Le bouclier en travers de la gorge
Les réformes libérales de Nicolas Sarkozy prises à contre-pied par la crise - Par Eric Le Boucher.
- Reconstitution de combats de la Grèce antique John Kolesidis / Reuters -
La France qui s'est lancée très tardivement dans des réformes libérales se trouve prise à contre-pied par la crise. Et Nicolas Sarkozy en est la première victime. Il est ainsi des fameuses lois dites Tepa (travail, emploi et pouvoir d'achat) votées à l'été 2007 dont l'objet était de concrétiser le slogan de campagne: «travailler plus pour gagner plus».
La polémique s'était engagée dès le départ contre elles mais pour une autre raison: elles étaient venues d'on se sait où et considérées comme un curieux bricolage. Pour encourager les heures supplémentaires, peut être fallait-il les défiscaliser mais pourquoi en plus les décharger socialement? N'était-ce pas priver les caisses sociales de recettes? N'était-ce pas pousser les chefs d'entreprise vers des ententes avec leurs salariés pour «s'arranger» sur les horaires au dépend des impôts? Ces lois comportaient un volet très critiqué au sein même de la droite, sur l'héritage, parce que si le travail doit pouvoir conduire à l'enrichissement, il ne devrait pas en être de même d'un enrichissement par la naissance. Pour les libéraux, l'héritage devrait, au contraire, être très lourdement imposé.
Et puis il y avait ce bouclier fiscal, objet aujourd'hui d'une nouvelle polémique. Le gouvernement Villepin l'avait instauré avec un plafond de 60%: une personne ne devait pas se voir imposée de plus de 60% de ses revenus. Vieille affaire en vérité puisqu'il s'agissait de minorer sans l'avouer l'importance de l'ISF (Impôt sur la fortune). La droite n'a jamais osé s'attaquer à ce qu'elle considère pourtant comme un dispositif anti économique puisqu'il fait fuir à l'étranger du capital qui pourrait s'investir en France; Nicolas Sarkozy n'a pas été plus courageux sur ce sujet que Jacques Chirac, il a seulement promis de descendre le taux du bouclier à 50% du revenu.
Ces deux derniers volets, héritage et bouclier, ont été saisis par la gauche qui n'a cessé de dire qu'il s'agissait d'un «cadeau fait aux riches», qu'elle chiffrait sans nuance à 15 milliards d'euros, le coût total des lois, y compris les autres volets comme les heures supplémentaires qui sont, elles, pourtant utilisées par les ouvriers. Qu'importe, le message est passé et Nicolas Sarkozy, qui il est vrai s'affichait alors avec eux, s'est vu coller l'image de président des riches. La gauche n'a pas gagné beaucoup de batailles contre Sarkozy, mais celle-là, celle de l'opinion, fut emportée dès l'été 2007.
La crise vient grossir encore la critique des lois Tepa pour la raison fondamentale que le «travailler plus» devient impossible. Lorsque l'économie est en décroissance, de sans doute 2% cette année, il y a tout simplement moins de travail. Les heures supplémentaires encouragées se font au dépend des intérim et des CDD qui sont en chute très brutale. Le dispositif était au départ un encouragement des «in» contre les «out», ceux qui ont un travail contre ceux qui n'en n'ont pas, qui était tolérable à la limite dans une phase d'expansion mais qui devient très diviseur dans une récession comme maintenant.
Le bouclier fiscal est lui placé directement au centre des tirs. Il est déjà moins légitime de favoriser l'enrichissement lorsque des milliers de salariés perdent leur emploi mais qu'en est-il alors de l'enrichissement des riches? Nicolas Sarkozy se trouve dans une position d'autant plus fragile que le bilan statistique publié par Bercy ne plaide pas en faveur de la mesure. Certes, il reste peu utilisé et de ce fait ne coûte que 458 millions d'euros. Le gouvernement croit que ce faible montant lui est favorable puisque cette somme que la gauche voudrait voir verser dans un plan de relance de la consommation est si petite qu'elle n'aurait aucun effet. C'est exact. Mais d'une part le gain moyen fiscal des ménages qui bénéficie du bouclier est passé de 16.000 euros à 33.000 euros, l'effet «cadeau» est là, et, d'autre part le nombre de bénéficiaires n'a pas varié, 14.000 ménages; autrement dit le dispositif n'a servi à faire revenir aucun des émigrés fiscaux. L'effet «retour du capital utile» n'a pas marché. Les riches n'utilisent pas ce bouclier par peur de déclencher une enquête du fisc à leur encontre.
Et voilà que la polémique s'ouvre à droite par Pierre Méhaignerie qui souligne qu'en période de crise c'est la logique inverse qui doit présider: les riches doivent payer plus que les autres. Il propose une remontée des impôts de ceux qui gagnent plus de 300.000 ou 400.000 euros dans l'année. Et Dominique de Villepin, le père du bouclier, bien silencieux depuis des mois, retrouve la parole pour demander «une vraie politique de partage des efforts».
La France qui a un taux de prélèvements obligatoires (impôts et charges sociales) parmi les plus élevés de l'OCDE doit, en tendance, s'aligner sur ses partenaires-concurrents. Elle avait tardé à le faire. Mais la crise change tout car le besoin de plan de relance creuse les déficits, il va doubler cette année dépassant sans doute 5% du PIB et grossit les dettes publiques. Pour se financer, les Etats vont devoir revenir sur la baisse tendancielle de la fiscalité à l'œuvre depuis trente ans. Les années libérales sont finies. Barak Obama, qui a annoncé qu'il allait taxer ceux qui gagnent plus de 250.000 dollars par an, fera forcément école.
Si la logique économique et la justice sociale veulent que Nicolas Sarkozy renonce à ce bouclier et, en vérité, à l'ensemble des lois Tepa, il refuse (jusqu'à présent) par logique politique. Ce serait admettre que la gauche avait raison. Le président est dans une impasse.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 17/03/2009 à 15h34











































On reste globalement le dernier pays communiste qui s'ignore;
Les wagons de fonctionarisés, d'assistés sociaux en demanderont toujours plus des sales riches qui faut faire payer. Les usines ferment et vont continuer à fermer; comment rater une l'aubaine historique de fermer les sites en France, tout le monde les y pousse, les fonds d'investissements, les avocats, les actionnaires, l'Etat francais en ne supprimant pas clairement les impôts idiots et les francais eux mêmes en râlant et manifestant au lieu de bosser quand ils le peuvent encore.
Bien le principe de précaution étant la règle chez les riches biens conseillés, si vous ètes déjà parti ne revenez pas en France. Si vous ètes encore en France, vous devriez vraiment réfléchir à aller prendre l'air ailleurs car bientôt l'Etat n'aura plus rien à leur donner et là je ne donne pas cher de votre peau, messieurs les riches. C'est celui qui gueule le plus fort qui a raison et le Medef on ne l'entend pas. Alors le bouclier fiscal ne pésera pas lourd au regard de la dette pharaonique.
Ceux qui paieront ce ne sera pas les travailleurs de nos anciennes usines maintenant en Hongrie, les riches partis, les sociétés qui sont en train de déménager leurs sièges sociaux quand le susines ont été fermé?
Le problème est qu'il faut créer de la richesse avant de la distribuer, tuer la poule qui donne les oeufs c'est un peu crétin, non?
La france a bénéficié de plus de 100 milliards d'investissements étrangers en 2008, et se place au deuxième rang européen.
La dette publique française est importante, (mais faible en comparaison de la dette américaine) mais l'épargne privée est importante. La France est un pays de raleurs, c'est vrai. Mais c'est aussi un pays où la productivité par travailleur est une des meilleures (et parfois la meilleure certaines années) du monde.
Mettez des lunettes. Votre myopie idéologique vous empêche de voir le boulversement radical qui est en train de s'opérer dans le monde. Obama n'est pas Reagan, le système privé livré à lui même a fait faillite et les états sont obligés partout dans le monde de venir à son secours. Pour le moment, l'interventionnime étatique est la seule chose qui vous a évité d'aller faire la queue avec les autres devant votre banque en faillite. Votre lecture du monde a 30 ans de retard.
L'idéologie c'est de croire que la France est en 2ieme place pour les investissement, j'explique;
J'achète une bonne PME francaise à travers un fonds d'investissement situé aux Antilles Néerlandaises, la France offrant le meilleur premium à la délocalisation du marché, je vire les usines sur 3 ans, mets les brevets en lieu sur et dépouille la bète jusqu'au siége social qu'on déplace en Belgique au mieux. J'ai bien investi en France mais pour désinvestir. Pour l'essentiel c'est ca les investissments dont vous parlez Marfel.
La dette est moins importante qu'au US c'est vrai mais ils ont un statut spécial et bénéficient d'un certain crédit, eux peuvent faire du déficit et imprimer du papier (il n'est pas sur que cela puisse continuer ainsi dans le futur), et c'est aussi ce que va faire allégrement la BCE sous peu, c'est de l'inflation déguisé, il faudra payer d'une facon ou d'une autre.
La productivité des travailleurs est excellente, le cout du travail est compensé par une préssurisation du personnel excessive, on remplace toujours l'homme par une machine quand on le peut, et cela ne suffit plus en général. Super pour les salarié!
Quand au bouleversement du monde n'imaginez pas les Ricains devenir des dirigistes, ils utilisent simplement la possibilité de l'interventionnisme pour moduler, réorganiser les excés du passé, n'imaginez pas les voir devenir comme nous. Comme nous avons abusé de cet outil depuis si longtemps son efficacité sera bien moindre pour nous.
Quand à l'Isf, il n'y a plus que chez nous, au Luxembourg et en Suisse ou il existe, si partout ailleurs il a été supprimé c'est qu'il posait de réel problème. Je ne vois pas ce qu'il y a de dogmatique à faire ce qui marche chez les autres.
Si la redistribution est en partie assurée par l'Etat, c'est parce que le système privé non régulé ne voit dans le salaire qu'un coût qu'il convient de réduire au maximum afin d'avoir un meilleur retour sur investissement. C'est la part insuffisante de la richesse produite redistribuée aux salariés qui est à l'origine de la crise de l'endettement actuelle. L'économie a besoin d'acheteurs pour fonctionner, alors si le peuple ne gagne pas assez d'argent, on lui en prête...jusqu'au jour où on s'aperçoit qu'il n'est pas solvable.
Et si il existe aujourd'hui des assurances sociales, c'est aussi pour permettre aux exclus du marché du travail de faire tourner un peu l'économie, d'acheter un petit peu.
Vous confondez la social-démocratie et le communisme, le partage des richesses nécessaire au fonctionnement du système et une version de la lutte des classe qui date d'avant la chute du mur de Berlin. Si les entreprises étaient vertueuses, il n'y aurait pas besoin de l'état pour défendre l'intérêt général. Mais pour le moment, le but d'une entreprise est de faire de l'argent, et non de songer à l'environnement, à la santé des salariés, au bien commun. Et dans un univers mondialisé, la doctrine Fordienne d'une entreprise qui paie bien ses salariés pour leur permettre d'acheter ses produits ne fonctionne plus. On serre les coûts, tant en Chine qu'en France ou aux USA.
Où voyez vous que "cela marche chez les autres" ? Et quels sont les critères de jugement que vous trouvez pertinents ? Visiblement, ce n'est pas la productivité des travailleurs, alors est-ce la qualité de la couverture sociale ? La possibilité d'avoir une éducation gratuite ? Le respect des libertés individuelles ? Le taux de criminalité ou d'emprisonnement ?
Sur ces divers indicateurs, la France n'est pas parfaite, mais elle est pourtant enviée par beaucoup d'autres pays. Il y a toujours des choses que l'on peut améliorer, bien sûr. Mais il est stupide de critiquer le système français en permanence.
Je repose la question : où voyez vous que cela marche chez lez autres ? Et selon quels critères ?
Marfel visiblement nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde.
Le partage représenté par la solidarité est une chose et je ne l'a remets pas en cause, et je trouve pitoyable qu'on ne soit pas capable de loger décemment les miliers de personnes sans abri au tarif des impots de ce pays: comment dire on en n'a pas pour notre argent, la suradministration est contreproductive et peu efficace.
La redistribution en France c'est de l'assistanat clienteliste et non de la solidarité. Et on ne peut pas dire que les chefs d'entreprise ne soient pas solidaires car ils paient beaucoup et depuis longtemps pour pas ou peu de résultat tangigle, et la vraie solution pour redonner du pouvoir d'achat aux employés c'est de réduire les prélévements sociaux pas de 1% mais de 15 ou 20%, évidemment il faudrait pour celà mettre beaucoup de fonctionnaire à la retraite.
Plus rien ne fait réver les jeunes, no future, c'est morne plaine, mon modèle est simplement de réduire l'Etat, remettre l'entreprise, le travail au centre de la société, les patrons sont devenus des parias dans cette société. Moins d'intellectuel au pouvoir et plus de gens opérationnels ce que fait d'ailleurs Sarkozy avec un succés mitigé du aux résistances des fonctionaires et assimilés.
On est bien dans du communisme, un communisne de riche soit, mais à terme le résultat on le connait. Je ne dis pas qu'il ne faut pas d'Etat, je dis en France il faut réduire drastiquement l'Etat et tout ce qui va avec.
C'est sur, ce pays marche bien pour les fonctionnaires, sécurité de l'emploi, les 35h, la sécu la retraite à 55 ans, la 25ième semaine de congé payé(lol) etc...J'ai une question Marfel, vous ètes un fonctionnaire n'est ce pas? Il n'y a plus qu'eux pour trouver le système super (ils ont raison) et comme ils sont sur le point de devenir majoritaire dans ce pays vous comprenez le problème. Les fonctionnaires accaparent simplement une part trop importante de la richesse nationale avec des prétextes de solidarité désolé, mais il semblerait que beaucoup ne veulent plus jouer.