L'Allemagne paiera
Elle seule peut payer les déficits. A condition que l'Europe et la France lui donnent des garanties.
- Angela Merkel, le 9 mars 2009. HANNIBAL HANSCHKE / Reuters -
La guerre est déclarée contre la crise. Et pourtant, malgré les déficits qui se creusent, l'Europe reste l'arme aux pieds. La commission avait — à l'instar du FMI — préconisé un plan de relance d'une ampleur comprise entre 2 et 3% de la richesse de chacun des membres de l'Union. Mais en fait, l'effort, dans la plupart des cas, et notamment en France, ne dépasse 1% du PIB.
Il est vrai que les pays dépensiers d'hier, dont le nôtre, avaient épuisé — paquet fiscal et clientélisme budgétaire obligent — leurs marges de manœuvres bien avant que la bise de la crise ne vienne les coller au mur.
Il en résulte la situation paradoxale suivante: les nations européennes qui n'ont plus les moyens de relancer leur économie en raison de leurs déficits passés les dégradent encore davantage pour le futur en raison de l'ampleur de la récession. Les recettes fiscales rentrent moins et les charges de toutes natures sortent davantage. D'où le déséquilibre endémique des finances publiques des mauvais élèves d'hier, des impuissants d'aujourd'hui et des surendettés de demain.
Certes, l'Union européenne pourrait prendre le relais et décider de lever un grand emprunt pour financer les dépenses que ses membres n'ont plus la capacité d'engager. De même, la Banque centrale pourrait exceptionnellement décider de couvrir en partie, par de la création monétaire, les dettes publiques des pays européens. Mais la Commission européenne comme la BCE n'entendent pas déroger aux traités fondateurs.
Alors, on fait la guerre mais à mains nues, ce qui n'est pas, convenons-en, la meilleure façon de gagner la bataille, et le cocasse n'est jamais loin du drame. Et chaque jour vient apporter son lot de surprises. Hier, on apprenait que Londres — oui là où le libéralisme avait jusque-là, si je puis dire, «droit de city» — s'apprêtait à nationaliser la Lloyds et aujourd'hui, c'est la Maison Blanche qui, par son conseiller économique, appelle à une réunion extraordinaire du G20 pour un soutien exceptionnel de la demande. Mais voilà, sommée par les Américains de défiler pour montrer sa force, l'Europe se défile.
Aussi, c'est l'Allemagne qui détient désormais la réponse. Dans l'affrontement contre la crise, son économie souffre autant sinon plus que les autres, ses excédents commerciaux fondent, son industrie automobile craque, son chômage remonte, ses déficits publics enflent. Et elle sort de plusieurs années d'une austérité qui n'autorise pas franchement le retour au laxisme.
Mais précisément, elle a ce que ses voisins n'ont pas: des marges budgétaires, un endettement maîtrisé, des coûts salariaux contenus, un relatif consensus social et surtout la taille critique.
L'Allemagne a non seulement une économie prospère mais la plus puissante. C'est elle qui peut disposer de la force d'entraînement et de la mobilité indispensable dans la gestion des conflits.
Faut-il encore la convaincre de faire acte de solidarité. On pourrait déjà rappeler à nos amis allemands que depuis le traité de Nice amendé par celui de Lisbonne, ils disposent de l'influence la plus forte aussi bien au Conseil européen qu'au Parlement.
Cette place éminente donne des droits, mais impose aussi des devoirs. On pourrait aussi leur faire valoir que leurs succès commerciaux n'ont d'avenir que dans une économie européenne en croissance et que la récession, si elle se poursuivait, affaiblirait non seulement leur base industrielle, mais aussi la stabilité de l'euro, si fondamentale, et à laquelle dont ils sont viscéralement attachés.
Enfin, il faut donner à l'Allemagne des garanties. C'est à la France de rétablir l'harmonie du couple formé avec elle et c'est à l'ensemble des Européens de mener une politique économique cohérente et coordonnée.
Car il serait trop facile de demander à l'Allemagne de payer les déficits des autres. Elle n'acceptera de la faire qu'à condition de se sauver elle-même, et nous avec!
François Hollande
Mis à jour le 01/05/2009 à 17h56













































A dire vrai, je suis totalement abasourdi par le papier "donné" par F. Hollande. La pertinence de la thèse n'est pas en cause, même si on peut lire des arguments identiques sur des blogs depuis pas mal de semaines, là n'est pas mon propos. En fait je suis totalement SCANDALISE par la faiblesse du français de M. Hollande! Comment espérer que des "jeunes de banlieues issus de l'immigration" connaisse notre langue (dont on dit ici et là qu'une bonne connaissance ou non est déja un quasi apartheid social) quand un fils de bourgeois, lauréat d'H.E.C. et de l'E.N.A. nous donne à lire : "..... mais aussi la stabilité de l'euro, si fondamentalement DONT ils sont viscéralement attachés" (sic) !!!! Et je vous fais grâce des autres coquilles qui sont assez nombreuses. Et que dire de cette autre phrase :"Il est vrai que les pays dépensiers d'hier, dont le nôtre, avaient épuisé — paquet fiscal et clientélisme budgétaire obligent — leurs marges de manœuvres bien avant que la bise de la crise vienne les coller au mur" (Sic)!!!! M. F. Hollande qui passe pour un spécialiste du billard-à-3-bandes devrait bien, de mon point de vue, ressortir instamment son Lagarde et Michard et se documenter se former à une discipline rigoureuse et formatrice d'esprits structurés: la grammaire française! Ou rejoindre lui aussi N. Sarkozy, comme nombre de ses amis très proches, ils se comprendront, ils sont aussi nuls en français!
François nous a redécouvert l'Or du Rhin.
Certes la formule renvoie après tout aux négociations et pratiques lors de l'après réunification, mais la solidarité financière entre nos deux pays s'était accompagnée de la création de l'Euro et ( hélas) du statut très particulier de la banque centrale européenne (ainsi que de la pratique de l'euro fort)
Qu'avons nous aujourd'hui à mettre dans le deal? Nous parlons de protections européennes quand toute la stratégie économique de l'Allemagne est fondée sur l'export. Nous parlons de nos déficits quand l'Allemagne a réussi par un accord bi-partisan à réduire ses coûts de production et ses déséquilibres sociaux. Nous parlons de solidarité quand les errements de notre diplomatie nous font signer des partenariats stratégiques ( formule vide du sarkozysme planétaire) avec qui veut bien acheter notre nucléaire ( à croire que notre président d'ailleurs fait comme l'ancien chancelier allemand pour gasprom, se cpréparer un pantouflage) sans comprendre que l'allemagne a fait un choix autant moral qu'énergétique en abandonnant le nucléaire
l'Allemagne paiera mais sommes nous préts par exemple à restructurer nos comptes sociaux et fiscaux dans une harmonisation de nos systèmes????
je ne vois pas dans cette orientation la cohérence avec ce que j'entends du PS ces derniers temps
serait-ce là encore le futur grand écart entre propos de congrès et pratique gouvernementale?Le débat peut être mené mais ne pretons pas à l'Allemangne des politiques qu'historiquement, sociologiquement, philosophiquement ce pays ne peut pas conduire.
* quand à la monétarisation des déficits, l'Allemagne n'acceptant pas le retour à l'inflation autant ne pas trop l'escompter
L'Europe serait une coquille vide sans le couple franco-allemand, c'est une évidence. De Gaulle, Adenauer, et les autres présidents en exercice, ont toujours eu à coeur l'entente cordiale, voire osmotique, entre les deux " locomotives " de l'Union. Avec la crise, et, facteur aggravant, les relations conflictuelles entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, des divergences sont apparues ... Dans son article, François Hollande nous dit que l'Allemagne a " des marges budgétaires, un endettement maîtrisé, des coûts salariaux contenus, un relatif consensus social ... ", et j'ajouterai un autre atout, à savoir un civisme à toute épreuve ... Sans ce dernier, les difficultés seront sûrement plus difficiles à surmonter. On s'en aperçoit déjà.
Cautionner l'exigence américaine sur la demande de relance, c'est oublier bien opportunément que les Américains sont les seuls responsables de la crise actuelle et qu'ils doivent donc, se montrer moins autoritaires, une fois de plus
L'Allemagne est redevenue une puissance grâce à ses réformes et malgré le rattachement de sa partie Est appauvrie. Pendant qu'elle se réformait, tout comme l'Angleterre, que faisait, M. Hollande, le gouvernement de M. Jospin après plusieurs années de gouvernement Mitterrand ? Pas grand chose hormis les 35 h, RTT et autres APA et assistanat en tous genres.
Aussi, il est plus que facile d'écrire aujourd'hui : "Mais précisément, elle a ce que ses voisins n'ont pas: des marges budgétaires, un endettement maîtrisé, des coûts salariaux contenus, un relatif consensus social et surtout la taille critique."
Je crois surtout que l'Allemagne a une chance incroyable de ne pas avoir un P.S. qui se complaît à tout refuser à partir de l'instant où la réforme ne vient pas de son camp.
"Cette place éminente donne des droits, mais impose aussi des devoirs" : une telle phrase devrait être pour votre parti et pour vous, un slogan à méditer journellement face au désastre d'une idéologie du 19 ème siècle appliquée au moment où la France devait prendre le virage du 21ème siècle !
L'Allemagne gagne aujourd'hui sur le plan économique ce qu'elle a perdu en 1918 et en 1945 sur le plan guerrier !
Qui est le plus responsable dans cette situation ?
Nous allons finir par nous tutoyer, mon cher François; l'arrivée de ta chronique me ravit à chaque fois; cela fait au moins 4 fois que je t'envoie un commentaire et incroyable, tu m'a même envoyé un petit post ! Alors oui, tutoyons-nous ! Mais, je te rassure, je ne serai, à priori, jamais d'accord avec toi...
Dans cette article sur l'Allemagne, tu es passé trop vite sur un point important qui donne à ce pays un net avantage sur le notre.
L'Allemagne bénéficie d'un réel consensus social, non comme tu l'écris d'un relatif consensus.
Là-bas plus de 30% de la population active est syndiquée, plus de 60% dans certains secteurs. La puissance des syndicats est telle (en particulier la puissante IG Métall) que employeurs et employés sont obligés de s'entendre de manière constructive. La loi allemande impose même que les partenaires sociaux se mettent d'accord avant toute décision interne à l'entreprise. Ainsi, les grandes réformes se font de l'intérieur de l'entreprise, non par la force des slogans et la taille des manifestations.
Le syndicalisme allemand est un syndicalisme de consensus.
En France, le syndicalisme est un syndicalisme de confrontation, vindicatif, parfois délibéremment destructeur. Et pourtant, seule 6% de la pop. active est syndiquée !
6% d'encartés qui, crient, bataillent à tout va, font grève pour un oui ou pour un non, paralysant ainsi les 94% d'une population qui ne demande que le respect de la liberté de travail.
Alors, je ne sais pas, mon cher François si l'Allemagne est la seule à pouvoir payer ses déficits. Je ne sais pas si l'Allemagne a les bonnes réponses. Ce qui est sûr, c'est que l'Allemagne a sur la France des atouts majeurs: l'intelligence des partenaires sociaux, des partis politiques constructifs sachant avant tout débattre et proposer, une haute idée de la négociation constructive, un vision économique tournée sur le monde et la priorité accordée au consensus primant sur les rixes politiciennes à la française!
Si seulement nos politiciens français et nos encartés syndicalistes (tu sais François, ceux qui sont toujours prompts à la critique) pouvaient s'inspirer de ce REEL consensus, nous pourrions passer un plus de temps à bosser et reconstruire...
Cordialement,
nb: au fait, François, surveilles un peu ton orthographe et ta frappe.
c'est incroyable dans ce pays la constance des idées reçues. On le sait, dans la classe politique française, il y a toujours eu, et cet article en est une démonstration, une sorte de romantisme allemand, une attraction allemande. D'abord il y eu l'admiration pour la rfa puis une forme d'excitation pro-allemande depuis la réunification. Il y a eu ces français qui ont sali la mémoire des compatriotes tombés au combat, ceux qui ont forcés notre pays à se germaniser, ceux qui nous ont forcé à nous coucher sous une politique monétaire étrangère, du franc fort puis de l'euro fort, ceux qui ont adoptés sans discuter les modèles rhénans et le mythe de l'ordolibéralisme, ceux qui nous imposé des traités opposés aux intérêts nationaux, ceux qui ont offert à l'Europe (même pas vendu!) la suprématie allemande en revenant sur le traditionnel découplage entre la population et la représentation communautaire (pourtant à la base de l'équilibre de l'axe franco-allemand)... Et aujourd'hui, on a ceux qui parlent d'emprunt européen et même un appel au leadership allemand.
Etrange attitude de ces "patriotes" défendant les intérêts de leur nation en rêvant d'un rival historique et en se convertissant sans broncher à toutes leurs conceptions. Alors que disons-le franchement, pour la France l'Allemagne est un mirage.
L'Allemagne, ce pays dont le modèle a été démonté empiriquement, avec une démographie et un vieillissement qui rendent incertain son avenir, avec un pib par habitant inférieur à la France et qui progresse moins vite que la moyenne européenne, avec sa fragile croissance (en moyenne inférieure à la croissance française sur les 20 dernières années), avec son taux de chômage supérieur à la France (en passe de passer la barre des 8.5%), avec sa dette publique supérieure à la France (en passe de dépasser les 70% du pib)... et avec ses perspectives de croissance catastrophiques (récession prévue à -3% soit deux fois ce qui est attendu en France)...
Toutes les études le montrent : dans 20 ans, la France sera la 1ère économie européenne. C'est à la France de prendre le leadership européen. Et cela passera nécessairement par un divorce franco-allemand (divorce qui a déjà lieu tant leurs intérêts sont divergents). Qu'un politique de l'envergure de monsieur Hollande ne voit pas cela (ou refuse de le voir) est gravissime et inquiétant...
Monsieur Hollande, vous écrivez "Et elle sort de plusieurs années d'une austérité qui n'autorise pas franchement le retour au laxisme" et je n'en crois pas mes yeux.
Vous qui avez pendant des années encouragé la dépense publique, utilisé le mot "austérité" comme un repoussoir, vous voici maintenant l'apôtre des déficits maitrisés. Comment un telle chose est-elle possible?
Et vous enfoncez le clou: "elle a ce que ses voisins n'ont pas: des marges budgétaires, un endettement maîtrisé, des coûts salariaux contenus, un relatif consensus social".
Mais, surtout, vous n'avez pas froid aux yeux: Vous allez maintenant mendier aux allemands la réduction du déficit français?
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
--Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
--Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien ! dansez maintenant. »
Dans un article il y a d'abord le texte, l'histoire que l'on nous raconte. Ici François Hollande argumente pour expliquer que l'Allemagne, forte des bénéfices du plan d'austérité du précédent chancelier va pouvoir financer la crise pour l'Europe et la France.
Et puis il y a le sens qui doit permettre de répondre à des questions, pourquoi nous dit-il cela? Quelle est la portée de ce qu'il nous dit en rapport avec d'autres thèmes traités ici. Ca ce sont les commentaires qui nous en disent plus long, qui servent de révélateurs, de dévoilement. François Hollande ne peut plus rien cacher. Les commentaires montrent que les propos tenus ici vont à contre sens de ce que le parti du même François Hollande n'a cessé et encore aujourd'hui de contrer, d'empêcher, de critiquer.
Il y a une tromperie quelque part. Ou bien l'auteur et son parti tiennent leurs positions non pas pour leur valeur mais pour nuire au pouvoir en place ou par démagogie, c'est-à-dire nuire au pays en fait. Ou bien ils y croient et alors Monsieur François Hollande est en train de nous préparer quelque chose...
Un média comme slate.fr s'intéresse-t-il uniquement à la lettre, aux apparences ou bien à l'esprit, au sens? Ce serait bon à affirmer et à en tirer les conséquences sur la gestion des commentaires
Autant de diplômes et si peu maître de son écriture ! Vaugelas vivant , Mr Hollande eût fait les frais de son courroux tant sa plume et son esprit se fourvoient dans l'utilisation de la grammaire ( François , révisez l'emploi de DONT ! )