Sarkozy doit rompre avec le sarkozysme
La gestion de la crise et non la réforme doit être la priorité - Par Jean-Marie Colombani
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Quand il était en campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait coutume de dire: «si je n'y arrive pas, ce sera pour mes pieds!». Si les choses tournent mal dans notre beau pays, ce sera en effet, pour rester fidèle au langage imagé qu'il affectionne, «pour ses pieds». On peut difficilement imaginer conjonction plus dangereuse que celle dans laquelle nous sommes entrés: une crise sans précédent, «la pire depuis cent ans» selon Ed Balls, le conseiller économique de Gordon Brown; la rue occupée presque tous les jours par les corporations qui s'y succèdent (en ce moment , les enseignants-chercheurs); les syndicats, relayant des salariés plus inquiets que jamais, rythmant leur pression par l'annonce de nouveaux rassemblements; les îles lointaines en état de révolte, peut-être les unes après les autres à la suite de la Guadeloupe; une grand-messe présidentielle destinée à rassurer et qui, manifestement, manque sa cible; et bien sur des sondages qui dégringolent. C'est bien une «lourde charge» que celle de président de la République, comme il l'avait dit à «Madame Royal», lors de leur face-à-face télévisé. Alors que faire? Comment faire?
Bien présomptueux celui ou celle qui pourrait à coup sûr répondre, tant la crise elle-même est imprévisible, dans son ampleur comme dans son déroulement. Pourtant il paraît nécessaire, voire urgent d'engager la «phase 2» du sarkozysme, laquelle, pour bien faire, devrait comporter une part de «rupture» avec le sarkozysme!
Retour, d'abord, sur l'émission «Face à la crise». Elle n'était pas tactiquement mal jouée car l'essentiel, après la forte mobilisation syndicale et populaire, était bien de «donner du grain à moudre» aux syndicats, donc de gagner du temps: de passer des manifestations à la table de négociation; c'est l'objet de la grande réunion du 18 février prochain, que personne ne peut valablement refuser: le président apporte ses suggestions, aux syndicats d'apporter les leurs, il en sortira nécessairement des mesures concrètes. Mais là s'arrête le bilan positif: plus on s'éloigne, jour après jour, de l'impression immédiate — celle, classique, de la «bouffée d'oxygène» — plus l'opinion se raidit face au président.
Deux analyses sont possibles, dans un tel contexte: soit on se fie à l'enseignement du regretté Jacques Pilhan (qui conseilla Mitterrand et Chirac, et qui est l'inventeur des émissions taillées sur mesure) et l'on sait que, lorsque la vague déferle, en l'occurrence celle de l'incompréhension née de la crise, aucune parole n'est véritablement audible; il faut donc prendre patience, «tenir bon», comme disait François Mitterrand, et ne ressortir du bois qu'avec le reflux; soit on considère que le message est mal passé parce que le messager s'est trompé.
Sans doute les deux explications ont-elles leur part de vérité: il est impossible d'inverser la tendance en une prestation télévisée; et la pédagogie présidentielle n'a pas convaincu le pays, persuadé qu'il y a d'un coté les milliards «donnés» aux banques, et de l'autre coté «rien» pour nous, ou presque. Ce mécanisme de renflouement et de prêts publics, destiné pourtant à éviter l'écroulement d'un système, reste pour beaucoup un mystère et un facteur de colère.
Contrepied
La difficulté est d'autant plus grande, en France, que le gouvernement doit affronter la montée d'une protestation radicale; laquelle précède des oppositions radicales, celle de l'extrême gauche, relookée par le très radical Olivier Besancenot, dont c'est le fond de commerce; et celle du PS de Martine Aubry et Benoit Hamon, dont la stratègie semble calquée sur celle de Mitterrand face à Giscard; à ceci près que ce dernier était comparé à Louis XV, lorsque Sarkozy est décrit comme Bonaparte, la méthode est simple: on cogne tous azimuts, on s'appuie sur la vague de mécontentement, on gagne; et après, il sera temps de voir. A chacun son rêve de mai, donc : celui de la mouvance gauchiste (comme on disait avant au Parti communiste...), mai 1968, dont on se souvient qu'il ne profite pas à la gauche réformiste; et celui de mai 1981 pour une partie du PS.
«Phase 2»
François Mitterrand avait été élu sur un mot d'ordre: «rompre avec le capitalisme» ; et les événements l'ont conduit à engager la grande transition française vers l'économie de marché et le libéralisme; de la même façon, Nicolas Sarkozy, élu avec l'idée d'un modèle social axé sur la réussite individuelle, celui qu'il admire aux Etats-Unis, est déstabilisé par l'ébranlement de ce modèle et la prime, au contraire, que ces événements donnent à un modèle social-démocrate qu'il avait pourfendu pendant sa campagne électorale, et dont le premier agent d'influence se nomme Obama. On ne saurait davantage être pris à contre-pied.
C'est alors qu'il faut considérer une «phase 2». Ce qu'il faut garder de la «phase 1»: l'energie, le volontarisme. Mais pour le reste, les thèmes électoraux sont loin, et la référence constante à ce qui les sous-tendait — en gros, l'idée que la France avait pris du retard, et qu'il fallait la réformer toutes affaires cessantes — ne signifie plus grand-chose pour une population inquiète de voir revenir le chômage de masse. La réforme, comme le ciel, peut attendre. Seule compte le sauvetage de nos économies.
La situation demande donc un président exclusivement concentré sur la gestion de la crise, et sur les mesures, nationales et européennes que celle-ci rend nécessaires. Ce qui lui permettrait de découvrir les vertus d'un équilibre des pouvoirs plus que jamais nécessaire, par gros temps. Car la gestion de la crise appelle autant un dialogue social permanent que la recherche de cette alchimie subtile qui fait que chacun, parlementaire, membre du gouvernement, haut-fonctionnaire, se sentira engagé, et non plus seulement spectateur de la présidence Sarkozy.
Quelque part, donc, rompre avec le sarkozysme première manière...
Mis à jour le 11/02/2009 à 23h05







































En fait, il existe deux alternatives.
Rompre avec le "Sarkozysme", en effet, aurait pour effet d'amoindrir le mécontentement général. Encore faudrait-il que les leviers dont dispose le pouvoir exécutif face à cette crise soit suffisamment efficace pour que le peuple ne se sentent pas abandonné. Nicolas Sarkozy, en abandonnant son rôle d'hyperprésident qu'il s'est lui même créé, risque de passer pour un lâche qui fuit ses responsabilités.
L'autre solution consiste à persister et signer (et c'est là la voix qu'il semble avoir choisi - "J'écoute, mais je ne tiens pas compte"). Conserver son rôle prééminent et passer pour maitre de la situation. Le paradoxe se situe dans le fait que, d'un point de vue stratégique, c'est précisément parce qu'il ne la maitrise pas (la situation) qu'il souhaite jouer ce rôle.
Alors au final, que lui reste-t-il ?
Un peu de temps, peut-être encore quelques tours politiciens pour permettre d'en gagner d'avantage. Mais tôt ou tard, M. Sarkozy aura un choix à faire et cela quelque soit la posture qu'il incarnera dans sa manière d'habiter le pouvoir. Ou infléchir complètement sur le débat idéologique, reconnaître les erreurs de son école de pensée et être prêt à remettre en cause le fondement même de sa politique - en deux mots l'individualisme économique - ou affronter la clameur populaire.
Or il est possible de parier que la clameur populaire ne sera pas comparable à quoi que ce soit de connu jusque là. La crise économique a eu, de tout temps, des effets pervers sur les peuples. La montée des extrémisme est un corolaire de la précarisation des individus, de la peur sans cesse croissante du chômage. S'il se sent abandonné ou dupé, le peuple se retournera forcément contre ses dirigeants et en l'occurrence contre celui qui a voulu incarner le pouvoir, Nicolas Sarkozy. François Fillon n'est plus un fusible, le climat social se détériore chaque jour : dans les entreprises, dans les universités. Et les partis d'opposition, les syndicats et toutes les organisations contestataires ne laisseront pas passer une si belle occasion.
A crise exceptionnelle, Nicolas Sarkozy va devoir se forcer à mépriser un peu moins tout ce qui ne pense pas comme lui voir même à accepter qu'il a peut être eu tord. Ça sera le prix, pour lui, de la paix sociale.
Je partage l'analyse mais j'aurais modifié la première phrase du paragraphe 'Contrepied" : "La difficulté est d'autant plus grande, en France, que... la culture économique est néante". Car le problème est bien là. Rocard avait raison en recommandant d'inculquer l'économie dès le plus jeune âge. Le traitement et l'explication de la crise sur les ondes (scandale Madoff, hedge funds, mécanismes économiques etc...) est lamentable. On est proprement attérré par certains commentaires simplistes de personnes 'autorisées'. Jusqu'à des journalistes très populaires qui ont asséné des contre-vérités dramatiques, jetant maladroitement l'opprobre sur certaines professions, ce qui n'est pas à leur honneur. Bref, il y a un devoir d'explication qui a fait cruellement défaut jusqu'à présent.
Il est à se demander en quoi vraiment consiste le sarkozysme, première ou seconde mouture, tant tout semble tellement improvisé chez ce président !
N'y aura t-il donc jamais un éditorialiste suffisamment lucide, objectif, honnête, fou ou génial pour écrire que le sarkozysme n'est qu'une succession de pirouettes improvisées générées par des réactions compulsives liées à l'incapacité d'appréhender la situation dans laquelle le principal intéressé se trouve empêtré à chacune de ses annonces ? (à décharge, il semble toutefois que ce type de comportement soit intrinsèquement lié à toute idéologie, sarkozysme ou autre... pauvres de nous).
De toute façon, pour pouvoir gérer la crise, faut-il encore la comprendre.
Parce que si la crise bouscule les croyances, elle ne remet pas non plus tout en cause. Il faut se méfier des mauvaises interprétations de ceux qui ne comprennent pas ce qui est en jeu.
L'analyse ici montre clairement une certaine légèreté. La crise, ce n'est pas la crise d'un modèle, mais la crise est lié à certaines pratiques et à une certaine vision de l'endettement. Si Sarkozy a vanté le modèle anglais, il n'est en aucun cas responsable des fair value, des hors bilan, des normes comptables, de la titrisation et de la politique monétaire de Greenspan!!! De plus Sarkozy n'a jamais souhaité ni la financiarisation ni l'assouplissement des règles comptables (d'ailleurs il est amusant de noter qu'à l'époque où il était à bercy, lors d'un g7 où Bush pressait pour que le monde adopte les nouvelles règles comptables américaines, Sarkozy freinait ces ardeurs alors même que Chirac poussait dans l'autre sens..........)
De plus, il y a incompréhension quant à la nature du "sarkozysme". Sarkozy est par exemple considéré dans les pays anglosaxons comme un énième avatar du dirigisme français. Partisan d'un interventionnisme assumé (cf alstom), avec une petite touche de protectionnisme, il n'a jamais été un libéral au sens où certains pourraient le penser. Il n'a jamais été un partisan du laissez-faire. Il a toujours parlé de moralisation du capitalisme et a toujours vanté la légitimité du politique.
Mais ne nous trompons pas, ce qui sortira de la crise, ce ne sont pas les vieilles recettes. Qui peut sincèrement penser que l'après-crise viendra vanter un modèle centralisateur basé sur une économie planifiée?? Ce n'est pas sérieux. Qui peut croire une seule seconde que le modèle français est le modèle qui va inspirer les dirigeants du monde entier ?? Si on arrive à obtenir une réforme des institutions financières mondiales et le retour à un certain étalon, ça sera déjà énorme...
Assez d'accord avec Harry. D'ailleurs notre inquiétude concerne pour l'essentiel nos situations individuelles (vs la "réussite individuelle" du modèle de NS dont parle JMC) Il y a malheureusement une contradiction consubstantielle au rapport entre la fonction et la population, puisque la fonction s'intéresse à l'ensemble combiné des acteurs et des situations tandis que chaque catégorie de population s'intéresse par nature à sa propre situation .... Lorsque la situation se détériore de manière significative , il est naturel que la population s'écarte de la fonction sans que cela ait un rapport particulier avec celui ou celle qui occupe la fonction (ce que note Jacques Pilhan)
la somme des inquiétudes personnelles ne forme pas une réponse, mais une question.... La réponse est sans doute bien plus dans l'observation comparée (et analytique) des gestions de crises des différents pays que dans la satisfaction immédiate de besoins légitimes que les catégories concernées pourraient bien être les premiers à regretter demain.... D'ailleurs si l'on devait voter demain pour un président qui serait élu ???
L'article est bien complaisant; on constate chaque jour que Sarko n'a pas le niveau pour diriger notre pays.
A la base de tout, il y a son égo hypertrophié associé à son très faible niveau de culture générale.
Avec de l'énergie et du culot on ne fait pas tout, on le voit chaque jour. Avec les moyens d'un grand pays, on peut assez facilement faire des promesses, engueuler ses collaborateurs, se fâcher avec Angela, ne plus répondre aux journalistes, imposer un ordre du jour aux assemblées, prendre 6 semaines de vacances, faire la leçon à tout le monde, s'inscrire en retard sur les listes électorales, insulter les citoyens, s'augmenter de 180%, s'acheter 7 avions, se marier avec un top modèle en 3 mois, faire la morale aux africains, lécher les bottes de Bush, être jaloux d'Obama, recevoir des dictateurs, aider ses copains PDG, moquer le premier ministre Anglais, amener Bigard chez le pape, donner des milliards aux riches, lancer un plan Marshal chaque jour, ne pas oser aller en banlieue, nommer des peoples au gouvernement, mépriser les syndicats, ne plus aller dans les manifestations publiques de peur d'être sifflé, encourager des traitres ... Mais pour le reste ? Où sont les résultats ? Toute cette énergie pour rien à l'arrivée ? On est en permanence dans la mise en scène de l'impuissance !
Un gars qui aurait fait 10 fois moins de bêtises dans une entreprise aurait sauté au bout de 3 mois.
La situation exige un type qui voit assez loin, qui sait écouter, qui sait s'appuyer sur les assemblées et les partenaires sociaux.
On est très très de ce qu'il faut à la France.
A ce jour, son seul objectif est d'être réélu en 2012; il est impossible qu'il adopte d'un coup la posture d'un vrai chef d'état, il n'en est pas capable. Le mieux serait qu'il continue à naviguer à vue, que la colère monte encore et qu'il finisse le plus vite possible à Baden Baden. Mérite-t-il autre chose ?
- Premier point sur "le contre pied".
C'est une constante de notre vie politique, comme si l'Histoire prenait un malin plaisir - avec la complicité amusée de ce vieux peuple français qui, dans sa longue et tumultueuse histoire, en a vue d'autres et se plaît à voir ses dirigeants "avaler leur chapeau" - à démentir les chefs d'Etat ou de gouvernement de France trop sûrs de leurs certitudes. J.M. Colombani évoque le cas de Mitterrand élu pour rompre avec le capitalisme et qui se transforme en instrument du libéralisme libre-échangiste. Mais, avant lui, il y a eu De Gaulle rappelé au pouvoir pour garder l'Algérie française, et qui, après tout autant d'années de guerre que la IVe République, lui donne son indépendance. Avant lui encore, il y a eu Clémenceau devenant "le premier flic de France" contre les ouvriers grévistes, alors qu'il avait été élu pour faire une politique radicale de progrès social en faveur précisément des ouvriers. Et Napoléon III qui proclamait "l'Empire, c'est la paix", et qui a passé son règne à faire la guerre et même à aller la chercher au Mexique et contre les Prussiens, avec le résultat que l'on connaît. Donc: si notre petit - tout petit! - Bonaparte-Sarkozy veut être dans cette lignée, eh bien! il fera comme ces illustres noms; il avalera son chapeau americano-libéral pour retrouver le profond sillon de l'histoire de longue durée de la France, et pas seulement conjonsturellement, celui de la forte prégnance de l'Etat dans la vie de la Nation. Mais pour cela, il faudrait quand même qu'il gagne, si je puis dire, en "présidence", c'est-à-dire qu'il prenne davantage de distance, voire de distanciation vis-à-vis de l'écume des jours, pour devenir celui qui indique clairement le cap, laissant aux officiers de quart (les ministres et en particulier le Premier) le soin d'effectuer les manoeuvres concrétes et précises pour le tenir "ad majorem Franciae gloriam". Le pourra-t-il, lui qui veut s'occuper de tous et de tout? c'est bien là la question la plus grave pour la France et les français. Car s'il continue à avoir et à être fier de son attitude d'"omniprésidence", c'est qu'il n'a pas la capacité des grands politiques de s'adapter dans et pour l'intérêt de la France et des français. Alors ?....
- Deuxième point sur la crise économique.
Les "trente glorieuses" nous ont fait croire, nous ont même donné l'illusion que les cycles économiques n'existaient plus, n'existaient pas. Voire ! Reprenons donc nos classiques. Les cycles séculaires chers à Simiand qui voyait se succéder alternativement des phases A d'expansion économique (le "beau XVIe siècle"; 1730 environ - 1815 envciron) et des phases B de contraction économique (le "sombre XVIIe siècle" de 1640 environ à 1730 environ; 1815 environ - 1896 environ), ne sont-elles pas bien réelles ? En effet, ne serions-nous pas dans une nouvelle phase B depuis 1973/75 environ, qui aurait succédé à la phase A de 1896 environ à 1973/75 ? Et à l'intérieur de cette phase séculaire de contraction économique permettant la valorisation de l'accumulation du capital au détriment de la valorisation du travail toujours favorisée en phase A, ne serions-nous pas à la fin d'un des trois cycles trentenaires, dits cycles Kondratieff, qui composent un cycle séculaire ? Comme les "30 glorieuses" (1945 - 1975) ont été le dernier Kondratieff de la précédente phase A, nous serions à la fin du premier Kondratieff de la nouvelle phase B, mondialisation ou pas ! Dans ce schéma général, les crises suivent toujours le même processus: le dépassement exagéré des moyens de paiement - signe monétaire, crédit - par rapport à la richesse réelle (Exemple dans la Suisse dite vertueuse: pour 100 chf prêtés, les banques n'avaient obligation d'avoir comme fond propre de garantie que 8 chf; autrement dit, 92 chf représentaient, au mieux, que de la richesse à venir) entraîne une réaction de rapprochement des moyens de paiement à la richesse réelle. Dans ces conditions, est-ce de vraiment bonne politique que de multiplier, comme le font toutes les politiques dites de relance, les moyens de paiement. Ne vaudrait, ne faudrait-il pas mieux aller dans le sens de la correction (pour le moment, si l'on se fie aux cours de la bourse de Paris, 50%) et en profiter pour se donner les moyens (Office publique d'investissements) de construire une société fondée sur la durabilité, aussi bien au plan économique qu'à celui des relations sociales, en assurant, bien sûr, la protection totale des salariés.
Conclusion: LES REFORMES qui visaient à adapter la société française au libéralisme n'ont plus de raison d'être; les contiinuer serait non seulement une erreur mais une faute. La seule politique qui vaille, c'est celle de LA RE-FORMATION de notre société en une société et donc en une économie de la durabilité.
Lejacobin.
jboss
votre catalogue est un très bon résumé de ce que ressentent bon nombre de français; au delà, vous posez deux problèmes: celui du rôle et de la place des élites, sarkozy ayant bénéficié d'un courant anti-élites et , si l'on vous suit , apportant la preuve par l'absurde qu'il est dangereux de suivre ce courant-là; celui bien sur des résultats: il est trop tôt pour savoir si nous sortirons bien ou mal de cette crise et de sa gestion par l'actuel gouvernement. je préfère à l'idée de "complaisance" donc celle de circonspection. j'ai en effet gardé en mémoire les pires moments d'impopularité de F. Mitterrand. Qu'en reste-t-il aujourd'hui?
vous avez parfaitement explicité le point historique que je soulevais, en y ajoutant un rappel opportun des crises cycliques; notre conclusion est assez proche, la votre étant plus explicite; seule divergence: je continue de penser que le jacobinisme est devenu un carcan; un peu de girondinisme ne nous ferait pas de mal mais c'est une autre histoire..
Merci pour votre réaction.
J'ai 48 ans et j'ai connu :
- 1 septennat de roi fainéant avec Mitterand,
- 1 septennat de Chirac avec Jospin à Matignon (peut-être la meilleure période),
- 1 quinquennat de Chirac (et Raffarien) en roi fainéant,
- 2 ans de Sarko à contre-emploi.
J'ai passé 21 ans, soit quasiment tout mon temps professionnel, avec un président et un gouvernement dont la seule préoccupation est de rempiler. Et le France, que devient-elle ? N. Sarkozy est le produit de ce système, l'héritier de ceux qu'il dénonce, la mise en scène de son impuissance.
En l'écoutant, je constate deux invariants. D'abord il dit systématiquement le contraire de ce que va se passer quand il ne ment pas ("je ferai un plan massif pour les banlieues", "je développerai l'Afrique", "je ne suis pas intervenu pour virer le préfet"...). Cela pose tout de même un sacré problème. Ensuite il s'occupe très bien de lui. Pour le reste...
Vous évoquez aussi les élites mais aujourd'hui elles sont toutes derrière lui, en tout cas au moins les élites économiques et les "élites" journalistiques. Raimond Soubie ou M. Guaino comme conseillers, 20 ans après ! Qui tient la France ou plutôt qui l'exploite ? Sarko n'a pas répondu à une question de journaliste sur la situation Française pendant 8 mois mais les journalistes sont tous à genoux devant lui.
Il n'y a qu'un seul problème en France, qui est la cause de tout, c'est le cumul des mandats. Même le Modem aujourd'hui va reproduire le système, donner, sans risque, des indemnités à des affidés. Faisons une loi simple: 3 mandats électifs dans une vie et tout sera réglé, la France va se remettre à respirer et à régler ses problèmes. N'avons-nous qu'Estrosi à Nice pour nous sauver, l'homme qui monte les impôts de 15% quand plus personne n'a le sou ? Mais dépenser, tout le monde sait le faire!
Non, Sarko n'aura pas de résultat positif pour la France, il ne peut pas en avoir et il ne mérite que Baden Baden.
en fait vous avez en grande partie raison la sortie du long tunnel d'impopularité dans lequel nous sommes entrés ressemble à la quadrature du cercle à moins qu'elle ne soit indéxée sur la sortie de la crise elle-même, dont nul ne connait l'issue au fond tout le monde, les dirigeants européens les premiers, misent sur la réusssite d'Obama il est interessant de voir que ce sentiment est aussi celui des chinois quand à nicolas sarkozy il est sous nos yeux à l'épreuve de l'histoire!
pour comprendre la crise, lire jacques attali!
Ah ah ah ! OK, bien noté.
S'il y a quelqu'un qui gère la crise c'est bien le Président de la République. De quoi se préoccupent ceux qui le critiquent le plus? d'empêcher les réformes. Tiens les enseignants chercheurs que demandent-ils? Revenir sur la réforme des universités dont l'autonomisation est refusée par un système de pensée qui règne en maître alors que tous les pays du monde y sont venus. L'autonomisation c'est mettre le paradigme d'autonomie et de responsabilité à la place de celui de conformité irresponsable, tant pour les "maîtres" de l'institution qui refusent de répondre devant la nation de leur activité (évaluation) que pour la finalité même de l'enseignement universitaire. Même chose à l'éducation nationale. C'est un pouvoir idéologique et administratif qui se défend. Vous avez certainement lu "Les deux républiques françaises" du philosophe Philippe Nemo aux éditions PUF.
Même chose pour des syndicats dont on connait la représentativité et qui essaient d'exploiter une situation en décalage complet avec les problématiques de la crise. On ne comprend pas pourquoi ce sont surtout des fonctionnaires qui ont manifesté le 29 février. Sont-ils en première ligne dans la crise? évidemment non c'est l'inverse! L'exploitation misérabiliste est opportuniste et malheureusement pas destinée à aider les intéressés.
Le dramatisation à outrance de la crise est le bon moyen de faire peur au-delà du raisonnable. Alors que la France est moins touchée que beaucoup d'autres les français nous dit-on sont les plus inquiets. Comment être inquiet de ce que l'on n'a pas expérimenté ou peu. Grâce aux campagnes d'inquiètement orchestrées par tous les opposants aux réformes et exploitées par tous les corporatismes opportunistes.
Je suis assez sévère par rapport à ceux qui, sachant cela, considèrent que c'est de bonne guerre. Non il n'y a pas de guerre bonne et la démocratie ce n'est pas la guerre pas plus que l'opposition n'est l'empêchement de gouverner de l'adversaire.
A force de consentir à la manipulation des foules c'est le discernement des élites qui s'est lui même détruit avec des dégats considérables dans les esprits. Non les français ne répondent pas à la gestion de la crise par le Président de la République (pourquoi ne pas lui donner son titre pour lequel il a été élu?) mais à l'argumentation terrorisante qui est développée par ceux qui ne veulent surtout pas des réformes et ceux qui se font l'écho de ce qui donne du pouvoir. L'incroyable argumentaire où la bonne foi semble à ranger dans les ringardises où le cynisme est l'un des beaux arts, où la révolution et son coupage de têtes semblent la vertu sacrée de l'échéance prochaine sans que l'on ne trouve rien à redire pas plus que l'incitation quotidienne à la haine. (Monsieur Hollande semblerait commencer à s'en inquiéter à juste titre)
Il y a assez de prédateurs de droite et de gauche pour ne pas utiliser leur mépris de la vérité comme arme légitime.
Nicolas Sarkozy n'est certainement pas le grand homme idéal pétri de maturité et de sagesse. Mais c'est lui qui a le courage de remettre en question le chancre qui ronge la République, de prendre au sérieux le bien commun de la nation et qui sera évalué, lui, à l'échéance électorale. Dangereux non?
Le problème de ce pays est tel que même ceux qui en sont porteurs l'ignorent souvent de bonne foi. Mais la bonne foi dépend d'une exigence de discernement et de responsabilité à laquelle nos institutions éducatives n'ont pas préparé et même choisi de s'opposer.
La démonstration de Monsieur Colombani essayant de faire une sorte de loi de la République du renoncement à la politique voulue par l'élu du peuple me semble d'une rationalité bien étrange. Sa conclusion évidemment totalement erronée. Pour le moins.
Sans vouloir nier la pertinence de l'analyse j'avoue ma surprise de lire sous la plume de l'auteur du "Résident de la République" un appel à l'immobilisme. Il faut, sans aucun doute - et je suis persuadé que Nicolas Sarkozy le sait mieux que personne - se concentrer d'abord sur la gestion de la crise. Mais il me paraît aussi que les aspects purement français de cette crise seront d'autant plus difficiles à traiter que la France a pris, peut-être depuis 1973, un retard insupportable en matière de réformes de toutes natures. Il n'est que de voir, ces jours-ci, la résurgence des pires attitudes syndicales ("Ça va mal, profitons-en pour faire avancer nos revendications) ou corporatistes("Oui au statut à perpétuité, non à l'évaluation) chez les enseignants-chercheurs. Qu'en pense Jacques Attali? Confraternellement. M.M.
Il me semble, à la lecture des commentaires de Marc Menonville et Roger Nifle que le propos apparemment incompris de J.M. Colombani porte surtout sur un point de vu social.
La thèse développé par l'article semble être "pour pouvoir sauver notre économie, il faut une certaine paix sociale qui ne peut être atteinte en continuant les réformes impopulaires". Et cela, en dehors de toute considération politicienne - ces réformes sont-elles bonnes ?
Et ce n'est apparemment pas la voie choisie par le Président de la République (utilisons le titre puisque M. Nifle le souhaite) qui souhaite "profiter de la crise pour en sortir plus fort que nous y sommes rentré".
M Colombani, si le pouvoir se contente de réagir à la crise, alors il lui manquera cette mise en perspective de son action , cette profondeur qui donne un sens à l'action quotidienne.
Déjà, M Sarkozy n'indique pas vraiment de chemin clair... mais si il stoppe les réformes alors son action quotidienne de "réaction à la crise" perdra définitivement tout sens.
Je viens de lire, avec beaucoup d'intérêt, l'article de Monsieur Jean-Marie COLOMBANI.
Au contraire de Monsieur COLOMBANI, je pense que le Président SARKOZY n'a pas encore eu le temps de créer et d'imposer un style personnel clair et bien défini.
Pour le moment, il tâtonne. Ill divague, Il essaye tout simplement d'appliquer des méthodes semi-concrètes, parfois, déjà mises en forme avec plus au moins de succès ailleurs...
L'article de Monsieur COLOMBANI est très bien écrit. Cependant, il arrache. Il perce. Il dénonce, Il accuse. Il inquiète !
En somme, il rappelle que "la critique est aisée" mais que la "gouvernance" est difficile. Surtout en temps de crise.
Pourtant, il est le même à dire que "le plus dur, c'est d'être élu, après gouverner c'est fastoche!"
Il résume donc en une phrase le concept, tout donner pour arriver premier, une fois premier, on verra...
Il est difficile de gérer une crise quand on n'écoute pas les problème qu'engendre celle ci! Et d'un autre côté, Ségoléne Royale aurait-elle fait mieux? certainement pas! Imaginé le combat au pouvoir si la gauche était passé ! Là au moins c'est clair, c'est lui le patron!
Dans un autre temps, je ne fais pour ma part aucune confiance en un homme capable de se contredire 17 fois dans la même semaine, ce qui donne le tournis à des français qui déjà ne comprenne pas tout au départ ( j'en fait parti!!)
Ce qui le sauve toujours, c'est son bagou, ce sourire narquois qui laisse entendre "mais vous pouvez criez c'est moi le chef, c'est moi qui décide et si ça va pas tu peux te casser!"
Triste France...Quand il se compare à de Gaulles, je trouve ça très réaliste, surtout en revoyant la caricature de De Gaulles en Roi sur le trône lançant du pain aux poules, les français!
Oui, je crois bien que Sarkozy est l'homme dont la France avait besoin. A ce moment précis, en tout cas. Je suis entièrement d'accord avec M. Nifle quand il dit que Sarkozy n'est pas l'homme parfait comme certains fantasment leur Président de la République... Un homme plein de sagesse, en même temps prompt à l'action, avec beaucoup d'ambition pour la France et courageux. D'ailleurs c'est bien connu on en a vu passer beaucoup des gens comme cela. Non simplement, Sarkozy est un homme de transition. Quelqu'un qui essaie de faire bouger les lignes dans plusieurs domaines, qui n'y arrivera sans doute pas toujours, mais cela dénote pas mal de courage. Une rupture dans la vie de la politique française, il me semble. Du moins je l'espère.
Quant à la gestion de la crise, c'est assez curieux. Certains disent que le Président vire à gauche, et M. Colombani écrit qu'il campe sur ses positions de sa campagne présidentielle. Il faudrait savoir. Il me semble qu'il y a deux façons de gérer la crise:
1- Gérer la crise "le nez dans le guidon" (on augmente le SMIC et tout le monde est content)
2- Gérer la crise en essayant de réfléchir un peu à moyen/long terme
Je crois que c'est exactement la deuxième solution que le gouvernement a choisie : la priorité est l'emploi, tout en essayant de constituer des actifs pour l'après crise et mener quelques réformes structurelles indispensables. Concernant ces réformes, et c'est là que je rejoins M. Colombani, cela demande du "doigté" (comme on dit)... Et là je dirais que notre Président de la République apprend son job. Il a d'ailleurs reconnu ses maladresses lors de son intervention télévisée : "On regrette toujours les petites phrases". Tout n'est pas perdu.
Enfin, je suis toujours étonné du temps médiatique qui voudrait que l'on sorte d'une crise en 2 mois alors que cette crise a mis des dizaines d'années pour prendre forme. Même Obama l'a reconnu (si si même lui) après avoir fait voté un plan de presque 900 milliards (!!) : il faudra de longs mois avant d'en voir les premiers effets... CQFD
Ah que le souvenir des campagnes électorales est cruel. Prenons la France : vous vous souvenez qu'il n'était question que de rupture, en gros celle de la gouvernance vis-à-vis des "rois fainéants", de la politique vis-à-vis d'un logiciel suranné et d'un peuple vis-à-vis d'un confort engourdissant (le dernier point n'était pas complètement faux). Il est cocasse que le mot "rupture" revienne en boomerang à celui qui l'a lancé, seule pointe d'humour au sein d'une situation tragique (History, as usual).
Désormais c'est rupture à tous les étages ! Je fais la liaison entre la réflexion politique (donc économique) intérieure de Jean-Marie Colombani : rompre avec le sarkosisme et la réflexion économique (donc politique) internationale de Jacques Attali : rompre avec les organisations mondiales et les recettes du passé. J'imagine assez bien que le radicalisme dans lequel une fraction de français est capable d'emmener une majorité d'entre eux, puisse faire céder l'un mais j'ai beaucoup de mal à projeter que la sagesse des hommes puisse réussir à faire de l'ensemble des nations une véritable communauté internationale apte à défier la crise. Ce n'est pas dans l'article très alarmiste d'Eric Le Boucher (Obama a-t-il déjà échoué ?) que l'on trouve des raisons d'espérer; qu'il semble déjà loin le "yes we can" de la campagne électorale américaine !
Longue vie à Slate.fr, ses dirigeants, ses salariés et ses actionnaires.
Longtemps il y eu avec la désertification de nos campagnes, la naissance d'un Capitalisme des villes, puis le Taylorisme industriel sonna le début de l'âge d'or du paternalisme patronal, ensuite ce fut la période faste des trente années toutes à la gloire de l'ultra libéralisme suivi des trente dernières encore toutes honteuses du libre échange mondialiste qui c'est crashé lamentablement à cause de l'avidité et la cupidité des quelques, quoique trop nombreux, capitalistes antipatriotes, plus soucieux de leur enrichissement que de l'intérêt général de la France !
Oui et alors allez vous me dire, Citoyens lecteurs, une fois cela posé et la crise ?
Bon d'accord parlons de la crise et de l'attitude que doit adopter notre Chef d'Etat face à elle ?
Mais bon sang vous l'avez surement vu comme moi, se réjouir au zapping TV, de pouvoir enfin affronter un ennemi digne de ses muscles affutés ... Ah ce Sacré de nous, ya qu'un avocat pour avoir un tel bagout... quelle force de ...diversi..euh pardon de persuasion ! Allez à sa place je la jouerai plus modeste face à toutes nos souffrances sourdes qui commencent à ronronner un peu partout dans les rangs des français moyen. Il n'est plus question de lutte pour le Pouvoir présidentiel maintenant que nos choix de vies ont laissés place à une quête quotidienne de survie, mais bel et bien du retour imminent de la lutte des Classes.
LUTTE DEMOCRATIQUE, s'entend bien sur et pour éviter tout drame des deux cotés, à nos gens d'armes de se souvenir de leur origine sociale, pour peu que leur donneuse d'ordres remette un peu d'humanité dans son enveloppe de femme et à nos bataillons de fils, filles, frères, pères et mère au chômage de ces même gens d'armes, de s'aligner calmement, en paix face à eux, pour discuter.
Ou alors recommencera un face à face dangereux entre les riches toujours plus riche et les pauvres encore plus pauvre. L'actuelle révolte sociale antillaise illustre bien à mon sens l'éternel combat issu de la gourmandise dévorante du camp des possédants et autres importateurs de chinoiseries bon marché, tellement destructrices d'emplois hexagonaux et européens.
Gageons que la question du retour d'une forme de protectionnisme européen intelligent ne se discutera pas uniquement comme cela doit déjà le cas, entre simples dockers et ripeurs sur tous les ports de l'Union mais également à Strasbourg d'ici peu de temps...
Allez Citoyennes, Citoyens, prenons date ici sur SLATE.FR d'une sagesse du jour; Arrogance de roi génère vengeance de Peuple...
Pour conclure ce papier, je rejoins l'analyse de Colombani sur l'urgence d'une rupture de la part de celui qui fut excellent en VRP de tous ses néolibéraux d'amis du Fouquet's, lors de sa première Présidentielle, car effectivement il est urgent de marquer une rupture avec tous les égoismes du néocapitalisme, sous peine de perdre le soutien de celui qui l'a élu, je veux dire : Nous le Peuple !
Comme le souligne M. Attali (voir article sur Slate : la dépression peut-être évitée à condition d'agir maintenant), nous sommes en
"transition vers un nouveau monde", transition correspondant effectivement à une fin de cycle de Kondratieff, comme le rappelle Lejacobin (voir commentaires précédents), mais dont l'explication cyclique a été donnée par l'un des plus grands économistes, Joseph Alloïs Schumpeter.
Ces cycles correspondent à des innovations qui détruisent un ancien système, phase de récession, puis développent un nouveau système, créant une phase d'expansion et des grappes d'innovations successives.
Mais aujourd'hui, force est de constater que la France ne s'en sortira malheureusement pas bien car notre Président, qui pour une fois n'était pas un énarque et dont on espérait qu'il allait mettre fin au règne de l'énarchie en France, a préféré le confort douillet des pantoufles de l'énarchie pour gouverner la France, plutôt que les braises d'une réforme profonde qui l'aurait amené à faire le ménage dans la haute administration française.
Il a préféré s'entourer de 4 conseillers ... tous énarques ...
Que peuvent donc lui conseiller ces 4 énarques si ce n'est une politique d'énarques qui maintient et renforce le pouvoir de l'énarchie en France au détriment de l'intérêt général...
Déception qu'un non énarque ce soit fait roulé dans la farine de la sorte alors qu'on le sait plutôt roublard (...) et qu'il ne se soit
pas rendu compte qu'il n'était devenu que la marionnette de sa propre image, manipulée par les énarques, dont la pensée unique nous conduit vers une crise plus que sévère et peut-être irréversible pour la France.
Toutes les mesures qui ont été prises cherchent à renforcer un système de production, des outils et des secteurs devenus obsolètes, qui ont préférés distribuer des dividendes plutôt que d'investir et d'innover, et qui, comme la cigale, se trouvèrent fort dépourvu lorsque la bise fut venue...
Mais heureusement, les camarades de promotion de l'ENA vinrent, fort à propos, subvenir à leurs besoins en endettant un peu plus la nation et en bloquant un peu plus les innovations qui auraient pu concurrencer les monopoles juteux de leurs marchés réservés...
A cet égard, OSEO (ex ANVAR) maintes fois condamné par la Cour des Comptes, système opaque en situation de monopole sur le financement de l'innovation en France, dirigé par des camarades de promotion de l'ENA, est l'illustration honteuse des dérives de cette énarchie qui suce la France jusqu'à l'extrême, pour ne pas dire plus ...
Malgré OSEO, ex ANVAR qui change de nom à chaque rapport de la Cour des comptes, comment expliquer que 2 innovations majeures et de ruptures tel que le micro-ordinateur, une invention française de M. Gernelle innovation réussie 4 ans avant les Etats Unis (...) et que M. Pouzin, autre français, inventeur de l'internet (protocole TCPIP), n'aient pas pu développer leurs innovations en France ?
Une chose est sur, c'est qu'en ce qui concerne M. Pouzin il fallait surtout protéger le minitel de toute concurrence...
M. Pouzin fut donc obligé de s'expatrier aux USA pour terminer son travail...
Vous en avez encore un de minitel vous ?
Imaginez une seconde si l'on avat développé ces 2 innovations françaises en France, on aurait aujourd'hui quelques "petites PME" qui s'appelleraient IBM, Microsoft, Google, etc...
Ceci n'est qu'un des multiples exemples des forces françaises négatives qui bloquent les innovations en France et nous font
accumuler des retards technologiques depuis plus de 40 ans, retards technologiques que nous ne pourrons plus rattraper.
N'oubliez pas Montaigne qui écrivait déjà : "Rien ne presse (n'accable) un Etat que l'innovation : le changement donne seul forme à la tyrannie".
Seule l'innovation peut nous préparer au futur et nous amener à ne pas subir la crise mais à l'utiliser comme un vecteur de renouveau, de croissance et de désendettement pour les générations futures.
Cela passe par la suppression impérative et urgente d'OSEO et de son monopole sur le financement de l'innovation, le pire facteur de
blocage des innovations en France et la multiplication des sources de financement (publiques et privées) des innovations.
Cela passe aussi par le refus de financer avec l'argent public des multinationales qui ne sont pas des vecteurs d'innovation mais, bien au contraire, des facteurs de blocages des innovations.
Pour terminer, Schumpeter écrivait en 1944 dans son livre capitalisme socialisme et démocratie : " La concentration de capital tend à bureaucratiser l'innovation et à priver la fonction d'entreprise de sa justification la plus profonde, ce qui peut mettre en cause la survie du capitalisme ".
Bulle et spéculation financière = concentration de capital
OSEO = monopole du financement de l'innovation en France = concentration du capital
OSEO = bureaucratisation totale de l'innovation
Avec OSEO (ANVAR) la France a réussie le tour de force, depuis 40 ans, de concentrer le capital et de bureaucratiser l'innovation ce qui a mis largement la survie de son capitalisme en péril dans notre pays compte tenu d'un système mondialisé, le tout à renfort de milliards d'euros d'argent public pour remplir le tonneau des Danaïdes qui s'appelle OSEO (2008 = 4,8 milliards d'euros).
En France, pour se tirer une balle dans le pied ou ailleurs on est vraiment les champions du monde !
Le vers est dans la pomme, il ne reste que le trognon et quelques pépins (...), ce ne sont pas les oiseaux qui ont détruit le fruit.
Positivons : quelques graines d'innovations peuvent peut-être germer et produire quelques fruits en France, dés lors qu'OSEO ne les aura pas privé du terreau fertile nécessaire à leur épanouissement.
Sincèrement,