Life

La Parisienne

Charlotte Duperray, mis à jour le 11.03.2009 à 14 h 51

De la difficulté de commencer une chronique sur tout et sur rien

Par où commencer ? Un site ouvert mérite inauguration. Alors, quand il s'agit d'écrire un premier texte, il faut garder en-tête qu'il est et qu'il restera le premier texte.
Il pourrait être un texte de présentation, un texte de bienvenu, un texte de séduction. Il pourrait être un texte insolite, imparfait, imprévu. Peu importe, il est le premier texte. Celui qui porte les couleurs, celui qui dépeint les teneurs, celui qui trace les contours. Il porte avec lui l'indulgence de l'essai, l'innocence du premier jet, les ombres de l'esquisse. En tête de peloton, le premier, caractère trempé. Il est sans thème particulier, mais, avec beaucoup de sens en général. Il est croqué, chroniqué. Il se lit d'un coup, très vite, avec petit plein d'indulgence. Oui c'est ça l'idée, lieu-dit de vie croqué. Papoter, de tout & de presque rien, avec douceur, toujours avec malice et jamais sans artifice. Jeu d'écriture pour assembler les mots qui vont bien ensemble, ponctué de "si" de "la", de touches & de notes de vie, gribouillées de couleurs.

Etrangement il commence par le début ou la fin, définition tout à chacun. Comme un dimanche soir. La nuit est tombée, les promeneurs sont rentrés. La capitale au dehors en accalmie, éveille ses 1001 cafés, refuge des magiciens tourmentés. Alors on s'arrête, on regarde, on ne cherche pas le contact, on glisse en observation. Va et vient. Les gens, de vrais gens ; tournent, attendent, papotent, s'assoient, commandent un verre, bavardent les yeux dans les yeux, se détournent des conversations, jouent, tripotent, à portée de main. Cela peut-être un coin du set de table, un verre à glisser entre les doigts, un cure-dent pour les plus intrépides et les moins discrets. Cela peut être la main de sa voisine, une mèche de cheveux à tournicoter, ses propres doigts à craquer, un nez qui gratte. Incroyable gestuelle, personnelle & universelle. Le recul du spectateur permet d'attraper ces petits lots de quotidien. Une position confortable et délicate ; un recul surgissant qui impose de délimiter sa propre place. Alors, le spectateur s'interroge, au cœur de ce manège tourbillonnant, quel est son lien, quelle est sa force, quelle est sa place. Toutes ces couleurs, toutes ces bribes de bavardages, ces échos de conversations. Je suis le spectateur. Je suis moi, quelque part. Deux de mes amis, sont là, si près de ce moi. Je les entends, je reconnais leurs voix, leurs tons, leurs intonations. Je devine leurs souvenirs, leurs sourires. J'envie de ma bulle ouatée leur complicité. Et je me laisse transporter. Dans cette vague réflexion, sans queue ni tête, par souci d'inauguration.

Je suis sortie de chez moi malgré la grisaille parsemée de pluie. J'ai marché à l'ombre du chemin que je connais par cœur. Je n'ai fait attention à rien sur mon passage. Je sais où je vais, l'intérêt d'un rendez-vous organisé. J'ai quitté les rues solitaires, j'ai poussé la porte du café.  Portée par les voix, guidée par les mouvements, je me suis assise. Carnet ouvert, stylo qui gratte. Croquis de fin de journée, debrief de début de soirée. J'ai commencé. Le premier. Rendez-vous non organisé, excitation du saut sans filet, angoisse de la page blanche, inspiration du faux filet... L'équilibre des mots, par souci d'inauguration. Sans aucune prétention.
A bientôt.
Charlotte Duperray

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