La presse française cinq fois plus aidée que la suédoise...
... et trois fois moins lue.
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L'excès de subventions à la presse française peut se résumer à quelques chiffres. En Suède, pays de 9 millions d'habitants ultra-connectés, mais avec une forte tradition de lecture des journaux, on compte 449 exemplaires vendus pour 1.000 habitants (8e rang mondial). En France, le chiffre est de 154 exemplaires. Trois fois moins, ce qui met la France au 57e rang mondial.
Les subventions directes? Entre 2003 et 2007, elles ont augmenté de 21% en Suède... et de 71% en France, selon l'Association mondiale des journaux. Et si l'on rapporte ces aides à l'exemplaire vendu, on constate que le quotidien français est 4,7 fois plus subventionné que le journal suédois. Et c'était avant l'annonce du plan de 600 millions d'euros sur trois ans annoncé par le Président de la république.
Ce plan gouvernemental d'aide à la presse n'en finit pas de susciter des questions Outre-Atlantique où la presse quotidienne connaît un effondrement sans précédent. Après la publication d'un article dans la Monday Note sur le sujet ("Media acquisition, the French way", plusieurs confrères américains m'ont demandé des détails sur le plan français. A chaque fois, la question est la même: «ça ne vous gêne pas de recevoir des subsides du gouvernement?». Réponse : oui, sans aucun doute. Vendredi 23 janvier à l'Elysée, on ne pouvait réprimer un sentiment de malaise en écoutant Nicolas Sarkozy évoquer l'indépendance à géométrie variable de la presse française, selon qu'elle s'exprime avec une fougue débridée dans les éditoriaux ou qu'elle tend sa sébile dans les couloirs des ministères.
Dénoncer des subventions est mal venu par les temps qui courent. Les banques, l'automobile connaissent une perfusion financière aux proportions historiques, donc pourquoi pas la presse? En premier lieu parce que subventionner l'information n'a rien à voir avec le soutien d'une filière industrielle classique. Cela crée une relation ambigüe avec le pouvoir politique. Ensuite, une subvention doit être assortie : a) d'une conditionnalité et b) être limitée dans le temps. Rien de tout cela dans le plan actuel. Les 600 millions vont avant tout servir à maintenir hors de l'eau les journaux les plus menacés.
Pour le reste, à savoir la grande mutation vers le numérique, l'abandon des dinosaures industriels que sont les imprimeries de presse au profit d'imprimeries petites, décentralisées qui imposeraient certes une uniformisation des formats, mais qui permettraient d'espérer une pérennité du secteur, de tout cela, il n'est guère question. De la même façon, les concessions demandées au Syndicat du livre ne vont pas beaucoup plus loin que les gains de productivité «naturels» devant intervenir dans les prochaines années.
Il y a bien cette «innovation» avec un abonnement gratuit pour les jeunes atteignant 18 ans au quotidien de leur choix, mais cette poussée démagogique ne va rien changer au problème de fond: toutes les études montrent que les quotidiens nationaux sont massivement rejetés par les moins de 25 ans, avec les arguments suivants (dans cet ordre):
1) déconnexion totale des sujets par rapport à leur préoccupation ;
2) élitisme (dans des groupes lecteurs, on a entendu des phrases du genre «ces journalistes écrivent pour 200 personnes») ;
3) obsession pour la politique politicienne ;
4) contenu mortifère ;
5) accès difficile (articles indigestes, maquettes trop grises), etc.
Le prix n'est pas un facteur déterminant. On peut donc toujours leur offrir une vieille Peugeot avec, certes, toutes les options, ils préfèreront la Smart.
Quant à une limitation dans le temps pour ces aides, elle n'est même plus évoquée. L'idée originale consistant à mettre sur pied un système puissant, destiné avant tout à soutenir une transformation, mais seulement pour quelques années a été abandonnée. Question de conjoncture. Laquelle autorise une prodigalité historique en matière budgétaire. Profitons-en. Telle qu'elle est envisagée, la perfusion est conçue pour durer. Au point de devenir une addiction.
Frédéric Filloux
(Photos : un kiosque à journaux, F de la Mure pour le site de l'ambassade de France, et l'imprimerie du Monde, REUTERS/Benoit Tessier)
Mis à jour le 13/02/2009 à 14h31







































Il semblerait pour parapher les responsables du trimestriel XXI que le succès est fonction de l'intérêt pour la ligne éditoriale. A quoi bon multiplier les supports si l'info est traitée de la même manière et avec peu d'enquête. En effet la lecture des journaux laisse parfois l'impression d'un copier collé de dépêches.
la presse ecrite, elle devra s'adapter une fois encore, et fera du copier coller, de slate, pour retrouver des marges de manoeuvre et offrir du contenu a un public recalcitrant au monde numerique, ou un peu plus agé.
Pour l'instant en ce qui me concerne, internetivore depuis les débuts d'internet en france dans les années 94, le support papier reste pour moi, d'un confort sans égal, à comparer à l'ordinateur. Il n'en reste pas moins, que les news sur internet son instantanée, et ne me coute rien, ou presque.
L'ordinateur par rapport au support papier a différents inconvénient, tel que l'appareil est imposant, son ergonomie varie en fonction du logiciel de lecture. Il faut 1 minute pour le démarré. Il n'est pas très agréable de recevoir en pleine figure à la lecture de chaque page, une lampe dans la g..le.
Maintenant tout ces inconvénients au fur et à mesure semble bien vouer à disparaitre, et le kindle2, un élément de plus qui nous rapproche du "tout" numérique.
Pour ma part, je crois que cette crise, va être l'occasion d'une mutation globale de la société. Pour diminuer les coùts il n'y aura rien de mieux qu'un kindle a 15 euros.
La technologie n'est pas encore là, ni le cout de fabrication d'un tel produit, mais tous les jours nous nous en rapprochons davantage. Au sein de la presse écrite il y aura ceux qui s'useront à combattre cette mutation (difficile de combattre le progrés), et ceux qui s'y adapteront pour y trouver de nouvelles marques.
Tout à fait d'accord. L'information est partout, aujourd'hui. La sortie de crise ne peut pas se faire sans un réel changement éditorial. Quand rien ne va, on change de maquette, en mettant de la couleur ou en réduisant toujours plus la place réservée au fond (Le Figaro, prochainement, Le Monde, depuis peu) comme si la presse quotidienne devait devenir un newsmagazine (qui eux, marchent). Je ne pense pas que les lecteurs (acheteurs) aient envie d'investir plus d'un euro par jour pour qu'il n'en reste rien au final.
L'enquête de France 3 sur l'uranium, par exemple, aurait pu être un sujet d'investigation idéal pour la presse... Elle ne privilégie malheureusement pas le fond, comme le fait, c'est vrai XXI. XXI, un succès commercial et la preuve "vivante" que le prix ne compte pas forcément : des quinze euros qu'on "investit", il reste quelque chose.
C'est là le problème de la presse aujourd'hui : ne pas chercher la valeur ajoutée mais se contenter de reprendre quelques dépêches, sans réelle réflexion ou mise en contexte.
L'éloignement des jeunes vis-à-vis de la presse écrite, comme de l'information télévisuelle, résulte à mon sens de deux facteurs.
L'occupation du temps de loisirs, où se sont installés Internet, la téléphonie mobile, l'élément "sortie" quasi quotidien, l'éclatement du dernier socle de ce que l'on appelait "la famille nucléaire"...!
La crise du pouvoir d'achat, qui a débuté voici plus de dix ans, provoquant chez les jeunes, les moins jeunes, un ras-le-bol profond et durable vis-à-vis de toutes les institutions, leurs représentants.
A qui appartiennent les journaux, sinon à ces groupes d'affaires et de finances, qui quadrillent le marché du travail, affaiblissant le citoyen pour séduire de nébuleux actionnaires et autres fonds de pension?
"Les Lambdaciens baba-cools" comprennent qu'ils se font spolier. Que les éléments de contre-pouvoir sont contrôlés.
Pourquoi, dès lors, investir dans des news qui bassinent les discours patronaux "avec un peu d'épices" pour faire croire à une certaine vérité?
Depuis un an, à force de tirer le bouchon, d'essorer des smicards, qui n'en peuvent plus, de trahir des fondamentaux, de fragiliser des classes moyennes, de gangréner l'ensemble du tissu économique, les babas-cools ont été rejoints par une population traditionnellement plus réservée.
Et qui se rebelle.
Si la presse écrite souhaite se relever, ce qui reste à démontrer, il lui appartiendra de se désolidariser d'un pouvoir halluciné, de patrons égoïstes.
Ce qui implique... du courage, un vrai journalisme.
Michel Schetter
La presse est BEAUCOUP trop chère !
regardez le prix des quotidiens dans les autres pays (anglo-saxon entre autres)
1,5 ou 1,4 E c'est insupportable
il faudrait diminuer le prix par deux
trop de quotidien politisés aussi ce qui nuit à l'information générale
trop de journalistes politisés ce qui les rend difficilement crédibles trop partisans
donc ,on s'en éloigne
dommage !
chercher l'erreur avec les syndicats de la presse et leur côut