Il joue gros
Il est rare de voir un mouvement social soutenu aussi massivement par l'opinion - Par Jean-Marie Colombani.
- Nicolas Sarkozy Reuters -
Avant même de pouvoir évaluer le succès de la journée du jeudi 19 mars, les 8 syndicats qui mobilisent et appellent à la grève et à la manifestation promettent de poursuivre la mobilisation. Comme de coutume avant ce genre de démonstrations de forces, le gouvernement prend une position raide ; il indique qu'il n'y a plus rien à obtenir, sinon à mettre en place rapidement les mesures qui avaient été évoquées lors du sommet social de l'Elysée convoqué après la première journée d'action du 29 janvier.
Pourtant la situation que nous vivons est tout sauf habituelle. Il est rare, en effet, de voir un mouvement soutenu par 3 Français sur 4 : c'est une jauge du mécontentement exceptionnellement élevée, reflet bien sûr de l'angoisse qu'a fait naitre le retour accéléré du chômage ; mais aussi signe d'une perception très vive d'un sentiment d'injustice : pour la plupart des Français le gouvernement, qui avait commencé avec le «paquet fiscal», donc avec une politique réputée favorable aux plus riches, gère la crise en donnant beaucoup aux banques ; et rien ou peu aux autres. Cette perception n'est certainement pas conforme à la réalité : les mesures programmées après le sommet de l'Elysée sont faites pour aider prioritairement les victimes de la crise, c'est-à-dire les chômeurs et les plus faibles des classes moyennes. Et ne pas aider les banques eut été irresponsable.
Mais, comme chacun sait, la perception dominante devient un élément de la réalité politique. Et il faut remonter à plus de 20 ans en arrière, lors de la grande vague de restructuration de la sidérurgie conduite par Laurent Fabius alors Premier ministre, avec l'installation du chômage de masse, pour revoir des patrons séquestrés par leurs employés ! La tension est palpable, au point que certains rêvent ouvertement d'une transposition en métropole des événements qui ont agité et bloqué l'Outremer ; pour finir par l'acceptation des revendications de ceux qui s'étaient mis en mouvement (notamment 200 euros uniformément pour les bas salaires).
Dans un contexte qui peut rapidement devenir dangereux, parce que la colère se nourrit largement de l'incompréhension, le président et le gouvernement ont de la chance. Ecoutons Bernard Thibault : « Le schéma guadeloupéen n'est pas transposable « ; écoutons François Chérèque, expliquer que le rôle des syndicats est de «canaliser» la colère sociale afin de la transformer en revendication constructive. Eviter la contagion ou l'embrasement, canaliser : l'attitude des deux principales centrales syndicales du pays est on ne peut plus claire. Elle est le fruit d'un dialogue permanent avec le chef de l'Etat lui-même, notamment celui qu'il entretient avec Bernard Thibault.
Ainsi Nicolas Sarkozy, l'homme qui adore être en première ligne au point de se priver des remparts que sont normalement, pour le chef de l'Etat, un gouvernement qui gouverne, et des ministres qui administrent, devra peut-être, de tenir le choc dans la tempête, au rôle d'amortisseur que s'attribuent les syndicats. CFDT et CGT ont peut-être une conscience plus aigüe du danger que le chef de l'Etat lui-même.
Mais il faut aussi reconnaître que pour Nicolas Sarkozy l'équation n'est pas simple. Il a comme d'ailleurs la plupart de ses prédécesseurs été pris à contrepied par le cours des événements. Comme il le dit « je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts ». Il a en effet été élu pour redonner du tonus au pays et lui permettre de retrouver le chemin de la croissance dans un contexte où l'on croyait celle-ci assurée par les locomotives asiatiques. Or, il doit faire face, comme il le dit, à la crise du siècle. La logique serait donc qu'il opère un retournement ; et qu'il le fasse de façon cohérente. La plupart des mesures prises sont d'ailleurs d'inspiration social-démocrate ; elles tendent à renforcer le rôle de l'Etat et à accentuer l'effort pour les plus faibles. L'esprit public est en outre influencé par le contexte international. Que voit-on ? Un Barack Obama qui s'apprête à taxer les plus hauts revenus (au dessus de 200 000 euros par an) et des gouvernements comme ceux de Grande-Bretagne et même d'Italie ou d'Espagne qui ne négligent pas la consommation.
Il n'est donc pas anormal que des voix au sein de la majorité (il est vrai de sensibilité centriste comme Pierre Méhaignerie) se soient élevées pour réclamer qui l'abandon provisoire du bouclier fiscal, qui une hausse de l'impôt sur les plus hauts revenus. Ceux-là ont compris qu'au cœur de la mobilisation actuelle, qui n'a pas à proprement parler une revendication fédératrice, sinon peut-être l'anti-sarkozysme, se trouve la perception d'une politique injuste.
D'autres voix du coup, comme celle de Laurence Parisot, engagent le fer contre la CGT et sa «démagogie» ; relayant en fait ceux qui à l'Elysée plaident pour une dissociation entre la CFDT et la CGT, souhaitant se tourner vers la première pour isoler la seconde qui serait trop en pointe dans le mouvement de mobilisation. Ce serait pour le coup ajouter à la crise une maladresse tactique. Après tout, le mouvement lui-même n'est pas exempt de contradictions ; entre les salariés du public, protégés par leur statut et la hausse prévisible de leur pouvoir d'achat en 2009, et ceux du privé, où grandit le nombre des victimes de la crise. L'opinion ne suivra pas toujours les premiers...
La réaction de Nicolas Sarkozy — outre les colères qu'il pique régulièrement contre ceux qui à droite s'écartent du discours officiel — est plutôt pour le moment de se raidir. Céder sur le bouclier fiscal, sur les impôts des plus riches ou sur des mesures plus fortes de relance de la consommation reviendraient en effet pour lui à crédibiliser le discours de la gauche. Et d'une certaine façon à s'avouer vaincu. La question est de savoir si ce manque apparent de souplesse ne lui coûtera pas plus cher, à terme.
Dans l'idéal, il lui faudrait changer de terrain, ouvrir par exemple un front sur celui des rémunérations, pour limiter les plus hautes. Mais encore faut-il pouvoir reprendre la main. Et ne pas renoncer sous la contrainte. De ce point de vue, le degré de succès de la journée du 19 mars sera décisif.
Jean-Marie Colombani
Mis à jour le 19/03/2009 à 7h02








































Les Français ont simplement compris comment N. Sarkozy gouverne: il cède à qui demande. Le fait que toutes les mesures soient financées à crédit les inquiète mais ils voient bien ce qu'ils peuvent obtenir à court terme. N. Sarkozy navigue à courte échéance, son seul objectif étant de préserver sa popularité pour pouvoir se représenter dans de bonnes conditions en 2012. Malheureusement, le pays a encore une marge d'endettement et N. Sarkozy va l'utiliser pour se payer une réélection. Alors, les Français l'ont compris et se disent, s'il nous endette, autant que j'en profite.
Exactement ! Voir "les réformes ratées de nicolas sarkozy" de Cahuc et Kramarz.
Sarkozy a renoncé à réformer. Celles des réformes qui sont passées ne sont que poudre aux yeux. La "crise" ne peut qu'aggraver cette démission.
Notre Etat (comme les Etats-Unis) déverse sur l'incendie des fonds qu'il n'a pas. En pure perte. Demain, il nous déclenchera soudain une méga-inflation pour financer sa fuite en avant dans les déficits publics.
Alors oui, pourquoi ne pas en profiter au bénéfice de nos mandants (de la fonction publique) se disent les syndicats ?
Le problème, c'est que ceux qui paient pour la crise ne sont pas les titulaires d'un emploi à vie, mais les précaires, les intérimaires, les salariés des PME que la crise contraint à la faillite. C'est vers eux qu'il faudrait faire preuve de solidarité.
Certes, N. Sarkozy joue gros mais que joue t-il au juste ?
A peine son deuxième mandat en fait. Grâce au quinquennat il ne risque rien de plus. Sa majorité (même si certains commence à être septique) le suit docilement - l'engagement de la responsabilité du gouvernement d'hier est probante. Ses ministres ne le lâcheront pas, et au pire, il s'en débarrassera.
La France métropolitaine ne s'enflammera pas comme la Guadeloupe à moins d'une erreur grossière du gouvernement et de la présidence. Et même dans ce cas, il n'aura qu'à reculer sur une ou deux réforme pour que le mouvement se dégonfle aussi vite qu'il aura explosé.
C'est trés inquiétant cette popularité qui soutient cette grève. Et particulièrement tout ces fonctionnaires qui a priori ne risquent pas de perdre leur emploi.
La France commence à me faire penser à l'Argentine des années 80, il faudrait peut être expliquer au francais comment celà à fini. 400% d'inflation par an, les fonctionnaires n'étaient plus payés et le FMI dans l'antichambre, Mr Strauss Khann, vous nous aiderez, n'est ce pas? Je ne vois pas les patrons remettre au pot aprés s'être fait saigner par la crise et avoir payé gras pendant les années de prospérité, comme les réformes n'ont pas été faites la facture va bientot arriver.
Il faut essayer de comprendre pourquoi le pouvoir d'achat n'a pas évolué en France et je crois que l'explication est assez simple: l'Etat par les prélévements sociaux accapare une partie substancielle des richesses qui va chez les fonctionnaires et assimilés, réduisons le cout de l'Etat en réduisant ses charges et mécaniquement il y aura plus pour les employés et les investissements.
Il n'y a pas d'autre solution car il n'y a plus de croissance
En fait le coupable ce n'est pas le patron mais le coût de l'Etat.
Cela va être dur pour Sarko car ils ne se laissent pas faire les fonctionnaires, ils sont dans un tel fromage, qu'ils ont beaucoup à perdre.
Si le pouvoir d'achat a baissé, peut être faudrait il s'interroger sur le fait que la part de plus value redistribuée aus salariés a baissé de 10 points en 30 ans, au profit des dividendes versés aux investisseurs, qui ont su s'organiser pour optimiser la rentabilité de leurs fonds.
Le coupable ce n'est pas le patron. Lui, il essaie de produire et de créer de la richesse. C'est la transformation d'un système capitaliste en un système financiariste.
Vous raisonnez comme il y a 30 ans, lorsque le capitaliste prenait des risques en investissant dans une entreprise, et pouvait gagner gros. Le salarié, lui, était promis a des petits salaires, mais ne prenait pas de risque personnel. Depuis 1980, les investisseurs ne prennent plus de risques, ils exigent une rentabilité minimum et si elle ne vient pas, ils investissent ailleurs.
Vous raisonnez comme il y a 30 ans, lorsque l'écart entre le plus bas et le plus haut salaire dans une entreprise était encore raisonnable.
Vous raisonnez comme il y a 30 ans lorsque l'économie n'était pas encore mondialisée et qu'à l'intérieur d'un espace économique protégé, une entreprise pensait que l'effort salarial auquel elle consentait lui reviendrait indirectement par la consommation qu'il induirait.
Mais je vous laisse retourner dans le monde d'hier, et à l'excitation de l'élection présidentielle de Mr Reagan. Difficile de changer ses habitudes de penser...Réveillez vous, nous avons changé de monde depuis 30 ans Mr Jones...
Au fait, vous n'avez toujours pas répondu à ma question : quel modèle enviez vous, et quels sont les critères de jugement de son excellence ?
Mon modèle est définitivement libéral, avec un Etat bon gestionnaire, régulateur et frugal, des régles de droit claires et simples, un système de flat tax, un droit du travail simplifié, très européen. Un Etat au service des gens et non le contraire. On est proche d'un type de la démocratie libérale mature Britannique.
La part redistribuée aux salariés a baissée pour plusieurs raisons, la première est liée à la concurrence des coûts salariaux et de la croissance régulière des charges, la valeur absolue de richesse crée étant stable, si les charges sociales et taxes augmentent les salaires plafonneront voir baisseront. Ensuite, le capîtalisme francais lache la main et cède ses bijoux aux fonds d'investissement, qui eux pour renter dans leur fonds au plus vite réduisent les coûts, ferment les unités les moins productives rationalisent, délocalisent en payant moins afin de répondre à leurs critères discutalbles mais légitimes. Globalement le surcout global de l'Etat et des charges se trouvent imputées par le marché sur les salaires, cela est une des conséquence de la mondialisation. Qu'elle est la solution? Soit vous essayer de changer le système, ça va être dur voir trés dur ou bien vous faites comme tout le monde généralement ça fonctionne.
Vous pouvez décréter un pourcentage de redistribution mais si le marché en décide autrement vous faites quoi? C'est exactement ce que vous dites les investisseurs vont voir ailleurs, N'est ce pas leur droit? Vous proposez quoi en fait pour résoudre cette équation?
"ou bien vous faites comme tout le monde généralement ça fonctionne"....
Sauf qu'il faudrait être aveugle pour voir que ça ne fonctionne pas, que ce système a des conséquences écologiques, économiques et sociales désastreuses. Actuellement, il est en faillite sur ces trois critères, et les états tentent tant bien que mal de sauver ce qui peut l'être.
D'autres voies sont possibles, qui ne passent pas par la révolution ou je ne sais quel communisme dépassé.
Le marché est un extraordinaire facteur d'innovation, de création de richesses. Mais il ne sait pas redistribuer, et est voué à son auto-destruction lorsqu'il est livré à lui-même. Un partage plus équitable peut se faire par exemple dans le cadre de l'économie sociale et solidaire, secteur qui représente 12% du PIB français aujourd'hui. A l'intérieur d'un système concurrentiel, d'une économie de marché, la richesse produite est redistribuée en beaucoup plus grande partie à ceux qui la produisent. La création d'une taxation nouvelle, remplaçant la TVA actuelle, et s'appuyant sur les critères environnementaux et sociaux des entreprises qui produisent, permettrait d'éviter la concurrence faussée par le dumping social, ou le moins disant écologique, augmentant le coût à l'achat des produits fabriqués par des usines poubelles qui tournent avec des enfants sous payés. Il y a beaucoup à inventer, et je n'ai pas de solution miracle. Mais ce sont je suis sûr, c'est que le système dont vous rêvez, moins d'état, flat tax, dérégulation, marchés libres, nous en avons subi la loi mondiale depuis 30 ans. C'est lui qui nous a mené dans le mur. Je ne parle pas de la France, je parle du monde. Vous pensez le monde avec 30 ans de retard. Votre position était défendable en 1980, aujourd'hui vous ne vous rendez même pas compte que l'histoire vous a déjà donné tort.
Le problème c'est que vos modèles font intervenir des entités abstraites devenues plus idéologiques que réalistes. Le modèle Jones fait appel à une entité "le marché" qui, si elle est assimilée à un système, se met à répondre à des lois mécanistes derrière lesquelles toutes sortes de rationalités opportunistes se légitiment. Le modèle Marfel fait référence à "l'économie sociale et solidaire" comme vecteur de redistribution où social et solidaire sont des étiquettes et des concepts flous même s'ils sont chargés de bons sentiments. De plus on ne voit pas comment des décisions éventuellement prises au niveau de l'Etat français vaudraient pour le monde et seraient pertinentes pour la vie de groupes humains très différents.
Ce qui manque c'est le niveau communautaire de l'économie communautaire. S'il n'y a pas de "communauté de valeurs" alors il n'y a pas de moyen d'évaluation du juste ou de l'injuste, de la valeur des "biens" et des "services" qui puissent être du ressort de la communauté elle-même. C'est le "Sens du bien commun" qui fait de la communauté un marché où les initiatives qui s'y inscrivent concourent au bien commun. Si le social et le solidaire ne sont pas incarnés dans une communauté d'enjeu avec son Sens du bien commun et ses propres façons "culturelles" d'établir les "règles" de la "maison commune" (étymologie de économie) alors ce sont des abstractions idéologiques. Bien sur l'économie communautaire doit être envisagée à différents échelles : économie de proximité, économies de marchés (locale, régionales, nationales, internationales mais aussi transversales et pourquoi pas, mondiales. Toutes ces communautés qui ont à trouver leur autonomie dans la participation à des ensembles communautaires plus vastes.
Quant à innover, ce dont la nécessité apparait à tous, évitons de le faire en recyclant des modèles dépassés mais en reconstruisant des bases nouvelles encore plus proches des réalités humaines , toujours communautaires. C'est ce que nous suggère la mutation et l'émergence communautaire qui se généralise.
Il n’est plus en mesure d’appliquer une politique purement de droite (libérale), pas plus qu’il est en mesure d’appliquer une politique purement de gauche (sociale). Lui qui se vente d’être le roi du pragmatisme, le voila bien face à cette affirmation, il va lui en falloir du pragmatisme pour reconnaitre (même temporairement) qu’il va devoir soit renier sur ses convictions libérales et composer une partition toute en subtilités.
Fini d’écouter mais de ne pas en tenir compte, quelle image négative et dévastatrice a eu cette petite phrase dans les représentations sociales, il se retrouve face à des partenaires sociaux et des français qui ont entendues ce qu’il à dit, et qui ont vue son attitude méprisante (épisode « casse toi pov’con ») tout ceci a participé au décalage et aux incompréhensions, aux sentiments d'injustice que vous dénoncez, et qui participent consciemment et inconsciemment à renforcer les tensions et la défiance vis-à-vis du pouvoir.
Ce n’est pas en stigmatisant les uns et en les montants contre les autres, que la situation s’améliora.
Et bé…Si Nicolas Sarkozy se raidi, que sa politique échoue, qu’il y a la crise, ce n’est pas encore la faute des fonctionnaires, mais cela ne va pas tarder Mr Colombani. Vous laisseriez vous tenter par la démagogie façon PETER JONES ?
Savez vous qu’il existe des contrats de droit privé, qui pour le coût, touchent des rémunérations supérieures aux fonctionnaires ayant un statut de droit public pour un même travail, et qui par ailleurs déstabilisent les caisses de retraites de la fonction publique en y cotisant pas ? De quels fonctionnaires (quelle catégorie, quelle fonction publique ?) parlez vous, quand vous évoquez « la hausse prévisible de leur pouvoir d’achat », sur quoi vous basez vous ?
Votre dernier paragraphe sonne comme « le moyen » (le terrain) que devrait mettre place le gouvernement..., pardon, le président monocéphale (comme dirait JF Copé) pour détourner l’attention des français de leurs réalités du quotidien ! Et ce bien le sens que vous donnez à ce dernier paragraphe ?
Probablement que Jen Sairien est un fonctionnaire pour connaître les subtilités des statuts de fonctionnaires, restons dans le cas général.
Les fonctionnaires individuellement ne sont pas responsables mais développent avec les syndicats un corporatisme effrayant, l'Etat devrait décider de ses besoins de fonctionnaires comme un entreprise de ses cadres et employés. D'ailleurs pourquoi ont ils un régime spécial? Le régime général n'est pas assez bon pour eux? Ils ne devraient pas oublier qu'ils sont au services des contribuables et non l'inverse. un peu de respect pour celui qui paie. Ce n'est peut être pas de la haute philosophie politique mais au moins tout le monde peut comprendre. Si Sarkozy a évidemment fait quelques bévues de communication, ce sont quand même des détails au regard des réformes à mener et du courage politique dont il fait preuve. Un peu d'indulgence encourageons le à tenir bon.
COURAGE POLITIQUE ?? SARKO ??
Bon, j'avais repéré le Peter Jones, libéral qui ferait passer Obama pour un gauchiste, et dont la solution à toute les réponses semble être "moins d'état" et "la main invisible du marché..." (qui disait il y a peu que cette main n'existait pas ??)
Mais attribuer à Sarko du courage politique ! Au mec qui plie devant les pécheurs, les lobbys de l'alcool, les patrons, qui demande des actions au MEDEF, mais ne forcera jamais la main à ceux-ci (trop de potes là bas...). Un mec tellement prompt à sortir le carnet de chèque pour régler un problème quand un lobby un peu puissant est impliqué...
Non, Sarko, c'est le contraire du courage politique. Un paquet fiscal inutile, mais qui fait plaisir aux rentiers, aux très riches et à la masse qui voit dans la defiscalisation des heures sup un moyen de moins donner à l'état, sans se rendre compte que l'emploi en fait les frais, et que les patrons se frottent les mains. Mais celui-là, on le défend bec et ongle. Sauf maintenant que le centre droite commence à vouloir revenir dessus. Et je vais vous donner un scoop : si ça continue comme ça, Mr Sarkosy, grand courageux qu'il est, va revenir sur son paquet fiscal. Mais plutôt que de revenir sur l'intégralité, il supprimera la mesure la plus couteuse (les heures sup), gardera celles sur les héritages, dons et bouclier fiscal 50%, se fera passer pour un dirigeant courageux qui sait reconnaitre ses échecs, et fera la leçon à ceux qui lui en donne en rappelant que la mesure des heures sup coute 70% du paquet fiscal, et donc que quitte à en supprimer une, c'est celle là... mais pas question de toucher à ses riches amis !
Franchement, courage politique, Sarko... j'aimerai avoir UN exemple ou il a été courageux politiquement. Il n'a RIEN FAIT. (enfin si, quelques conneries...) à part de la politique populiste ou suivre les lobbys (interdire la vente d'alcool au mineur et autoriser la pub d'alcools sur Internet... je crois que celle-là décroche le pompon d'une années 2009 encore jeune !!)
Ah, et au fait... en effet, vous ne faites pas de la haute philosophie politique, Me Peter Jones, mais du racolage actif de réac de droite. "Corporatisme effrayant" ?? "Régime spécial" ?? Rien que l'utilisation de ce vocabulaire vous catégorise immédiatement (attention, cela ne veut pas dire que je ne rejoins pas certaines de vos pensées en ce qui concerne les fonctionnaires en France... mais plutôt que de faire dans la prose aguicheuse, je préfèrerai que l'on parle des solutions... si Mr Sarkosy avait vraiment du courage politique, il s'attaquerait à la fonction publique par la négociation avec les acteurs, plutôt qu'imposer une solution, mauvaise en plus).
Enfin, bon, au plaisir de relire vos commentaires, Mr Peter Jones, cela me rappelle pourquoi la France est dans la m... car c'est en faisant une confiance aveugle en ce marché et cette économie capitaliste non régulée que nous est tombé dessus cette "petite crise".
Vous dites « il joue gros » mais dans tous jeux il y a des règles et des joueurs. Quel est le jeu, quels sont-ils ici?
Ou bien il s'agit de l'exercice du pouvoir politique alors le jeu c'est la subversion antidémocratique, c'est bien le rôle que veut jouer le NPA et que dénonce Mr Chérèque. Quid du PS?
Ou bien il s'agit de l'exercice du pouvoir syndical auquel cas on aimerait entendre des revendications plutôt que des menaces ou des exigences politiques (changer de cap). On aimerait aussi qu'il y ait un rapport entre les revendications et ceux qui revendiquent ex: fonctionnaires et risques de chômage. Que je sache il n'a jamais été question de licencier le moindre fonctionnaire.
Mais n'est ce pas la caractéristique de syndicats et de partis révolutionnaires que de viser dans toutes situations d'abord le combat contre le pouvoir, la maladie française?
Il y a une autre facette de la question que vous soulignez. Vous dites :
« la perception dominante devient un élément de la réalité politique » Je l'ai rappelé à diverses reprises. Or de quelle perception s'agit-il? De celle que les médias proposent au premier chef évidemment. Les français sont les plus inquiets et parmi les moins touchés par la crise. Je ne dis pas que c'est délibéré en dehors de périodes de tension avec le pouvoir mais simplement en véhiculant de préférence ce qui inquiète que ce qui rassure, ce dont se servent ceux qui sont à la manoeuvre et que vous avez vous-même quelques fois dénoncés.
« la colère se nourrit largement de l'incompréhension » de quelle incompréhension? sinon l'incohérence de ce qui leur est « vendu » comme scénario avec les falsifications que vous reconnaissez vous-même ici. Et si le but c'était de mettre les gens en colère en les mettant dans un sentiment d'impuissance? Facile à manipuler sur un fond d'inquiètement.
J'en reviens à la presse. Celle qui se donne les objectifs du type Slate n'a-t-elle pas un nouveau rôle que celui de délivrer innocemment une information dont le Sens est si facilement manipulé et même que de rendre compte de toutes les opinions comme si tout se valait? Si elle ne veut pas prendre parti dans les « jeux » syndicaux et politiques ne devrait-elle pas cultiver tous les moyens du discernement et de la compréhension notamment pour rétablir des faits souvent masqués par des jugements à priori.
N'y a-t-il pas une aventure d'un nouveau type pour la presse d'un nouveau temps, une fois dépassés les jeux du moment? Des faits, des représentations mais aussi du Sens. Les enjeux exceptionnels de la mutation et de la crise économique mériteraient une telle innovation d'objectifs et de méthodes.
J'apprécie votre modération dans cet article qui en devient presque éclairant.
Votre billet Mr Colombani me semble placé au coin du bon sens et ne prête qu'a peu de controverses pour une fois.
Quelques ajouts ou précisions si vous me le permettez.
- 8 syndicats qui se mobilisent: n'oublions pas que ces mêmes syndicats ne représentent QUE 6 à 7% de la population active, soit en gros 1 800 000 personnes, inclus les retraités syndiqués. C'est donc un premier constat, une minorité, composée pour une bonne part de fonctionnaires, va donc encore bloquer le pays demain! Prônant encore une fois la confrontation au détriment de la concertation.
- Poursuivre la mobilisation ! Quelle mobilisation ? celle de ceux qui ont la possibilité de manifester et de faire grève: voir paragraphe ci-dessus. La majorité des français ont d'autre chats à fouetter que de manifester: conserver son emploi, manger, faire vivre sa famille, survivre pour certains.
- 3 français sur 4 soutiennent le mouvement; écrivons cela différemment, 3 français sur 4 sont inquiets et ne comprennent pas réellement ce qui se passe, faute d'explications qui ne soient pas partisanes et politiciennes. Le paquet fiscal aurait privé l'Etat de +/- 350 millions d'euros de ressources supplémentaires. Une ultra-mini-goutte dans l'océan de nos besoins. Pourquoi en faire un si gros fromage ?
- "les mesures programmées après le sommet de l'Elysée sont faites pour aider prioritairement les victimes de la crise, c'est-à-dire les chômeurs et les plus faibles des classes moyennes. Et ne pas aider les banques eut été irresponsable " Vous avez cent fois raison, je suis surpris, hormis par éventuelle mauvaise foi, que nos syndicalistes et autres pourfendeurs de notre petit Nicolas ne le clament pas plus haut...
- La perception d'une politique injuste: là, il me semble, réside les causes de ce mécontentement dont vous faîtes état. Mais, perception seulement. Sans nul doute, Nicolas et ses ministres ont mal communiqués, mal expliqués. Nous les avons élus pour diriger, nous avons aussi oublié de leur donner une mission pédagogique, qui plus est en période de crise.
- Vous parlez de contradictions entre les "salariés" du public et ceux du privé. Moi, je parle du fossé grandissant qui se creuse entre une population nantie car à l'abri du chômage et une population angoissée et/ou meurtrie par la menace de licenciements.
- Taxer les plus riches, limiter les fortes rémunérations; Poudre aux yeus, l'ultra-mini-goutte dont je parlais plus haut. Si cela était le cas, oui, nous assisterions à une réeelle délocalisation , celle des capitaux. Cette tentation de niveler par le haut est on ne peut plus démagogique. De quoi avons nous besoin ? D'un système financier solide, d'entreprises compétitives, d'entrepreneurs courageux et solidaires, non d'un systéme ou taxer le capital deviendrait la solution miracle.
- Enfin, Nicolas, et son équipe, manque, vous avez raison, parfois de courage. Le comportement des dirigeants de Continental est inadmissible. Il y avait là une occasion unique pour le gouvernement de monter au créneau en dénonçant l'attitude de ces dirigeants sans foi ni humanité. Vous me direz, ils sont légion, ceux qui profitent outrageusement de la crise pour dégraisser ( il y a là un véritable sujet d'enquête journalistique ).
Au plaisir de vous lire Mr Colombani avec d'autres articles aussi clairs et si peu polémistes.
Cordialement,
Si nous avons élu M.Sarkozy (malgré vos conseils M. Colombani, sauf qu'à la vérité vous sembliez tenu de jouer sans conviction un rôle convenu) c'est parce que c'est un vrai politique, avec l'expérience de l'adversité. Jusqu'à preuve du contraire nous pouvons lui faire confiance pour gérer ce type de situation et tous les jeux de rôles qui vont avec et font partie de notre culture. Thibault et Chérèque ne sont pas des imbéciles, et comme vous le dites Sarkozy et ses conseillers sont en contact étroit avec eux. Il n'y a que les naïfs pour oublier qu'en mai 68 Chirac était chargé des rendez-vous clandestins avec Séguy, et lui (Chirac) en a gardé manifestement un très bon souvenir.
Il est peut-être rare de se trouver dans un contexte aussi anxiogène.
Ce qui est rare est cher et ce qui est cher n'est-il pas taillé sur mesure
pour "les meilleurs" d'entre nous (Ironie ? voire !).
La presse se virtualise, la société se virtualise, le monde (pas le tiers !)
se virtualise, que diable la rue, elle aussi, ne se virtualise-t-elle pas ?
Son constat, pardon, sa perception, est faussée, qu'importe !
Ne se disait-il pas en substance, il n'y a guère, qu'elle ne gouverne pas ?
Il serait cruel de rappeler l'épisode récent et criant de l'Outre-Mer
(criant d'urgence et de nécessité) pour mettre en évidence
l'influence du volume sonore d'une revendication
sur sa prise en considération.
En d'autres termes, cela s'appelle le rapport de forces.
Pour l'élever, ne faut-il pas être deux ?
La manifestation n'est certes pas la voie de négociation la plus rationnelle
mais veut-on vraiment se pencher sur le chemin qui y mène ?
Evidemment, ce serait mettre un pied "dans l'idéal", aller au-delà des positions
et des intérêts établis. Comment ? "Au-dessus des partis" ? C'est ça !
En un mot, dans son sens premier, concret et non virtuel : gou-ver-ner !
Est-ce encore possible pour l'actuel artisan de tous les trompe-l'oeil
sans lendemain ?
N'aura-t-il été qu'un syndic de liquidation de la chose publique
particulièrement zélé ou est-il encore capable de tenir son rang
à la tête d'un Etat responsable ?
N'est-il que l'homme de ses défis personnels
ou peut-il être un Homme d'Etat, comptable de défis plus grands ?
C'est dans l'adversité...
Crise financière, crise économique, crise sociale ... La crise, partout la crise ... En France, elle se double d'une crise de confiance gravissime qui touche le personnel politique dans son ensemble, à commencer par le président de la République lui-même ! Aujourd'hui, la rue donne à nouveau de la voix pour crier fort sa colère et son désarroi ... Pour Nicolas Sarkozy, la situation s'envenime chaque jour un peu plus - il y a des signes qui ne trompent pas -, et l'incommunicabilité s'installe. Pour combien de temps encore ?
"Crise financière, crise économique, crise sociale ... La crise, partout la crise ... "
La cata et ça ne va pas s'arrêter là (voir les ...)
"En France, elle se double d'une crise de confiance gravissime qui touche le personnel politique dans son ensemble, à commencer par le président de la République lui-même !"
Argumentaire démagogique et propagandiste classique pour disqualifier les politiques C'est faux : ex le nombre de votants aux élections présidentielles .
"Aujourd'hui, la rue donne à nouveau de la voix pour crier fort sa colère et son désarroi ... "
C'est la rue qui a raison point de suspension. Le "à nouveau" pourrait se répéter, menace larvée
"Pour Nicolas Sarkozy, la situation s'envenime chaque jour un peu plus"
D'où vient le venin? la dramaturgie nous fait sentir la précipitation. il va être piqué par le serpent.
-"" il y a des signes qui ne trompent pas -"
Lesquels? quels sont les augures qu'il nous faut croire (on est en pleine mythologie)
", et l'incommunicabilité s'installe."
Ah! de quoi il s'agit? Le président n'écoute pas et de toute façon on lui dit "cause toujours"
" Pour combien de temps encore ?"
Voilà la question qui donne la réponse : ça ne va pas tarder à exploser, vivement que ça arrive! Prophétie auto exauçante!
Et pendant ce temps, on gagne petit...
PETER JONES : Vous préjugez, j’ai un regard croisé et non figé par une double casquette public/privé. Comme les députés qui peuvent cumuler les mandats et avoir une activité privée sans restrictions autres, que celles qui pourraient relever du conflit d’intérêts (la commission de déontologie ne vous rappel pas quelque chose ?). Les fonctionnaires contrairement au privé, et jusqu'à la (bonne) loi de modernisation de l’économie, ne pouvaient pas cumuler un emploi public avec un emploi privé, excepté cas particuliers, certaines professions libérales, dans certaines conditions et selon la fonction publique auxquels ils étaient rattachés.
En ne se préoccupant de la fonction publique, uniquement de manière générale, vous, comme les journalistes, ne pouvez plus faire la différence (et ne la faites plus ) entre les trois fonctions publiques, de même, vous ne faites plus la différence (par fainéantise intellectuelle?) entre les hauts fonctionnaires, des énarques avec des avantages que vous dénoncez, les fonctionnaires de catégorie A (les ingénieurs), les fonctionnaires de catégorie B (des techniciens), les fonctionnaires de catégorie C (dénigrés à tord comme les « sans grades »).
Ces derniers, (cat. C) ceux qui en fin de carrière touchent à peut près 1500 euros après quarante ans de carrière, prennent en pleine face, le « tabassage » publique et médiatique sur le fourvoiement de leurs « mirifiques » avantages (dont personne n’est capable de dire quels sont-ils, hors mis la sacro sainte et inexacte rengaine de la sécurité de l’emploi), sur leur inutilité et la nécessité pour l’opinion de leur suppression.
C’est perçu avec une telle violence, qu’il ne faudrait pas grand-chose dans le contexte actuel pour que la colère rentrée explose. De manière imagée, cela a le même effet que si vous diriez à un handicapé, qu’il est devenu inutile !
Pour répondre à votre question sur le régime spécial, sachez que le taux de prélèvement des cotisations dans les régimes spéciaux des trois fonctions publiques est plus élevé que dans le régime général.
« Ils ne devraient pas oublier qu'ils sont au service des contribuables et non l'inverse. Un peu de respect pour celui qui paie. »
- Ils sont au service des contribuables, mais ne sont pas non plus leurs esclaves, comme tous ceux qui exercent une activité de service (ex:vendeurs, aides à la personne, etc) qu’elle soit publique ou privée.
- Ils sont AUSSI des contribuables et payent des impôts.
- Demander du respect de leur part pour celui qui paie, la réciproque est tout aussi valable.
Ce qui m’amène à poser des questions à l’ensemble.
1ère question : si vous estimez que la fonction publique coûte chère, qu’elle participe à l’augmentation de la dette, qu’il faut trouver des solutions pour la réduire, je n’ai pas d’opposition formelle si cela s’effectue dans un débat d’idées et de mise cohérence de mesures à prendre pour le bien de tous, en revanche, lorsque vous criez au loup sur les avantages « incroyables » dont bénéficient les fonctionnaires, pourquoi ne passez vous pas un concours (qui ne vaut pas nomination) et n’essayez vous pas de rentrer dans la fonction publique ??? (Vous verrez, qu’après 5 à 8 ans d’études post Bac les concours.., dont l’issue est incertaine,et l’obligation de recommencer au bout de trois ans si vous n’obtenez pas de poste..., ça gave !)
2ème question : Ce qui m’étonne par contre, c’est que si vous êtes contre les régimes spéciaux de la fonction publique (dune manière générale) pourquoi ne dénoncez vous pas celui des députés et sénateurs, qui cotisent six ans là ou les fonctionnaires et salariés du privé mettent quarante ans pour obtenir le même taux de reversement ???
Le pouvoir d’achat n’a pas évolué en France parce depuis plus de vingt ans, on a favorisé l’emploi des bas salaires par des exonérations de charges et le subventionnement compensatoire d’allocations en tous genres, permettant aux salariés de vivre ou de survivre. Ce qui a eu pour conséquences, la disparition progressive de la classe moyenne (l’ascenseur social ne peut plus fonctionner) et le renforcement de l’écart entre les classes inférieures et les classes supérieures.
Il y a vingt ans, on embauchait un Bac + 5 débutant aux alentours de 3000 euros, aujourd’hui on est plus près des 2000 euros quand ce n’est pas moins. Pour les autres qui sont soit au niveau Bac, soit en dessous, ils ne peuvent plus compter démarrer qu’au niveau du SMIC ! Pour mettre en perspective avec un autre article paru sur slate « Les racines du désarroi de la jeunesse » Par Monique Dagnaud, ce système dévalorise de manière erronée, la valeur intrinsèque des diplômes et des diplômés ! Les diplômes et diplômés français sont mieux reconnus et mieux considérés à l’étranger que dans leur propre pays !
Pour rectifier le Sens et les Faits si facilement manipulés et manipulables par les chantres de la dé manipulation.
« On aimerait aussi qu'il y ait un rapport entre les revendications et ceux qui revendiquent ex: fonctionnaires et risques de chômage »
Votre exemple donne dans la facilité et quel décalage avec la réalité, il faut redescendre sur terre (je plaisante)! Ce que vous ne comprenez pas me semble t’il, c’est qu’a force de presser le citron en demandant aux français de se serer la ceinture et en remettant à demain puis au surlendemain, et peut être à l’année prochaine ou dans cinq ans l’espoir de mieux vivre et de gagner plus (crise ou pas crise, cette dernière agissant comme un produit désinhibant et dopant), vous obtenez un raz le bol général qui dépasse la simple revendication syndicale. Il ne s’agit plus d’opposition du public contre privé (ils défilent ensembles), ni de la simple revendication pour une journée de repos supplémentaire ! Mais bien d’une demande, de ce qu’il faut que le gouvernement imagine et mette en place pour les familles (retour à Germinal ?) qui n arrivent plus à joindre les deux bouts, y compris en travaillant.
Concernant la manifestation du 09 février et du 19 mars, cela ressemblait plus à une 1ére puis une seconde lame de fond sur laquelle sont venus surfer les syndicats et qui pourrait bien tout emporter sur son passage si rien n’est fait pour briser sa dynamique.
3ème question : Le pouvoir ou les pouvoirs successifs n’ont-ils pas une responsabilité (pour ce qui est des syndicats) dans cette attitude de préférence du combat, plutôt que du consensus ?
« Que je sache il n'a jamais été question de licencier le moindre fonctionnaire. »
La manipulation que vous faites est subtile (consciemment ou inconsciemment), et le raccourci « du fonctionnaire » est redondant avec votre exemple précédent. Effectivement le gouvernement a annoncé qu’il ne remplacerait pas un fonctionnaire sur deux partant en retraite (donc de fait, il ne s’agit pas de licenciements).
L’objet de votre manipulation est de laisser sous entendre (faire croire) que puisqu’il n’y a pas de licenciements, il n’y a pas de raisons de faire grève, ni de manifester !
Puis vous continuez à enfoncer le clou en interjetant la caractéristique maladive des syndicats (par association, amalgame) et de parti révolutionnaires (vous renforcez l’image négative), que de viser dans toutes situations d'abord le combat contre le pouvoir (image du conflit permanent dont la responsabilité incombe aux seuls syndicats).
De même et en aparté, je trouve dommage que dans plusieurs de vos commentaires vous demandiez à slate de créer de petites rubriques de (ou de devenir) spécialistes par et pour des spécialistes, ce n’auraient aucun intérêt dans la vocation qu’a slate à être un brain storming public quelque soit le niveau de compétences des uns et des autres !
Idée pré conçue et inexacte: Les fonctionnaires ne risquent pas de perdre leur emploi.
Rectification: Les fonctionnaires peuvent perdre leur emploi à l’occasion d’un transfère de compétences (le cas est rare, mais possible). Et contrairement aux idées préconçues…
Ajustements: Ce que défini le statut. Loi n°84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat .
Un licenciement pour insuffisance professionnelle peut être prononcé après observation de la procédure prévue en en matière disciplinaire.
Le fonctionnaire licencié pour insuffisance professionnelle peut recevoir une indemnité dans les conditions qui sont fixées par décret (Loi 84-16 du 11 janvier 1984 art.70).
• Chapitre VIII Discipline.
Article 66 En savoir plus sur cet article...
Modifié par Loi n°91-715 du 26 juillet 1991 - art. 5 JORF 27 juillet 1991
Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes.
Premier groupe :
- l'avertissement ;
- le blâme.
Deuxième groupe :
- la radiation du tableau d'avancement ;
- l'abaissement d'échelon ;
- l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ;
- le déplacement d'office.
Troisième groupe :
- la rétrogradation ;
- l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans.
Quatrième groupe :
- la mise à la retraite d'office ;
- la révocation.
Donc, le licenciement existe bien contrairement aux préjugés. Notre très médiatique hyper président à plusieurs fois prononcé publiquement la révocation de fonctionnaires.., montrant ainsi au peule que cela était possible et que cela se faisait !
Cas de figures rencontrés lors d’une promenade. Je me suis promené hier matin sous un beau soleil, dans les rues de ma ville agitée par des drapeaux, et me suis retrouvé, avec des milliers de promeneurs agitants des fanions sur lesquels étaient écrits suppliques et poèmes colériques. Ils m’ont appris que contrairement à d’autres idées préconçues, on peut faire grève et manifester, on peut faire grève et ne pas manifester, on peut ne pas faire grève et manifester, on peut ne pas faire grève et ne pas manifester.
4ème question : Au fait, quelqu’un connaît-il des députés qui se sont retrouvés au chômage (pointant physiquement au Pôle emploi, anciennement ANPE) a la fin de leur(s) mandat(s) ?... non ?... Moi non plus !
Voilà, c’est fini… Enfin je crois… Et bonne journée à toutes et à tous!
Votre point de vue est salutaire parce que détendu et clair.
Le ton polémique de certains (y compris de ceux qu'ici même font une lecture sectaire de votre point de vue) ne doit pas cacher les vrais enjeux de cette crise. Les blocages de la société française sont toujours là: corps intermédiaires non représentatifs (le Medef autant que nos syndicats) qui ne jouent pas leur rôle, pouvoir exécutif qui a pris la fâcheuse habitude (aussi du temps de la gauche, n'est-ce pas M Fabius) de faire passer en force des décisions sans arguments ni négociations, un législatif (oserai-je dire servile?) en état presque végétatif; enfin, des entreprises et leurs salariés manipulés et manipulables par ces mêmes corps intermédiaires; et des fonctionnaires injustement pris à partie -parce que c'est bien plus facile de s'en prendre à eux et à leur supposée synécure.
Je trouve aberrant de taper autant sur les fonctionnaires !!! La réputation de la fonction publique qui ne fait rien et coûte cher a la dent dure... Je connais des entreprises privées immenses qui ne cherchent pas du travail et dont les ouvriers ne font pgrand'chose. et cela dans tous les domaines. Même avec la crise, ils répondent au numéro absent et ne se déplacent pas... Sauf pour un marché de milliers d'euros. alors pourquoi s'acharner à dresser les gens les uns contre les autres ? Votre modèle libéral MR JONES, j'ai eu le temps de l'admirer en Grande-Bretagne où les trains arrivent à l'heure quand ils le veulent, où le courrier est distribué cahin-caha, où tout un pan de services (privatisés par un certain premier ministre femme conservateur ...) ne sont plus opérationnels. Si c'est cela que vous voulez instaurer en France ? A votre guise, mais lorsque ces services payants (bien sûr) seront assurés par le privé et qu'ils ne seront pas plus efficaces... La France sera le "paradis". Pourquoi d'ailleurs n'allez-vous pas vivre dans les pays anglo-saxons?
En france, d'ailleurs, comme le dit plus haut, un lecteur, les députés, les sénateurs, les ministres, les gens aussi qui travaillent dans les assemblées bénéficient d'un régime social plus que confortable ... ce n'est jamais dénoncé (à la questure de l'assemblée on travaille un an et on cotise pour 2 ans : en entrant à 20 ans vous ressortez à 40 ans pour la retraite !!!) N'est-ce pas plus scandaleux ? et dire que tous ces gens travaillent, en cumulant les mandats, jusqu'à 80 ans !!!
Alors au lieu de tirer à boulets rouges sur la fonction publique (où certains "culminent" à 1200 € en fin de carrière) il serait peut-être plus judicieux de réparer les injustices ...
Quant à M. SARKOZY, il a peut-être raison de se rapprocher de MM. THIBAULT et CHEREQUE "plus lucides que lui", mais je ne m'en fais pas pour lui, il va tirer son épingle du jeu. Faisons une élection présidentielle demain, qui va sortir comme président de la république : M. SARKOZY. Il a un boulevard devant lui... Il n'y a plus personne à gauche... ce nest pas Mme AUBRY qui va lui faire peur !
Si je tape sur les fonctionnaires en général il ne s'agit pas des individus, mais du système et de son fonctionnement; le service public pour lequel vous en avez plein la bouche n'est pas compétitif du tout, il est plétorique et pas là ou il devrait être. En effet si un employé inefficace dans une entreprise est licencié, pas dans la fonction publique, il a l'emploi à vie il ne risque rien. Pars ailleurs, les fonctionnaires coutent aux contribuables, ce qui est différent de couter aux actionnaires.
Le systéme Britannique n'est pas ce que vous dites, la poste fonctionne tres bien ainsi que tous les autres services de l'Etat et d'une façon trés économique. Maintenant c'est vrai le Métro n'est pas terrible...Je vous l'accorde. Je peu vous parler de la Grande Bretagne car je suis moitié britanique et j'y vit la moitié de mon temps.
Pars ailleurs je suis d'accord avec vous sur les cumuls de mandant c'est scandaleux.
Oui, je persiste à croire que les fonctionnaires et/ou assimilés sont des privilégiés, nantis par la garantie de l'emploi à vie, privilège incommensurable, qui plus est en temps de crise.
Il y a certes des fonctionnaires qui ont une haute idée de leur mission. Il y a certes des fonctionnaires qui ne comptent pas leurs heures ( j'en connais ) et font parfois de leur emploi un sacerdoce. Et alors, ils bossent, non, ils sont payés pour comme tout travailleur.
Mais ce qui m'insupporte, c'est ce décalage entre une population qui ne sait pas ce que c'est que de risquer chaque jour sa place, une population nantie par ce seul privilège exhorbitant qu'est la garantie de l'emploi et une population tout aussi travailleuse mais qui hélas n'a aucune garantie quant à la pérennité de ses emplois.
Le seul chapitre VIII des sanctions disciplinaires de la fonction pubique est en soi à mourrir de rire, Mr J Sairien. Pas moins de 4 groupe de sanctions ! Vous savez comment cela se passe dans le privé ? Que nenni, mon bon prince, de la législation; vous êtes employeur, vous voulez virer un employé, c'est ultra simple même si quelques règles sont à respecter, encore plus simple si vous êtes cadre ! Le droit du travail existe mais bien souvent contourné. Je le sais, c'est du vécu !
Par les temps qui courrent, si vous voulez conserver sans problèmes votre emploi, soyez fonctionnaire dans un premier temps, et/puis syndicaliste, c'est tout bénèf.
Je ne crie pas haro sur les fonctionnaires, j'estime juste qu'un peu de pudeur et de retenue chez ceux-ci seraient de bon ton. Toujours prêts à lever le bouclier si l'on touche un tant soit peu à vos privilèges, pensez un tout petit peu à ceux qui n'en n'ont pas, si ce n'est celui de bosser et de fermer leurs gueules.
Le jour ou les fonctionnaires et assimilés seront réellement notés et évalués au mérite et d'après des résultats ( comme en entreprise ), alors oui, Jen Sairien et consorts, je serais le premier à vous accompagner dans les manifs et vous donner un coup de main lorsque votre emploi sera menacé...
Mais là, ca devient de la prospective à long terme, et je ne suis pas prospectiviste !
cordialement,
D'ailleurs regardez comme ils sont virulent ces fonctionnaires qui envahissent le blog, ils ne veulent pas dire quand ils sont fonctionnaires mais on le reconnait vite par le discours....Bien repondu Corto, ils n'ont pas de légitimité de parler d'eux (conflit d'intérêt, lol), ils devraient se taire quand il s'agit de nos impôts; ou bien ils nous expliquent comment faire mieux avec moins.
Je rêve de voir évoluer le "service public" en "service au public", le concept vague ne fait qu'essayer de nous vendre des prestations dont vous n'avez pas besoin, c'est un peu le truc des vendeurs d'assurance qui essaient de vous vendre de la garanti et qui sonne aux abonnés absents au moindre pépin.
De la même manière que vous n’appréciez "guère la manière avec laquelle on raconte et travesti l'histoire des excommunications récentes" dans votre commentaire du lun, 16/03/2009 - 11:06 "La machine à laver, une pilule qui ne passe pas pour l'Osservatore Romano" d’Henri Tincq (sans doute par soucis d’exactitude, et non par préjugés) mon commentaire précédent avait cette même posture. Une deuxième relecture est peut être nécessaire !
Mais visiblement beaucoup de choses vous insupportes, plus aptes que vous êtes de croire a ce qui relève de l’inconscient collectif que de voir une autre réalité que vous survolez de loin. D’autre part votre lecture de mon commentaire a dû se faire de manière Très sélective puisque si vous aviez lu tout, vous verriez que j’exerce aussi bien dans le privé (en libéral) que dans le public (salarié).
Je vous rassure tout de suite, je connais aussi les conventions collectives et j’ais eu à faire plusieurs fois au tribunal des prud’hommes. J'ai donc été licencié !!!!
Et enfin je posais 4 questions, alors si vous ne criez pas haro sur les fonctionnaires et que vous semblez prompt à l’honnêteté, pourriez vous y répondre, j’aimerais connaitre votre point de vue.
En attendant que vous ayez le droit de signer
Bonne journée
@ PETER JONES
Qui est virulent ? Je n’ai aucune animosité, mes impôts servent de la même manière que les vôtres.
« Ils n'ont pas de légitimité de parler d'eux (conflit d'intérêt, lol), ils devraient se taire quand il s'agit de nos impôts » vision du droit à la parole plutôt soviétique que libéralisée ! (lol)
Bonne journée