Il faut stopper Barroso

François Hollande, mis à jour le 17.03.2009 à 9 h 39

Commençons par une alliance socialistes/écologistes pour créer une dynamique - Par François Hollande.

Jose Manuel Barroso, Président de la Commission européenne  Sebastien Pirlet / Reuters

Jose Manuel Barroso, Président de la Commission européenne Sebastien Pirlet / Reuters

Daniel Cohn-Bendit a proposé une alliance, lors des élections européennes, à tous ceux qui le veulent sur le mot d'ordre «Stop Barroso». Il a raison. La responsabilité du Président sortant de la Commission est, en fait, triplement engagée. Il a d'abord soutenu l'intervention de George W. Bush en Irak. Certes, lorsqu'elle fut décidée, il n'était pas en responsabilité européenne mais Premier ministre du Portugal. Il n'empêche. Barroso ne l'a jamais dénoncée.

Il a, ensuite, amplifié la dérive libérale de l'Europe. Du projet de directive Bolkenstein jusqu'à l'assouplissement des règles en matière de durée du travail, sans oublier l'application orthodoxe des règles en matière de concurrence au détriment des services publics.

Enfin, Barroso a été d'un aveuglement coupable face aux causes mêmes de la crise financière : indifférence devant les dérèglements des marchés financiers ; passivité à l'égard de toute action sur les paradis fiscaux en Europe ; incapacité à élaborer des normes prudentielles communes. Et que dire de la mollesse de la réaction de la Commission quand il s'est agit de mettre en œuvre un plan de relance à l'échelle de l'Europe.

Mais, soyons justes. Ces décisions et ces non choix ne relèvent pas de sa seule autorité. La Commission est une instance collégiale et la politique de l'Union européenne est d'abord définie par les Chefs d'Etat et de gouvernement, et largement influencée par les initiatives comme le contrôle du Parlement européen. C'est une majorité d'Etats et une majorité de députés européens qui sont co-responsables de l'état actuel de l'Europe.

Et, de ce point de vue, le vote qui doit être prononcé à l'occasion des élections européennes est - pour reprendre l'expression de Daniel Cohn-Bendit - un double stop : à Barroso, mais aussi à Sarkozy et à tous les Chefs de gouvernement libéraux.

Mais, une alliance ne peut pas simplement être fondée sur un empêchement, un refus, un rejet. Elle doit porter une alternative. Pas seulement sur un nom, mais sur un projet.
Aussi, faut-il aller au-delà du stop, franchir la ligne et ouvrir le passage. Il revient à tous les progressistes européens et aux écologistes de se mettre d'accord sur un candidat à la Présidence de la Commission européenne et sur le programme qu'il aurait à porter pour 5 ans. Il leur appartient de fixer les priorités essentielles : la relance, la recherche, les économies d'énergie, l'espace social, la régulation financière et la lutte contre les paradis fiscaux.

La tâche est difficile. Déjà au sein du PSE. Je constate avec consternation le ralliement de Gordon Brown à la candidature de Barroso. Mais aussi du côté de la gauche de la gauche, la tentation de se mettre hors jeu. Enfin, le centre -en France comme en Europe- sera mis devant le dilemme qui le tourmente depuis toujours : choisir.

Commençons par une alliance socialistes/écologistes pour créer la dynamique.
Au stop de Cohn-Bendit, répondons chiche.

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