Pas triste le préservatif

Grégoire Fleurot et Charlotte Duperray, mis à jour le 25.03.2009 à 21 h 35

Hommes capotés, Jean-Paul Pelissier / REUTERS

Hommes capotés, Jean-Paul Pelissier / REUTERS

«Ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour», a déclaré le 18 mars, la très catholique ministre du logement Christine Boutin après les propos du pape Benoît XVI. Le préservatif avec tout ce qu'il implique (MST, contraception) est un sujet sérieux. Mais il n'est pas forcément un tue l'amour avec lequel il faut faire bon gré mal gré.

Le très populaire «sortez couverts» ne date pas d'hier. Les Egyptiens cachaient leur sexe dans un étui. Les soldats romains revêtaient des boyaux de mouton et des vessies de porc. Les chinois s'enduisaient de papier de soie huilé. Tout un art et des manières pour se protéger des maladies vénériennes, un joli nom inspiré de Vénus la déesse de l'amour, caractérisant les maladies sexuellement transmissibles. Le nom commun «condom» est probablement tiré du médecin personnel de Charles II roi d'Angleterre, Monsieur Condom.

Le marché du préservatif

Le préservatif n'est pas monotone. Les industriels redoublent d'imagination pour rendre leur produit attrayant. Choisir un préservatif est une manière de laisser parler sa personnalité; il en existe une farandole de goûts et de couleurs, de toutes les tailles et de toutes les formes. On trouve des préservatifs musicaux, des modèles vibrants, chauffants, fluorescents, endurants ou encore des prototypes pointillés et nervurés.

Le préservatif est un sujet sérieux qui peut être abordé de manière légère; le site d'information et de prévention du ministère de la santé québécois, jcapote.com en témoigne. Son slogan, «Si t'es pas fait en bois... moi, j'suis en latex». Véritable mine d'informations et de conseils où le «condom» est traité sur un ton rafraîchissant. «Un condom c'est comme une planche à roulettes, on devient meilleur plus on l'utilise».

Trucs/Astuces

Il existe des moyens de rendre un peu plus attrayants les gestes maladroits et gênants suscités parfois par le préservatif.

Les chrétiens américains se sont penchés sur la question. Le site «The Marriage Bed», qui offre une «alternative chrétienne pour les couples cherchant à s'informer sur leur intimité», propose un forum de discussion sur le thème «comment s'amuser en mettant un préservatif ?».

Pour certains, s'arrêter dans le feu de l'action représente un obstacle infranchissable. Il existe comme alternative le préservatif féminin qui peut se mettre jusqu'à huit heures avant de faire l'amour.

Pour ceux qui n'osent pas acheter leurs préservatifs publiquement (métro, pharmacies, boîtes de nuit, restaurants, universités, grandes surfaces...), rendez-vous sur le site «préservatifs à domiciles», un abandonnement sans engagement qui vous permet de recevoir tous les deux mois, une boîte de préservatifs. Une option toute discrétion livrée directement à la maison.

Un site internet propose un stage d'habilité autour d'un jeu qui permet d'ajuster son tir et de maîtriser l'usage du préservatif.

Matière à rire

Le préservatif peut être fédérateur de sourires; les publicitaires abordent la question avec humour, que ce soit en Suède, aux Etats-Unis ou en Afrique.

Enfin, pour terminer sur une note musicale, laissons-nous porter par l'hymne au préservatif de Carlos. Un indétournable, que Madame Boutin ne devrait pas se lasser d'écouter.

Grégoire Fleurot et Charlotte Duperray

Crédit photo; Jean-Paul Pelissier / REUTERS

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