Société

«J'avais une Clio blanche, alors. Mais je ne sais pas où je l'ai mise»

Temps de lecture : 11 min

[Épisode 5] Seul témoin oculaire dans l'affaire du meurtre de Patricia Bouchon, Nicolas Gélis a mentionné la présence d'une Clio sur les lieux du crime. Laurent Dejean en a-t-il possédé une?

À la cour d'assises de Haute-Garonne à Toulouse, lors du procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon | Élise Costa
À la cour d'assises de Haute-Garonne à Toulouse, lors du procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon | Élise Costa

Dans une cour d'assises, le son précède souvent l'image: le bruissement des feuilles de papier, à la recherche du nom de Jean-Luc De Biasi dans le planning («Quand doit-il passer à la barre?»), les chuchotements dans les couloirs du palais («Est-ce que De Biasi va bien venir?»), le grincement de la porte des témoins qui s'ouvre sur la cour.

À neuf heures, Jean-Luc De Biasi pénètre dans la salle d'audience.

La cour, l'avocat général, peut-être même les magistrats instructeurs, personne ne savait qui était l'auteur de l'appel anonyme relançant l'enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon et mettant directement en cause Laurent Dejean. Mais à la barre, un enquêteur avait laissé échapper un nom, celui de Jean-Luc De Biasi, le meilleur ami de Dejean.

Face à la réaction de l'avocat général, qui notait que l'anonymat avait jusqu'alors été conservé dans la procédure, il avait tenté de minimiser l'information, arguant que tout le monde le savait déjà. Désormais, plus personne ne pouvait l'ignorer: les avocats, la presse, le jury et Laurent Dejean lui-même.

«Avant, il n'était pas comme ça»

Jean-Luc De Biasi est grand et a des cheveux noir corbeau, comme sa barbe, une doudoune sans manche grège et un regard perçant. Quand il voit son meilleur ami s'avancer devant la cour, Laurent Dejean s'enfonce au fond de son siège, les bras croisés sur la poitrine. Ses yeux ont la couleur de la colère des enfants.

Sa sœur Martine dit de lui qu'il ne supporte ni les films d'horreur, ni «Enquêtes criminelles»: «Rien de violent, sinon ça ne va pas bien dans sa tête», précise-t-elle. Laurent préfère regarder Gulli avec ses neveux et nièces adorées. Quoi que l'on puisse penser de ce détail, dans le box des accusés, Laurent Dejean boude.

À la cour d'assises, Jean-Luc De Biasi commence par raconter leur amitié. Ils se sont rencontrés à l'école primaire de Fronton, et ils ne se sont plus vraiment quittés –même adultes. «On allait se balader partout, raconte-t-il. On faisait plein de choses: on allait à la pêche, aux champignons, en ville… Et puis du jour au lendemain, il n'est plus revenu.»

Une semaine avant le meurtre de Patricia Bouchon, peut-être deux, ils s'étaient «embrouillés»: «Il avait pété un câble, ce jour-là. Il était venu me taxer des cigarettes chez moi, à cinq heures du matin. Il a toqué à la porte, violent, méchant. Chez moi, il y a aussi ma mère...» Celle-ci avait ouvert et s'était retrouvée submergée par un torrent de mauvaises paroles. «Je l'avais jamais vu comme ça contre moi. Et contre maman», regrette Jean-Luc De Biasi.

«Ce n'est plus mon ami. Et quand je dis ça, c'est définitif.»

Laurent Dejean à propos de Jean-Luc De Biasi

La moue de Laurent Dejean se décrispe légèrement. Son meilleur ami poursuit: «Avant, non, il n'était pas comme ça. Et puis du jour au lendemain, il a changé. Fin 2010, début 2011.» «Laurent avait beaucoup d'amis, qu'il connaissait depuis tout petit, explique-t-il. Et une copine, Natacha. Y a ça, aussi, ils se sont séparés et je crois que…» Jean-Luc laisse sa phrase en suspens, son doigt tournoyant près de sa tête.

En confrontation devant le juge d'instruction, Laurent Dejean a déclaré à propos de Jean-Luc De Biasi: «Ce n'est plus mon ami. Et quand je dis ça, c'est définitif.» Pas à cause de l'appel anonyme, puisqu'il ne le savait pas encore à ce moment-là, mais parce que Jean-Luc avait parlé au juge d'instruction d'une bagarre avec le nouveau petit ami de Natacha.

C'était deux ans après leur rupture. Laurent ne pouvait pas vraiment dire que la nouvelle lui avait fait plaisir, c'est vrai. Peut-être même qu'il l'avait poursuivi jusque chez lui pour lui parler, d'accord. Mais le frapper, hors de question. Pour tout ce qui concernait Natacha, il était à fleur de peau.

«S'il le dit, c'est que c'est vrai»

Laurent Dejean aurait d'autres raisons d'en vouloir à Jean-Luc De Biasi: ce dernier a été auditionné normalement par les gendarmes le 14 décembre 2013, neuf jours après l'appel anonyme.

Il était le premier de ses amis à être entendu, et c'est lui qui a évoqué le changement soudain de Laurent après le meurtre de Patricia Bouchon, ses virées nocturnes à la recherche de stupéfiants et sa Renault Clio première génération de couleur blanche.

Sur le nuancier présenté par les enquêteurs, De Biasi a montré le véhicule le plus immaculé de tous, celui avec la légende du constructeur indiquant «blanc glacier».

Au début, Laurent a nié pour la Clio, mais il a admis devant les gendarmes: «C'est mon ami. S'il le dit, c'est que c'est vrai. C'est vrai, mais je me rappelle plus.» Plus tard, devant le juge d'instruction, Jean-Luc de Biasi s'est énervé: «Je voudrais bien qu'il avoue pour la voiture, on n'est pas tous débiles.»

«On ne peut pas confondre une Clio et une Punto, ça n'a rien à voir.»

Un ami de Laurent Dejean à la barre

De fait, de nombreux témoins –anciennes petites amies, copains et voisin– confirment avoir vu Laurent Dejean au volant d'une Clio série 1 blanche, sans se souvenir exactement si elle était trois ou cinq portes. Les sièges étaient rabattus et la plage arrière enlevée, pour stocker son matériel de plaquiste: des seaux, des couteaux à enduire, ce genre d'objets.

Plus ou moins à la même période, Laurent a aussi eu en sa possession une Punto blanche, mais comme le note l'un de ses amis à la barre, «on ne peut pas confondre une Clio et une Punto, ça n'a rien à voir».

Tous les témoins s'accordent au moins sur une chose: il s'agissait d'une diesel. Dans le frontonnais, les gens ont une fine connaissance de ces choses-là, et il n'y a pas lieu de douter de leur capacité à distinguer mieux que quiconque le bruit d'un moteur diesel d'un essence.

«On ne peut pas oublier une voiture»

Devant la cour, Laurent Dejean expose: «Ce que je peux vous dire, c'est que j'ai vu une joggeuse à Bouloc, vers Villaudric, près du stade, l'après-midi. Mais je ne prête pas attention aux sportifs, je préfère le sport mécanique.»

Son père bricolait les voitures avec lui, c'est comme ça qu'il a appris. Pour fêter son permis de conduire, son ami Yannick lui a dégoté «une vieille Visa noire pas chère du tout».

Il y a les voitures offertes entre copains, celles achetées 50 euros pour la retape, les autres revendues avec un supplément parce qu'elles ont le réservoir à moitié plein; les Mercedes d'occasion, les R21 rouges et les Clio bleu gendarmerie. Il y a aussi le ferrailleur Coma, chez qui on va s'approvisionner en pièces automobiles ou se faire un billet avec une voiture découpée.

«Il conduisait comme les gens aujourd'hui: sûrs d'eux, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans le fossé.»

La mère d'un ami de Laurent Dejean

Laurent Dejean garde en tête un historique de toutes les voitures qu'il a possédées, à un moment ou un autre. «Et des voitures, Dieu sait qu'il en a eues», appuie un enquêteur. Mais la Clio première génération blanche, non, il ne s'en souvient pas.

À la barre, l'un de ses amis hausse les épaules: «Oublier... On ne peut pas oublier une voiture.»

La mère d'une amie analyse son style de conduite en ces termes: «Il conduisait comme les gens aujourd'hui: sûrs d'eux, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans le fossé. Il conduisait un peu sec, vous voyez?»

Sur son lieu de travail, au chantier d'insertion ou au dépôt de monsieur Riedi, Laurent Dejean se fait remarquer pour ses arrivées plein gaz, avec dérapage au frein à main.

Quand les gendarmes sont venus le chercher pour le placer en garde à vue, il leur a dit: «Je n'ai jamais vu de sang dans le chemin. De toutes façons, à cette époque, je conduisais à 160 km/h. Par contre, vous avez bien fait de venir me chercher.»

Dans l'impasse où eut lieu l'agression de Patricia Bouchon, devant la maison des époux Ourmières qui ont entendu la nuit du meurtre une voiture remonter à toute berzingue, les gendarmes ont effectué un moulage des empreintes.

Un gendarme de la brigade d'identification criminelle photographie des empreintes de pneu dans l'impasse des lieux du crime, le 16 février 2011 à Bouloc. | Pascal Pavani / AFP

Devant la cour d'assises, l'expert en pneumatique entendu en visioconférence détaille: «Ce sont des modèles Toyo 330 et Michelin X2X. Ce sont des pneus très peu chers. Le Michelin un modèle très très vieux, sûrement un pneu récupéré ou une roue de secours». Il appartient probablement «à une petite voiture des années 1980 type Renault 12, Super 5, Polo, Kya, Alfa Romeo, Citroën ZX, Clio 1...», avance-t-il.

Sur un listing d'une centaine de véhicules, la Clio de série 1, ou comme l'écrivent les enquêteurs dans les procès-verbaux d'audition la «Clio de première génération», est bien répertoriée.

«Ta sœur t'a vu avec»

Aabid a fait «les quatre cents coups» avec Laurent Dejean, mais il n'a jamais vu la Clio blanche. En audition, les gendarmes lui rétorquent qu'il est bien le seul, que trente personnes ont témoigné avant lui. En sortant de là, Aabid en a «gros sur le cœur», et les cœurs lourds produisent d'excellents procès-verbaux.

Les gendarmes avaient la possibilité de placer tout le monde sur écoute.

«Plein de gens t'ont vu avec. Les De Biasi, trop de gens! Cherche au fond de ta tête.»

Aabid, ami de Laurent Dejean

Le président lit le transcript de la conversation téléphonique entre Laurent Dejean et Aabid:

- Putain, une Clio blanche, ça m'espante, ça… Je cherche, je cherche, mais je la vois pas, formule Dejean.
- Laurent, si tu gardes quelque chose, sors-le. Sors-le, ça te fera du bien.
- Mais je veux pas leur mentir, je veux pas leur mentir…
- Mais plein de gens t'ont vu avec. Les De Biasi, trop de gens! Trente personnes… Cherche au fond de ta tête. Ta sœur t'a vu avec! Ta sœur, elle te veut du mal?
- Ouais, ouais… J'avais une Clio blanche, alors. Mais je ne sais pas où je l'ai mise.
- Ta sœur, elle te veut pas de mal, bordel.

Aabid insiste. Peut-être avait-il traîné avec quelqu'un qui avait une Clio blanche? Vers la fin de cette discussion, dont Aabid se souvient «comme si c'était hier», il est écrit:

- Tu prendras dix ou quinze ans, et après tu te sentiras mieux. Faut que tu le sortes.
- Mais je l'ai pas tuée, la bonne femme!

Laurent Dejean a menti. Il a toujours su, pour la Clio blanche. Un jour, il s'est réveillé et il a pensé: «Oh, cette Clio blanche, bon, je l'ai eue. Qu'est-ce que ça peut faire? Je vais leur dire.» Il finit par avouer, bon gré mal gré, au cours d'une audition en 2014.

«J'avais peur des gendarmes»

Le président veut lui faire admettre autre chose: que pour la famille de Patricia Bouchon, s'il ment pour la Clio, il peut mentir sur tout le reste. Laurent Dejean acquiesce, du tac au tac: «Oui, tout à fait. Je dis tout pour qu'il y ait débat. Il y a une famille blessée. J'ai perdu mon père, je sais ce que c'est d'être blessé.»

Alors il confirme: «J'avais une Clio blanche. Je ne l'ai pas déclarée à la préfecture, parce que j'avais pas de carte grise.»

«Mais monsieur, on ne va pas en prison parce qu'on n'a pas de carte grise.»

Le président de la cour d'assises de Haute-Garonne

Le président commence: «On ne comprend pas, cette Clio…», Laurent Dejean répond d'emblée: «J'avais peur. J'avais peur des gendarmes.»

- Et alors, on l'aurait retrouvée et c'était bien, vous auriez été mis hors de cause.
- Je l'ai cachée, voilà. Au camp de Ginestous, là où on trouve des voitures. C'est un camp de gitans. Y a des gitans qui font de la pétanque au printemps, à Fronton, qui me disent qu'ils peuvent prendre la voiture et…
- Mais qu'est-ce que vous avez à cacher, avec cette Clio blanche?
- Pas de carte grise, pas de frein de suspension, les pneus lisses…
- Mais monsieur, on ne va pas en prison parce qu'on n'a pas de carte grise. Pourquoi avoir peur des gendarmes?
- Je vous le dis, je vous le répète. Je n'avais pas de carte grise.
[...] Et je ne peux pas vendre une voiture et je ne peux pas la mettre à la casse sans carte grise et sans assurance.

Et puis la Clio démarrait mal, aussi. Et la manivelle de la vitre était cassée, il devait la bloquer avec un tournevis.

Quand il est allé au camp de Ginestous, il n'a pas traîné, parce que les gitans lui font un peu peur à débarquer à plusieurs «avec leurs gros ventres». Il est rentré à pied et en stop. Mais ce n'était pas «deux ou trois jours après le meurtre de Patricia Bouchon», comme il est consigné dans le procès-verbal de l'appel anonyme.

«Je l'ai eue… deux secondes, je réfléchis.» Laurent Dejean compte sur ses doigts: «Je l'avais achetée 150 euros, cette Clio blanche, mi-novembre 2010. Je l'ai gardée sept mois, cette voiture» –jusqu'en mai 2011.

«J'ai eu l'impression que c'était lui»

Jean-Luc De Biasi apprend à la barre que deux jours auparavant, le gendarme l'a «balancé». Il est l'auteur de l'appel anonyme. Alors la cour lui pose la question: est-ce lui qui a raconté que Dejean s'est séparé de sa Renault Clio de première génération «deux ou trois jours après le meurtre»? Jean-Luc De Biasi corrige: «Non. Non, c'est sûr que je ne l'ai pas dit.»

Ce qui est sûr, parce qu'il l'a signée, c'est que dans sa seconde déclaration aux enquêteurs, Jean-Luc De Biasi a bien affirmé que Laurent Dejean s'est débarrassé de sa Clio début ou fin 2011.

Qui a bien pu parler des «deux ou trois jours après le meurtre»? Jean-Luc De Biasi pose sa main sur la hanche et plante ses yeux dans ceux des avocats: «Ça, c'est sûr et certain que je l'ai jamais dit. Je vous le garantis.»

L'avocat de Laurent Dejean, Me Guy Debuisson, sourit: «Si ce n'est pas celui qui l'a dit, c'est celui qui l'a écrit. Donc les gendarmes.»

L'enjeu est là: combien de témoins peuvent affirmer que Dejean s'est défait de sa voiture après les faits? Jusqu'à ce que l'identité de l'auteur du coup de fil anonyme soit révélée, la procédure en listait deux –un élément à charge contre Laurent Dejean. Il ne semble désormais plus n'y en avoir qu'un seul, Jean-Luc De Biasi, et il n'est pas très sûr de la date.

«Quand j'ai vu ce portrait sur internet, j'ai pensé de suite à Laurent Dejean.»

Le frère de Jean-Luc De Biasi

En réalité, De Biasi a réagi quand il a découvert le portrait-robot, lorsque les gendarmes l'ont enfin diffusé. Face à la cour, il raconte: «Moi j'ai vu le portrait, j'ai cru voir Laurent Dejean. Je ne le dénonce pas. C'est qu'avec le portrait-robot…» Il s'accroche à la barre. «J'ai eu l'impression que c'était lui.»

À la fin de sa déposition, Jean-Luc De Biasi s'assied à quelques rangs du box des accusés.

Son frère, cité juste après lui, confirme ses déclarations recueillies en audition: «Quand j'ai vu ce portrait sur internet, j'ai pensé de suite à Laurent Dejean. Ça lui correspond à 100%. Il met ce genre de bonnet comme ça.»

Dans la salle d'audience, Jean-Luc De Biasi l'attend. Il n'écoute pas vraiment la déposition de son frère. Il triture ses mains, les frotte contre son jean. Ses épaules basculent lentement vers l'avant, les coudes prenant appui sur ses cuisses, la tête baissée sur ses baskets. Discrètement, il renifle. Et après toutes ces années, une larme finit par échapper de ses yeux rougis.

Pour la première fois depuis le début de son procès, Laurent Dejean ose alors un mouvement. Il adopte la même position que son ancien ami et le regarde. Ses yeux à lui ne sont plus noirs du tout, ils reflètent un mélange de tristesse et de pardon.

Après tout, en voyant le portrait-robot pendant sa garde à vue, lui-même avait concédé une certaine ressemblance.

Élise Costa Chroniqueuse judiciaire

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