Pourquoi Guillon est-il si méchant?
L'humoriste de France Inter ne respecte rien ni personne. Surtout pas ceux qui ont choisi de se donner en spectacle.
- DR -
Comme il l'explique lui-même «pour comprendre, il faut savoir que les Guillon sont une longue longue dynastie d'enculés. Mon grand-père était un enculé, père était un enculé, mon fils est une belle petite saloperie.»
Mais comment ça marche?
Règle n°1 : dire les pires horreurs.
Il est grand temps de mettre bas l'imposture: Guillon est évidemment un personnage de fiction inventé par David Shore et les autres scénaristes de Dr House pour recaser leur surplus de vannes.
Règle n°2 : très important, n'hésitez jamais à attaquer le physique, l'âge ou l'orientation sexuelle de sa victime.
Oui, bien sûr, le procédé est immonde, mais pourquoi se priver d'une blague facile? Surtout quand on a le regard par en dessous du fourbe qui finit toujours par trahir le héros dans les cinq dernières minutes du film.
Règle n°3 : quand on vous demande de vous calmer, faites pire.
Si, par exemple, au hasard, vous avez traité Martine Aubry de «petit pot à tabac» et que votre direction vous a signalé que ce n'était pas très élégant, ne pas hésiter la fois suivante à enfoncer le clou en rappelant que 2009 sera une année faste pour Martine puisque c'est l'année du buffle.
Règle n°4: allez-y carrément sur le mode de vie de votre victime.
Dénoncez ses revenus, son mode de vie de châtelain, ses vacances de rêve. Evoquez les yaourts périmés que mangent les Français, tandis que vous avez vous-même à votre service une laitière personnelle, Francesca, qui vous prépare des yaourts faits maison tous les matins, vers 4h, heure à laquelle Augustin, votre Premier Valet de Chambre, installe les bancs desquels vos favoris sont autorisés à assister à votre lever.
Règle n°5 : Ridiculisez vos propres employeurs.
Evidemment, là, il y a une injustice flagrante. C'est éminemment plus facile à faire quand votre patron a posé en costume de catcheur pour un calendrier — et ce n'est pour le moment pas le cas des rédac-chefs de Slate. Ce qui est au demeurant fort dommage, n'est-ce pas? Johan Hufnagel en combinaison latex doré est une image pourtant réclamée à corps et à cris par une large partie du lectorat — toutes tendances politiques confondues. L'avantage pour votre patron sera alors de passer pour un homme ouvert d'esprit, prêt à accepter le sarcasme (ou à perdre son poste). Et vous dédouanera au passage de tout soupçon de favoritisme dans vos attaques.
On peut quand même se demander pourquoi le cas Guillon est devenu problématique alors que ses attaques ne sont pas plus méchantes que les chroniques qu'il faisait sur Canal dans «20h10 pétantes» ou plus tard dans «Salut les terriens». A l'époque, le fait qu'il épingle au hachoir des vedettes passait pour de la broutille entre gens du showbiz. Il semble donc que l'indignation générale suive une géométrie mystique dont la variable est peut-être la profession de la victime.
Méchanceté gratuite contre people-isation
Parce que soyons clairs, les attaques sur Lorie, aussi blessantes soient-elles, tout le monde s'en contrefout. En revanche, ce traitement est nettement moins bien toléré vis-à-vis des politiques. A l'exception notable de Le Pen: les vannes sur son œil de verre ou sa vie privée sont considérées de salubrité publique.
Bien sûr, on attend d'un humoriste qui dresse le portrait des politiques qu'il les attaque sur leurs idées plus que sur leur physique. Ce que Lech Walesa avait résumé après une des chroniques de Guillon «Monsieur, vous avez le talent de dire avec humour des choses inintéressantes».
Plutôt qu'inintéressantes, certaines attaques manquent de fond et sont l'expression de la fameuse «méchanceté gratuite». Mais en cela, Guillon est sans doute la réponse exacte à une classe politique qui se sert de plus en plus de sa vie privée et de ses luttes de pouvoir internes comme d'un programme électoral.
Libre à chacun de trouver qu'il va trop loin, qu'il n'est pas respectueux de la personne humaine, que ses attaques sont basses, que le procédé est méprisable. Mais entre juger ses chroniques de mauvais goût et suggérer qu'il mérite une sanction, il y a un gouffre qui a pourtant été allégrement franchi ces derniers temps. Plutôt que de réfléchir à l'opportunité de laisser s'exprimer Stéphane Guillon, il vaudrait peut-être mieux se demander pourquoi les gens qui, à 7h55, partent au travail se réjouissent d'entendre pendant 4 petites minutes des saloperies sur ceux qui les dirigent.
Il y a bien entendu la fonction d'exutoire. La jubilation pure d'entendre, et par procuration de dire, des horreurs comme le fait le susnommé Dr House. Ce que les codes sociétaux interdisent, «il ne faut pas se moquer du physique de tes petits camarades». Transgresser l'interdit. Plus profondément, c'est peut-être aussi la posture de perpétuel spectateur qui rend nécessaire ce genre de défoulement. Que Stéphane Guillon s'attaque à des politiques, des journalistes médiatisés, des présentateurs, des acteurs, des chanteurs, des sportifs, le processus de destruction est le même. Il n'hésite pas à viser précisément là où ça fait mal, là où une certaine notion de la bienséance voudrait qu'on détourne pudiquement le regard (un handicap, une situation personnelle difficile). La conséquence, c'est qu'il met en avant les faiblesses humaines, les failles de personnalités qui sont dans le sur-contrôle de leur image.
Ainsi, du portrait de DSK en obsédé sexuel incapable de dominer ses pulsions primaires.
C'est ce rabaissement qui est jubilatoire, voir les «puissants», comme le président du FMI, ramené au rang de simples individus. Dans le même esprit, Anne Roumanoff expliquait que les blagues sur la taille de Sarkozy fonctionnaient toujours, que le public en était friand. Evidemment, ça ne fait pas appel à ce qu'il y a de meilleur dans l'humain mais c'est le symptôme d'une forme de malaise dans une société divisée en deux clans. La posture de spectateur dans laquelle la majorité de la «foule» est cantonnée produit rancœur et frustration contre tous ceux qui sont médiatisés. Une rancœur d'autant plus profonde que la seule morale qui semble désormais prévaloir est qu'il faudrait précisément à tout prix s'extraire de cette foule, intégrer le clan de ceux qui sont regardés plutôt que celui des spectateurs.
Conséquemment un décrochage toujours plus important se creuse entre ceux qui regardent la télé et ceux qui y apparaissent, un rapport pervers se développe entre les deux catégories d'individus et il devient jubilatoire d'assister au lynchage de ceux qu'on nous donne en spectacle perpétuel.
Titiou Lecoq est journaliste indépendante et blogueuse sur Girls and Geeks.Mis à jour le 24/12/2009 à 14h49










![1981, la candidature Coluche lance le vote de crise [INTERACTIF] 1981, la candidature Coluche lance le vote de crise [INTERACTIF]](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/coluche-une.jpg)

































A l'époque, le fait qu'il épingle au hachoir des vedettes passait pour de la broutille entre gens du showbiz. Il semble donc que l'indignation générale suive une géométrie mystique dont la variable est peut-être la profession de la victime.
Il y a eu une métamorphose de Guillon avec son arrivée à France-Inter. A l'époque des vannes sur les vedettes, il ne faisait que reprendre les vannes que tous les humoristes balançaient sur les chanteurs et chanteuses. Untel n'a pas de voix, une telle chante trop fort, Régine est vieille etc. C'était un florilège de blagues convenues sans aucune originalité. Dans le jeu de massacre en dessous de la ceinture des personnalités politiques, il est plutôt créatif...
oui merci à lui car là où l'on nous donne à voir ou entendre une parole filtré,e aseptisée ,une langue de bois à laquelle nous ne pouvons répondre il nous donne l'impression de nous venger et même s'il est parfois choquant il nous fait sortir de cette bulle sans odeur. Rappelons nous qu'il est bon de savoir encore repérer le nauséabond pour ne plus marcher dedans.
La règle générale,
entre adultes,
c'est que l'on devrait pouvoir tout penser,
tout se dire, tout dire,
à tout le monde, tout le temps,
sans aucune espèce de censure
ou de retenue.
Une société de citoyens non névrosés
permettrait cela sans ambages,
ni sans embûches particulières,
comme sur un tableau d'air,
les paroles passeraient,
sans accrocher,
dans une hilarité sincère,
et capable de distinguer
le sérieux de l'ironie,
le sérieux dans l'ironie,
le cynique dans le sérieux,
le tendre dans l'infect,
- et il n'y aurait de méchanceté
que contre le méchant.
Mais... notre civilisation...
forme essentiellement des malades,
incapables de cette souplesse requise,
nécessaire, première, indispensable,
et ainsi hors des sortes de rings boxants,
motus, hypocrisies, fiels sinueux,
paraboles floues, le vaseux des allusions,
lourdeurs et pour tous,
l'incompréhension générale,
dans une humeur de quiproquos,
de méprises,
d'équivoques,
de malentendus,
d'erreurs confuses,
et de politesse navrée
même pas civilisée...
Je trouve qu'on en fait un peu trop avec Guillon ... Ses chroniques - radio, télé - se veulent méchantes, mais elles n'atteignent pas les saillies talentueuses d'un Coluche ou d'un Desproges ... Il est vrai que la gouvernance actuelle, qui frise la caricature, facilite la tâche des humoristes, à commencer par " ce fils d'enculé ", comme il se définit lui-même ... En ce moment, presque tous les médias parlent de lui, et, in fine, ce sont autant de coups de pub bon marché ! Selon moi, il est inutile de vouloir le " psychanalyser ", car, immanquablement, on en arrive toujours à la même conclusion : n'est pas " (ai)guillon qui veut !
Je suis entièrement d'accord avec vous. Tout le monde a oublié Coluche, Desprogres ou Thierry le Luron qui entonnait "l'emmerdant c'est la rose ! " Il était de bon ton alors de rire ... : il attaquait Mitterrand. Pour ma part, je ne l'ai jamais trouvé rigolo Thierry Le Luron, mais pas rigolo du tout !!! Il s'en prenait à tout le monde, il attaquait les défauts physiques, il était mordant... Alors Stéphane Guillon, presque 30 ans après, c'est gentil !!! après tout, je pense que si DSK n'avait rien dit, cela aurait passé inaperçu... mais bon ! Je regarde tous les soirs "le Grand Journal" et M. APATHIE n'est pas tendre avec la classe politique. Ayant "tapé" constamment sur les déficits publics, il est étrangement muet alors qu'ils se sont envolés très haut... Il est drôlement bizarre à moins que M. SARKOZY lui fasse un peu peur !!! En tous cas, j'espère que le Président de la République n'interdira pas Stéphanne Guillon. M. MITTERRAND n'a pas fait interdire Thierry le Luron ...
a bon entendeur...
Pour la chronique sur DSK, par exemple : je suis fan de notre directeur du FMI, sur le plan des idées politiques... mais j'ai trouvé absolument idiote sa réaction face à la chronique de Guillon (beh vi, quand on fait son lit, on se couche... rarement ce proverbe aura été aussi approprié ! :) ).
Et pourtant, la chronique de Mr Guillon n'était pas drôle. Et c'est là que je dois différer de pas mal de Français, parce que contrairement à ce qu'affirme l'article, je n'aime pas du tout les vannes sur le physique, ou le cul, ou etc. une bonne vanne doit porter sur un travers remarquable et détestable (ou admirable, mais ça fait tout de suite beaucoup moins rire...). Une bonne vanne doit dénoncer, doit ouvrir les yeux, doit marteler un fait passé sous silence. Les chroniques de Didier Porte, sur la même radio, elles, tapent là où ça fait mal. Tout comme les sketchs des guignols. Mais Guillon... c'est le Franc Dubosk (ou le JM Bigard) de la chronique radio.
Alors oui, il arrive exceptionnellement que je sourie à une chronique de Guillon, et je défendrai toujours un héraut de la liberté d'expression, même s'il n'est pas drôle.
Mais ce pourfendeur de people qui en est un lui même ferait mieux de se remettre en question, et d'utiliser sa notoriété à faire quelque chose d'utile de son maigre talent, plutôt que se s'enfermer dans le rôle du grand méchant que tout le monde aime détester.
Toutes les valeurs sont en train de s'effondrer - pas seulement boursières et bientôt monétaires. Les élites dirigeantes, qui dans notre système méritocratique, sont censées recruter sur leur compétence gestionnaire, sont également mises à mal, déligitimées, décridibilisées. On leur reproche de n'avoir pas vu venir la crise. Et d'être incapables de la juguler. A juste titre.
Pas étonnant, dans ces conditions, que les bouffons s'engouffrent dans la brèche creusée par l'effondrement des positions d'expertise.
Le problème, c'est que le public attend des bouffons un éclairage, une analyse. Et que ceux-ci ne sont en réalité que la chambre d'écho des petites idéologies du moment. Ils ne contribuent donc pas à l'intelligibilité des mutations en cours. Ils les obscurcissent.
Mais la rancoeur populiste anti-élites trouve en eux une incarnation à sa mesure.
Reste que le cynisme de masse, l'ironie universelle, le nihilisme constituent précisément l'une des causes les plus profondes de "la crise". Madoff est un personnage des "Guignols".
Par conséquent, le pouvoir montant des bouffons ne contribuera pas à nous en faire sortir. Au contraire.
Reste que le cynisme de masse, l'ironie universelle, le nihilisme constituent précisément l'une des causes les plus profondes de "la crise". Madoff est un personnage des "Guignols".
Aujourd'hui tous ces personnages ce sont avérés être des bouffons et Madoff vient d'entrer aux Guignols. Mais pendant toutes les années qui ont précédé, ces personnages ont au contraire été révérés (Madoff, Greenspan etc.) et la moindre critique de leurs discours faisait de vous un imbécile qui n'avait rien compris ni à l'évolution de l'économie, ni à l'évolution du monde. Rappelez-vous ce que l'on s'attirait comme critiques des économistes et des politiques, si l'on s'interrogeait sur les bienfaits du capitalisme financier ou sur les rémunérations des dirigeants des entreprises.
Le cynisme de masse, c'est aussi un moyen de garder ses distances vis à vis de l'idéologie dominante. Il y a bien sur le danger du "tous pourris" qui conduit à une remise en cause de la démocratie, mais une trop grande révérence pour des idées ou des positions sociales est aussi dangereuse pour la démocratie.
Pendant deux ans, j'ai eu a subir presque chaque matin le "doigt d'honneur" de Stephane Guillon grandeur nature sur l'affiche de son spectacle, dans les couloirs du métro. Agression gratuite contre laquelle je ne pouvais rien.
C'est peu dire que je lui retourne son geste obsène chaque matin, et que je change de fréquence allègrement dès que j'entend sa chronique arriver.
parce que depuis 2002 les médias, personnalités publiques etc...sont très révérenciels vis à vis du pouvoir.
La moindre critique est suivi d'un blâme, d'une mise à pied etc - même Nicolas Demorand a viré Miguel Benasayag de son émission sur France Cul en 2003 parce qu'il avait osé démontrer que Nicolas Sarkozy avait mis-en-place 11 des 13 propositions du Front National en matière de sécurité en tant que ministre de l'intérieur, le lendemain France Culture était débarrassé de cet accent argentin qui dérangeait la Place Beauvau.
Dommage que le sketch sur Aphatie ne soit pas des meilleurs, cet énergumène méritait quelque chose de plus incisif, quelque chose qui dévoilait la couardise du courtisan serviable jusqu'à devenir muet face à Sarkozy, mais d'une méchanceté extrêmement bavarde face à l'opposition.
Je crois que Guillon est la façon que les Français ont trouvé de se défouler après 7 ans d'apathie (excuse le jeu de mot facile, mais inévitable) médiatique, on ne veut pas qu'on les titille, on veut de la batte aux gencives.
(L'objet-titre doit beaucoup au docteur Eco)
Grand cas est fait des intrus ou perçus comme tels, le temps de dissiper la surprise de leur irruption dans nos sphères ou de les y assimiler. Déranger un ordre établi provoque une réaction autrement appelée résistance au changement.
Quelle est exactement le motif pour ouvrir une "affaire" Guillon ?
- La pointe d'incertitude née d'un îlot d'impertinence dans la vague quotidienne massive de sollicitations de nos sens dans une société de l'information (au sens général) toujours plus dense ?
La crainte donc de la contagion du fruit pourri ?
- La question philosophique du ressort et de la fonction du rire ?
- Ou encore une réaction corporatiste des amuseurs publics (conscients ou non de l'être) à la menace de devoir partager une audience qui n'est pas infiniment extensible avec un talent (à confirmer dans le temps) supplémentaire ?
Sur ce dernier point, pas la peine d'en faire un sujet national !
Sur le rire, un bon libraire, pendant qu'il en existe encore, doit pouvoir sortir quelques ouvrages de référence.
Sur le contrôle des ondes, ne pourrait-on pas revoir la procédure de nomination des responsables d'antennes afin de s'assurer que ceux-ci n'autorisent plus de débordement de mauvais goût ? (Du second degré, maintenant ?).
Il restera, bien sûr, à raffermir le contrôle sur ce foutoir qu'est Internet...
peut-être qu'une Haute Autorité Indépendante ? (Chiche, comme conclut l'auteur de "Il faut stopper Barroso" ! ;> )
Plus fin encore serait de mettre les rieurs de son côté... mais là, il en est de l'humour comme du bon sens en matière de partage...
Très traditionnel et même très traditionnellement conservateur cet article de Titiou LECOQ qui insiste sur la "rancoeur" et la "frustration" de la foule des spectateurs face aux médiatisés (= ceux qui vont sur les médias), ceux-là "se vengeant" en quelque sorte de ceux-ci par le rire dévastateur, c'est-à-dire qui ne respecte même pas le physique, pour ne pas dire le pysiologique des médiatisés moqués. Cela me rappelle ce que j'appelle les propos à la Paul BOURGET , le discours fondamentalement conservateur qui consiste à considérer que les gens critiques et revendicatifs - bref, ceux qui ne se satisfont pas du monde tel qu'il est, ne sont que des MECHANTS ENVIEUX !
Non ! "casser", "déchirer" - comme disent les jeunes - les puissants dans les différents domaines de la société (politique, économique, médias), c'est faire ce qui a toujours été de grande salubrité sociale: ce que faisait l'esclave à côté de l'imperator romain dans le défilé de son triomphe, lui rappelant ses défauts et ses manques, en particulier intimes; ce que faisait LE BOUFFON ou LE FOU DU ROI qui avait le droit de tout dire, y compris le plus irrévérencieux. Et c'est bien ainsi.
Pensons à la phrase de DIDEROT:" il vaut mieux un peuple quelquefois turbulent qu'éternellement abruti". Or le bouffon du roi est celui qui permet un peu cette turbulence et empêche souvent cet abrutissement
Lejacobin
Je sens une certaine envie, pour ne pas dire jalousie, dans cet article.
La liberté de l'impertinence serait-elle un bien précieu de nos jours ?
ps: Alors Quand verra-t-on Guillon comme chroniqueur sur Slate.fr ?
Amis Slaters, bonjour
Vous me faites bien rire avec vos commentaires sur l'amuseur du moment. La journée ne fait que commencer et déjà 11 posts sur l'animateur vulgaire n°1 du moment ! Plus que sur le pape, bientot plus que sur la chronique de Colombani !
Dans le genre, vous avez la mémoire courte, Coluche et Le luron furent bien plus irrévérencieux en leurs temps. Polac et son Droit de Réponse était bien plus polémiste que votre "chansonnier".
Ce qui me sidère c'est le nombre de vos commentaires auxquels j'ajoute le mien pour vous dire combien je vous trouve curieux, amis Slaters!
Sans doute êtes vous plus interréssés par les dérapages du clown radiophonique que par les difficultés, challenges, crises, enjeux, angoisses de notre époque...
Sans doute le mouvement social d'aujourd'hui na-t-il pas ou peu d'importance à vos yeux...
Sans doute n'avez vous point compris l'intelligence de Cluzel à faire venir sur son antenne un "drôle" de boute-en-train afin de relever les audiences calamiteuses de France Inter...
Sans doute, n'avez vous pas compris que, sauf erreur de ma part, France Inter étant radio publique, c'est, vous auditeurs vites satisfaits qui réglez le cachet de ce guignol...
Sans doute n'avez vous point remarqué le talent de Titiou à faire monter en sauce un non-évènement et à faire un excellent coup de pub pour France Inter...
Amis Slaters, vous m'amusez, bien plus que Guillon !
Cordialement,
Pas vraiment... Il n'est qu'un révélateur...
« L'humour » de Guillon ? C'est gras, c'est lourd, c'est du premier degré (quoi que...), en dessous de la ceinture, à raz les pâquerettes, etc. Mais qu'est-ce que ça fait du bien !
Même si ce n'est absolument pas le style d'humour que j'affectionne, mais alors pas du tout, et bien Guillon, j'adore ! Pas besoin de réfléchir : c'est primaire, on peut couper le cerveau durant 4mn et lâcher les zygomatiques. Enfin quelqu'un qui n'est pas coincé par quoi que ce soit, qui s'affranchit de toute moralité dans ses propos. Un sentiment de « libertude » perdue depuis longtemps dans les tréfonds trop sérieux du politiquement correct, de la langue de bois et de la moralité judéo-chrétienne.
C'est exactement comme quand je me lave les dents ou vais aux toilettes : ça fait du bien ! Pas besoin d'essayer d'analyser le comment du pourquoi, je dirais même surtout pas !
Comme ces employés japonais qui, 5mn par jour, défoncent la tronche de leur patron, pour décompresser, et surtout éliminer la frustration avant qu'elle ne puisse s'accumuler et devenir colère. Ça détend de taper. C'est une œuvre de salubrité que nous offre Stéphane Guillon. Et je trouve donc parfaitement normal qu'on le rémunère pour ça.
Je dois être un « gros con », d'après tout ce qu'ont dit mes prédécesseurs dans ce fil, mais alors je suis fier de l'être et d'oser le reconnaître publiquement. ;)
Merci Stéphane !
(persiste et signe : Furax)
la liberté est comme une rose la garder pour sa beauté et son odeur c'est plus important que de s'en débarrasser à cause de ses épines. il est vrai que S Guillon est méchant dans ses propos télé d'ailleurs il le dit, mais pourquoi on en parle que maintenant? Il s'est peut être attaqué à des intouchables! voyons laisser le nous faire rire. Les hommes politiques forts et honnêtes n'ont rien à craindre. Quand on rit suite aux flêchettes de SG c'est pas parcque la victime est comme il l'a decrite mais c'est plutôt sur la façon de présenter les choses. Les guignoles présentent François Bayrou comme un idiot! vous croyez que ça ne fait pas mal! C'est pire que ce que fait SG à Martine Aubry. Ce qu'il fait à DSK n'est pas pire que ce qu'on avait fait à Bill Clinton à propos de sa relation avec Monica lewinsky. Laissez SG tranquille et nous faire rire on en a besoin dans ces temps de crise.
Svp, cette question qui agite le petit monde médiatique me parait bien étrangère aux problèmes de l'actualité que vous abordez en général et pour lesquels je vous suis. Les média vivent de l'évènement, mais ne sont pas l'évènement. Surtout de la part de personnages qui ne sont pas les meilleurs dans leur spécialité respective.
Et si le seul problème était tout simplement le fait que Sarkozy veut gérer son image et muselle ainsi toute expression sur sa personne ? Laissons Guillon faire son travail.
Guillon me fait souvent rire. J'attends quand même qu'il le fasse avec les 18000 E hebdomadaires que lui rapportent son petit speech bien plaisant sur canal.
C'est un bouffon au sens noble, un genre de Fantasio méchant. La citation de Walesa est incomplète : Guillon a été mauvais, ce soir là, il n'a parlé que de fesses et personne ne comprenait pourquoi, enfin si, parce qu'il avait la vierge noire en pin's sur sa veste. C'était mauvais, un vrai mauvais cru. Walesa, assez bon public, lui a répondu : vous faites des blagues, j'ai fait la révolution.
Guillon n'est pas mechant : il nous fait rire avec un humour premier degre, bete et mechant, en-desosus de la ceinture...mais ce n'est pas mechant!
Est-ce que le paysage politique francais d'aujourd'hui n'est pas risible? C'est evidemment un rire cynique, mais au point ou nous en sommes rendus, il vaut mieux en rire qu'en pleurer...