La dépression peut être évitée à condition d'agir maintenant
La dépression peut être évitée à condition d'agir maintenant- par Jacques Attali
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Ce qui est fascinant, dans la crise actuelle, c'est qu'on ne veut en voir en général que les manifestations les plus superficielles, sans débattre ni de ses causes profondes, ni de la transition qu'elle annonce vers un nouvel équilibre géopolitique. Ainsi, les Etats-Unis sont en train de perdre leur suprématie sans qu'aucune puissance ne s'annonce pour les remplacer au centre du monde. Et comme personne n'a intérêt au chaos, chacun aide les Etats-Unis à maintenir leur suprématie à crédit. Pour cela, tout le monde a laissé s'installer une globalisation des marchés, et en particulier du marché du crédit, sans exiger une globalisation de l'état de droit, laissant se développer une bulle financière planétaire.
Tout le monde avait intérêt à cette croissance factice, à ce monde faussement libre, faussement en développement: les Etats-Unis, qui maintenaient sans effort leur suprématie, les autres gouvernements, qui assuraient le plein emploi, les plus pauvres, qui avait accès au logement, les entreprises, qui fournissait les produits, les épargnants, qui touchaient des dividendes significatifs, et surtout le système financier mondial, principal bénéficiaire de la bulle.
Mais comme à un moment, la dette doit finir par être remboursée, ou être annulée, la croissance qu'elle permet en augmentant s'interrompt avec elle. Commence alors la crise: récession, chômage, dépression, désordres politiques. Elle appelle des solutions radicales, pour organiser la transition vers le monde nouveau qui s'annonce.
La réduction inévitable de cette bulle ne peut que remettre en cause, au moins provisoirement, la toute puissance américaine et préparer un basculement vers un monde plus équilibré où tous partageront la responsabilité des immenses défis qui attendent l'humanité. En attendant que quelqu'un assume une nouvelle suprématie, par la maitrise des technologies nécessaires à la résolution de ces conflits.
Seulement voilà : chacun, parmi les puissants, pense que la crise n'est que passagère et que l'on reviendra vite à l'ordre ancien ; et personne ne veut véritablement assumer la nature profonde des changements nécessaires pour la résoudre, qui sont immenses.
Alors qu'il faudrait réduire la dette du monde, on ne fait pour l'instant que l'augmenter.
Partout, au lieu de réduire l'endettement excessif, de peur de la récession, on fait financer la survie du système par tous ceux qui peuvent avoir encore des ressources : les banques, quand elles veulent bien ; les Etats quand personne d'autre ne peut ; comme il n'est question, nulle part, d'augmenter les impôts, les Etats eux-mêmes s'endettent, en empruntant auprès des épargnants, nationaux ou étrangers, et, en dernier recours auprès des banques centrales. Les chiffres le démontrent: alors que la dette américaine aurait dû se réduire, elle est passée de 350% du PIB du pays à la fin de 2007 à 500% à la fin de 2008. De même, la dette européenne augmente dans les mêmes proportions. Et bien d'autres prêts sont en train de devenir non remboursables : les produits dérivés, les cartes de crédit, les crédits Alt-A. Et surtout personne n'est plus là pour les racheter.
Les banques commerciales continuent pourtant de prêter plus de 20, 30 et parfois 50 fois leurs fonds propres, eux-mêmes en voie de disparaitre, en partie ou en totalité, car personne ne sait ce que valent les produits dérivés qui constituent l'essentiel de ces actifs. Le système bancaire mondial est ainsi au bord de la faillite.
Le pire est donc vraisemblable: un effondrement du système bancaire mondial suivi d'une inflation planétaire.
Cette croissance de la dette publique, après celle de la dette privée, ne peut qu'entrainer la catastrophe : la faillite des ménages, des banques, et même des pays. Ce qui s'est produit pour l'Islande peut se produire pour des pays de plus en plus importants ; si la panique s'empare un jour de ceux qui leur prêtent.
Tout deviendra possible: l'effondrement du système bancaire anglo-saxon, dont les pertes seraient devenues hors de portée de tout sauvetage. Cette panique peut être déclenchée par la prise de conscience de l'insolvabilité du système. Elle peut aussi se déclencher par des mouvements de spéculation politique ou terroriste : de nombreux groupes déterminés, avec des moyens limités, peuvent organiser la vente à terme des actions d'une banque, la montée de la valeur des CDS, qui mesurent les risques attachés à cette banque, et la faire s'effondrer.
On peut en arriver alors à une dépression planétaire. Elle pourrait même être suivie d'une hyperinflation, provoquée par l'immensité des moyens monétaires crées depuis le déclenchement de la crise ; elle permettrait de réduire à néant la dette, au profit des emprunteurs. Le monde vivrait alors une dépression en situation d'inflation : un Weimar Planétaire.
La première réforme suppose d'étaler la dette des plus pauvres, (en particulier pour ceux qui ont emprunté pour leur logement et qui sont hyperendettés) même si c'est au détriment des bonus et des dividendes des actionnaires et des dirigeants des banques.
La seconde réforme suppose d'organiser la restauration des fonds propres des banques. Cela ne peut se faire que par les contribuables, qui doivent devenir les actionnaires des banques et bénéficier des profits ultérieurs. Pour y parvenir, le cantonnement des mauvaises dettes dans une banque de défaisance serait techniquement difficile (quel périmètre? Quel prix?) et politiquement scandaleux (pourquoi mettre les pertes à la charge des contribuables en laissant les bénéfices aux actionnaires?) Il faudra donc nationaliser les principaux systèmes bancaires, au moins provisoirement et gérer, avec la structure de passif actuel, l'extinction des bilans des banques d'investissement.
Si les Chinois et les pays du Golfe financent encore le déficit américain (mais où pourraient-ils placer leur épargne autrement?), cela devrait suffire pour permettre une amélioration progressive de la valeur de certains actifs discrédités, la renaissance du marché du crédit et, à terme de deux ou trois ans, la relance de l'économie mondiale.
Il faut ensuite se donner un nouveau projet, alors qu'on ne fait pour l'instant que de recopier les recettes du passé.
Une fois la dette réduite, la croissance nouvelle ne pourra être durable que si elle ne s'en remet pas aux mêmes vieille solutions, en particulier si elle ne passe pas par la relance de grands travaux sortis des fonds de tiroir, et si on limite la dette publique au financement des investissements dans les biens publics mondiaux : l'eau, l'air, la terre et l'énergie.
L'humanité n'est forte que quand elle comprend qu'elle affronte une pénurie, et qu'elle en tire les conséquences pour y apporter une réponse. Et comme la crise de 1929 n'a pu être résolue que par la mise en place des infrastructures électriques permettant le développement de l'industrie des biens d'équipements ménagers, la crise actuelle ne sera dépassée que quand seront mises en place les infrastructures nécessaires aux exigences environnementales de demain. Tel devrait être l'objet de la prochaine réunion du G20.
Il faut enfin organiser autrement les institutions de la planète, alors qu'on ne pense encore aujourd'hui qu'à sauver celles qui existent
On ne peut avoir une globalisation du marché, sans globalisation de l'état de droit. Et rien ne prépare à cette globalisation de l'état de droit : Américains et Européens ne pensent qu'à maintenir l'ordre actuel, fait de non dit, d'institutions factices et d'immenses zones de non-droit. On ne peut pas attendre beaucoup de la prochaine réunion du G20, à Londres, lieu principal de la fraude fiscale et de la dérégulation financière. Elle s'annonce comme une réunion d'Alcooliques Anonymes dans un bar à vin.
Et pourtant, ce qui est à faire est assez simple : fusionner le G8 et le Conseil de sécurité, en y admettant les principales grandes puissances du Sud. Mettre les institutions financières internationales sous la tutelle de ce Conseil de Sécurité rénové, en charge de mettre en place une véritable réglementation planétaire, pour contrôler les hedge funds et modifier les règles de Bâle sur les capitaux des banques. Et s'en servir pour organiser la relance de la production des biens publics mondiaux.
A terme, le monde sera organisé autour d'une nouvelle coalition de nations, partageant la charge de ces enjeux et non autour d'une seule, comme c'est le cas aujourd'hui.
A moins que, une fois de plus, un vainqueur surgisse, celui qui maitriserait seul les nouvelles technologies de l'avenir. Les technologies vertes décideront de la prochaine superpuissance. Le monde a intérêt à ce qu'elles soient également partagées.
(Photos : L'ouragan Ivan par J.Descloitres, MODIS (NASA), et Bourse de Francfort par Travel aficionado)
Mis à jour le 10/02/2009 à 16h19










































Pour résumer, il faut nationaliser les banques (je pense que vous ajoutez une échéance par pudeur), sucrer les avantages de leurs patrons et actionnaires pour permettre au populo de survivre, arrêter de ponctionner le tiers-monde, stopper la construction absurde des autoroutes pour fabriquer des éoliennes... et tout ça permettra de remettre une dose de démocratie dans nos républiques bananières septentrionales ? Je vous suis volontiers, car j'ai jeté ma télé au feu ; mais quid de la ménagère ? Est-elle prête, lobotomisée par la propagande néo conservatrice de son petit carré de lumière bleue, à dresser le poing et clamer "Allez, ouais, on fait ça ?"
Si oui, alors vivement demain. On signe où ?
Aucune puissance ne peut s'annoncer pour remplacer les US car ceux-ci les tiennent - ces puissances - par barbichette-dollar, un dollar sorti bien chaud de la planche à billets sans contrepartie aucune mais bel et bien acheté contre autres "espèces sonnantes".
Mais, comment un tel aveuglement et c'est pour le comprendre que j'attends un peu de SLATE: il y a trois ans, à part quelques professeurs d'économie - dont c'est après tout le job - ou proches du marché, personne n'a senti venir le vent mauvais, à commencer par le monde politique qui, pensions nous, disposait de tous les anémomètres dernier cri pour lancer les alertes nécessaires, rien; il a fallu que ces courtiers fous en prêts hypothécaires du Middle west et autres contrées en fassent tout de même un peu trop, que ces "quants" (purs "frogs", dit-on aujourd'hui à WS, donc bad mens, comme lors de l'invasion de l'Irak), véritables saucissonneurs de ces produits junks pour que tout éclate, le pékin que je suis éberlué de ce qu'on lui révélait...ainsi la globalisation était une erreur grossière, le laisser faire une mauvaise pratique....
Aujourd'hui, il est proposé de faire du passé table rase mais, non...adam Smith nous l'a bien assené, aucun homme, aucune organisation humaine, aucun pays n'agira jamais contre son intérêt; en plus de l'anémomètre, que les Etas se munissent de thermomètres pour le bon diagnostic et appliquent comme seule bonne médecine l'homéopathie..et encore à dose infinitésimale !
Je partage votre diagnostic, mais reste circonspect sur l’énoncé de votre remède. « Il faut ensuite se donner un nouveau projet, alors qu'on ne fait pour l'instant que de recopier les recettes du passé», expliquez-vous, en ajoutant ensuite que « la croissance nouvelle ne pourra être durable…(que) si on limite la dette publique au financement des investissements dans les biens publics mondiaux : l’eau, la terre, l’énergie ».
Pensez-vous qu’il faille limiter ainsi la liste des « biens publics » ? La santé que l’on appelle publique n’en est-elle pas un ? L’information, on est en train de le découvrir, également ? Au fur et à mesure que la liste s’en allonge, quelle conclusion faut-il en tirer ?
Je partage votre diagnostic, mais reste circonspect sur l’énoncé de votre remède. « Il faut ensuite se donner un nouveau projet, alors qu'on ne fait pour l'instant que de recopier les recettes du passé», expliquez-vous, en ajoutant ensuite que « la croissance nouvelle ne pourra être durable…(que) si on limite la dette publique au financement des investissements dans les biens publics mondiaux : l’eau, la terre, l’énergie ».
Pensez-vous qu’il faille limiter ainsi la liste des « biens publics » ? La santé que l’on appelle publique n’en est-elle pas un ? L’information, on est en train de le découvrir, également ? Au fur et à mesure que la liste s’en allonge, quelle conclusion faut-il en tirer ?
Bonjour,
Étant donné la crise la crise et son ampleur, un peu de philosophie, pourrait nous aider à contrer le mal de manière déterminante aussi bien d'un point de vue économique, qu'écologique.
Nous savons que des multinationales vendent des biens de consommation alimentaire, d'usage courant et industriel modifiant le génome Humain (créant des problèmes de fertilité, de fécondité et des maladies) et détruisant l'écosystème planétaire (réchauffement planétaire, présence de mercure et de fluor dans l'eau de pluie ...).
Utilisons le Tribunal Pénal International de La Haye, attaquons les pour crimes contre l'humanité, que l'ONU les saisissent de tous leur biens et les redistribuent pour corriger leur erreurs et arrêter la crise.
Monsieur le Procureur, à vous de jouer !
Aurélien
P.S. : Il n'y à la aucune appartenance politique, ou religieuse.
Juste un état de fait contre des criminels dont les revenues du fait de leurs exactions, ne leurs fournient en aucun cas une impunité au vue de la morale, de l'éthique ou de la loi.
Il est temps que ce système bancaire mondial fondé au 19 ème siècle sur le gaspillage et la confiscation des ressources humaines et environnementales par quelques élites, fondé sur la négation de droits de l'homme, s'effondre. Cela sera douloureux, mais nécessaire. Vive le Krach, vive la décroissance. Retour aux valeurs humaines comme préoccupation fondamentale de l'humanité. Attali et tous les autres ne cherchent qu'à maintenir leur privilèges, quitte à écraser les plus faibles.
Voir ici une description du système: http://www.dailymotion.com/video/k3b3vxOA3q3twnLqVG
Pop
J'ai vous ai lu avec intérêt. Il me semble que vous développez la vision d'en haut, celle d'une pseudo élite mondiale financière et industrielle qui gère, décide, tranche, oriente et surtout s'efforce de maintenir à tout prix sa situation de domination. Et il semble que pour vous – alors que vous parlez de la remise en cause de l'ordre des choses – il soit normal que ces décideurs mondiaux continuent à décider entre eux.
N'auriez-vous pas oublié dans votre raisonnement la vision du peuple d'en bas. En ce qui me concerne, la brutale hausse du prix du pétrole l'an dernier m'a fait prendre conscience à quel point je suivais un mouvement de consommation et un mode de vie sans me poser de questions. Contrairement à nos hommes politiques de tout bord qui ne font jamais d'erreurs et ne se risquent pas à l'imaginer - excepté Barack Obama, ce qui me laisse penser qu'il pourrait changer certaines choses - je reconnais mes erreurs et je les assume. Tant mieux pour ceux qui ont profité de mon manque d'intérêt à ce qui m'entourait. Aujourd'hui, je ne consomme plus du tout comme avant. Et avant que je ne change, il faudra me redonner confiance. La confiance ne se décrète pas, elle se gagne. C'est plutôt mal parti. Face à la crise, les dirigeants de tout bord, dans beaucoup de pays, ont financé, aidé les grandes industries, les banques, d'une part sans expliquer avec des mots simples l'objectif et la finalité, sans feuille de route, sans planning, sans étapes de contrôles et d'autre part, les divers dirigeants d'entreprises aidés pour ne pas dire, assistés, tant en France qu'ailleurs n'ont pas changé leur mode de fonctionnement, s'offusquant de devoir perdre qui son bonus, qui ses primes, qui ses options et autres gratifications que je perçois plus comme une prime à l'échec et l'incompétence qu'à l'excellence.
Prenons la voiture comme exemple marquant. C'est - peut-être - bien joli d'aider les constructeurs comme cela a été fait et mal annoncé et très mal expliqué ; je n'ai pas vu les garanties en contrepartie, je n'ai pas compris les engagements de tous ces dirigeants. Par contre, je les ai bien entendu renâcler et rechigner. J'ai même entraperçu la porte de sortie, celle qui leur permettra de s'en sortir par une pirouette – nous ferons si ……. les évènements ne changent pas … ! Au fait, avez-vous déjà vu le prix des voitures, le prix des réparations et surtout la qualité du travail fait ? Vais-je vraiment acheter une voiture à moteur thermique alors que j'ai réalisé que - peut-être – possibilité mais potentiellement réalité - une nouvelle technologie (électricité, hydrogène ou toute autre) peut sortir à tout moment, me laissant avec une voiture récente sur les bras. Et qu'en ferai-je de ce tas de tôle invendable qui ira à la casse enrichir quelqu'un d'autre. C'est comme si je jetais consciemment l'argent par la fenêtre. Donc, pour la voiture, pour ma part, ma position c'est l'attentisme. Je ne parle pas d'écologie ou de la répression auto routière à tout va ou des radars plus répressifs que dissuasifs. Cet aspect pourtant réel des choses n'entre même pas dans ma prise de décision. Je parle de retour sur investissement à mon niveau. Vous savez, ce que tout chef d'entreprise fait pour son entreprise, je le fais pour ma petite entreprise à moi, mon budget. En clair, je n'investis pas dans un " truc " devenu incertain qui peut disparaître à plus ou moins court terme. Mon ressenti, c'est que ceux qui ont joué sur les cours du pétrole ont perdu l'an passé et ont tué leur poule aux œufs d'or.
En ce qui concerne les autres biens de consommation, télévision et autre produits du même genre, même analyse, même position. Une course à l'innovation et aux nouveautés qui accélère l'obsolescence. Ne serais-je dans ce système qu'un consommateur que l'on téléguide en lui vidant le portefeuille ?
Finalement, je trouve votre développement très technique, trop même. Rationnel, posé, argumenté mais … ! A mes yeux, il y manque un élément essentiel, l'homme, le citoyen consommateur que votre développement exclu. Le maillon final qui fait tourner le système. Comme si vous pensiez qu'il n'a rien à dire et juste à subir. Comme dans le système d'avant ou " on " décidait pour lui.
Vous parlez encore chiffres, indicateurs, taux, profits, marché, superpuissance, bref, je trouve que vous restez dans la même démarche intellectuelle de l'ordre d'avant.
Je vous parle homme, valeur, respect, prise en compte de l'individu, place de l'homme dans ce gigantesque Monopoly auquel les dirigeants jouent. Sauf que leur partie de poker s'est finie en partie de dominos et ça dégringole.
Je suis surpris d'entendre chaque matin, les cours de la Bourse, comme s'il ne s'était rien passé l'an dernier, comme si le système continuait, comme si les valeurs n'étaient pas en train de changer.
Je suis d'accord avec vous sur 2 points : tous les dirigeants mondiaux actuels et les dits grands patrons d'une part, reviennent aux mêmes vieille solutions ; licenciements en masse (mais pour les autres) et conservation pour eux de leurs privilèges et d'autre part, recherchent le maintien de l'ordre ancien – tout comme vous l'écrivez : " chacun, parmi les puissants, pense que la crise n'est que passagère et que l'on reviendra vite à l'ordre ancien ". L'ordre ancien, je ne suis pas certain que l'on y revienne, malgré la somme des résistances au changement. Progressivement, de plus en plus de gens vont le remettre en cause. La situation actuelle me fait penser à la France de 1789, dans la phase juste avant les Etas Généraux.
Les gouvernants, les dirigeants et autres pseudos élites font eux aussi de la résistance au changement. Que les autres changent mais surtout pas nous. Qu'ils se serrent la ceinture mais pas nous.
En peu de mots, les dirigeants mondiaux veulent inventer demain en pensant comme hier et en utilisant les méthodes d'avant-hier.
Pour gagner la confiance, dans une crise comme celle-ci, je me demande s'il ne faut pas une remise à plat profonde et la plus totale possible de nos modes de fonctionnement et définir les objectifs que l'on veut réellement atteindre et pour cela il faut y associer le citoyen consommateur dont les politiques ont confisqué la parole. Or, l'objectif des dirigeants, c'est de se maintenir. Aussi, les plus beaux plans de relances sans confiance seront boiteux.
Quand le fossé se creuse entre ceux d'en bas et ceux dit d'en haut, ce sont les actes qui régénèreront la confiance. A situation exceptionnelle, actions exceptionnelles. Partis d'opposition et au pouvoir s'étripent comme d'habitude sans rien changer à l'ordre ancien, au lieu de se serrer les coudes. Les hommes politiquent continuent à cumuler leurs mandats et à pérorer sur le sexe des anges " j'ai raison, vous avez tort, etc. … " . Et si - pour une fois - cette élite se serrait aussi la ceinture, histoire de montrer que cela change ! Si pour voir, ces gens se mettaient au diapason des petits, s'ils remontaient leurs manches, s'ils mouillaient leurs chemises et s'ils partageaient le poids de la crise. Mais il arrive que le " faites ce que je dis et pas ce que je fais " , ça lasse. Et ça accroît la perte de confiance.
En période de crise, il y a un chef qui monte sur la table et pointe la direction où on va tous ensemble. Aujourd'hui, c'est plutôt un sacré bazar.
L'image qui me vient, c'est le navire au milieu de la tempête ; c'est comme si l'équipage demandait aux passagers de sauter à l'eau pour sauver le navire et l'équipage avec, bien entendu. Croyez-vous que les passagers puissent être d'accord ?
pourriez vous nous donner un aperçu de ce dont sont constitués les fonds propres des banques ? Je veux dire quelle est la part des produits structurés? de ceux qu'on dit "toxiques"? et le reste, de quoi est il constitué?
Cela éclairerait bien votre article.
A part cela, vous n'êtes pas réjouissant, M Attali ... vraiment pas...
Nicolas Sarkozy et Jacques Attali partagent une aversion pour nos amis britanniques qui ont fait de Londres la capitale de la fraude fiscale en Europe. Londres a quand même changé de moeurs. En 1755, un amiral britannique prenait un convoi français dans le Saint-Laurent. En même temps, Londres nous prenait 300 navires et 8000 marins. Sans déclaration de guerre. C'est comme cela que nous avons perdu la Nouvelle-France. Un acte de flibusterie.
Aujourd'hui, tout se joue dans les enceintes feutrées des grandes banques. Le crime est fondé sur les cols blancs et les ordinateurs. Il n'y a plus de guerre comme autrefois. C'est le système décrit par le film Espions de Saada qui règne. Les actes terroristes dans les transports publics et les grands magasins sont devenus des méthodes de négociations comme les techniques de déstabilisation médiatiques, les scandales et les conflits sociaux. L'argent est dans les paradis pas seulement fiscaux. Et ne reviendra pas dans les grandes métropoles, même avec la "contrainte d'État".
Les États sont infiniment moins bien équipés que les privés qui ont les moyens. Alors, pourquoi désigner Londres au temps du TGV. Par dépit? Par volonté d'amour à déclarer à une Allemagne qui ne nous a pas fait tant de bien que ça? Pour demander aux Américains de changer Londres pour Paris dans leur alliance privilégiée? Il ne le feront pas.
Un système neuf est à inventer sur le plan formel et ce ne sera pas un système fondé sur les États. Ceux-ci dépendent de l'argent qui est maintenant entièrement hors d'atteinte dans des structures financières opaques. À moins de lancer une armée d'incorruptibles dans des centaines de lieux en même temps. Utopique.
Alors quoi faire?
Les États ne peuvent que pacifier les relations sociales sans moyens financiers. Il faut donc être modeste. De nouvelles technologies sont hors de portée. Elles sont toutes là. Une guerre ne peut être menée par l'Occident. Pas assez de soldats et des risques de retour de flammes dans nos villes trop importants. Être modeste doit commencer par tendre la main vers les pauvres les plus proches de nous. Proposons cela à Londres. Cela nous évitera de vendre des Rafales pour remplacer les JS-35 dans des guerres improbables. Arrêtons de dénoncer les autres, nous ne sommes pas des enfants de choeurs.
Certains économistes, tel Stiglitz, disent que rembousrer la dette des Etats conduit à mener une politique aux conséquences désastreuses car ça conduit à baisser les dépenses sociales et à augmenter le chômage à cause du non financement d'une politique économique expansionniste. Ca permet en outre au Etats-Unis, endettés à hauteur de 500% de leur PIB, de trouver des créanciers et d'asseoir leur domination.Cette politique ne peut donc intervenir valablement qu'en période de croissance.
D'autre part, je suis assez d'accord avec vous quand vous dites qu'il faut une réglementation mondiale pour les banques. Mais ça ne règlerait qu'une partie du problème. Il faut aussi règlementer au niveau mondial les règles de l'information financière et comptable, car si les banques ont indûment prêté, c'est bien parce que l'information fournie n'était pas juste. Si des gens ont investi à tort et à travers, c'est pour les mêmes raisons: les modes d'information actuels et leur diversité ne permettent pas d'apprécier le risque à se juste valeur. Et, lorsue la règlementation est aussi lâche qu'aux USA, naissent des techniques comptables douteuses qui contribuent à la création de bulles spéculatives.
L'existence de telles règles obligeraient en outre les institutions telles que la SEC à plus de rigueur, et rendrait plus difficile une "affaire Madoff".
Autrement dit, je pense qu'actuellement, l'heure est non seulement celle de l'augmentation de l'endettement, mais aussi celle de la règlementation pour plus de rigueur et de transparence sur les marchés. Keynes et rigueur.
Partant de l'observation que l'esprit d'entreprise est commun à une majorité de micro ou très petites structures, l'organisation professionnelle régionale à l'animation de laquelle je participe avec le concours de plusieurs soutiens forts et de toutes sensibilités politiques peut apporter un début de réponse à certaines des difficultés que vous évoquez.
La vocation et l'ambition du mouvement professionnel que je représente, à l'échelon local (auprès des mairies), départemental puis régional, consiste à proposer la mise à disposition de compétences maîtrisées par des professionnels experts et/ou ou confirmés auprès d'un public d'entreprises et autres organisations économiques ne pouvant "s'offrir" à plein temps ces mêmes professionnels.
Les résultats obtenus depuis plus de dix ans par ces équipes qui fonctionnent sur le mode associatif et solidaire concerne aussi bien de jeunes ingénieurs ou autres jeunes professionnels de grand ou très grand talent devant se construire ou intégrer un réseau, que de "vieux briscards" jugés trop vieux ou trop c... par de grands groupe, qui s'intègrent avec bonheur à de jeunes équipes créatives, beaucoup plus intéressantes que certains mandarins atteints de sénilité précoce !
Cet exemple de collaboration et éducation mutuelle entre générations n'est que la reproduction à l'échelon économique ou micro économique du mode d'échange harmonieux et familial qui peut survenir entre parents enfants et grands parents.
M. Attali, vous employez à tort le mot dette pour parler du financement des Etats Unis. Vous êtes bien placé pour savoir qu’une dette fait référence à un emprunt et que l’on n’emprunte que ce que l’on ne possède pas.
Vous pensez peut-être que les Etats Unis manquent de dollars ?
Comment peuvent ils manquer d’une chose qu’il ne tient qu’à eux d’émettre.
Les Etats-Unis n’empruntent pas des dollars ils vendent des Bons du Trésor pour soutenir leur monnaie.
Je suis surpris que vous participiez à la confusion générale. Vous n’êtes pas sans ignorer que depuis 1971 les Etats Unis achètent les biens du monde avec du simple papier comme le Général de Gaule nous avait prévenus lors de sa conférence du 4 février 65.
http://www.ina.fr/edu/Insert/InsertGaulle.swf?IdDoc=6bml6mbb6mbkimbkimbkbmyimyimylmyimfdm
Cette crise, beaucoup l'attendaient et l'avaient vue venir, parmis les decroissants, les altermondialistes, les socialistes d'alors: peut etre pas dans tous ses details techniques, mais dans ses principes. Vous nous dites aujourd'hui les dangers la financiarisation a outrance, corrolaire de la globalisation largement acceptee par TOUS les hommes politiques. Il fallait construire l'Europe n'est-ce pas, et ce malgre les opposition citoyennes? Cela ressemble a de l'aveuglement. Vous etiez un proche de Francois Mitterand n'est-ce pas? En quel sens l'avez-vous conseille alors? Apres deux annees de gestion socialiste de la France (gouvernement Berregovoy), c'en etait fini de toute volonte de gouverner a gauche. Pourtant, les raisons de l'echec de ces deux seules annees de gestion socialiste sont bien connues, en tout cas de ceux qui etaient alors dans les arcanes du pouvoir. Au lieu de perseverer dans un effort socialiste, la pensee unique du liberalisme economique s'est impose en depit du mandat qui vous fut confie.
Votre analyse de la situation est juste, d'autres l'on faite bien avant vous. Elle sonne a mes oreilles comme le diagnostic tardif d'une maladie grave, dont la cure est desormais improbable faute d'avoir prete attention au malade. Sans doute le prix a payer pour sortir de ce chaos sera-t-il le prix fort: guerres, recessions, totalitarismes. C'est le prix que nous, citoyens du monde, devrons payer pour vos erreurs et votre pusillanimite.
Bonjour,
tout d'abord merci pour votre initiative slate.fr et bonne chance.
Sur le fond de l'article je suis d'accord avec l'analyse de Monsieur Attali.
Je suis toutefois très pessimiste sur la mise en pratique des actions qu'il préconise.
Relire le mythe de Cassandre.
Les derniers évènements qui ont jalonné l’actualité économique et sociale nous obligent à jeter un autre regard sur l’évolution de la société et de l’environnement qui sont les nôtres.
Cela entraîne inéluctablement la perte de certains repères mais la construction d’autres, beaucoup plus intéressants. C'est la fin d'un monde mais est-ce pour autant le début d'un autre ? A chacun d'apprécier...
Avec la notion de « capital humain » si chère à Jean-Claude Carles,1) se fait jour dans les têtes la possible émergence de valeurs plus éthiques. Seront-elles « éthiquement durables », pour peu qu’elles soient mises, un tant soit peu, en pratique ? C’est la question.
Cette période de crise est une chance. La prime ira aux individus atypiques, capables de faire évoluer la société dans le bon sens et non plus aux prototypes figés, formatés à l’envie.
Ici ou là, on évoque la nécessité d’un « nouveau » Bretton woods et d’un « nouveau » New deal, censés résoudre les dysfonctionnements constatés à tous les étages depuis la crise que nous vivons - et occultés bien avant. Ne serait-il pas plus simple d’envisager des solutions tout aussi nouvelles qu’innovatrices ? Repenser les systèmes actuels qui fondent notre société. Envisager du neuf. En un mot : innover.
De toute façon, il n’existe guère d’autres solutions car il n’y a pas de positions de repli. Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est quasiment la survie de l’espèce.
Produire, distribuer et répartir mais sans épuiser les ressources. Est-ce pour autant un challenge aussi difficile ?
Les apôtres de la crise psychologique n’ont pas tort en ce sens que notre confiance en un système que nous croyions jusque là pérenne, a été totalement ébranlée.
Repli sur les fondamentaux donc et réflexion.
L’instinct et l’esprit de survie feront que nous réagirons et trouverons des solutions. Car il n’y a pas d’autres alternatives.
Qui n’a jamais subi dans sa vie deux ou trois tsunamis et mis le compteur à zéro plusieurs fois ne peut pas comprendre ni admettre. A une autre époque, mes parents ont survécu à un bombardement américain en Normandie. Ils n’avaient plus rien, sinon un vélo et un portefeuille, mais ils étaient vivants. Pas leurs voisins.
Il m’est arrivé aussi de vivre situation similaire. Sans les bombardements. Et d’observer les réactions autour de moi. Une chose était certaine: je survivrai.
1) J. C. Carles est un ingénieur devenu entrepreneur, qui a créé, en mars 2006, Fairlead Institute, une société spécialisée dans le management de la transition et rattrape au vol des cadres quinquagénaires de grande compétence, éjectés en raison de leur âge.
"Le pire est donc vraisemblable"
"hors de portée de tout sauvetage"
"dépression en situation d'hyperinflation"
"Weimar Planétaire"
Quand tout ne vaudra plus rien,
Il restera l'humour à offrir en partage.
Et c'est déjà bien. Non ?
Allez... Rendez-vous au tas de sable !
Le drame c'est que lorsqu'on prononce DÉPRESSION, Gauche et Droite, réunies, pensent DÉPRESSION d'origine SOCIO-ÉCONOMIQUE.
Visiblement une DÉPRESSION puisant aussi ses sources dans le réchauffement climatique ne semble pas venir à l'esprit de ce monde politique qui continue à rechercher des cabines de première (le pouvoir) alors que notre bateau (la civilisation occidentale dont les moteurs fonctionnent avec des idéologies dont les maitres à penser vivaient au XIXe siècle alors que nous sommes au XXIe siècle, avec 6 fois plus d'individus sur une planète exsangue) est en train de couler et va nous entrainer tous.
Un Grec m'a dit qu'à l'origine le mot démocratie impliquait obligatoirement que le niveau de culture des candidats au pouvoir correspondait au niveau de responsabilité et de connaissance qe supposait l'exercice de ce pouvoir. Je ne sais si c'est une vérité historique, mais cela me parait être une vérité éternelle, surtout à une époque où Monarchie et République ne sont plus des concepts différenciés.
Il est tout de même curieux que des personnes clamant que l'Homme n'a aucune responsabilité dans le réchauffement climatique (contre l'avis de toute l'expertise internationale) puissent se voir confier des responsabilités institutionnelles, prétendre même à la responsabilité suprême d'un pays.
JAV
Cher monsieur Attali,
J'ai lu, il y a quelques mois un de vos ouvrages " Une brève histoire de l'avenir". Cette lecture, je l'avoue, m'a plus qu'inquiété sur l'avenir que vous nous aviez concocté, si j'ose dire.
Dieu merci la crise est arrivée, et vos prévisions sont, me semble-t-il caduques.
J'espère qu'interviendra une redistribution des cartes plus équitable.... Mais ça ne se fera pas sans casse, ceux qui ont les atouts en main ne les lâcheront que contraints et forcés. Ça va être dur
Tout d'abord merci de votre initiative "slate", tant le monde a besoin de pédagogie en ce moment crucial particulièrement. L'analyse de J.A. a le grand mérite de la clarté et de poser la dimension des enjeux. elle est tendue vers un horizon, une prospective absolument nécessaire dans un environnement qui appelle chaque jour une capacité de vision de nos gouvernants.
Sur le fond, il apparaît tout à la fois inique et suicidaire de continuer à créer de la dette pour rembourser de la dette et faire payer le remboursement aux victimes de ceux qui ont créé le problème, aujourd'hui "notre problème" collectif ! A situation critique, une réponse audacieuse est impérative: une majorité des dettes doivent être annulées puisqu'issues d'une création monétaire artificielle (dopage monétaire, spéculation effrénée,..) sans contrepartie économique - ces dettes ne correspondent à aucune valeur économique: le "tour de passe-passe" qui veut faire supporter au plus grand nombre le remboursement d'une dette sans valeur réelle au bénéfice de quelques initiés de la finance: on est en pleine "finance fictive" où l'hallucination collective répond à l'enivrement des dopés de la finance: un énorme problème moral qui s'abrite derrière une fiction économique: cette annulation des dettes proposée par J.A. doit être étendue plus loin encore au regard de cette fiction qui tôt ou tard se paiera par l'hyperinflation et/ou le chaos...
Mais cette décision doit être immédiatement complétée par l'indispensable réforme du système monétaire aujourd'hui caduc: imposer - via la BRI qui paraît légitime à cet égard - une évolution stricte de la masse monétaire émise par les banques centrales d'un point supérieur à l'évolution de la productivité du pays en cause. Au delà de l'hypertrophie monétaire générée par l'indiscipline impériale du dollar, un élément-clé est à prendre en compte: la vitesse de circulation de la monnaie, qui plus est en ces "temps électroniques": régler le débit de la création monétaire à sa source, c'est à dire au niveau de la banque centrale des banques centrales - la BRI -, c'est par cette régulation "clé de voute", cette stabilisation originelle que pourrônt être mis en oeuvre les conditions d'un instrument monétaire universel. La responsabilité des politiques est immense: orientons les projecteurs dans la bonne direction.
un peu de pudeur et d'honnêteté intellectuelle svp
« Il est un mythe, savamment entretenu par les économistes libéraux, selon lequel la croissance réduit les inégalités. Cet argument permettant de reporter à “plus tard” toute revendication redistributive est une escroquerie intellectuelle sans fondement. » JA “rapport sur la libération de la croissance”
La croissance que les pays capitalistes "avancés" ont connu depuis la dernière guerre mondiale est bâtie sur la logique industrielle et de consommation qui est responsable de la crise actuelle.
Les plans de relance et autres recommandations pour relancer cette machine sont des ponts sur l'abime en attentant la prochaine refondation nucléaire.
Autre monde, autre mode de vie, s'il en reste.
l'économie mondiale semble t il a joué au bandit manchot, a voulu se refaire, et s'engouffre dans ce que vous décrivez, Monsieur: le rien
C'est à dire à mon sens l'incapacité à maintenir la consommation des biens , ce qui fait tourner l'industrie
Commnt convertirez vous les usines dans la production du vent que constitue cette légende : construire un chapeau pour que la planète ne subisse pas d'insolation
Pardonnez ma causticité
Plus sérieusement, comment recréer cet argent des "pauvres": petits épargnants, petits porteurs, ou juste salariés, qui a fait vivre les banques
-dividendes miniatures
-frais de dossiers
-interets à vie
-produits fumeux
-assurances multipack pour des risques statistiquement maigres
Pire qu'une gargotte, où on ne vous sert même pas de brouet ni de mauvais alcool
Cette frange de citoyens otages disparait
Alors c'est l'histoire sans fin, on nationalise et on confisque la tranche au dessu des citoyens: ceux qui ne sont pas encore tombés, avec l'impôt...fallait y penser
JA reprend la seule solution viable retenue depuis quelque temps par N. Roubini (voir son site www.rgemonitor.com)
et certains professeurs de finance et d'economie de la NYUniversity Stern, dont Thomas Philippon, economiste français; mais quand on songe à la difficulté de faire approuver le plan Obama, les républicains vont-ils accepter ce qu'ils appellent déjà la"soviétisation" de l'économie US? et, en France NS aura t-il le courage lui aussi de nationaliser les principales banques françaises? et pourtant, il semble, toujours selon Roubini, que les pertes sur subprimes ne représentent que la partie émergée de l'iceberg des pertes du système financier international!
Dans ce cas-là, combien de temps faudra-t-il pour que les principaux pays de la planète (G8) adoptent des mesures de nationalisation du secteur bancaire? qd on lit les compte-rendus du dernier G7, c'est assez navrant et inquiétant de banalité et d'inefficacité!
Le temps presse, les USA sont en récession depuis plus d'un an et la France attend encore le mois d'avril pour reconnaître que nous sommes (techniquement ) en récession (merci CL)!
J'ai très peur que les dirigeants des grandes nations, et encore moins leurs parlements (à l'exception sans doute de Barack Obama) n'aient pas pris la pleine mesure de la profondeur du précipice que nous cotoyons tous les jours!!
So what, Jacques Attali?
Je suis d'accord avec vous puisque j'ai acheté votre livre "la crise et après ?" que je trouve bien ; cependant, est-ce que les gouvernements vont vous écouter ? j'ai un doute parce que si j'ai bien compris la crise est mondiale et tous les pays ne sont pas d'accord pour adopter les mêmes remèdes en Europe surtout ... et quand je vois M. SARKOZY critiquer M. OBAMA et le premier ministre anglais ... il y a beaucoup à faire pour mettre tout le monde d'accord !!!!
Il ne faudrait pas comme a dit M. MARSEILLE à CANAL + qu'après 1929, il y a eu le NEW DEAL et la guerre de 1939. Si une guerre survient après la crise, elle la résoudra peut-être... mais nous risquons tous d'y passer !!!
Je souhaite que tout le monde s'y mette autant les gens de gauche que les gens de droite, autant les russes que les américains, les chinois etc.... et que la crise dure le moins possible surtout pour les gens qui déjà ont beaucoup de difficultés.
Si en revanche, j'adhère à vos idées en ce qui concerne la crise, je n'approuve pas du tout certaines des 110 propositions surtout celles concernant la fonction publique ...
Belle analyse....mais que fait-on aujourd'hui dans chaque "chapelle" nationale...sinon répondre au "sauve qui peut" général par des mesures nationales qui permettraient de s'en sortir un peu mieux que son voisin. Quoi qu'il en soit, la pertinence des mesures qui se prennent ou vont se prendre n'est elle pas estimée à l'aune d'une société que l'on voudrait voir survivre? Regardons dans notre pauvre France, est-il normal que nos dirigeants politiques tentent par toutes les circonlocutions possibles de nous faire croire que nous sommes moins atteints que les anglais, les espagnols, les américains, etc......Or cette crise touche toute la planète et ses retombées n'épargneront aucune région du globe. Et contrairement à ce que beaucoup veulent nous faire croire pour mieux excuser leur pragmatisme suicidaire (après nous le déluge), leur imprévoyance (gouverner c'est tout sauf prévoir) cette fin calamiteuse d'un capitalisme ultra libéral était prévisible et annoncée à nombreuses reprises et depuis belle lurette par des individualités qui dérangeaient trop le système par leurs analyses pour être entendues. Vous avez raison M Attali, il faut changer les règles du jeu, Il faut harmoniser les instances internationales, il faut supprimer toute véléité de suprématie d'une nation sur les autres. Il faut cesser de placer la "croissance" comme le dogme indiscutable et unique de la bonne santé d'un pays. Il faut changer l'ordre du monde, volontairement sinon par la force des choses.
Certes, tout est déjà dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme: tant de belles idées que l'on est bien en
peine de mettre en pratique...
http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm
Cependant, il me semble qu'à la lumière du développement des réseaux et des codes qui y prolifèrent, on ne pourra pas faire l'économie de revenir sur l'Article III, le plus fondamental, à tout le moins de lui donner une nouvelle portée.
Article III: Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Considérant comme Lessig que le code est devenu un discours performatif qui matérialise une loi.
Considérant selon mes termes, chaque code comme un "code de fuite" d'une "perspective numérique" installant un "régime de légitimité" qui lui est propre. (cf. http://perspective-numerique.net )
Considérant qu'il existe un isomophisme entre les systèmes de création et d'échange de valeurs et les systèmes d'adressage et donc les codes qui les implémentent. (cf. http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=IriOlivierAuberOct08Video )
Il m'apparaît que cet article III ne peut se traduire pratiquement que par la mise en place d'un "droit à l'existence" fondé sur un code de fuite particulier qui transcenderait tous les autres, établissant une "perspective numérique" couplée avec un système de création de valeur garantissant effectivement ce droit inconditionnel. ( cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle )
Ce "droit à l'existence" ne peut donc être effectif que dans la mesure où est mis en place un "revenu d'existence" (ou revenu universel) attribué directement de manière inconditionnelle à chaque individu tout au long de sa vie, pourvu bien entendu que les individus puissent attester de leur existence effective, c'est à dire de leur identité et de leur intégrité en tant qu'être vivant indépendamment de toute forme d'activité.
Il va falloir remettre en cause la doxa qui pèse sur nous depuis la sortie du jardin d'Eden, à savoir celle du travail, de la sueur et du labeur que nous nous imposons pour gagner notre vie, faute de quoi seuls les hommes-machines survivront.
C'est une sorte de point aveugle, une idée que l'on ne se s'autorise pas (pas encore) à avoir, y-compris ceux qui font profession de penser la crise, comme vous-même, semble t'il Monsieur Attali.
Vous dites "On ne peut avoir une globalisation du marché, sans globalisation de l'état de droit."
Certes, mais qu'est-ce qui pourrait fonder la légitimité de l'état de droit en question si ce n'est le droit inconditionnel à l'existence de tous et de chacun?
La crise économique sévit dans tous les pays, avec plus ou moins de conséquence sur le chômage. Dans les pays où les licenciements sont légalement faciles, comme les USA, l'Angleterre et l'Espagne, le chômage monte brusquement. Y a-t-il lieu de s'en étonner ? Dans ces pays la « variable d'ajustement » est l'emploi. Quand tout va bien le chômage est très faible, mais quand la tendance se renverse le chômage en pâtit d'autant plus.
Dans d'autres pays comme la France licencier est moins facile et la variable d'ajustement se déplace vers la trésorerie des entreprises. Est-ce à dire que la France est moins touchée par la crise ? Disons que les conséquences font moins de casse sociale.
Alors ne feignons pas d'être étonnés si le chômage monte brusquement aux USA. Eviter ce phénomène par des dépenses publiques gigantesques de sauvetage revient à tenter d'enrayer la baisse de la bourse en rachetant toutes les actions qui baissent. Absurde. Les actions baissent parce que c'est la règle du jeu quand le nombre de personnes attirées baisse.
Si la loi génère des conditions possibles d'ajustement pas le chômage, changeons la loi !
D'autres voies existent aussi comme donner la priorité à l'économie de subsistance ( http://fr.issuepedia.org/Priorit%C3%A9_%C3%A0_l%27%C3%A9conomie_de_subsistance ), une économie indépendante des fluctuations de la confiance en l'économie.
Dès l'année 2002 le célèbre investisseur et très écouté Warren Buffett dénonçait l'inflation du marché des dérivés de crédit qu'il appelait à l'époque : "arme financière de destruction massive" qui risquait de mettre en péril disait-il l'ensemble du système financier international.
C'est ce qui est arrivé . Et les spécialistes de la question étaient donc évidemment au courant de la situation; le fait de nous dire à longueur de temps "qu'on ne savait pas" ou que "personne ne pouvait prédire " cette crise est au mieux de l'incompétence , au pire un fieffé mensonge.
Où sont nos hommes politiques ? Ont-ils abdiqué face aux puissances d'argent ? Leur seule idée : Gagner plus ? Comment faire ? La réponse est simple : dans le système créé par nos hommes politiques, ceux qui gagnent le plus sont ceux qui réalise le rêve de Ben Laden : créer ces bombes financières à retardement, véritable armes de destruction financière, qui aujourd'hui nous explosent à la figure. PLus on met le système à risque, plus on est rémunéré ; voilà où mène l'adoration du veau d'or : à l'auto-destruction.
Si j'ai l'intime conviction de la nécessité d'une globalisation politique, laissez moi opposer quelques arguments (ceux là même qui font mon malheur) à cette théorie.
La crise n'est, d'abord, absolument pas fertile aux élans internationalistes (voir mieux, mondialistes !). Reportez-vous à l'article de JC Casonova (Le Protectionisme enfant naturel de la démocratie - Lien) et aux commentaires qui développent cette idée - notamment le mien, un peu de pub ne fait jamais de mal.
Ensuite la globalisation dans le respect des peuples et des cultures ne peut s'effectuer que sous forme fédéraliste. Or l'échec de l'Europe de l'intégration contre l'Europe de la coopération prouve que les voies explorées jusque là sont inapproprié. Le nationalisme répond à la logique d'intégration qui, de toute façon, n'est assumé par personne depuis Monnet et Schuman.
Le populisme sera toujours prêt à lutter contre toute forme de transfert de souveraineté au profit d'une institution internationale. D'autant plus qu'aujourd'hui, ceux qui ont le plus à perdre à la globalisation politique sont aussi les plus forts d'un point de vu international. Et, encore une fois, les critiques démagogiques de l'Europe (Schivardi, Le Pen, Besancenot et quelques autres ...) limitent toute possibilité.
Il faut reprendre la démarche entamée clairement. Annoncer la volonté globaliste d'une telle démarche pour parvenir à créer une entreprise qui soit d'une part véritablement démocratique - le conseil européen a tué l'Europe dans l'œuf - et d'autre part ayant une finalité comprise et acceptée par tous ou au moins le plus grand nombre.
Mais l'idée a encore besoin de faire son chemin ... Au grand damne de tous les européens convaincus.
Enfin pour revenir sur l'idée du revenu universel, n'oublions pas qu'il s'agît d'une idée qui visait, au départ, à remplacer tout système de protection sociale : assurance maladie, retraite et chômage. Voir des service publics. Friedman n'était pas le plus grand des humanistes :)
Un scientiste et un économiste pêchent dans une rivière polluée, avec des cannes et des appâts du dernier cri… Deux jours déjà et aucun poisson n’a mordu, la faute à la crise ? Que nenni, l’économiste sort son fil de l’eau et à son hameçon est accroché un bout de journal avec une ficelle dorée…
Le scientiste sort son fil de l’eau, à l’hameçon, un leurre en forme de spirale d’ADN…
- Je ne comprends pas ces poissons, ou alors ils seraient si pollués ou si bêtes qu’ils ne mordent pas ?
Petite fable des temps modernes, tous ces experts affirment que le malade a le médicament en lui ou à sa portée, à crédit, mais qu’il refuse de l’avaler… l’hameçon est peut-être trop gros ?
Le remède à ce dessillement des citoyens de chez nous : Ils ont consommé bien moins et ça va continuer, mais alors si on les incitait à reprendre leurs habitudes alimentaires ! Mais c’est bien sur
La consommation abaissé, pour les produits alimentaires de 6 à 8 %
La TVA abaissée à 18% pour les produits alimentaires inciterait à faire remonter la consommation qui ferait revenir les recettes de Tva au même niveau qu’avant cette baisse.
Facile à vérifier, facile à appliquer, mais à quoi pensent-ils nos économistes, à sauver les banques, ces machines à crédit qui nous abreuvent de publicité et de guichets automatiques, de bateaux et autres sports sponsorisés… une ou deux banques de moins n’auraient pas tant que ça déstabilisé le CAC 40 qui souffre d’obésité flatulente…
@Got: Ce que vous dites au sujet des tendances au repli est vrai. Cela s'est déjà produit de manière mécanique à de multiples reprises. Cependant, les circonstances sont cette fois un tout petit peu exceptionnelles, vous en conviendrez... A mon humble avis, il ne va pas se passer longtemps avant que chacun prenne conscience que toutes les tentatives de combattre le tsunami sont parfaitement dérisoires.
Il est temps de construire un radeau de survie globale, et je ne vois pas ce que peut être ce radeau, si ce n'est une nouvelle monnaie planétaire créée de manière souveraine, éditée par les Etats au prorata de leur population respective, directement distribuée à chaque individu de manière inconditionnelle pour assurer sa survie.
Sur la base de ce nouvel ordre monétaire, une nouvelle économie pourra reprendre son essor, respectueuse des Droits de l'Homme, en particulier de la plus fondamentale de ses valeurs: le droit à la vie inconditionnel de tous et de chacun.
Qu'en dit Monsieur Attali?
Combien de temps dureront les illusions sur les effets des bricolages du G20?