An Lyanaj (Ensembles)
Composons aux Antilles une manière de peuple, héritier d'une histoire commune et condamné à se déterminer un avenir - Par Audrey Pulvar
- Une photographie d'Aimé Césaire et des fleurs sur la tombe du poète à Fort-de-France Charles Platiau / Reuters -
C'est un fracas venu de loin. Une houle. Charroi d'alluvions ancestrales. Grondement de ces voix jamais tranquilles, plusieurs fois séculaires, qui hantent chacun d'entre-nous, blancs et noirs créoles-caribéens. Celles de millions d'hommes et de femmes jetés par-dessus bord. Corps pourris, mangés par la mort. Corps souffrants, corps punis, vifs, s'enfonçant dans l'effroi, poumons asphyxiés à peine emplis d'eau sombre. Elles mugissent, plaintives, au gré de nos courants marins pour, périodiquement, s'unir en une grande déferlante.
Comme un rappel qu'en dépit du vertige consumériste, de l'occidentalisation à tous crins, de l'individuation maximale et de la dilution des savoirs transmis, nous, lucioles d'une Histoire jamais vraiment sortie de sa nuit, devrions toujours garder en mémoire les sacrifices imposés par les siècles d'Abomination, au fil desquels naquit - levé sur les cendres de populations indigènes premières, par ailleurs massacrées - un peuple Créole-Caribéen issu de terreurs historiques, d'une Déportation, de migrations et de métissages, porteur du maelström mondial, inéluctable, devant lequel frémissent aujourd'hui les plus frileux des occidentaux.
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Mais les déferlantes parties d'aussi loin ne s'épuisent-elles en route ? Ne sont-elles déjà arrivées, à plusieurs reprises dans notre jeune passé, essoufflées, inoffensives vaguelettes, petites toux asthmatiques, léchant un rivage las ? Des élans plus forts que ces semaines de grève générale se sont déjà brisés sur le mur des prétentions, peut-être légitimes, à jouir des biens et services que nous fait miroiter le reste du monde industrialisé. Des souffles, aussi puissants que ceux de Césaire ou Fanon, n'ont pas réussi à nous sortir de notre éternelle schizophrénie qui nous fait, aujourd'hui encore - alors que de toutes parts montent des voix revendiquant la responsabilité de nous-même, par nous-même pour nous-même- réclamer avec force de la puissance que nous dénonçons comme dominatrice, qu'elle consente à régler, pour nous, un quotidien de souffrance économique.
Ce double discours, qui ne nous a pas vu élaborer de nous-même, responsables, ensemble et sans l'intervention de la lointaine Mère patrie, un projet de société neuf, réconcilié, constructif, plus équitable, créatif. Une poétique de la relation enfin concrétisée plutôt que fantasmée. Pourquoi l'élaboration d'un tel projet n'a-t-elle été possible ? À quoi ont servi les combats, les écrits, les discours dits fondateurs, la mort parfois, de poètes, d'hommes et de femmes politiques ou de syndicalistes au sortir de la colonisation, si soixante ans après nous pleurons, encore offusqués, devant ce que nous nommons mépris et si c'est encore au pouvoir centralisé de décréter, pour nous, quand et pour dire quoi auront lieu des « Etats généraux de l'Outre-mer » ?!!
Quel manque d'imagination ! N'aurait-il été plus responsable de bâtir ensemble, an lyanaj - puisque qui noirs, qui békés, qui zendyen, qui siryen, qui chin'... composons une manière de peuple, héritiers d'une histoire commune et sommés de nous déterminer un avenir- un projet global avant d'aller le défendre, an lyanaj, devant la puissance centrale ? Voilà la petite utopie, la candeur, l'éclat lumineux, la lame de fond salvatrice, que j'attends, naïve, depuis le lointain rivage d'où je contemple mon île et les miens. Là réside peut-être l'espoir d'une réconciliation que je prétends possible. Une énergie, un effort, progressant sans doute à tâtons. Un après-cristallisation. Un rêve, fragile mais irréductible devant l'obstacle. Un défi, qui révélerait sur notre sable chaben, quand la mer se sera retirée, les conques d'une liberté nouvelle.
Audrey Pulvar
Mars 2009.
Mis à jour le 09/03/2009 à 17h12











































Beaucoup de lyrisme et de poésie " noire " dans ce texte signé Audrey Pulvar ... Elle cite Fanon, qui a épousé la cause des peuples colonisés, et Césaire, poète humaniste, disparu l'année passée ... Lui qui aimait tant les arbres, il nous laisse une généalogie aux ramifications multiples ... Lui qui a toujours su mêler le poétique et le politique, comme son alter ego, Senghor ... Sur les traces de Rimbaud, nous pourrions dire à notre tour : nous sommes tous des nègres ! ... L'écrivaine et journaliste appelle à " la création, enfin, d'un nouvel ordre ", à " un projet de société neuf, réconcilié, constructif ... " , et elle croit possible " une réconciliation " ... Puisse les Antilles recevoir ce beau message d'espérance !
Comme j'aurais aimé que tous ensemble, les Français de l'Outre mer construisent un projet réaliste montrant qu'enfin chacun prenait sa part dans l'effort commun.
Mon rêve d'une France, moi, a explosé quand j'ai lu et entendu pour quelques euros, la Guadeloupe est à nous, pas à vous.
Dans ce slogan, dans ces points levés, dans ces visages seulement et uniquement noirs, j'y ai vu la haine pour un pays lointain, pour un drapeau, pour une histoire.
Dans ce slogan, dans les propos assumés de M. Domota, dans son programme, j'ai compris que la majorité prenait possession d'une terre au prétexte que ses ancêtres étaient esclaves. Du coup, disons la Bretagne aux Bretons, la Corse aux Corses, l'Auvergne aux Auvergnats, etc...
J'ai compris que quoiqu'on fasse, quoiqu'on dise, nous en sommes au même point que les Américains ! Le réveil est dur, très dur d'autant que nous avons tous autour de nos, un ami, un copain, une relation de travail originaire des DOM TOM.
Nous avons su dans l'Hexagone, durant notre histoire qui a été dure, sanglante, construire un pays puis une union européenne dans la difficulté mais nous avons réussi. Des régions ont été envahies, occupées, le servage a été aussi présent mais cela nous a pas empêche d'accueillir jusqu'à nos jours toujours plus de migrants.
Nous assistons à la fin d'une longue histoire. Le rêve est brisé. L'unité n'y est plus. Maintenant, il faut souhaiter que justement ces états généraux permettent tous ensemble - dans les Antilles, la Guyane, la Réunion, Tahiti, Wallis et St Pierre - d'arriver à créer une nouvelle organisation par l'autonomie, l'indépendance.
La puissance centrale est fatiguée d'être toujours responsable de tout, elle n'a de puissance que le nom et a une formidable envie de tourner définitivement la page d'évènements qui font partie de l'Histoire car le peuple français d'aujourd'hui ne veut plus être tenu pour responsable de ce qui s'est fait il y a plusieurs siècles.
Le rêve est brisé, oui, et c'est infiniment triste ! Quelque part, on comprend la chape de responsabilités que portent sur leurs épaules, les Allemands.
Demain, les DOM TOM seront, je l'espère, soit indépendants soit autonomes. Sauront-ils faire face aux enjeux sociaux et économiques une fois émancipés ? En effet, la démographie, la situation géographique, l'absence de richesses, un tourisme défaillant sont des écueils à prendre plus en compte par les élus et la population autochtone. Je l'espère car sinon qui sera alors responsable désormais de leurs problèmes ?
Quel beau texte, fort, tellement fort qu'il faut prendre une distance suffisante pour arriver à lire la question. POURQUOI?
Elle vient après avoir dit que les méthodes de la puissance pour renverser ou régler des comptes de puissance ne font que reproduire la logique de puissance. Ah! si tous les va-t-en guerre du moment pouvaient vous entendre. Il est dans la nature humaine de répondre à l'abomination par des pulsions en mirroir, indépendamment de toute mesure d'ailleurs. On s'étonne après que les mêmes abominations se reproduisent. C'est d'ailleurs là une première réponse à la question : la violence des sentiments et le danger de leur exacerbation.
Mais précisons la question posée. Pourquoi n'existe-t-il pas une communauté de projet, la conscience d'une communauté de destin, l'intelligence collective d'une communauté diversifiée, un « nous » qui hérite d'une expérience singulière, un « nous sommes », riche de caractères propres, un « nous voulons devenir » chargé d'ambition et de confiance dans un monde tout à fait nouveau qui vient. Pourquoi de telles communautés de développement autonomes et membres majeurs de la communauté nationale ou d'autres encore ne se sont-elles pas levées en Guadeloupe, en Martinique à la Réunion? Et partout ailleurs, en Corse, en Bretagne et dans toute nos régions qui constituent l'espace national.
Que de lyrisme forcené pour essayer de faire passer un message passéiste, un message du passé, qui a des relents d'amertume et de plat qui se mange froid. Surtout quand on lit le mot sacré de "Déportation" écrit en majuscule, pour évoquer une atrocité de l'Histoire qui a consisté à vendre des êtres humains (pratique courante en Afrique encore de nos jours), mais les mots ont leur importance, le mot "déportation" est trop chargé de sens pour être utilisé à la légère comme vous le faites. Le mot "déportation" ne peut pas être sorti de son contexte historique pour le plaquer sur un trafic d'êtres humains à des fins mercantiles et commerciales. La déportation pratiquée par le régime nazi avait pour but l'élimination et la destruction d'une communauté appelée "die Juden". Les mots ont leur importance, et même si les deux pratiques sont hautement détestables, l'amalgame est profondément détestable.
Vous dites "ensemble", très bien, qui en métropole vous refuse ce dialogue ? Qui en métropole, petit français moyen, lorsqu'il va aux Caraïbes, ("qui est la France", pour lui) revient déçu, ne comprenant pas pourquoi, on le regarde de haut, voire on le méprise, parce qu'il n'a pas la bonne couleur de peau ? Il faut aussi vous regarder dans une glace avant de sous-entendre qu'en métropole nous sommes tous d'affreux descendants de vilains esclavagistes !
Et puis, même si chacun reconnaît vos capacités de journaliste, il ne vous aura pas échapper qu'il est de bon ton de placer, ici des femmes, là des homosexuels, ici des gens ouvertement de gauche, plus loin des transsexuels, ici des anciens bandits repentis, là des handicapés, ici des sportifs de haut niveau, etc, etc, pour faire croire à la France qu'elle est multifaciale et hautement solidaire et réunie, et ceci est profondément hypocrite et dégradant pour tous ces porte-drapeaux que l'ont met sur le devant de la scène pour laisser croire que tout est pour le mieux dans le meillleur des mondes.
Pour moi, il n'y a qu'une règle: aucune discrimination, quelqu'elle soit, et chacun à sa place suivant ses compétences, et non suivant la "minorité visible" qu'il est censé représenter.
Enfin, il ne me viendrait jamais à l'idée, moi, lointain descendant de Gaulois lentement mais surement génétiquement modifiés, de reprocher aux Italiens d'avoir eu la mauvaise idée d'engendrer un Jules César qui a eu l'outrecuidance d'asservir mes ancêtres les Gaulois !
Jules césar a fait déporté un million de gaulois. En droit français la déportation a été supprimée en 1960. La troisième république a déporté les communards entre autres. La Guyane a servi pour ce type de condamnation. La loi de 1985 prévoit la mention "mort en déportation" pour tout français mort en camp de concentration. Pas de doute il y a bien eu déportation aux Antilles. Pour plus d'infos http://fr.wikipedia.org/wiki/Déportation
Comme l'a laissé entendre Audrey Pulvar la déportation des uns ne justifie pas la déportation des autres. Une petite enquête vaut mieux qu'une colère.
@ Hercule Poirot
Mes références, cher Hercule, sont à l'abri de toutes contestations, puisqu'il s'agit du Larousse (1987), qui dit ceci:
" déportation: Peine consistant en un exil dans un lieu déterminé // Internement dans un camp de concentration situé à l'étranger ou dans un bagne"
Or, dans notre cas de figure, il ne s'agit, ni de l'un, ni de l'autre, puisque il s'agissait de COMMERCE, de VENTE, et d'ACHAT d'êtres humains , comme les Romains le pratiquait déjà sans scrupule, au même titre que les maquignons pour le bétail.
Il n'y a pas de "peine" ( "poena" en latin = châtiment infligé à celui qui commet une infraction) au sens premier du terme, encore moins 'internement", puisque il s'agissait d'enlever par la force ou la ruse des êtres humains pour les revendre.
Napoléon Bonaparte a bien été "déporté". Mais là, je le redis, il s'agit de vendre des êtres humains, comme des bêtes de trait, pour effectuer des tâches équivalentes à celles d'animaux.
Quant à Wikipédia ouvert à tout et à tous, je préfère les explications millimétrées de nos académiciens !
Que de haine et quel procès d'intention vous faites à Audrey Pulvar pour un article dont vous avez retenu quelques mots, mais que vous ne semblez pas avoir réellement lu.
Vous démarrez très fort en l'accusant de négationisme parce qu'elle a mis une majuscule à Déportation: "La déportation pratiquée par le régime nazi avait pour but l'élimination et la destruction d'une communauté appelée "die Juden". Les mots ont leur importance, et même si les deux pratiques sont hautement détestables, l'amalgame est profondément détestable." Compliment que l'on pourrait vous retourner, car à mélanger déportation et génocide, on nie la spécificité du génocide. Sans parler des nombreux peuples qui ont été déportés au cours de l'histoire, rien qu'au XXème siècle, on a connu des populations qui ont été victimes de déportation et de génocide (les juifs et les arméniens), des populations victimes de génocide sans déportation (le Rwanda) et de nombreux peuples qui ont été déportées, sous Staline en particulier, sans que l'on puisse à proprement parler de génocide.
Mais je ne sais plus trop comment interpréter votre envolée contre la majuscule utilisée par Audrey Pulvar puisque dans votre message suivant, au nom de l'académie française, vous nous expliquez que "déportation: Peine consistant en un exil dans un lieu déterminé // Internement dans un camp de concentration situé à l'étranger ou dans un bagne" et que les esclaves n'avaient pas été déportés au sens où l'entend l'académie française parce qu'ils n'avaient rien commis de répréhensible. Serait-ce que vous considériez que les Juifs avaient été déportés puis exterminés par les nazis parce qu'ils avaient commis une infraction ? La nature même du génocide c'est que l'on ne vous tue pas pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous êtes. Votre seule existence est insupportable à votre assassin.
Dans le paragraphe suivant vous accusez Audrey Pulvar de sous-entendre que nous "qui n'avons pas la bonne couleur de peau" serions tous les descendants d'affreux esclavagistes Il faut aussi vous regarder dans une glace avant de sous-entendre qu'en métropole nous sommes tous d'affreux descendants de vilains esclavagistes ! J'ai bien compris que vous avez eu une expérience difficile aux Antilles (pendant vos vacances peut-être ?) Qui en métropole, petit français moyen, lorsqu'il va aux Caraïbes, ("qui est la France", pour lui) revient déçu, ne comprenant pas pourquoi, on le regarde de haut, voire on le méprise, parce qu'il n'a pas la bonne couleur de peau ?, mais qu'est-ce que cela a à voir avec le texte d'Audrey Pulvar ? Où a-t-elle sous entendue une telle chose. Ou alors votre allusion à une glace serait-elle une "discrète" allusion à sa couleur de peau et ce serait cette couleur et le fait qu'elle s'exprime sur les Antilles qui seraient à l'origine de ce procès d'intention ?
Décidément en pleine forme, et après avoir pris les précautions d'usage, même si chacun reconnaît vos capacités de journaliste, vous accusez ni plus ni moins cette malheureuse Audrey Pulvar, au mieux de ne devoir son poste de journaliste qu'à sa couleur de peau, au pire de par sa compétence, de servir de justification à une supposée politique des quotas qui viserait à mettre sur le devant de la scène ici des femmes, là des homosexuels, ici des gens ouvertement de gauche, plus loin des transsexuels, ici des anciens bandits repentis, là des handicapés, ici des sportifs de haut niveau !
Allez pour effacer toute cette boue cette citation d'Audrey Pulvar
N'aurait-il été plus responsable de bâtir ensemble, an lyanaj - puisque qui noirs, qui békés, qui zendyen, qui siryen, qui chin'... composons une manière de peuple, héritiers d'une histoire commune et sommés de nous déterminer un avenir- un projet global avant d'aller le défendre, an lyanaj, devant la puissance centrale ? Voilà la petite utopie, la candeur, l'éclat lumineux, la lame de fond salvatrice, que j'attends, naïve, depuis le lointain rivage d'où je contemple mon île et les miens.
Merci Audrey
Oubliez votre emportement, gardez votre calme, je ne traite pas votre prose de "boue", même si votre réponse est plutôt vaseuse.
A quel endroit ai-je prononcé le mot "négationisme" ?
Relisez lentement les DEUX définitions du Larousse concernant la "déportation"
"déportation: 1 / PEINE consistant en un exil dans un lieu déterminé 2/ INTERNEMENT dans un camp de concentration situé à l'étranger ou dans un bagne".
Et donc je persiste et signe: le commerce des Africains à des fins mercantiles n'a rien à voir avec la "déportation", puisque je le redis ici, il ne s'agit ni d'une "peine", ni d'un "internement".
Maintenant, si vous voulez sortir du sujet parce que vous préferez l'insulte à la contradiction, en voulant m'entraîner vers un débat concernant le "génocide" , vous perdez votre temps, j'ai pour habitude de ne pas traiter plusieurs débats à la fois.
A.Pulvar écrit : "...depuis le lointain rivage d'où je contemple mon île et les miens." J'ai bien compris la nostalgie de Mme Pulvar, mais est-il nécessaire de raviver de vieux sentiments de haine et d'acrimonie à l'égard de la métropole sous prétexte que de vilains esclavagistes ont pratiqué d'impardonnables méfaits à l'égard d'êtres humains sans défense ?
Elle écrit d'ailleurs : "... un projet global avant d'aller le défendre, an lyanaj, devant la puissance centrale..." La Guadeloupe, les Caraïbes sont-elles hors "de la puissance centrale". Ne sont-elles pas la France, au même titre que la Corse ? A.Pulvar souhaite-elle se démarquer de la puissance centrale ?
Cette requête montre bien qu'il y a pour elle 2 entités, SON île, et la puissance centrale,càd PARIS, la France, la métropole, j'imagine, pour faire simple.
Qui pratique la dichotomie ?
A quel endroit ai-je prononcé le mot "négationisme" ?
Lorsque vous écrivez :
Surtout quand on lit le mot sacré de "Déportation" écrit en majuscule, pour évoquer une atrocité de l'Histoire qui a consisté à vendre des êtres humains (pratique courante en Afrique encore de nos jours), mais les mots ont leur importance, le mot "déportation" est trop chargé de sens pour être utilisé à la légère comme vous le faites. Le mot "déportation" ne peut pas être sorti de son contexte historique pour le plaquer sur un trafic d'êtres humains à des fins mercantiles et commerciales. La déportation pratiquée par le régime nazi avait pour but l'élimination et la destruction d'une communauté appelée "die Juden". Les mots ont leur importance, et même si les deux pratiques sont hautement détestables, l'amalgame est profondément détestable.
Le mot n'est pas prononcé, mais le concept est énoncé. C'est vous et non Audrey Pulvor qui faites ce rapprochement parce qu'elle a mis une majuscule à déportation, comme si le mot Déportation devait être réservé aux nazis sous peine de se livrer à "des amalgames profondément détestables."
Et donc je persiste et signe: le commerce des Africains à des fins mercantiles n'a rien à voir avec la "déportation", puisque je le redis ici, il ne s'agit ni d'une "peine", ni d'un "internement".
Les esclaves étaient privés de liberté puis emmener de force sur un autre continent. Sur ce nouveau continent, ils étaient internés dans des plantations (ils ne pouvait quitter ces plantations sans être ramenés à leur maître qui pouvait alors les exécuter) et sans que l'on respecte leurs liens familiaux ou sociaux.
Si ce n'est pas de la déportation qu'est-ce ?
Vous écrivez : " Les esclaves étaient privés de liberté puis emmener de force sur un autre continent. Sur ce nouveau continent, ils étaient internés dans des plantations (ils ne pouvait quitter ces plantations sans être ramenés à leur maître qui pouvait alors les exécuter) et sans que l'on respecte leurs liens familiaux ou sociaux.
Si ce n'est pas de la déportation qu'est-ce ? "
Et bien, c'est tout, sauf de la déportation au sens éthymologique du terme: c'est tout sauf de la déportation, tel que le Larousse le définit, car il ne s'agit ni d'une "peine", ni d'un "internement"; c'est de l'enlèvement, c'est du rapt, c'est du vol d'êtres humains à des fins mercantiles.
De plus vous faites dire aux mots ce qui vous arrange. Ils n'étaient pas "internés", car "interner", selon la définition de nos académiciens veut dire "mettre dans un camp de concentration sans motif d'ordre pénal". On voit bien là que vous essayez de ramener à la définition première du Larousse ("internement"), mais d'une manière tellement grossière et maladroite que votre argumentation se dégonfle d'elle-même.
Je n'argumenterai plus à d'autres interventions de votre part, je ne supporte pas la casuistique à des fins partisanes.
Cette supplique est magnifique.
Son appel doit assurément toucher profondément tous les créoles caribéens qui comme moi sont tristes et en colère que la « Poétique de la Relation », la Créolité, valeurs lumineuses, créatives et sages de notre culture soient oblitérées dans l’écriture tronquée de cette page de l’histoire des gens de Guadeloupe.
Je pense à ces enfants qui se sont fait chahutés et à ces autres qui les ont chahuté, dans les cours de recréation des Collèges parce que les premiers portaient un nom qui avait été fustigé, lors de la grève, comme appartenant à un homme d’affaire estampillé « descendant d’esclavagistes » et « profiteur» ou avaient simplement l’apparence d’une appartenance à une certaine communauté . Quelle construction morale pour ces jeunes ? Racisme, discrimination, xénophobie, rejet, repli sur soi…Quelle construction de l’avenir ?
Devra t’on se résoudre à un exil définitif pour vivre et développer les valeurs de la Créolité ?
La « voie » de nos poètes ne se fait plus entendre…alors merci Audrey.