Les Européennes ne font pas recette

Philippe Hubert, mis à jour le 09.02.2009 à 18 h 34

L'Eurobaromètre montre des citoyens peu informés et enclins à voter en juin.

A chercher quelque chose de positif à la crise financière mondiale, on aurait pu espérer qu'elle favorise la citoyenneté européenne, par la prise de conscience dans l'opinion de l'importance de l'Europe et de ses institutions. La dernière livraison de l'Eurobaromètre, réalisée en octobre/novembre 2008, montre que ce n'est pas le cas.

En moyenne sur les 27 pays de l'Union, plus d'un électeur sur deux (54%) ne se déclare «pas intéressé» par les élections européennes. Les trois quarts (74%) ne savent d'ailleurs pas que ces élections se tiendront en 2009. Le désintérêt est souvent massif (80% en Lituanie, 74% en République Tchèque, 65% en Slovaquie, 64% en Grande-Bretagne, 62% au Portugal), et n'est pas forcément corrélé au niveau de connaissance (les Belges sont parmi ceux qui connaissent le mieux la date des élections, mais 60% s'en désintéressent).

Dans ce contexte, les Français ne brillent pas par leur civisme : alors même que le terrain de l'enquête se déroulait pendant la Présidence française de l'Union européenne, seuls 18% d'entre eux savent que les élections auront lieu en 2009. Et ils ne se montrent pas plus intéressés par le scrutin que la moyenne des Européens (46% d'intéressés contre 53% d'avis contraire). Tout cela ne laisse rien présager de bon concernant la participation au scrutin. On pourrait même s'approcher du record historique d'abstention aux élections sous la Ve République, établi en France à 57,5%, à l'occasion des... Européennes de 2004.

A moins que certains facteurs — élection sanction, casting mobilisateur — ne viennent contrebalancer cette dynamique de mauvaise participation. Toujours est-il que qu'au vu des faibles niveaux de connaissance et d'intérêt, les sondages actuels portant sur les Européennes sont peu significatifs. En particulier ceux testant les éventuelles têtes de liste, qui mesurent davantage de la popularité que du potentiel électoral, et s'apparentent donc finalement à des opérations de lobbying.

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