tous prisonniers grâce à une arme à feu!
En otages prévisibles, les élèves en viennent vite à prendre son parti (à part le méchant Mouss, bien sûr, et son acolyte blanc, Sébastien). Le bon vieux syndrome de Stockholm s'empare d'ailleurs du film tout entier. Quiconque s'oppose à Sonia et à sa prise d'otages est représenté comme un imbécile (le principal, alias Jackie Berroyer), un lâche de gauche (le prof qui se laisse tabasser par les jeunes sous prétexte qu'il comprend leur malaise) ou un psychopathe dangereux (Bechet, le policier du Raid joué par Yann Collette). Les personnages sympathiques en revanche expriment leur solidarité: une collègue qui parle sans langue de bois de ses difficultés; Labouret (Podalydès), qui comprend très bien qu'on puisse «péter un boulon, ça arrive à tout le monde»; les parents et le mari de Sonia qui l'avait quitté mais revient dare-dare en entendant parler de l'incident; et enfin ses élèves, notamment Nawel (Sonia Amori) qui partage les revendications de la prof - le droit au respect pour les femmes - et la remplace même à un moment dans le rôle de la preneuse d'otages.
Racisme impardonnable
Une ligne de partage est également tracée entre bons et méchants à l'intérieur même de la classe. Les bons, ce sont ceux qui, après avoir vu le pistolet, acceptent d'écouter Madame Bergerac. Le méchant, c'est Mouss qui, malgré la menace, ne change pas d'attitude. Quel culot! Les autres peuvent être dressés, mais pas Mouss. Il cumule toutes les tares : violent, gangster, macho, antisémite, complice d'un viol, et enfin balance... On nous demande clairement à nous, spectateurs, de comprendre la prof qui braque ses élèves, mais surtout pas cet ado dangereux, cause profonde de tous les problèmes de la classe. C'est la bonne vieille technique du bouc émissaire. Il existe certainement quelque part en France un ado comme Mouss, macho, antisémite et criminel. Là n'est pas la question. Mais si c'était ce cas extrême, ce personnage singulier, qui intéressait Jean-Paul Lilienfeld, il aurait dû nous raconter le face-à-face de deux individus spécifiques - Sonia et Mouss -, pas les transformer en symbole, en faire l'affrontement de l'école laïque et du sauvageon de banlieue. En chargeant le personnage de grand Black fou furieux de représenter le danger de la cité, le film tombe dans un racisme impardonnable.
Raciste, «La Journé de la jupe»? Pourtant, dans une péripétie bien calculée, on découvre que Sonia Bergerac est arabe et que ses parents sont des immigrés du bled, exactement comme ceux de ces élèves. Les parents en question sont dignes et silencieux - tout comme la mère de Mouss d'ailleurs et le père de Mehmet (Khalid Berkouz)... Une façon pour le film de distinguer la génération des parents (qui se sont sacrifiés, souligne la prof, pour faire le bonheur de leurs enfants et qui se montrent remarquablement calmes et soumis à l'autorité, coopérant avec la police) et d'accentuer le contraste avec les jeunes tapageurs, agités, dangereux. Entendant la prof parler arabe, une élève lui demande: «Madame, pourquoi vous nous l'avez pas dit?». Et Madame Bergerac de répondre : «Parce que je suis prof de français!»
Que signifie cette scène au juste, cette sympathie soudaine de l'élève, sa question qui laisse supposer qu'une telle révélation aurait tout changé? Ainsi, si la prof leur avait révélé qu'elle était arabe, les élèves l'auraient écoutée? Ils auraient bien travaillé à l'école, appris le vrai nom de Molière sans pistolet sur la tempe? On comprend à ce moment précis ce que le film — peut-être à son corps défendant — finit par dire. Que ce qui se joue dans nos écoles de ZEP, c'est le clash des civilisations. Le personnage le plus tourné en ridicule du film n'est-il pas le prof qui amène le Coran en cours? Comme si le vrai affrontement n'est pas entre profs et élèves mais entre laïques et musulmans. Il y a là une vision grossière et fausse d'une réalité sociale complexe, un regard qui exclut et qui divise, caché sous les oripeaux flatteurs du film citoyen.
Jonathan Schel
Image de une: REZO FILMS
Mis à jour le 27/03/2009 à 13h07












































Je trouve au contraire que "La Journée de la jupe" est plus proche du monde enseignant qu'"Entre les murs" ou "L'Esquive" par exemple. Ce côté obsessionnel des profs qui veulent à tout prix finir leur cours ("le programme, le programme!"), cet état "à la limite du pétage de plombs" que certains connaissent - pas que les profs, d'ailleurs, cf Christian Bale - et puis, ce moment où, dans une classe, tout peut déraper pour une broutille. Or ce moment est irrattrapable.
Alors oui, Isabelle Adjani joue une hystérique, mais elle le fait bien.
Et par ailleurs, je ne crois pas que le réalisateur donne sa "vision de l'éducation" en montrant la prof braquer un revolver sur ses élèves pour leur faire sortir le vrai nom de Molière. C'est plutôt une séquence qui montre jusqu'où va le dérapage. Non?
Visiblement, Monsieur n'est pas prof dans un ZUP ou un quartier difficile ou se mélange plusieurs générations de populations immigrées.
A l'entendre, le taxage, la drogue, l'intimidation, les profs qui se font tabasser, menacer, les locaux vandalisés, les viols, les tournantes (...) c'est juste des inventions de journalistes en mal de gros titres.
En fait, le film est splendide par son non politiquement-correct que les bien-pensants de toutes tendances imposent à la France depuis 30 ans, comme l'église engonce la Bible au pécheurs.
Oui, ce film est une bouffée d'air frais dans ce paysage régit par le silence, l'hypocrisie, l'omerta et les interdits d'associations spontanées.
Quand vous irez y enseigner, Monsieur Schel, vous nous en reparlerez.
Vous devriez prendre une bonne douche et aller voir le film à tête reposée, c'est un FILM ! et visiblement on a pas vu le même !
Je ne sais pas quoi dire, je voulais juste commenter pour vous conseiller de vous remettre en question.
Et vous demander si votre métier vous permet de poser des questions aux acteurs du film et non pas aux PERSONNAGES qu'ils incarnent, je trouve que vous jugez énormément sur l'intention du réalisateur :
"dans la direction qu'il indique pour trouver des solutions au problème réel et douloureux de l'école dans les quartiers difficiles."
"Comme si..." "En chargeant le personnage de grand Black fou furieux de représenter le danger de la cité" "On comprend à ce moment précis ce que le film — peut-être à son corps défendant — finit par dire"
Vous avez regardé un film ou mené une enquête sur l'écriture, la réalisation etc. ?
De plus, le succès est, pour vous, un synonyme de nullité ? déjà sur l'article du film de Benjamin Button, vous vous placez comme différent des 2 millions de spectateurs...
Seul point positif, vous pouvez postuler aux Inrocks ou Télérama, à moins que vous y soyez déjà ?
^^finalement j'avais plein de choses à dire, et ne le prenez pas mal, c'est juste que j'ai trouvé cet article vraiment dégueulasse et arrogant.
La plupart des commentaires que j'ai lu ou entendu sur ce film sont l'exact opposé de cet article ! Si je devais émettre moi-même un commentaire, il irait également en sens exactement contraire de cet article !
Ce film me semble en effet représenter assez justement la situation REELLE de notre pays et de ses quartiers difficiles. Il est vrai que le propos est dur à entendre (et à voir, s'agissant d'un film), et que le réalisateur n'a pas choisi de rester dans le strict carcan du politiquement correct, en énonçant des vérités bien souvent occultées par les médias ou les membres de la classe politique. Je comprends qu'il a d'ailleurs eu du mal à sortir son film et que seul ARTE a eu le courage de le diffuser, car justement ce film ne s'inscrit pas dans la mouvance actuelle qui veut que l'on ne puisse pas dénoncer les problèmes réels des français.
Dire la vérité gêne, vous gêne visiblement, et c'est bien dommage.
Moi, j'attends la suite de cet article (pourquoi pas dans les commentaires ?) : d'accord, OK, imaginons que ce film soit irréaliste. Mais alors quel plan proposeriez-vous pour mettre en exergue ce qui vous semble important sur ce thème, en tant que journaliste peu au fait des artifices littéraires ou cinématographiques nécessaires pour rendre un film intéressant ? Si vous vous prêtiez à l'exercice, vous verriez bien vite que votre film à vous ne serait qu'un mauvais documentaire moraliste et plat.
Partout dans l'article fusent des critiques sur les scènes et le caractère des divers protagonistes :
# "des sauvages" : comment représenter le réel problème de ces établissements sans montrer la sauvagerie ?
# une prof "hystérique" : comment réagiriez-vous, comment réagirait votre acteur, face à ce chahut irrespectueux permanent, ces insultes à peine déguisées, cet acharnement jusqu'un point critique ? Par le calme et la pondération ? On aurait dû tourner dans un Lycée Privé du centre de Paris, le traitement cinématographique des banlieues aurait été plus clair, comme ça...
# "elle trouve un révolver dans le sac d'un élève (...) symbole de discipline" : voilà la magnifique trouvaille de ce film ! la situation-type que craignent tous les profs de France et de Navarre : se retrouver dans une situation totalement rocambolesque un jour de fatigue morale et intellectuelle, au point de ne pas savoir comment réagir dans l'instant, de perdre sa dignité parce qu'un élève vous aura battue ou déshabillée, insultée en public ou dans un blog, frappée ou volée voire violée, la peur de se retrouver face à un décés, une blessure d'élève ou une indignité dont on est responsable uniquement parce qu'on a une groupe d'ados en charge, sans maîtrise réelle et complète de la situation, simplement parce qu'il s'agit d'adolescents forcément rebelles, forcément en demande de limites. Limites qu'une arme, oui, une arme par exemple, symbole de la limite absolue, pourrait imposer ? Le questionnement est là, d'ailleurs : on sait tous ce qu'est un film, on sait parfaitement que cette arme n'est qu'un prétexte à réflexion : quelle limite peut-on aujourd'hui décemment imaginer pour contrer de telles pratiques ? Pas le révolver, bien sûr, ni une rigidité quasi-militaire que l'on sait plus dangereuse que réaliste... oui mais quoi ? Le film n'en parle pas, heureusement, sinon nous ne serions plus dans le débat mais dans la politique ou le documentaire prospectif que vous appelez de vos voeux et qui aurait rendu stérile toute discussion puisqu'on ne serait plus que dans le dualisme oui/non de ladite proposition. On ne serait pas non plus dans un film réaliste, humain, indécis comme peut l'être la vie.
# "un sens approximatif de la pédagogie" : là, je vous accorde que cette pédagogie n'est pas excellente. Juste une question : que fait une personne normalement constituée lorsque tout semble échouer ? lorsque l'interactivité ne marche pas, lorsque l'amusement théâtral ne suffit pas, lorsque les devoirs ne sont pas faits, les leçons non écrites, les bras croisés en cours en train de dormir ou de papoter ? Hé bien on diminue ses prétentions, on limite les risques de débordements, on réduit le champ de ce qui est possible... et on en vient à lire, simplement lire en espérant que le cerveau de certains captera quelques bribes de ce savoir au passage. Illusoire, certes, tout comme la présence d'un prof en ces lieux selon ces conditions.
# "elle se moque (...) elle ricane" : ça s'appelle du pétage de plomb. C'est quotidien pour qui a connu l'enseignement moyen : on a TOUS connu des profs ironiques et vachards, de façon plus ou moins fréquente, des mots désabusés ou cyniques dans un bulletin trimestriel ou sur une copie, soit par goût du pouvoir (une maladie qui s'attrape n'importe où lorsqu'on confie de l'autorité à un individu), soit par tentative malheureuse de "faire réagir", soit par dégoût de soi et du système, soit par auto-défense. En l'occurence, ce pétage de plomb là est parfaitement logique, puisqu'en période de stress extrême.
# "des protagonistes représentés par des imbéciles" : dans la vie, la plupart des gens, nous y compris, réagissons comme des imbéciles. Les super-héros parfaitement maître d'eux-mêmes n'existent que dans... les films (d'action) !
# "Le syndrome de Stokholm" : bien évidemment, cela n'existe pas, même pour des élèves qui connaissent et côtoient leur prof depuis des mois. On aurait dû délaisser cet élément indissociables d'une prise d'otage : trop classique, n'est-ce pas ?
# "ne vous prenez pas pour des victimes" : mais c'est justement le message du film : "VOUS êtes les seuls qui puissiez vous sortir de ce guépier... et avec autre chose que des armes ou des banderoles à la main. VOUS seuls pouvez devenir plus grands et plus forts que vos parents, de VRAIS adultes" ! Et si elle le professe dans le vide, au lieu de montrer l'exemple par son vécu, c'est une fois de plus par maladresse. Cette maladresse toute naturelle qui vient lorsqu'on ne croit plus à ce qu'on fait et qu'il faut pourtant continuer, coûte que coûte.
# "Raciste, ce film ?" : vous avez raison, on aurait dû donner le rôle du méchant à une fillette blonde. Cela aurait été parfaitement réaliste car respectant les taux statistiques de délinquance scolaire...
# "une vision grossière et fausse d'une réalité sociale complexe" : un film complexe n'est pas un bon film, tout comme un article (le vôtre est limpide, vous devriez donc le comprendre), tout comme n'importe quel acte de communication. Un film, c'est un alibi, un résumé faussement condensé, on est obligé de simplifier les situations pour que ça tienne en 90 minutes. Et la laïcité au moins scolaire est justement le rêve du scénariste que prouve par A+B l'exemple de la première génération, incarné par Isabelle Adjani, dans le film et dans sa propre vie. Des moutons, ses parents ? Oui : comme vous et moi. Et c'est toute la gloire de la Civilisation.
Je serais curieux de voir le plan du film idéal selon vous, sur ce thème.
J'enseigne depuis pas mal d'années dans une banlieue difficile, mais je ne pense pas que cela soit nécessaire pour confirmer l'évidence - à savoir que ce film a autant de rapport avec la réalité de l'école dans le 93 que, disons, une série télévisée policière lambda a de rapport avec la réalité de la police. C'est un film normal, quoi: il y a de l'action, de bons acteurs, et la réalité est, comme d'habitude, un simple prétexte.
Entièrement d'accord avec l'article, donc, y compris sur ses remarques politiques. Nous avons bien vu le même film, et nous y avons retrouvé les mêmes clichés (faciles à repérer, puisque ce sont les clichés habituels sur la banlieue et sur l'école). C'est du cinéma, après tout. Pas du Godard, bon, mais le formatage télévisuel est passé par là. Les personnages n'y ont guère plus d'épaisseur que dans du théâtre de boulevard, bon, mais c'est un film français dans la grande tradition - sauf que les dialogues ne sont pas d'Audiard.
Je me permettrai cependant de critiquer l'article sur un point: d'accord, le pistolet, c'est terriblement commun. Mais la jupe, il y a la jupe, quand même! Adjani en jupe, dans un décor de banlieue 2008, ça vaut le coup d'être vu, non? Ce n'est pas tous les jours qu'on voit ça. Que diable, soyons bon public - tiens, comme les jeunes de banlieue, justement. Dès que j'en ai discuté avec eux, nous sommes tombés d'accord (c'est très fréquent que les jeunes de banlieue et leurs profs soient d'accord, surtout quand il s'agit de juger les discours sur la banlieue): "Adjani, c'est la classe", non?
Je n'arrive pas à comprendre d'où vient ce mythe que La journée de la jupe, enfin, nous dirait la vérité sur l'école, la société, la banlieue, contre le politiquement correct, l'omerta, le silence honteux. De la banlieue, de l'école en banlieue, on n'entend parler que de violence, de profs qui se font agresser, tabasser, menacer. Jusqu'au Président de la République, alors Ministre de l'Intérieur, qui nous parle des racailles. De quel côté est-il, réellement, le politiquement correct? Franchement. C'est faire trop d'honneur à Lilienfeld que de lui accorder cette démarche subversive. Il surfe sur la vague, ni plus ni moins. Son film ne changera pas le regard que l'on porte sur ces mal aimés de la république que sont nos jeunes de banlieue. Or c'est cela qui aurait été vraiment transgressif en France aujourd'hui.
Reprocher à M. Schel d'interpréter les intentions du réalisateur, c'est comme reprocher à un pompier de vouloir arrêter un feu. M. Schel est critique, c'est son métier d'analyser un film. Il n'est pas là pour nous bercer de jolis mots sur une jolie histoire avec de jolis personnages. Donc, merci M. Schel, de faire votre métier, et de le faire bien.
Bien sûr, La journée de la jupe est un film, mais puisque le réalisateur voudrait qu'on le passe dans tous les collèges et lycées (il ne perd pas le nord, celui-là), on peut aussi penser qu'il propose un discours sur l'école. Passer le film aux élèves pour leur dire quoi? Que s'ils ne sont pas sages, nous ferons cours armés? Depuis quand la violence éveille-t-elle la réflexion? Les enseignants de zep, dont je suis (et dans la ville où a été tourné le film, tiens donc), n'ont pas attendu M. Lilienfeld pour aborder tous ces sujets avec leurs élèves, dans le cadre de leur cours, de manière construite, réfléchie et sans arme. Précisément parce qu'ils font de leurs cours un lieu de pensée et de rencontre, ils n'ont pas besoin de flingue. Les jeunes de banlieue, ça pense aussi, figurez-vous. Mais pour s'en rendre compte, il faut déjà bien vouloir les regarder vraiment. On en est loin.
Insensées ces réactions de rejet à l'analyse argumentée de M. Schel ! Un vrai travail de critique qui va au-delà - et ce n'est plus si fréquent dans cet océan de complaisance promotionnelle qui a accompagné la sortie du téléfilm - du regard superficiel que semble affectionner la majorité des spectateurs. Car, en effet, le film propose bien un retour au méthodes répressives de l'éducation et la forme faussement provocante de cette fiction cache une position politique totalement réactionnaire. Sur le plan artistique, le téléfilm ne supporte pas le voyage en salle: forme narrative médiocre, adolescents-acteurs lamentables, Adjani dans son savoir-faire hystérique, sempirternels clichés sur les personnages de la ministre et du policier (même Denis Podalydès parvient à être mauvais !). Entre les murs se situait à une autre hauteur artistique, sans parler de la vision humaniste qu'offrait Kechiche de la banlieue dans L'esquive.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le blog sur ARTE :
http://www.arte.tv/fr/mouvement-de-cinema/La-journee-de-la-jupe/2454604,CmC=2469026.html#left_content
BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO | 24.03.2009 - 18h38
Mon nez truffier, encore une fois ne m'a trompé, j'avais dressé l'oreille à la mine déconfite de Bégaudeau à la matinale de C+ puis j'ai vu le réalisateur au Grd Journal.... Ca c'est du cinéma !!! Tout est parfait, le tournage nerveux et discret, rapide, la promo, JP Lilienfeld, Mme Adjani, les élèves, excellents. A diffuser dans tous les lycées pour travailler enfin sur le "tourner la page" de la violence idiote. Chapeau bas, soyez très fier de vous tous. Merci encore. Je ne dis pas respect, je dis dignité ...... Je vous embrasse tous amicalement et tant pis pour les râleurs.....
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Le petit JOJO, assis sur sa planète, essaye , en vain, de dessiner des moutons.....qui malheureusement ressemblent terriblement à des crapauds ! !
J’attends avec impatience, le crapaud qu’il va nous pondre pour LA PREMIERE ETOILE ! ! ! !
En 1957, j’ai été électrisée par BLACKBOARD JUNGLE, vrai souffle de vie ! En 2009 j’ai 68 ans et j’ai eu les mêmes sensations en regardant LA JOURNEE DE LA JUPE sauf, sauf que le souffle de vie n’y est plus, la fin pessimiste présage à mon avis de graves problèmes dans notre société qui capitule devant la loi du plus fort et du plus bête ! Vivant au milieu d’un quartier « très sensible », en plein centre ville d’une grande ville de France, je peux vous certifier que le ton est super juste. Mes compliments particuliers à Yann EBONGE, le seul comédien du groupe à qui je prédis une superbe carrière...de théâtre.
A quand un débat sur les politiques sociales, culturelles et économiques qui ont pu conduire en trente ans et plus, des pans entiers de la population française marginalisés à rejeter l'école, les savoirs et la Culture : celles des livres, des auteurs, des sciences, des langues...
280 000 ados ou pré-adultes quittent l'Education Nationale chaque année sans maîtriser l'écrit ou la lecture ; 50% des étudiants inscrits à la Fac abandonnent leurs études dès la fin de leur première année.
D'aucuns seraient tentés de croire que l'Education Nationale est principalement occupée à gérer un échec de masse, sans oublier la gestion des carrières des pédophiles qu'il faut muter de temps à autre, ici et là, quand vraiment, ça sent le roussi parce que la presse, alertée par des parents dégoûtés et en colère, s'en mêle...
Occupée aussi cette institution à préparer les nouveaux outils et les méthodes pédagogiques qui, nul doute, plomberont l'avenir des gosses des classes populaires - et plus particulièrement ceux de l'immigration -, au grand désespoir de leurs parents, impuissants face à cette montagne qu'est devenue l'accès à une réussite scolaire digne de ce nom, pour leurs enfants...
Et si l'on en croit les témoignages : institution dont la vocation consiste aussi à broyer les enseignants qui tenteraient de se révolter...
Et n'oublions pas leurs représentants syndicaux, bedonnants (même les femmes !), à force de déjeuners bien arrosés, avant d'aller négocier, sur le dos des gosses, qui... une heure en plus, qui... une heure en moins, qui... une augmentation... enfin bref ! Tout ce que vous voudrez, sauf les conditions d'une prochaine réussite scolaire des classes populaires.
Il est vrai que l'on nomme depuis quarante ans des ministres de l'Education de gauche comme de droite qui confient leurs enfants aux meilleurs lycées, et aussi et surtout, aux écoles privées, tellement la confiance y règne et les résultats y sont encourageants... dans ces établissements publics...
Quant aux enseignants : aussi préparés à affronter une réalité sociale dont aucun mur ne pourra les protéger que leurs élèves le sont à recevoir un enseignement qui les ignore puisqu'ils ne sont pas supposés s'y épanouir ou y triompher dans et avec cet enseignement...
D'autres enseignants et d'autres établissements y pourvoient, ailleurs.
Pensez donc !
Seulement 12% de la population possèdent un diplôme d'enseignement supérieur (un des taux les plus faibles des pays occidentaux, sinon... le plus faible !).
La caste des diplômés n'a pas de souci à se faire et les enseignants non plus puisque ce sont majoritairement, leurs enfants qui obtiennent ces diplômes ; enseignants qui, lorsqu' il s'agit des enfants des autres, n'hésitent pas à nous parler d'enfants et d'ados racistes (anti-français) et antisémites (sans commentaire).
Non ! Sans blague ! A 12 ans, à 14 ans, ils sont...
Dans la parole d'un enfant ou d'un ado, confondre le fait de tenir des propos "raciste" avec le fait d'être raciste... c'est à se demander de quel côté sont les cancres !
Ces enseignants, prompts au procès d'intention à l'encontre de leurs élèvent, ne savent donc pas qu'à 12 ans... on... n'est pas ! Non ! On ne fait que chercher... à devenir* ; et la route est sacrément dure et longue jusqu'à l'âge adulte.
* La parole d'un enfant de 12 ans n'est pas seulement sa parole mais... celle de tous ceux qui, bien ou mal, pour le meilleur et pour le pire, contribuent et contribueront à faire que cet enfant devienne ce qu'il pense devoir être jusqu'à ce qu'il décide, une fois adulte, et autant qu'il soit possible de le faire en toute autonomie, d'être ce qu'il dit et d'être ce qu'il fait puisque seul un adulte en est capable.
Comment peut-on faire preuve d'un tel manque de discernement, alors qu'à l'endroit de leurs propres enfants, ces mêmes enseignants sont capables de toutes les mansuétudes, de toutes les complaisances.
Faudra-t-il un jour parler de la haine des profs face à leurs élèves auprès desquels ils auront épuisé toute capacité de pardon, et de compréhension, en vertu d'une nouvelle loi (peut-être pas si nouvelle que ça) selon laquelle : quiconque empêche un enseignant de faire son métier, n'aura aucune excuse, et qu'un devoir et qu'un droit : s'effacer et disparaître.
Confrontées à un environnement difficile, souvent violent, les enseignants auraient-ils sombré, à l'instar de leurs élèves, dans le fatalisme, le désintérêt, le mépris, le défaitisme et la colère ? Mais à une différence près - et elle est de taille -, car, s'ils ont à faire face à des enfants ou des ados parfois totalement démotivés, en revanche, ces élèves ont bien pour référents des adultes éduqués et instruits, des adultes capables de discernement et de sang froid, quand bien même ils l'auraient oublié depuis qu'à Noël, ils se font offrir, tous ces adultes enseignants ou pas, les mêmes cadeaux que leurs progénitures, à savoir : ordinateurs et jeux vidéo, entre autres.
Au contact de ces élèves, difficile donc de ne pas penser, tout en le déplorant, à tout ce dont ils sont privés, tout ce à quoi ils n'auront jamais droit, et les conséquences pour eux dans les années à venir... alors qu'il est inconcevable qu'ils aient pu ou qu'ils puissent mériter un tel sort... car à 13 ou 14 ans, qui peut bien prendre la décision de vous couper les ailes !
Je n'ai pas vu le film, alors je vais me contenter de revenir au débat global, j'ai été moi-même élève dans un collège en cité, je suis maintenant au lycée. Avec ce recul des études secondaires je me permet de voir la chose plus généralement.
Comment faire prendre conscience à des enfants de la nécessité d'un minimum de savoir et de connaissances ? Beaucoup n'en ont rien à foutre parlons franchement, ils veulent juste se "casser", avoir un petit job pour vivre, c'est tout.
Mais leur a-t-on expliqué à ces gosses ? Je veux dire, leur a-t-on dis pourquoi l'école était importante, réellement, et non pas un "L'école c'est important pour avoir un bon travail" mais une vrai explication : la citoyenneté, la compréhension du monde, la force des idées, etc. L'éducation fait tellement plus de choses qu'un "bon métier" !
Pour moi la clé est d'intéresser, d'intégrer les élèves dans le processus d'apprentissage à travers ce qui les touche et ce qu'ils aiment, de leur fait reprendre espoir, c'est tout. Plus généralement, je trouve pitoyable ce qui est étudié au collège, bien sûr étudier plus en profondeur certains sujets est difficile, mais c'est en se confrontant aux difficultés, tout en étant aidé et accompagné, que l'on devient intéressé parce que l'on voit l'objectif de tout cet enseignement de façon plus réaliste que de l'évoquer vaguement et que d'y revenir plus tard dans la scolarité...
Le système éducatif doit être un lieu où les problèmes sociales, les croyances doivent être rangés momentanéement, ainsi cela pourra être un véritable lieu d'apprentissage. Je veux dire par là que l'école est une chance de changer de contexte social : l'élève est alors le personnage central et c'est à travers lui et pour lui que doit se faire l'apprentissage et non au nom d'un "programme" qu'il faut à tout prix finir ! Il suffirait de redonner l'espoir aux jeunes, de leur montrer ce qu'il y a eu delà des limites de leur vie : les autres continents, les autres cultures, les autres villes, la capitale, le dynamisme économique, etc. Quand cet esprit sera gravé dans l'éducation national, les choses iront déjà mieux. Un aveugle qu'on ne guide pas pour découvrir le monde restera à jamais dans les ténèbres, asservit par son handicap ; il ne suffit pas de lui donner les objets dans les mains mais de l'inciter à aller les découvrir lui-même.
Vous abordez là le non dit, le continent noir, le « je ne veux pas le savoir » de tout un pays et les castes qui s'en nourrissent.
A vous entendre (et je partage votre point de vue) il faudrait comprendre comment se construit un enfant, un adolescent et même un adulte pour affronter des situations qui font partie de l'éducation. Permissivité et directivité. Souvent il faut être au moins deux (parents) tellement c'est difficile de travailler avec ceux qui nous interpellent dans les failles de nos propres constructions. En plus il y faudrait de l'amour si on vous écoutais sans compter celui de tous les rôles qui vont aider à se structurer et les relations entre ces rôles qui jouent aussi un rôle.
Or vous nous parlez presque de haine. D'où cela vient-il?
Un indice, des lycéens et des étudiants font grève pour que l'on ne touche pas à la formation des enseignants. Evidemment, forts de leur science ces jeunes ont porté un jugement sur les contenus de cette formation, apprécié les réformes et conclu que cela leur porterait préjudice. Evidemment il s'agir de manipulations honteuses par des enseignants qui ne veulent pas que leur idéologie soit mise en question.
Quelle idéologie? Celle d'abord qui refuse la mission éducatrice de l'éducation nationale, celle qui veut ignorer tout ce qui est en question dans l'éducation et ses exigences. Pensez, ils sont là pour former des cerveaux pas des hommes, pour formater des esprits pas pour les rendre maîtres d'eux. Conformation au lieu d'autonomie. Il faut détester l'homme réel pour penser cela et les obstacles que les demandeurs d'amour et d'éducation y mettent suscitent bientôt le mépris, la haine tant ils mettent en défaut ces professionnels qui ne savent rien de l'éducation. Mais les sentiments ne font pas partie de la formation des cerveaux n'est ce pas? Et ceux formés à cette besogne, quand ont ils été formés à être maîtres-éducateurs? Leur haine de l'autorité transparait sans cesse avec leur demande exorbitante : des sous, des postes, ne vous mélez pas de ce que nous faisons de vos enfants... Nourissez-nous mais n'exercez pas d'autorité. Des ados immatures quoi.
Heureusement beaucoup sont encore des hommes et ont échappé aux dogmes didactiques se référant sans doute à leur propre expérience humaine. Il y faut un certain héroïsme.
Etranges ces avis radicalement divergents en référence à l'expérience du terrain? Peut être justement à cela, les rationalisations convenues, formatées, ou la reconnaissance de l'humain et son drame éducatif.
Quand vous dites raciste car le role du méchant incombe à un noir, je me rappel d'un téléfilm genre julie lescaut ou les voyous en bande étaient des hommes blancs aux yeux bleu, crane rasé, le cliché du skinhead qui semaient la terreur dans le RER...
ICI personne à l'époque n'avait hurlé au racisme, au complot ou à l'amalgame, c'etait du politiquement correcte à souhait ! mais je pense qu'ils n'ont pas réussi à duper grand monde... car moi dans le RER j'ai jamais au grand jamais vu de bande de skin même tot le dimanche matin !
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Enseignant depuis pas mal d'années dans une banlieue difficile, je viens de relire l'ensemble des commentaires pour voir ce qui se disait non pas du film, mais de l'école en banlieue. Et ça n'a pas raté: celui qui a le discours le plus sensé et le seul vraiment pertinent sur la question, c'est Plumes, le collégien de cité devenu lycéen. Ca confirme que profs et élèves de banlieue sont très souvent d'accord, en fait. Et quand c'est dur (ce n'est pas facile tous les jours), c'est dur également pour les élèves et pour les profs.
Pour les autres, s'il vous plait, essayez d'éviter de vous faire une idée sur l'école en banlieue à partir des medias (y compris ce film). Les medias produisent du spectacle, c'est leur travail - et l'école n'est pas un spectacle. Plutôt que d'étaler vos préjugés, tâchez de vous faire une idée à partir du commentaire de Plumes - ils savent écrire, ces jeunes.
A Plumes: sur l'école, tu as compris l'essentiel. Bon métier ou pas, bac ou pas, programmes ou pas, continue comme ça (y compris à dire et écrire ce que tu penses). Mais va quand même voir ce film, si tu peux. Tu n'apprendras rien sur l'école en banlieue, mais Adjani, elle est classe.
Le collégien de banlieue devenu lycéen a une vision étonnante des enjeux (la citoyenneté, la compréhension du monde, la force des idées). Il trouve cependant pitoyable ce qui est étudié au collège et parle aussi de système éducatif.
Nous sommes en plein dans la contradiction entre un enjeu de simple transmission des savoirs et un enjeu éducatif de formation des hommes.
Or l'éducation nationale et son idéologie de l'instruction se refuse à avoir une mission éducative. Donc pas de formation des maîtres aux problématiques éducatives et coupure avec les besoins des élèves, principalement ceux qui n'ont pas déjà un environnement éducatif et culturel fort.
Comment la symétrie profs élèves que vous semblez prôner peut-elle être compatible avec la hiérarchie et la distance éducative? Les parents qui font copain copain avec leurs enfants ou ados démissionnent en fait de leur rôle éducatif, pour les maîtres c'est pareil.
Donc trois problèmes pointés : l'analyse d'une demande éducative, l'absence de réponse de l'institution sur ce terrain, la compétence éducative des maîtres et la possibilité de son exercice quand elle existe.
L'Education nationale fonctionne pour l'instruction de ceux qui sont déjà éduqués à la recevoir. Qui mieux que les enfants d'enseignants peut en être bénéficiaire? Il suffit de constater les résultats.
Je ne comprends pas les excès qui entourent ce film. Encore, s'il nous disait quelque chose de nouveau, mais tout cela est d'une telle banalité. Quoi, ces jeunes ne rendent pas hommage à leurs parents qui se sont sacrifiés pour eux, qui ne croient pas au discours sur l'école salvatrice ? qui sont insensible au discours sur la responsabilité individuelle ?
Première petite précision, je suis une lycéenne, difficile de le savoir par Internet je conviens. Autre précision sur ma vie : je vis depuis 13 ans dans une cité de petite ville (10 000 habitants), je ne suis pas intégrée au quartier également (pas d'amis ici, je ne traîne pas le soir), et je suis actuellement élève en Terminale S (dans un lycée se trouvant à l'extérieur de la cité) avec des résultats moyens, tout juste la moyenne mais c'est juste ce qui me convient.
Mon témoignage découle du fait que je n'ai jamais bien compris l'utilité des écoles jusqu'à il y a quelques temps. Très imprégnée de la culture web (Wiki, blogs intéressants (sur les ntic et l'actu du web principalement), je compte d'ailleurs étudier plus tard les enjeux sociaux, politiques, éco, etc lié à l'émergence d'Internet), j'aime lire, apprendre sur des sujets "à la manière" d'Internet, autrement dit en suivant de liens en liens, allant au fil de mon surf et de mes découvertes ; dans la réalité c'est bien sûr irréalisable. Cependant, je ne suis jamais dans un état plus réceptif à la connaissance que quand je la cherche parce que j'en ai besoin et que je peux l'appliquer à ce que j'aime (Je me trouve souvent à m'amuser à retrouver quelques informations intéressantes en philosophie qui peuvent possséder une configuration amplifiée, déformée, etc sur le web, bref).
Il m'a fallut : 12 ans d'école pour ça. 12 ans d'école pour comprendre POURQUOI l'école était nécessaire, j'ai donc passé 6 ans de ma vie (180 jours de cours/an), chaque jour, à raison de 7 à 8h/jour sans savoir pourquoi j'allais à l'école. Plus encore, qu'elle pouvait m'apporter des outils qui me seraient utiles plus tard, dans ma vie de tout les jours même si ça ne semble pas bien visible au premier coup d'oeil, quelle perte de temps ! Je regrette ces années collèges où on en fout pas une le soir, parce que réellement les collégiens ne travaillent pas vraiment, ils "survolent", je regrette maintenant d'avoir gaspillé ces années. Mais passons...
Internet m'a sûrement beaucoup aidé pour avoir un autre oeil sur le monde d'aujourd'hui : voir ces entrepreneurs créer leurs entreprises à leur bout de la planète, l'utilisation massive des ntic au Japon et en Corée du Sud, des initiatives telles que les logiciels libres, l'espéranto, j'en suis même venue à m'intéresser aux débats parlementaires, au Parlement et à son fonctionnement lors des premiers débats sur l'HADOPI, pensez donc ! (Je peux vous jurer que peu, vraiment peu de jeunes s'intéresse réellement à la démocratie ou du moins à son fonctionnement, pourtant c'est essentiel...). Bref, Internet est pour moi une fenêtre sur le monde, bien loin d'une utilisation egocentré à outrance, je m'en sers car j'ai pris conscience de sa dimension humaine : il me permet d'avoir accès potentiellement à des millions de personnes : imaginez le boulversement de savoir qu'il n'y a plus de limites géographiques, de barrières sociales et culturels (dans les pays plutôt riches cependant), bref.
J'ai le monde au creux de ma main, je le contemple et m'en enrichit chaque jour. Ce n'est certainement pas l'école qui m'a permis d'être comme ça. Les cours de philo ont quand même un certain rôle déclencheur (et il est important de le noter) dans tout ce processus de réflexion sur ce que j'apprenai au lycée et en dehors.
Je me suis alors demandée pourquoi l'école ne montrait pas dès le début ce que j'avais découvert ? Je veux dire, cela à pour moi été une révélation. Je n'étais pas un vase que l'on remplissait de connaissances ou d'une pseudo-réflexion mais je découvrais par moi-même la richesse de ce monde, quand on est intéressé, forcément, on apprend bien mieux. =)
J'en suis revenue à ce qui m'ont fait poster un commentaire plus haut pour que ma pensée soit plus claire. P-e que cela éclairera Roger Nifle.
Roger Nifle > "L'Education nationale fonctionne pour l'instruction de ceux qui sont déjà éduqués à la recevoir" Et votre propos est totalement en accord avec ma pensée. Et je le reprend pour expliquer ce que je pense : Comment, des enfants, plus ou moins jeunes (10 à 16 ans déjà) peuvent avoir l'envie d'apprendre, de connaitre le monde qui les entoure sans en savoir l'utilité ? Bien sûr nous nous voyons l'utilité que ça à, nous, adultes ! Former les futurs citoyens de demain, former des """élites"""", mais du point de vue de l'enfant/ado ?
D'une certaine manière nous devons "éduquer" les enfants à recevoir l'instruction, simplement en leur expliquant pourquoi on les instruit, même de manière très flou comme 'Toi aussi un jour tu pourras construire un avion en travaillant à l'école, les gens qui en construisent on beaucoup appris pour ça' ; phrase que l'on pourrait dire à un enfant de 7 ans pour commencer à lui expliquer le pourquoi de l'instruction... Bien sûr, l'enfant de 7 ans n'est pas un être encore formé physiquement et mentalement, cependant par cet exemple, je veux montrer qu'il est nécessaire de faire naître un désir de connaissance, d'apprentissage et d'instruction. Pour après permettre à la curiosité et à la volonté d'apprentissage des enfants de trouver toutes leurs satisfactions dans les connaissances que nous souhaiterions leur faire acquérir.
En conclusion : Donner envie d'apprendre est la clé de la réussite pour l'éducation, et ceci à travers l'explication de l'utilité de l'école sur le long terme, ce n'est pourtant pas , pour moi,ce qui se passe dans notre système éducatif aujourd'hui.
Si quelqu'un souhaite me répondre, je suis ouverte à tout débat. =)
J'avais essayé de me concentrer sur l'article et le film, pour éviter le hors-sujet, parce que le débat que tu entames là est immense et que j'aurais aussi des milliers de choses à dire, mais puisque tu le demandes, j'ai envie de te répondre brièvement :
Le problème de l'école est que ses responsables voient principalement la chose comme de la GESTION : gestion de la multitude d'élèves, de leurs plannings, de leurs programmes, de leurs suivis scolaires et présentiels, de leurs turpitudes... Gestion des enseignants, de leurs présences, de leurs absences, de leurs stages, de leurs classements et évolutions diverses, de leurs mutations... Gestion des locaux et du personnel administratif. Gestion aussi des relations entre la hiérarchie et la base (B.O., circulaires, site web et PDF, etc...).
Et il y a tellement de choses à faire qu'ils en oublient l'essentiel : la qualité de l'enseignement. Du coup, certains ont beaux s'escrimer à tenter de nouvelles formes d'enseignement, personne ne les écoute : les seuls habilités à s'y essayer n'ont jamais vécu par eux-mêmes les problèmes d'un élève moyen ou mauvais. Pire : dans leur philosophie profonde, l'EMPIRISME semble ne pas exister. Tout ce que tu pourras dire de sensé (ö combien !) ne sera jamais pris en compte.
Autre problème : tout le monde bute sur le moyen de "faire naître le désir". Ce sera toujours impossible tant que l'élève n'aura pas le sentiment d'être écouté. ce qui semble impossible puisqu'on fonctionne dans l'autre sens ! Quant à faire confiance à des êtres immatures... Certaines pédagogies s'y essayent, mais cela exige une telle empathie, une telle quantité de travail enseignant, une telle complexité psychologique parfois, que cela fait peur à la majorité "qui n'a pas été formé" (la phrase-type que j'adore, moi l'autodidacte).
Tu dis qu'il faut leur "expliquer l'importance du savoir". Par expérience, je peux te dire qu'un enfant-ado n'apprend bien que grâce à deux moteurs : l'imitation et l'intégration sociale. "Expliquer" ? Cela exigerait d'obéir, ce qui ne correspond absolument pas à la psychologie adolescente moyenne. Car pour comprendre, pour admettre ("obéir à l'explication"), il faut avoir vécu. L'expérience ("l'explication") ne se transmet pas. Pas directement, en tout cas !
Non, il y aurait des moyens simples pour améliorer l'enseignement, pour les Collèges-Lycées. Je résume grossièrement :
1) Placer l'élève en position de demandeur, et le maître en position d'assistant, pour les matières fondamentales (enseignement individualisé écrit). Le maître sera respecté car complice face aux ennemis que sont les difficultés de la matière. Il peut déléguer l'aide ainsi réclamée (profitable dans les deux sens). L'élève avance à son rythme et ne perd jamais pied. On surveille les NOTIONS REELLEMENT ACQUISES (et non des "notes" virtuelles trimestrialisées), et l'élève n'a le droit d'avancer dans la progression qu'après suffisamment de contrôles, de temps et de travail. Mais chaque succès est mérité et considéré comme une victoire personnelle (j'appelle ça "l'effet jeu-vidéo" duquel je ne retire que l'aspect "challenges consentis par niveaux successifs") (1 h max).
2) Placer l'élève en position de transmission orale d'un savoir, qu'il aura appris en petits groupes auparavant, pour les matières secondaires. L'enseignant organisateur-animateur ne fait que corriger les erreurs exprimées en public. Public qui peut "piéger" ses camarades au tableau grâce aux notions qui ne font pas partie de sa mission personnelle mais que la CURIOSITE aura poussé à découvrir par lui-même. Il y a dans chaque groupe des élèves "faibles" qui adorent transmettre et les élèves "forts" plus réservés (2 h).
Bref, "placer l'élève au centre du processus enseignant" n'est pas l'infantiliser, mais au contraire le responsabiliser, l'accompagner et le contrôler très sérieusement. Et surtout, pas de psychologie à niveaux multiples : juste un renversement efficace des positions de chacun (enseignant-assistant, élève-disciple) pour en revenir tout naturellement aux vraies valeurs pédagogiques.
Jonathan Schel n'aime pas ce que dit ce film, tant pis pour lui. Mais lisez les bouquins de ces profs qui témoignent sur la réalité de leur métier (Mara Goyet, par exemple), lisez le rapport Obin (qui parlait déjà de ces profs qui font cours avec un exemplaire du Coran sur la table, dans l'espoir aberrant de pouvoir ainsi contrer les exigences les plus extravagantes des petits crétins analphabètes - au nom de "la religion"), discutez avec ces profs terrorisés par des petites brutes aux crânes rasés, ouvertement machistes, méprisant les femmes et les homosexuels, antisémites et crachant sur la culture, ne reconnaissant que la force physique et jouant sur l'intimidation. Ce sont des fascistes, pas des victimes. Et cette minorité infime prend nos collèges et lycées en otage. Quand ce n'est pas des cités entières. Il est temps de dire ce que tout le monde ressent. Adjani est admirable.
Votre dernier message est très instructif mais, comme vous le savez maintenant, seulement pour ceux qui veulent être instruits.
D'abord vous donnez une définition des conditions de toute éducation : « faire naître un désir de connaissance d'apprentissage et d'instruction » Le ba ba de toute compétence éducative. En même temps vous avez constaté que cela ne se passait pas à l'école que vous avez connue.
Il y a deux conclusions à en tirer. D'une part votre prise de conscience est exceptionnelle et j'y reviendrai. D'autre part vous voyez bien qu'elle ne s'est pas produite pour un très grand nombre d'adultes y compris des professionnels de l'enseignement (vous ne parlez pas de vos profs, absents du tableau) et même des commentateurs de Slate. Le plus grave c'est que cette condition fondamentale n'est pas considérée par l'institution nationale elle-même, pour des raisons historiques, ce qui confirme que l'Education Nationale se refuse à sa mission éducative et ce sont justement les quartiers comme le vôtre qui le révèlent. En effet il y a quelques fois ailleurs des environnements qui compensent cette carence.
A propos de votre prise de conscience que vous nommez révélation. Avant cela vous réagissiez sans doute comme les autres en reproduisant plus ou moins bien ou mal ce qui vous était demandé sans trop vous poser de questions. Et puis ce basculement de conscience vous amène non seulement à comprendre ce qui se passait ou ne se passait pas mais aussi à prendre en main votre propre « instruction » notamment avec Internet. Vous exprimez d'ailleurs les sentiments nouveaux que cela vous inspire.
Vous dites que d'autres jeunes autour de vous n'ont pas cette conscience. Un grand nombre d'adultes sont eux aussi habitués plus à « réfléchir » comme un miroir qui reproduit qu'à penser par soi-même à partir d'une expérience intérieure singulière, « révélatrice ».
Si les cours de philo ont joué pour vous un rôle déclencheur comme vous le dites, c'est quand même une expérience très personnelle. Cette expérience de conscience vous en tirerez le fil au long de votre vie.
Vous dites que vos notes en S sont très moyennes. Si nous y voyons plus clair que d'autres sur les situations, les conditions que nous rencontrons nous obligent à nous mesurer avec des réalités imparfaites. Il faut chercher à y exceller quand même, non par soumission passive mais par volonté de maîtriser autant que l'on peut ce qui nous est donné à vivre c'est-à-dire en tirer le meilleur profit.
Enfin je garde pour la fin ce que vous dites à propos d'Internet. Un très grand nombre de personnes n'ont pas la moindre idée de ce que vous dites et de ce qui se passe avec Internet. L'ouverture au monde a pris d'autres voies que dans le passé ce qui change tout. L'education nationale devra disparaître dans ses formes actuelles au profit de quelque chose où la fonction éducative sera l'essentiel et la fonction d'instruction l'accessoire. Il va falloir du temps pour que cette inversion de priorité passe dans des esprits trop formatés et notamment ceux d'intellectuels ou d'enseignants qui ne pensent pas par eux-mêmes. C'est un aspect crucial de la mutation de civilisation dans laquelle nous sommes entrés.
Pour vous l'ouverture au monde que vous expérimentez vous amènera à devoir chercher les moyens de vous construire dans une existence qui ne sera pas aussi socialement cadrée que dans le passé. C'est par ces ressources de conscience personnelle que vous éviterez l'errance et que vous pourrez partager des projets de vie et participer à construire un monde qui sera très différent de celui qui est en train de muter.
Bon, à vous lire, j'ai l'impression de venir d'une autre planète. La question du sens, célébrée ici d'un glorieux halleluiah, est au centre des réflexions pédagogiques depuis trente ans (au bas mot, je ne remonte pas aux grandes révolutions de la science de l'éducation du début du XXe siècle), de même que l'élève est au centre du système. Si, si, je vous assure. Que certains enseignants ne s'en soient toujours pas rendu compte, probablement, mais cessez donc de nous mettre tous dans le même panier. En exagérant un peu, je dirai qu'il y a autant de pratiques que d'enseignants. Rien n'est plus important pour nombre d'entre nous aujourd'hui que la question du sens ; et elle ne se résout pas en expliquant au gamin de sept ans qu'il doit travailler ses maths pour pouvoir construire un avion plus tard, elle est bien plus complexe et fondamentale que cela; car que répondre, alors, à celui qui n' a rien à faire des avions? Il doit bien y avoir des petits garçons qui n'ont rien à faire des avions. Rien de plus important, non plus, que la question du désir d'apprendre. Il est facile de dire : aidez-nous à aimer ce que vous nous apprenez. Beaucoup plus difficile d'y parvenir dans la réalité, lorsqu'on se trouve devant une bonne vingtaine d'individualités singulières et, de surcroît, en pleine construction. Ce que l'on peut donner, alors, ce sont les moyens, pour chacun, de trouver ce sens. Et Plume, qui a fini par le trouver en même temps qu'une certaine maturité, devrait aussi se demander qui lui a permis d'arriver jusque-là... Y serait-elle parvenue si on ne lui avait pas donné les outils pour le penser? Permettez-moi d'en douter.
L'accusation de formatage des cerveaux est vieille comme le monde et méconnaît passablement ce qui se passe dans les classes, tout particulièrement en zep, précisément, où le cours magistral de remplissage de vases vides n'est, depuis longtemps, plus d'actualité. Les enseignants de zep, ceux qui réfléchissent vraiment à leur métier tout au moins, au lieu d'attendre d'avoir les points pour partir, ont depuis longtemps compris qu'ils n'ont pas affaire à des élèves livrés clefs en main, déjà prêts à recevoir leur enseignement. La relation pédagogique, sans doute l'une des plus complexes qui soient, se construit.
Je me désole de voir que certains ont une vision des enseignants, et de leur pratique, aussi sclérosée que les cours qu'ils dénoncent. Venez donc voir ce qui se fait ici ou là. Vous constaterez que nous pensons bien par nous-mêmes. Parce que c'est ce que nous attendons de nos élèves.
Il y a quatre plans à distinguer.
D'abord qu'il y ait des enseignants qui pensent par eux-mêmes et qui font un travail extraordinaire c'est certain. Qu'il y a en ait une grande majorité qui fasse "pour le mieux" selon ce qui se fait normalement c'est possible. Qu'il y en ait qui soient dans un rapport plus ambigu avec leur métier c'est certains. Cependant dans l'exemple cité par une lycéeene ceux de la première catégorie sont absents sinon ça se saurait.
Il y a le plan de l'Institution. L'éducation nationale n'ayant pas de fonction éducative, comment les enseignant dont vous parlez peuvent-ils y exercer sauf en ayant recours à un héroïsme quand même minoritaire.
Il y a le plan de la pratique et les difficultés que vous évoquez ne sont que l'indicateur d'un déphasage entre la situation et l'idéal pédagogique qui n'est même pas là. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas "instruction". Quant aux outils qui seraient transmis permettez moi de douter qu'ils soient ceux d'une "révélation" dont elle témoigne. Là le malentendu est total.
Il y a le plan de la théorie alors là le problème est majeur déjà quand vous parlez de sens j'aimerai bien que vous me donniez une définition rigoureuse de ce concept dans l'usage que vous en faites. Que le terme soit employé je n'en doute pas qu'il signifie quelque chose de rigoureux et d'efficace j'en doute fort. Il y a sur ce terrain des conflits idéologiques et épistémologiques qui ont surtout pour conséquence d'éliminer le sujet intentionnel et de se trouver en face d'êtres qui ne correspondent pas aux modèles.
Je termine sur cette phrase " Rien n'est plus important pour nombre d'entre nous aujourd'hui que la question du sens" Parlez vous du sens de votre métier, du sens de l'institution, du sens de sa mission, du sens de la vie et de l'éducation des jeunes. Je fais volontairement un lien entre tout cela pour en finir avec la même question de quoi parlez vous quand vous parlez de sens et quel(s) sens poursuivez-vous?
Je pense à tous ces sens que vous dites, à l'évidence. Sans oublier le sixième.
Sur l'institution, je ne vous rejoins pas entièrement. Il faut d'ailleurs distinguer l'Institution proprement dite des discours politiques contingents - ceux d'aujourd'hui, par exemple. Car ils ne sont pas exactement superposés. L'institution résiste, comme on sait, et pas seulement au niveau des enseignants. Elle évolue aussi, assez lentement il est vrai, à travers les personnes qui la composent. Ce n'est pas, contrairement à ce qu'on croit souvent, une pure entité abstraite et menaçante. L'institution, par ailleurs, n'est pas la même d'une académie à l'autre. C'est pourquoi il est, à mes yeux, assez risqué de la considérer comme un bloc homogène.
Il est étrange de vous voir écrire que l'éducation nationale n'a pas de fonction éducative, quand cette fonction semble, bien au contraire, parfois prendre le dessus sur sa fonction d'instruction, tout aussi importante, du reste. Il faut s'entendre sur cette question aussi, dans ce cas. Que signifie "éduquer"? En l'occurrence, l'institution elle-même, tout en sentant le rôle qu'elle a à jouer, ne le sait pas très bien. S'agit-il de donner des cours de politesse et de morale? s'agit-il de former des individus autonomes, des "honnêtes hommes" au sens du XVIIIe? s'agit-il de former des citoyens? Mais pour quelle société? Je crois que le vrai problème se situe là, en réalité : notre société vit une crise d'identité profonde depuis de nombreuses années et demande à l'institution scolaire de pallier sa propre défaillance de sens, ce qui n'est tout simplement pas possible. On lui demande alors à la fois de former des citoyens et de définir ce que signifie être un citoyen aujourd'hui. C'est sans doute pourquoi bien des enseignants ne savent plus très bien quelle est leur mission. Certains se réfugient alors dans la pure transmission disciplinaire, d'autres s'attachent à construire un sens introuvable parce qu'ils sont trop isolés, beaucoup se sentent en porte à faux avec le reste du monde. Pas étonnant, dans ces conditions, que les élèves aient du mal à saisir le sens (toujours lui) de toute cette affaire.
Alors que signifie "éduquer"? Au sens propre, au sens latin plutôt, cela signifie grosso modo "mettre au monde". Mais dans quel monde? Nous ne le savons plus. Ce n'est ni la faute des enseignants, ni celle de l'institution.
Quel sens je poursuis, pour finir? Le sens de la vie, sans aucun doute. Face à la situation que je viens de décrire, je ne vois, personnellement, qu'une issue : donner à mes élèves les moyens de penser leur vie, de penser leur propre humanité, en espérant qu'ils trouveront à s'inscrire malgré tout dans ce monde en fuite et à y poursuivre après moi la quête du sens, qui ne peut se définir de manière "rigoureuse et efficace" (sauf dans les régimes totalitaires) parce que, et c'est le fondement même de la démocratie, il est toujours à construire. Mais enfin, pour y réussir, nous devons résoudre le paradoxe inhérent à la démocratie, entre la promotion de la liberté individuelle, et l'inscription dynamique de cette liberté dans une collectivité qui la détermine aussi. Voilà, à mon sens, le problème qui se pose à nous aujourd'hui et que l'école ne saurait être seule à penser, encore moins à résoudre.
hallelujah ! Pas une fois le mot Sens dans le commentaire ci-dessus. Roger, tu sais nous surprendre quand tu veux. Et en plus, j'ai tout compris ! C'est un miracle. Merci à Plume d' avoir incité Roger à tant de limpidité !
Néanmoins 2 petits commentaires si je puis me le permettre.
- Roger, qu'entendez-vous par? : " D'autre part vous voyez bien qu'elle ne s'est pas produite pour un très grand nombre d'adultes y compris des professionnels de l'enseignement (vous ne parlez pas de vos profs, absents du tableau) et même des commentateurs de Slate ".
- Que le commentaire de Plume est désespérant ! Non pas ce qu'elle écrit, elle fait preuve de grande maturité et de clairvoyance, mais sur le constat qu'elle fait de l'innéfficacité de notre système éducatif. Les jeunes préfèreraient-ils s'instruire et se cultiver par le biais d'internet plutôt que grâce à l'éducation nationale ? Oui à en croire Plume, oui à en croire un petit groupe de prof ( un comble !) avec qui je déjeunai la semaine dernière. Hélas cela ne m'étonne pas ! Lorsque le système éducatif dans son entier aura compris qu'il vaut mieux apprendre par désir et soif de connaissance que par obligation, qu'il vaut mieux suciter ce désir et faire en sorte qu'il émerge plutôt que de rabacher, alors oui, nous aurons des élèves épanouis et heureux d'aller en cours . Rien de plus désespérant qu'un élève qui sort de cours en disant " qu'est-ce qu'on s'est fait chier "
cordialement,
Sur mon commentaire, repris dans d'autres articles, je ne critique pas votre travail de critique, mais votre excès de jugement, vous ne décrivez pas un ressenti, une impression, mais vous sortez carrément une analyse, un délibéré de la haute commission des insoumis de la pensée, que vous semblez représenter.
Pour moi, une critique devrait être quelque chose qui pousse à la réflexion et ne pas ressembler à un peloton d'exécution. C'est tout ce que j'avais à dire.
Votre analyse est très intéressante et permettrait de comprendre le désarroi d'une profession dont le film montre un « passage à l'acte » symptomatique (un désir inconscient).
Vous évoquez l'hétérogénéité des pratiques et peut-être des doctrines. Vous dites que quelques fois la fonction éducative prend le pas sur l'instruction mais vous faites suivre immédiatement d'une interrogation profonde sur ce que signifie éduquer avouant que l'institution ne le sait pas très bien. Vous dites que la société n'est pas claire et que l'éducation nationale se trouve avec un enjeu qu'elle ne maîtrise pas.
Mais cela confirme tout à fait ce qui a été dit plus haut et notamment par la lycéenne. L'institution cependant c'est-à-dire le corps de ceux qui la dirigent et la régentent n'a décidément pas pris au sérieux la fonction éducative, par idéologie. Les ministres qui sentent le malaise essaient de réformer mais on ne peut changer la forme tant que le Sens n'est pas éclairé. C'est leur erreur et celle de ceux qui résitent au lieu de chercher à y voir clair.
Vous interrogez à juste titre une dimension de l'éducation que l'on pourrait appeler socio-culturelle qui dépend des fonctionnements et horizons de la société environnante. Mais là, étant dans une mutation, il faudait pouvoir saisir et comprendre ce qui vient. C'est ce que fait empiriquement notre lycéenne clairvoyante mais pas l'institution. Il y a cependant des enseignants qui font des choses extraordinaires en la matière mais qui restent méconnus.
Il est vrai que le métier de transmission du connu n'est pas à l'aise dans un monde inconnu, celui qui vient. C'est pour cela que l'autre aspect essentiel de l'éducation devient majeur et vous n'en parlez-pas. Comment un enfant grandit, que signifie le passage de l'adolescence, comment un adulte grandit, que signifie le passage de la maturescence? Comment on grandit ensuite? Eduquer c'est aider à grandir, humainement parlant, c'est-à-dire développer une maîtrise plus grande de son rapport aux mondes personnels et culturels (individuels et collectifs).
Le terrible c'est que l'institution et un grand nombre de ses professionnels ne savent pas ce qu'éduquer veut dire sous cet aspect sinon ils sauraient quoi faire en cette période de mutation.
Il est vrai aussi que nous passons d'une civilisation des représentations mentales avec la prédominance des modèles, à produire et à transmettre, à une civilisation du Sens où la maîtrise du Sens de son existence et de celle des communautés auxquelles on participe (ex Sens du bien commun) devient l'essentiel; les modèles, changeants, l'accessoire. Vous en avez l'intuition avec l'importance des questions de sens qui sont partout maintenant. Vous voyez aussi ce qui s'en va (la reproduction de modèles et références bien établis et même sacralisés dans l'éducation nationale). Ce n'est pas le signe d'un désordre mais d'une mutation. C'est pour cela que je vous ai posé une question très précise : qu'est ce que le sens dont vous parlez? (ex: le sens de la vie est-il le sens des linguistes ou des sémioticiens?). Songez que si les enseignants ne se mettent pas à ce chantier comment pourront-ils répondre à des élèves qui y sont plongés et qui réclament des "maîtres" … de l'école du futur. Malheureusement ce n'est pas l'institution qui va les y aider, arc-boutée sur ses modèles du passé, fussent-t-ils dits modernes.
Pour un média comme Slate c'est aussi le même chantier qui doit dépasser les jeux d'opinions et les émois du moment. C'est d'ailleurs dans ce dépassement que nous pouvons commencer comme ici à entrer dans une vraie discussion, de vrais commentaires qui ne font souvent autrement que taire l'essentiel.
Jean Girel > « Tu dis qu'il faut leur "expliquer l'importance du savoir". Par expérience, je peux te dire qu'un enfant-ado n'apprend bien que grâce à deux moteurs : l'imitation et l'intégration sociale. "Expliquer" ? Cela exigerait d'obéir, ce qui ne correspond absolument pas à la psychologie adolescente moyenne. Car pour comprendre, pour admettre ("obéir à l'explication"), il faut avoir vécu. L'expérience ("l'explication") ne se transmet pas. Pas directement, en tout cas ! »
Expliquer serait obéir ? Je ne pense pas, cela revient pour moi à proposer des solutions, des pistes. On oblige pas un élève à faire un exercice de maths en lui expliquant comment il peut le résoudre, si il n'en a pas envie il ne le fera pas mais si on lui explique que ce qu'il fait dans cet exercice peut lui permettre de faire ci ou ça, concrètement, sûr qu'il emploiera tous ses moyens pour le réussir cet exercice. =) Ce que je dénonce c'est cet « obscurantisme » ambiant : faire pour faire, finir le programme pour finir le programme (Désolé petite rancoeur personnelle, on va finir par croire que je suis contre l'école, ce qui n'est pas le cas) qu'une majorité des professeurs ont comme leitmotiv .
« Placer l'élève en position de demandeur, et le maître en position d'assistant » Je plussoie, placer l'élève en position de demandeur d'aide et de connaissance est le point de vue que j'ai.
« "placer l'élève au centre du processus enseignant" n'est pas l'infantiliser » Non sommes décidément d'accord, le plus important est l'élève. Mais cette sorte de dynamisme motivé par la curiosité et l'envie ne peut marcher que si l'élève prend conscience qu'il est acteur de l'acquisition de son savoir, ce qui n'est pas toujours le cas.
Roger Nifle > Votre commentaire et analyse est assez intéressant. J'ai toujours l'impression que la majorité des gens, presque tous, n'ont pas conscience du boulversement qu'est Internet et des changements qu'il va provoquer (culture musicale et journalisme en tête pour l'instant !). D'ailleurs une vidéo intéressante à ce sujet : la conférence de Michel Serres, académicien, faite pour les 40 ans de l'INRIA où il fait une analogie entre Internet et la révolution de l'écriture et de l'imprimerie : à voir.
« L'education nationale devra disparaître dans ses formes actuelles au profit de quelque chose où la fonction éducative sera l'essentiel et la fonction d'instruction l'accessoire. »
Accessoire mais pas secondaire, la fonction éducative devrait être la base de tout enseignement et doit évoluer tout au long de la scolarité afin d'accompagner et de tirer profit au maximum de l'instruction, de manière intelligente et réfléchie, précision importante.
« Vous dites que vos notes en S sont très moyennes. Si nous y voyons plus clair que d'autres sur les situations, les conditions que nous rencontrons nous obligent à nous mesurer avec des réalités imparfaites. Il faut chercher à y exceller quand même, non par soumission passive mais par volonté de maîtriser autant que l'on peut ce qui nous est donné à vivre c'est-à-dire en tirer le meilleur profit. » J'y ai renoncé, dégoutée par cet enseignement qui ne m'intéressait pas, par contre j'attend avec impatiente mes prochaines années d'études.
J'aimerai d'ailleurs revenir sur vos propos « maîtriser autant que l'on peut ce qui nous est donné à vivre », j'interprète cela comme la période essentielle de l'éducation de 7 à 16 ans, 18 ans ou plus qui correspond à l'instruction de base pour chacun dans les pays développés où à chaque enfant à le droit à de nombreuses heures de cours pour s'instruire, bref. Mais ne disons nous pas que la formation continue tout au long de la vie ? Par là nous pouvons entendre la formation dans un domaine spécialisé, celui de notre travail mais qu'en ait-il de la biologie, du français, d'une langue étrangère ou autre ? Nous considérons ces connaissances essentielles et de bases puisqu'enseignées avec acharnement les 16-18 premières années d'une vie, mais quand ces connaissances n'ont pas été acquises par manque de motivation, d'intérêt ? (Problème de la naissance d'un désir de connaissance que j'ai précédement expliqué). Il m'est souvent arrivé, et encore maintenant, d'entendre beaucoup de personnes regretter de ne pas avoir fait de plus longues études, d'avoir ce regret de ne pas avoir su profiter de cet enseignement dispensé à un âge où nous n'avons pas conscience de l'importance de tout ce processus. Bien sûr il existe des reconversions professionnelles ou autre, mais il faut un énorme boulversement dans la vie d'une personne pour reprendre des études, et la majorité du temps, des études orientées professionnelles, ce qui est légitime, mais qu'en ait-il de l'histoire, de la géographie, etc ? Matières essentielles à la compréhension du monde. Bien sûr il existe des livres, mais combien de personnes font la démarche d'aller apprendre dans des livres ? Un enseignement est pour moi indispensable, cette aide que l'enseignement apporte et la manière dont il partage son savoir est capital pour la compréhension et l'acquisition d'une matière. (Je ne renie pas l'autodidactisme, mais tout le monde n'en est pas capable de manière approfondie il me semble).
Bref, je déplore que l'on catégorise cette instruction basique à un âge où nous n'avons tout simplement pas conscience de son importance, ce qui plus tard fait naître des regrets chez des adultes de ne pas avoir su profiter, d'avoir tirer le meilleur profit de l'enseignement qui a été donné. Pour moi l'enseignement « de base » devrait pouvoir être dispensé à tout âge.
Linus > « Rien n'est plus important pour nombre d'entre nous aujourd'hui que la question du sens ; et elle ne se résout pas en expliquant au gamin de sept ans qu'il doit travailler ses maths pour pouvoir construire un avion plus tard, elle est bien plus complexe et fondamentale que cela; car que répondre, alors, à celui qui n' a rien à faire des avions ? »
Je serais tentée de dire que c'est le travail des enseignents mais ça serait une facilité. Bien sûr que chaque chaque élève ne rêve pas de construire des avions ! C'était un exemple parmis d'autres : faire naître un désir de savoir revient à entendre les rêves de chaque élèves, et chacun à ses propres rêves et envies ! C'est ainsi qu'il faut trouver, proposer, montrer aux enfants combien ce qu'il font une bonne partie de leur temps à l'école est fondamentale pour leur avenir mais bien sûr « avenir » n'a bien souvent qu'un sens abstrait, il faut alors imager l'utilité que peut avoir un savoir et trouver une image pour chaque enfant trouve son intérêt dans l'instruction qu'on lui propose. Celui qui veut faire un avion deviendra tout à coup intéressé par les maths, celui qui veut devenir écrivain s'appliquera pour écrire le français, cet autre est passionné par les animaux pourra s'intéresser vraiment à la biologie, etc. Dans les mots c'est bien plus facile à réaliser qu'en réalité, mais une petite rédaction aux enfants demandé dès le début d'année comme « Quels sont tes rêves secrets ? Ou Que veux-tu faire plus tard ? Qu'est-ce que tu aimerais savoir faire ? » pourrait être une piste pour motiver chacun selon ce qu'il souhaite faire de sa vie.
« Ce que l'on peut donner, alors, ce sont les moyens, pour chacun, de trouver ce sens. » Et au bout de 6 ans d'enseignement quotidien il pourront enfin savoir ce qui les motive réellement ? Quelle période laborieuse pour nombres d'élèves qui se retrouvent désintéressés totallement d'un enseignement qui est au combien enrichissant ! Et ce sont ces élèves que l'on retrouve plus tard à regretter de ne pas avoir continué à étudier.
« Y serait-elle parvenue si on ne lui avait pas donné les outils pour le penser? » Je vais alors retraçer mon parcours : à 10 ans je me vois offrir un ordinateur, 10 ans et demi une connexion internet, du 56k à l'époque ! 5 ans (d'errance) plus tard je découvre que l'on peut faire des sites web puis je me tourne très vite vers le logiciel libre, séduite par sa philosophie, à partir de cet instant je commence à m'intéresser à ce qui se cache sous Internet et l'Informatique, j'avais 16 ans et demie : ntic, cloud computing, propriété intellectuelle, phénomènes du web, innovations, etc. Puis récemment : l'e-campagne d'Obama, HADOPI et aussi cette vidéo de Michel Serres qui a été un réel déclencheur. À travers l'expérience que j'ai vécu tout au long de ces années, j'en suis venue à m'intéresser à la philosophie, un peu de politique, d'histoire, un soupçon de géographie, l'anglais, l'économie, etc. Mon instruction a sûrement été un facteur mais pas un élément déterminant. C'est sûrement quelque chose d'assez personnel mais le changement à été fulgurant dans ma manière de penser. D'où ce questionnement : pourquoi avais-je été aveugle toutes ces années pour ne pas voir le bénéfice de l'instruction ? La raison, je l'ai déjà exposé dans mon premier et mon deuxième commentaire.
« Les enseignants de zep, ceux qui réfléchissent vraiment à leur métier tout au moins, au lieu d'attendre d'avoir les points pour partir, ont depuis longtemps compris qu'ils n'ont pas affaire à des élèves livrés clefs en main, déjà prêts à recevoir leur enseignement. »
Et je serai tenté de dire qu'il n'y a pas des masses d'élèves livrés clefs en mains prêt à recevoir l'enseignement d'un enseignant... C'est seulement beaucoup plus prononcé en zep. Je suis d'accord qu'il ne faut pas mettre tous les enseignants dans le même panier, il y en a qui se démènent pour intéresser leurs élèves, mais la tendance n'est pas celle-là pour moi, et une année « ratée» (car l'enseignant fait beaucoup dans une année d'enseignement) est assez difficile à rattraper pour un élève. Je salue donc tous ces bons professeurs qui quand même ont beaucoup de courage, je me suis toujours dis qu'il fallait être fou pour être professeur...
> Quel sens donner au sens ? De Linus : Bravo pour ce commentaire, vous touchez un point sensible. =)
Néanmoins je m'étonne : Cela me semble si... simple, cela vient peut-être de ma naïveté mais pourquoi le ministère de l'Éducation National (indépendament des toutes les différences d'idéologies entre les rectorats, indépendament des méthodes qui diffèrent selon les professeurs, c'est tout de même l'EN le grand manitou de l'organisation et des idées directrices de l'Éducation en France), donc pourquoi ce ministère ne pose-t-il pas les bases concrètes de ce sens du sens de l'enseignement ? J'ai l'impression qu'il y a un manque de communication, un manque de définition des 'objectifs' ou plutôt le manque de la mise en place d'un but clairement définit pour toute la population, ce qui nous amène aux nombreux blocus et grèves de toutes les personnes concernées par l'enseignement. Pour en venir à toutes ces réformes lancées coup sur coup pour faire 'mieux' mais quoi mieux ? J'ai toujours pensé que l'État en général était une sorte de chose globuleuse, aujourd'hui je pense qu'ils ont vraiment des problèmes à communiquer sur leurs buts, c'est mon avis personnel =) Bref, cela je rejoins ce que vous dites, quel sens donner au sens ?
« Alors que signifie "éduquer"? Au sens propre, au sens latin plutôt, cela signifie grosso modo "mettre au monde". Mais dans quel monde? »
Pour moi le but de l'enseignement est un individu autonome qui s'inscrit dans une démocratie, idéalement un être engagé ayant la capacité d'analyse et de critique. Dans quel monde ? Et bien un monde meilleur ! Je suis une idéaliste mais je pense que c'est seulement en tendant vers un idéal que nous arriverons à donner à chacun une éducation qui éclaire et permet l'autonomie, c'est un but qui est nécessaire. Le moteur de tout ceci est l'espoir. Qu'importe le monde, qu'importe les changements qui s'opèrent dans notre société.
(Entre naïveté et idéalisme je vascille, mais je ne regarde plus la télé, ça me déprime trop. =)
C'est pour moi vraisemblablement un mot important : l'espoir ; donner espoir aux élèves, aux enseignants. L'espoir d'un monde meilleur à travers des individus auxquels ont aura donné l'espoir et la volontée de réaliser leurs rêves ainsi moteur d'une instruction qui leur permettra par la suite d'agir pour réaliser ce monde idéaliste.
Cet espoir passe par la passion des enseignants ; suffirait-il alors de redonner espoir aux enseignants et de faire naître des désirs de connaissances chez chaques individus pour qu'enfin le sens trouve un sens ?
Pourquoi je n'ai vraiment pas aimé "La journée de la jupe" également.
- Ce film déborde de démagogie sur l'image de l'enseignement.
- Ce film n'est qu'un sketch (la preuve la plus cinglante : Jackie Berroyer en Principal) porté par un casting digne d'une série télé du jeudi sur TF1. Adjani jouant la prof caricaturale me fait honte.
Ce film n'est pas un film, la mise en scène, les dialogues, tout ce qui fait un film n'est pas à la hauteur.
Je me demande encore comment ce film peut plaire aux profs.
Sont-ils heureux de voir des "stars" jouer leur rôle et répondre ainsi à leur terrible déficit d'estime ?
Pour ma part, la réalité que je vis tout les jours dans mon lycée de banlieue est bien plus subtile, insidieuse et sombre.