Pourquoi Copains d'avant devance Facebook en France
Le site bien de chez nous a plus d'utilisateurs que celui de l'Américain.
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Une présence médiatique qui a permis au site détenu par le groupe français Benchmark de toucher un public potentiel de 3.200 personnes. Un coup modeste avec une petite parution dans «Paris-Normandie» pour la rubrique Sainte-Marie-au-Bosc, du nom de ce village de 200 habitants. Et un gros coup avec un long reportage dans «Var-Matin» dans la page consacrée à Carnoules, bourgade de 3.000 habitants.
L'article, consacré aux retrouvailles entre anciens du collège local, est laudatif: «C'est autour d'un excellent repas, et dans une ambiance bon enfant que, jusqu'à une heure avancée de la soirée, les anecdotes (souvent cocasses) et les bonnes blagues ont été évoquées». Pas sûr toutefois que l'impact ait été aussi fort qu'en décembre dernier, quand «Envoyé Spécial», l'émission de France 2, a consacré un reportage entier à son grand concurrent Facebook.
En plus de ce prime time sur France 2 qui a boosté l'audience du site, le réseau social américain profite d'une énorme couverture médiatique. Toujours selon Google News, lors du dernier mois, plusieurs centaines d'articles ont été consacrés à Facebook dans la presse française. Dont une cinquantaine d'articles rien que pour annoncer le 5ème anniversaire du site le 3 février.
Malgré ce combat médiatique asymétrique, Copains d'avant reste le premier réseau social français (si l'on excepte la plateforme de blog Skyblog) avec 10 millions d'inscrits, soit un tiers des internautes français. Facebook, dont la croissance est exponentielle, revendique aux dernières nouvelles 7 millions d'inscrits. Il ne fait maintenant guère de doute que le site américain finira par passer devant.
Copains d'avant, le Minitel des réseaux sociaux.
En attendant, par quel miracle Copains d'avant s'est-il hissé si haut? «Ce site est dans la même situation que le Minitel à la fin des années 90 quand est arrivé l'Internet grand public: c'est le truc qui était là avant, certes techniquement complètement dépassé mais qui garde malgré tout de nombreux utilisateurs parce que c'est simple», explique Thibaut Thomas, consultant en réseaux sociaux et étudiant-chercheur au Celsa.
Quand le Minitel est lancé en France en 1982, la promesse des PTT est claire : il s'agit de remplacer l'annuaire papier. Quand Copains d'avant est lancé en 2001, aucun doute sur les intentions : il s'agit de pouvoir retrouver ses amis d'enfance. Mais qui était capable en 1997 d'expliquer clairement à quoi servait Internet ?
Même problème pour Facebook : au fait, ça sert à quoi ? Sur sa page d'accueil, le site américain explique qu'il «vous permet de rester en contact et d'échanger avec les personnes qui vous entourent». Tout cela est bien confus : pourquoi avoir besoin de rester en contact avec des gens qui nous entourent ? Retrouver des copains d'avant, au moins, il y a une logique.
Julien Barras, directeur associé de Benchmark Group, estime que la clé du succès réside dans cette simplicité : «Nous essayons de réaliser un site simple et d'expliciter toutes les actions possibles aux membres. Du coup, notre population est davantage "adulte" que sur la plupart des réseaux sociaux.»
Construit sur le modèle de l'annuaire, Copains d'avant a un goût de service public qui rassure l'internaute peu initié et plus «adulte» que la moyenne. «C'est cette confiance qui permet au site de ne pas subir la paranoïa qui entoure Facebook. Pourtant, les profils Copains d'avant sont référencés depuis longtemps sur Google. Il faut se souvenir qu'il y avait eu une levée de boucliers quand le site américain avait activé cette option», remarque Thibaut Thomas.
Benchmark Group se revendique comme une «PME française», façon de marquer sa différence avec la multinationale américaine. Mais finalement, les deux concurrents sur le marché français se complètent bien et forment les deux faces du «village global».
Copains d'avant est le «village», le site de proximité qui a vocation à remplir les pages de la presse régionale avec ses belles histoires de retrouvailles où «l'émotion et les souvenirs d'une belle époque [sont] au rendez-vous». Facebook, de son côté, n'a jamais caché ses ambitions globalisantes.
Mark Zuckerberg, le jeune patron de cette dernière, les a de nouveau répétées lors de sa note pour les cinq ans de l'entreprise : «Permettre des échanges efficaces est important car cela rend le monde plus ouvert et cela donne la chance à chacun d'exprimer ses idées et d'initier le changement.» Facebook, c'est «Yes, we can» alors que Copains d'avant revendique fièrement un «Que sont-ils devenus ?».
Mais toute l'habileté de Copains d'avant réside dans son adaptation en douceur aux nouvelles contraintes imposées par Facebook. A l'automne 2007, quand le réseau social américain explose en France, le déclin de Copains d'avant paraît inéluctable. Si une bonne partie des internautes français s'inscrivent sur Facebook, quel est l'intérêt de rester sur Copains d'avant qui est relégué au rang de Facebook sectoriel payant ?
Confronté au même problème que Meetic, devenu le «Facebook de la drague», Copains d'avant va réagir très vite en rendant son système de messagerie gratuit dès la fin 2007. Un vrai succès : en 2008, en pleine Facebook-mania, le site français engrange cinq millions d'inscriptions, soit autant que dans ses six premières années d'existence.
La grande histoire des réseaux ne dit pas ce qu'il serait advenu du Minitel si lors de l'émergence de l'Internet grand public, il était devenu gratuit.
Vincent Glad
(Photos : Flickr, classe de 1964, par euthman, et logo de Copains d'avant)
Mis à jour le 07/07/2009 à 11h36











































J'avoue ne rien comprendre à cette volonté de se retourner sur son passé. Pourtant en tant que cinquantenaire, je devrais !
Je n'aime pas trop l'ergonomie de facebook, mais je trouve ça très adapté pour ce qui est le plus important à mon sens : maintenir le lien avec mes copains de maintenant et surtout mes copains d'au loin.
Marie-Hélène
http://www.laslavia.com/wordpressfr/
Parce que si c'est plus d'inscrits çà va pas trés loin quand même ?
Quid de l'activité de facebook français, ou du nombres moyens d'amis par profil ?
Whatever, on a vraiment à faire à deux types de trucs : le harcèlement par newsletters de benchmark (aujourd'hui plus de 234 copains dans votre parcours) est encore plus kafkaïen de facebook (recevoir un mail qui notifie que ton copain t'as envoyé un message...)
Le nombre d'inscrits de plus de 35 ans vs le nombre d'inscrits de moins de 25 ans.
NB : le minitel est resté payant et à continuer à engranger pendant pas mal d'années... j'ai entendu dire que certains 3615 de Minitel Rose marchait toujours à fond les ballons et avaient basculé progressivement leur activité sur leur activité sur des chat- rooms téléphoniques en accès surtaxés et/ou carte bleue.
Copains d'Avant c'est pas si mal, et c'est même très bien.
Si cela séduit les + de 35 ans (moi j'en ai 35), ça n'est pas un hasard, et je pense que cela va durer.
Tout d'abord le titre est accrocheur et plonge directement dans votre inconscient, là où sont logés tous vos souvenirs d'école et de lycée, vu que si vous avez + de 35 ans le mot "école" avait encore un sens pour vous (le mot "prof" aussi). La langue française aussi, d'ailleurs.
Ensuite, dans le désordre :
- le site n'est pas foncièrement moderne à la web 2.0, mais franchement le but n'est pas de partager la dernière vidéo débile du moment, ou d'interconnecter tous ses comptes web/mail
- le fait d'être alerté sur l'inscription de quelqu'un qui correspond à votre parcours scolaire n'est pas gênant, pour 1 mail de Copains d'Avant je reçois 10 mails de sites commerciaux sur lesquels j'ai commandé 1 fois, alors...
- pour les gens comme moi qui sont partis loin géographiquement et n'ont pas conservé de liens avec ces personnes qui ont partagé plusieurs années de leur vie, ça peut être un bon moyen de reprendre contact, sans pour autant passer pour celui qui débarque 10 ans après, genre "alors, t'en es où de ta vie ???", vu qu'on s'inscrit sur le site en sachant pertinemment qu'on sera visible pour les personnes ayant le même pedigree scolaire,
- on peut avoir de bonnes surprises : moi j'ai retrouvé le garçon avec lequel j'ai échangé mon premier baiser. En plus il est encore plus mignon à 30 ans qu'à 14 :-)
- on peut aussi par ce moyen-là retrouver de la famille avec qui on ne communique trop plus because éloignement géographique ; dans mon cas c'est une cousine proche qui m'a retrouvée et depuis le contact est renoué,
- l'interface est assez ludique et personnalisable, je pense que les gens s'y retrouvent ; quelque part c'est comme avoir son propre site web, ce que beaucoup de gens n'ont encore jamais fait (moi si, depuis 1999, mais pourtant j'apprécie cette interface que vous, chez Slate, jugez archaïque)
- le site est un peu "franchouillard" mais c'est ce qui fait plaisir !
La liste n'est pas exhaustive.
D'ailleurs, je vous quitte pour aller dessus :-)
Effectivement, il y a une vraie distinction entre le nombre d'inscrits et le nombre d'utilisateurs actifs. Le problème est que les chiffres des utilisateurs actifs ne sont pas communiqués ni par Facebook, ni par Copains d'avant, ou alors quand ça les arrange.
Au nombre d'inscrits donc, Copains d'avant l'emporte avec 10 millions contre 7 millions pour Facebook. Par contre, au dernier recensement d'audience de Nielsen/Médiamétrie (pour le mois de décembre), on peut supposer que Facebook est passé devant Copains d'avant pour la première fois mais là encore ces chiffres ne sont pas complètement publics.
On sait juste que Facebook, en très forte croissance, a totalisé 11 millions de visiteurs uniques sur le mois de décembre. Le dernier chiffre connu de Copains d'avant est celui d'octobre où le site atteignait 9 433 000 visiteurs uniques, contre 8 067 000 pour Facebook.
Quand au nombre d'amis par profil, je ne crois pas que ça soit une donnée pertinente pour comparer les deux. Car Copains d'avant est un Facebook sectoriel qui ne concerne que les amis d'enfance. Sur Facebook, on ajoute non seulement ses amis d'enfance mais aussi ses amis d'aujourd'hui, ses collègues d'aujourd'hui, ses collègues d'avant, ses futures conquêtes, ses ex, etc...