La lutte contre la piraterie pour les nuls

Giuseppe de Martino, mis à jour le 07.03.2009 à 14 h 42

La semaine de Giuseppe de Martino

Dimanche 1er : « La lutte contre la piraterie » pour les nuls
Tout d'abord, il est toujours utile de rappeler ce qu'est le droit d'auteur. Toute création (on dit aussi «œuvre») quelle qu'elle soit (livre, chanson, film... vidéo !) ne peut être utilisée qu'avec l'autorisation de son créateur, l'auteur: c'est ce qu'on appelle le droit d'auteur. Pour le dire autrement, la création appartient à son auteur et c'est lui seul qui peut donner son accord à une utilisation.

Lorsque un internaute veut mettre en ligne une vidéo sur un site (là l'internaute fait du « web 2.0 » : il participe, il met en avant ses choix, il se bouge, il ne reste pas vautré dans son fauteuil, il n'est pas du «temps de cerveau humain disponible»), il doit avoir l'autorisation des différents auteurs (réalisateur, scénariste, compositeur de la musique, etc...).

Evidemment, si vous êtes vous-même le créateur de tout ce qui compose la vidéo que vous voulez mettre en ligne, pas de soucis ! En revanche, si n'est pas le cas, vous devez demander l'accord des auteurs ou de ceux à qu'ils ont transféré leurs droits (ceux qu'on appelle les ayants droit : producteurs télé ou cinéma, maisons de disque, chaînes de télés etc...).

Comme les autorisations sont rarement demandées, certains sites de vidéos ont mis en place des systèmes techniques pour déterminer automatiquement si la vidéo qu'un internaute veut mettre en ligne n'est pas une contrefaçon (c'est-à-dire reproduire quelque chose sans en avoir le droit) d'un droit d'auteur (en jargon non juridique on dit un «acte de piraterie» même si je n'ai jamais bien compris où était dans ce comportement la touche d'exotisme et de violence qu'on attache généralement aux pirates...).

Comment ça marche en théorie? Les ayants droit fournissent les «empreintes» numériques (une espèce d'ADN) de leurs œuvres aux prestataires des sites de vidéo qui les stockent dans des bases de données, les sites de vidéo prennent automatiquement les empreintes de chaque vidéo au moment de leur mise en ligne et les comparent aux bases de données d'empreintes des œuvres des ayants droit : si les vidéos des internautes correspondent à des vidéos d'ayants droit, elles sont reconnues et la mise en ligne est  empêchée. C'est simple, ça marche et c'est gratuit pour l'ayant droit (et évidemment pour l'internaute).

Comment ça marche en pratique? Peu d'ayants droit fournissent leurs empreintes - alors que c'est évidemment gratuit - mis à part les Américains et quelques rares Français. Donc même si le système technique fonctionne, des vidéos «pirates» sont mises en ligne. Cela semble être le cas dans l'exemple ci-contre (peut-être pas très bien choisi, ce site ne communiquant pas beaucoup sur le système d'empreintes qu'il aurait mis en place).

La solution? Une prise de conscience par la filière culturelle que la lutte contre la piraterie est l'affaire de tous et que ce n'est pas en restant les bras ballants qu'on surfe sur les vagues.

La prochaine fois on parlera pépettes pour les auteurs.

Lundi 2 : Cas pratique
Cette vidéo est ce qu'on appelle une vidéo UGC (User Generated Content) à savoir une vidéo/un contenu généré/fait/filmé/mis en ligne par un utilisateur/un internaute. Regardez cette vidéo maintenant car elle risque de disparaître. En effet garder la trace qu'on s'est marié à l'église avec en accompagnement musical le générique de la Ligue des Champions de football risque d'être gênant et l'utilisateur risque de la supprimer, une fois l'euphorie de l'union passé. OK OK c'est du Haendel aussi.

Est-ce un acte de  contrefaçon que commet l'internaute en mettant en ligne cette vidéo? A-t-il obtenu l'autorisation de l'ayant droit de la musique? Vraisemblablement non. Mais ni vous ni moi ne le savez. Donc si l'ayant droit demande la suppression de cette vidéo, l'hébergeur de cette vidéo devra obtempérer. Est-ce que le système d'empreinte aurait pu fonctionner en l'espèce? Oui mais ça aurait été dommage, non? Ceci dit, ce n'est pas là la question, on est bien d'accord.

Mardi 3: Animation politique
Nous avons évoqué récemment avec Luc Chatel l'UGC-Politik, digne succédané de la realpolitik. Que pensez-vous de la Patàmodeler- Politik

Mercredi 4 : «Internet est Creation»
Le projet de loi Création et Internet qui vise l'éradication de la contrefaçon via «peer to peer» ( pour nos amis nuls : la recherche et la récupération d'objets qui ne nécessitent pas de serveur centralisé) continuera pendant de longues semaines à faire couler beaucoup d'encre. Vous pouvez peut être prendre le temps de regarder ce débat entre les deux champions de l'Assemblée sur cette question. Le débat certes ne bénéficie pas d'animateurs haut débit et  ça a même un côté ORTF. Certains (je les connais) pourraient évoquer le poids de l'ennui et le choc des paupières. Mais c'est globalement assez/un peu instructif et si vous skippez (skipping = un zapping sur le même programme en quelque sorte) vers la fin, on s'aperçoit qu'on ne sait toujours pas trop ce qu'on fera dans un an ou deux si la contrefaçon perdure...

Vendredi  6 : La météo de la chienlit
J'avais été critiqué la semaine dernière pour avoir regretté que les figures de mai 68 n'avaient pas eu à leur disposition les outils communautaires actuels que les étudiants actuels qui pouvaient utiliser ce feu sacré web 2.0 s'en servaient pour cuire des pommes de terre. (rappel)
En fait l'inventivité est bien là avec la météo des grèves par Télésorbonne.

Samedi 7:  Total, totalement net
A l'occasion du procès AZF, l'association des familles endeuillées s'indigne que le site AZF.fr créé par TOTAL, remonte en tête des recherches Google. Un procès, ça se prépare aussi sur Internet.

Giuseppe de Martino
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