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Frédéric Filloux
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Presse en ligne, vers le retour du payant
Le modèle économique fondé sur la gratuité ne fonctionne pas pour les médias traditionnels - Par Frédéric Filloux
Le krach que connaît la presse partout dans le monde a peut-être une vertu : clarifier le modèle économique de l'information en ligne. Il y a urgence. Car force est de constater que la gratuité dans ce domaine n'a pas rapporté les résultats escomptés : à de rares exceptions près, les sites d'information ont du mal à trouver leur équilibre et les marges, quand elles existent, sont réduites. Leur principale ressource, la publicité, est un secteur ultra-sensible à la conjoncture avec, donc, de sombres perspectives.
Quelques chiffres pour illustrer le problème auquel est confrontée la presse dans sa douloureuse migration vers le numérique. Prenons l'exemple du Washington Post. Son chiffre affaires évolue comme suit : entre 2006 et 2007, à chaque fois que le journal augmentait de 1 dollar ses recettes en ligne, il perdait 4 dollars sur celles liées à son activité papier. Entre 2007 et 2008, l'écart est passé à 15 dollars perdus sur le papier pour chaque dollar supplémentaire gagné sur l'internet. C'est ce qui s'appelle de la destruction de valeur. Certes, celle-ci est accélérée par la récession, mais le problème est plus structurel : le nombre de sites d'information est en hausse, donc "l'inventaire" de pages vendables explose, ce qui diminue mécaniquement les prix. Il faut ajouter à cela le gag de la mesure d'audience : personne ne s'y retrouve (les chiffres peuvent varier de un à deux suivant les outils employés), les méthodologies varient constamment, et beaucoup de sites trichent.
Cette absence de transparence nuit évidemment au maintien des prix. Enfin, nombre d'éditeurs en panique soldent à -70% leurs espaces invendus à des réseaux de vente en gros (les ad networks); aux Etats-Unis, la proportion des pages vendues par ces "hard discounters" du net atteint 50% du total des inventaires.
Rien d'étonnant donc, à ce que nombre de grands quotidiens envisagent de revenir au payant. Faire payer l'information sur le net, beaucoup s'y sont cassé les dents. Nombre de sites (le New York Times, Slate) ont alterné les modèles avant de revenir vers la gratuité. A de rares exceptions près (journaux économiques, quotidiens occupant une place unique sur leur marché), la presse en ligne est gratuite au nom d'une certitude qui veut que les internautes refusent de payer pour de l'information.
Cette culture de la gratuité a en fait deux solides racines liées à l'histoire récente de l'internet. La première vient du terreau universitaire qui est celui de l'internet, où l'information, les recherches scientifiques, font l'objet d'un partage sans restriction. La seconde est liée à la bulle des années 2000. Sur la base d'audiences apparemment importantes, des sites levaient des capitaux considérables dont une partie était réinvestie en... marketing, donc en publicité sur d'autres sites. Cette cavalerie a donné l'illusion d'un modèle économique émergent. On connaît la suite.
Parallèlement, l'internet n'a jamais réussi à accoucher d'un système viable de micropaiement applicable à l'information. Le rêve de Nicholas Negroponte, directeur du MediaLab au MIT, de faire payer quelques centimes chaque article, n'a jamais pu prendre forme, pour des raisons techniques... mais pas uniquement. Car on peut s'interroger sur les recettes qui seraient générées par un papier de politique étrangère comparé à un article "people" ; le ratio serait sans doute de 1 à 100, alors que dans la consommation d'un journal, les articles à forte audience "subventionnent" d'une certaine façon ceux à audience moindre, mais qui constituent la valeur ajoutée du titre.
Comment revenir à une forme payante sur le net qui ne soit pas un repoussoir pour les lecteurs ? Trois pistes sont possibles : le livre électronique, les systèmes de transactions mutualisés, et pour certain la monétisation d'une valeur ajoutée unique. Â
L'émergence de livres électroniques connectés à un réseau sans fil qui autoriseront une dématérialisation complète des publications et des systèmes transactionnels (lire chronique sur le Kindle d'Amazon) va changer la donne. Dans une ou deux "générations-produits", le prix des livres électroniques se rapprochera du coût de recrutement d'un abonné à un quotidien ou un hebdomadaire, et il deviendra rentable pour les éditeurs de les donner en échange d'un engagement sur deux ans par exemple (pour ceux qui doutent de ce modèle, il suffit de regarder l'évolution du prix des téléphones portables aujourd'hui largement subventionnés par les opérateurs ; on peut parier que les éditeurs qui survivront au massacre actuel opteront pour ce type de modèle).
Pour ce qui est du micropaiement, les techniques ont quand même évolué. D'une certaine façon, iTunes est un micropaiement qui a réussi ; il repose sur deux atouts : une boutique dédiée, multi-éditeurs (les maisons de disques) et entièrement contrôlée par un opérateur (Apple), combinée à un système de paiement agrégé qui rend viable des petites transactions. Est-ce applicable pour l'information en ligne ? Certains comme David Carr, essayiste au New York Times, le pensent.
La troisième piste ne concernera qu'une minorité d'éditeurs. Elle reposera sur un système hybride : un large segment accessible gratuitement et un autre, suffisamment riche et spécifique pour être monétisable. Exemple typique : le Wall Street Journal. Il compte 1,1 million de lecteurs payants qui lui rapportent annuellement 120 millions de dollars ; et son site a une large audience : 11 millions de visiteurs uniques (VU) en janvier contre 20 millions pour le New York Times, le plus grand site de presse américain, entièrement gratuit. Le WSJ joue donc avec succès sur les deux tableaux. Mais bien peu d'éditeurs de presse auront ce luxe.
Le modèle de l'information en ligne est, on le voit, en pleine réinvention. Les éditeurs vont devoir tester des modèles différents en fonction de leurs propres spécificités et de leur public. L'ennui est que ce type de tâtonnement est long et coûteux. Or le temps presse et l'argent se raréfie.
Frédéric Filloux
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Comments
Le repli ?
Et à Brest, le gratuit "local" de Bolloré n'est plus distribué, ce qui témoigne d'une grande réactivité vis-à -vis de la crise.
Gi Co
Réinvention ?
Plus qu'une réinvention, je qualifierai ces pistes comme un sauve qui peut sans vraiment s'adresser aux racines du mal.
Pourquoi réinventer ce qui n'a pas fonctionné auparavant sinon pour les finances ? Mais l'internaute, à la différence du lecteur de journal papier, investit beaucoup dans le matériel et compte bien amortir cette mise de fond. De plus, l'échange est trop simple, trop bien établi pour imposer le système classique de la distribution de l'information papier.
Pourquoi le monde de l'information ne fait-il pas son introspection, et son auto-critique ?
D'abord, l'impression. La mainmise, l'exclusivité des presses, les privilèges des ouvriers de l'impression ne permettent pas une concurrence qui ferait baisser le prix d'un quotidien ou d'un hebdomadaire.
La multiplication des magazines de toutes sortes tue le choix et la qualité de rédaction. Un exemple : les magazines féminins ont tous un niveau d'école maternelle avec des sujets marronniers : le régime, la maquillage, le mec, le jardinage, la déco. Vous pouvez trouver les mêmes photos dans plusieurs magazines. Autre exemple : les magazines de jardinage ! Des conseils inapplicables, des jardins de rêve !
Autres exemples : les hebdomadaires politiques tournent aujourd'hui toujours autour du même sujet : la sarkomania, l'antisarkomania, etc...passant à côté des sujets de société plus banaux mais qui au final parfois expliquent une situation de crise.
Enfin, le passage à l'euro a été une aubaine pour nombre de magazines qui tournent de 1 euros 20 pour les moins chers à presque 8 euros ! Un peu cher pour quelque chose de fugitif!
Cet état de lieu est applicable aux livres. Désormais le prix de pratiquement tous les livres démarre à 20 euros. Il ne faut pas être un grand lecteur pour se payer les nouveautés! 20 euros en Francs ça donne 130 francs alors qu'ils sont dactylographiés la plupart à l'étranger !
oups
Presse en ligne changer de vision.
Le problème est complexe et pressant. Payant - gratuit, la société de la rareté contre celle de l'abondance, vous connaissez?
L'acquisition du support papier condition de l'obtention de l'information, du contenu. Donc je dois payer le support pour satisfaire un besoin.
Mais la radio diffuse de l'information, je n'ai jamais payé pour l'écouter, société de l'abondance où mon écoute ne prive pas un autre comme je le fais si j'accapare un support papier, même si quelques lecteurs utilisent le même. Le raisonnement s'est généralisé sur internet, la lecture de l'un ne diminue pas la disponibilité de l'info pour l'autre. Il n'y a pas de support dont la maîtrise permette de gérer la rareté et de faire payer l'accès au contenu.
Exemple éclatant de la musique où, au nom du droit d'auteur, c'est bien le contrôle du support et l'empêchement d'autres modes de diffusion qui fait l'objet des combats (d'arrière garde). Pour faire de même les journaux auraient du faire interdire les blogs et autres modes d'expression sur internet. Ils n'avaient pas l'alibi du droit d'auteur pour justifier leur exigence. L'économie de l'abondance est aussi en question pour le logiciel puisque l'usage par l'un n'empêche pas l'usage par un autre et, grâce à internet pas de support pour gérer la pénurie par le support. Là le combat est en cours avec la protection intellectuelle comme moyen (cf. le dernier procès de Microsoft contre Tom Tom).
Alors payant ou gratuit la presse en ligne? Problème insoluble parce que mal posé.
En effet, dans le monde dont nous venons, c'est seulement le rapport individu client / fournisseur qui est envisagé. Dans le monde qui vient intervient la communauté comme espace économique, espace de valeurs.
Pour la presse s'agit-il d'informer l'individu lambda à partir d'une offre donnée ou bien s'agit-il de jouer un rôle dans une communauté dont les individus font partie?
Avant de voir une piste de solution économique je veux préciser ce tableau du rôle de la presse dans le futur. Il y a en a deux
- soit participer à la confortation des communautés d'enjeux (organisations, populations, associations, groupements et communautés multiples qui vont proliférer grâce à internet, voir « le paradigme communautaire » http://journal.coherences.com/article405.html )
- soit participer à la reconnaissance intercommunautaire et contribuer à constituer des ensembles communautaires ou communautés élargies. Ce qui renvoie indirectement au cas précédent à une autre échelle.
De ce fait la valeur du service de la presse est mesurable selon les valeurs de la communauté et ses critères d'évaluation. Ainsi je peux payer une cotisation ou un impôt à la communauté où je suis engagé et recevoir un service (public) de presse ou bien en achetant le service de presse je paie en fait mon engagement dans cette communauté parce que cela a de la valeur pour moi. Là encore la valeur du service et le prix payés ne sont pas celui de l'acquisition d'un droit d'accés autrement limité mais d'un service dont la valeur est liée aux valeurs de ma communauté.
Le tableau est tout à fait différent : individus en communautés de valeurs, valeur du service (de presse) liée aux valeurs et au bien commun. Ensuite les modèles économiques varient à l'infini.
Exemple : imaginons une sorte d'association qui partage des enjeux auxquels slate.fr cherche à concourir. Je ne paierai pas pour lire Slate en ligne mais pour le service qu'il m'amène de contribuer aux enjeux de l'association qui me tient à coeur (de la valeur). Ce pourait être une communauté de pensée ou d'action ou toute autre. Les modalités dépendent ensuite de la culture propre et de l'économie de cette communauté.
La presse ouverte à tous vents et neutre quant aux valeurs qui donnent de la valeur, cette illusion est en fin de parcours dès lors que le masque de la gestion de la rareté du support est tombé. La formation des prix et la valeur pour le lecteur entrent dans une nouvelle ère.
Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com
Un voeu pieu ?
Ce n'est pas parce que le modèle économique fondé sur la gratuité ne fonctionne pas, que le payant pourra enfin s'imposer.
Si Internet a créé de la valeur, il en a aussi beaucoup détruit et en particulier dans les domaines artistiques ou culturels.
Si ebay est un succès économique, c'est parce que les internautes y échangent des biens matériels.
A l'inverse, les oeuvres virtuelles, les contenus culturels tels que la musique et le cinéma aujourd'hui, demain sans doute les contenus destinés au livre électronique, n'ont plus de valeur économique aux yeux des internautes. Ils estiment que le virtuel doit être gratuit. Ils veulent bien encore acheter un cd, mais si on en a fait au préalable un objet de collection en le numérotant. La musique qui a été enregistrée sur ce cd doit être gratuite, c'est l'objet de collection que l'on est prêt à payer. On veut bien encore payer sa place au cinéma, mais c'est parce que on "loue" un siège dans une salle. On accepte pas de payer pour voir un film si on le regarde chez soi, sur son ordinateur après l'avoir récupéré par Internet.
Ce n'est plus un problème de piratage, c'est un problème de société. C'est la notion même de droit d'auteur qui a été détruite par Internet.
Et d'ailleurs ceux-la même qui légifèrent pour lutter contre le piratage, sont les premiers à ignorer le droit d'auteur en toute inconscience et bonne conscience:
Accusé de contrefaçon, l'UMP promet d'indemniser le groupe MGMT
La perversité du modèle gratuit aura été de nous persuader que plus les internautes qui accédaient gratuitement à un contenu culturel étaient nombreux, et plus les auteurs de ce contenu culturel en tireraient profit. Ou si l'on préferre, que plus un bien culturel était pillé, et plus son auteur en profiterait.
Cette idée que les biens culturels, parce qu'ils sont virtuels, n'ont pas de valeur et que c'est leur visibilité et non une rémunération qui enrichit l'auteur s'est étendue à toute la société.
Lorque Monsieur Luc Chatel, maire de Chaumont-en-Champagne, secrétaire d'État chargé de l'Industrie et de la Consommation, auprès de la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi et porte-parole du Gouvernement propose, dans le cadre du festival international de l'affiche, un contrat qui prive les auteurs de tous leurs droits, il ne fait que s'inscrire dans ce mouvement de société. Je vous laisse découvrir les détails de ce contrat, mais la rubrique "rémunération" est exemplaire: "L'exploitation des oeuvres s'inscrit dans le cadre de la promotion des activités culturelles de la ville de Chaumont, de l'affiche et du graphisme d'auteur. Conscient(e) de la valeur promotionnelle que constitue une telle participation, vous acceptez expressément de renoncer à toute rémunération au titre du présent accord."
La presse s'adapte en essayant de se procurer des contenus gratuits, renforçant par là même cette dévalorisation de tous les contenus culturels et artistiques. La photo est à ce titre exemplaire. Les stagiaires les plus maladroits vont voler des photos sur Flickr, alors que les agences microstocks sont prêtes à céder tous les droits imaginables pour 1/2 dollar.
Alors revenir à un modèle payant pour la presse en ligne...
Elle devra s'adapter pour essayer de trouver des produits susceptibles d'avoir une valeur marchande, mais je ne vois guère d'issue pour l'instant. Slate.fr devrait sérieusement envisager de nous vendre des produits tels que des t-shirts siglés Slate.fr ou des chopes à bière richement illustrés de dessins offerts gracieusement par les lecteurs dans le cadre d'un grand concours.
El Gato
L'Equipe
Qu'en est-il de L'Equipe en France ? L'Equipe est un journal qui n'a jamais mis le début d'un article gratuitement en ligne, mais qui a développé parallèlement son site d'infos sportives ? N'ont-ils pas été ceux qui ont eu raison ?
arnaud76
Une impasse (de taille!) dans votre analyse....
Cher F. Filloux,
Je m'interroge sur la qualité de votre article: vous prétendez analyser la question de la gratuité sur internet, et les divers modèles de sites d'informations, mais vous ne parlez à aucun moment de Mediapart.
Il est impossible de faire une analyse correcte du thème dont vous parlez, sans analyser le fonctionnement de Mediapart, d'autant plus que vous semblez dire aujourd'hui ce que disait Edwy Plenel il y a plus d'un an sur le presite Mediapart, affirmant que la gratuité sur internet était un mythe (je vous invite à relire son analyse particulièrement éclairante et innovante, à cette adresse www.presite.mediapart.fr). C'est sur cette analyse que s'est crée ce site, sur ce pari de l'information payante sur le net.
A leur commencement tout le monde s'est amusé, en pariant qu'il n' aurait aucun abonnement, que le pari était risqué, que l'information ne pouvait pas être payante sur internet, paradis de la (fausse) gratuité. Or on peut le voir, ce site compte chaque jour de nouveaux abonnés, et le contenu est toujours aussi bon (je suis un abonné de la première heure). Les faits donnent donc raison à Mediapart. On le remarque d'ailleurs dans votre chronique, les moeurs évoluent concernant la gratuité et le net.
Pourquoi ne pas avoir parlé de ce laboratoire qu'est Mediapart? L'analyse de ce site d'information manque ainsi cruellement dans votre analyse...c'est dommage.
Hugo
La 4ème solution.
Pour la presse pressée, trouvons de l’argent !
La première remarque.
C’est que tout le monde ne dispose pas d’Internet et/ou d’un ordinateur, que ce soit par choix délibéré, par manque de moyens, ou par ignorance.
Si des éditeurs utilisant le support papier venait à disparaître au profit d’une édition virtuelle tout le monde n’aurait pas accès à l’information.
Deuxième remarque.
Internet est payant et non gratuit (abonnement FAI), mais ce qui est sous entendu dans l’article c’est comment les éditeurs de tous poils peuvent gagner de l’argent en offrant des services dit « gratuits » hors abonnements.
La pub est un élément de réponse, il est évident que plus il y aura d’éditeurs, plus la part des revenus publicitaires sera répartie entre les divers éditeurs.
Petite parenthèse.
A ce titre, on peut se demander pourquoi personne n’a pensé à réaliser un site de téléchargements d’images, de jeux, de logiciels, de livres, de films, ou de musiques gratuites, qui seraient payés par des messages publicitaires durant le temps de chargement…
Est-ce irréalisable ?
Les éditeurs auraient pu y penser eux mêmes, avant de penser à la répression tout azimut pour des « artistes » qui préfèrent la vente de CD aux fatigantes tournées (ce qui est avant tout leur métier)…
Qu’ils arrêtent de pleurer « misère..., misère.., on est dans la misère… ». Ils n’en sont pas à travailler à la chaîne…Pour un SMIC !
Fin de la parenthèse.
Revenons en à nos moutons… Et à la 4ème solution.
Il est possible que dans les années à venir, les éditeurs se mettent en rapport avec les fournisseurs d’accès pour proposer « un bouquet » d’éditeurs.
De la même manière que le font le opérateur de TV numérique chaque fournisseur d’accès Internet, proposerait des éditeurs plus ou moins intéressants dans divers domaines.
Cela représenterait une partie de revenus complémentaires que leur redistribueraient les fournisseurs hors publicité.
Par ailleurs, je suis étonné par tout ces éditeurs virtuels qui dans la presse écrite proposent de passer des annonces diverses et variées (achats, ventes, mariages, décès, résurrections (je plaisante), annonces légales, etc), de ne pas les retrouver dans les éditions virtuelles.
Peut être que l’aspect mondial et moins local.., fait peur !
Contrairement à ce que pense Frédéric Filloux, je pense que l’argent n’est pas rare, mais c’est peut être à travers les services proposés par les éditeurs et en étant imaginatif, qu’il coulera de nouveau à flots.
A Frédéric Filloux.
Sauf erreur de compréhension de ma part, vous êtes en train de comparer une voiture à une moto. L’une à quatre roues, l’autre deux. L’une roule.., mais pour l’autre, vous ne le dites pas, on ne sait même pas si il y a un moteur ?
Votre exemple compare le nombre d’abonnés du Wall Street Journal version papier, avec le nombre de visiteurs dans sa version virtuelle.
Par contre, il donne ce que rapporte les 1,1 million lecteurs payants, soit 120 millions de dollars, mais il ne permet pas la comparaison avec ce que lui rapporte les 11 millions de visiteurs uniques de son site, et les recettes publicitaires qu’il peut engranger.
Il n’y aurait donc pas recettes publicitaires ?
L’exemple aurait été bon, si on savait combien rapporte l’édition papier par rapport à l’édition virtuelle. Et en faisant la comparaison de toutes les rentrées monétaires de l’une et de l’autre.
Jen
Sans issue?
Passer au modèle payant sur le net semble apparaître comme une entreprise vaine pour les éditeurs de presse.
Reprenons quelques éléments:
- les sites les plus visités en ce début 2009 sont Twitter, Facebook, et d'autres sites dits "communautaires"
- l'accès à l'information s'établit par le truchement d'une offre vaste et éparse
-le contenu même des journaux et magazines sont en inadéquation avec la demande d'un lectorat saturé par une offre éditoriale uniforme
Ces éléments énumérés, il semblerait que les éditeurs aient de de réelles difficultés à faire accepter le retour à un modèle payant dans l'univers Internet. Les pistes prospectives envisagées pour enrayer le mouvement de déclin du secteur occultent les mutations des modes d'accès à l'information.
La cécité prend également forme dans le refus du renouvellement du contenu, en actuel décalage avec les préoccupations du lectorat.
Une seule certitude pour les éditeurs de presse: la porte se sortie reste encore à trouver.
Le payant doit s’imposer
La presse n’a jamais vraiment réussi à gagner de l’argent par sa seule activité éditoriale. Il y a des exceptions telles que Le Canard Enchaîné et aujourd’hui le XXI. Les petites annonces et les plus produits ont toujours été des sources de recettes indispensables pour permettre aux journaux d’être à l’équilibre.
Comment en partant de ce constat la presse gratuite en ligne peut elle survivre ? On sait que les petites annonces et la publicité rapportent beaucoup moins sur Internet que sur papier. Il semble donc illusoire de vouloir imposer un model gratuit en ligne et « un retour vers le payant » semble être indispensable.
Malheureusement, comme le dit Frédéric Filloux dans son article il existe « une certitude qui veut que les internautes refusent de payer pour de l’information ». L’auteur évoque ici l’information en ligne mais le constat est le même pour les journaux imprimés.
Cette certitude est aujourd’hui couplée de l’idée selon laquelle l’information, la culture et plus généralement tous les biens immatériels devraient être gratuits. Les défenseurs de cette idée prônent le fait que la culture doit être accessible à tous.
Mais au nom de quoi l’information devrait-elle être gratuite ? Oublions nous que derrière il y a des auteurs qui ont droit à une rémunération ? A trop vouloir de gratuité on éclipse le fait que le manque à gagner pour les entreprises de presse est financé par la publicité ou par l’Etat. - A ce titre rappelons la décision du chef de l’Etat de verser une aide de 600 millions d’euros sur trois ans à la presse. Faut-il sacrifier l’indépendance de l’information pour la gratuité ?
Les modes de financement proposés par l’auteur semblent être indispensables et on l’espère suffisant pour permettre aux entreprises de presse de sortir la tête haute de la crise. Les deux derniers (le micro paiement et un système hybride avec une information spécifique payante) paraissent très pertinents car ils permettraient sans parade de faire prendre conscience à la population que l’information ne peut être gratuite. Espérons que la crise qui bouleverse aujourd’hui les éditeurs sera une opportunité pour eux d’inventer un nouveau model économique au sein duquel la population aura la certitude que l’information à un prix.
Pia
L'information a un prix, je
L'information a un prix, je suis bien d'accord seulement comment revenir à un système payant alors même que l'on a habitué les lecteurs à trouver de l'information gratuite ?
Pour que les gens soient prêts à payer sur internet , il faut leur proposer de la valeur ajoutée par rapport à ce qui existe déjà et toute la grande difficulté des éditeurs de presse aujourd'hui est là . Persuadés qu'il fallait être sur le net et produire de l'information gratuite, ceux ci se sont contentés pour la plupart de reprendre le contenu de leurs articles papiers. Les éditeurs de presse ont déjà des difficultés à trouver des lecteurs, alors comment arriveront -ils à repasser au payant sur le net pour du contenu que les internautes peuvent trouver ailleurs ? La question de la valeur ajoutée me paraît donc primordiale pour favoriser non pas un retour vers du payant car il est impossible, mais lui ouvrir une porte. Si les éditeurs de presse en ligne parviennent à offrir aux lecteurs de l'information rare et analysée, je suis persuadée qu'ils trouveront des acheteurs.
crolu