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La peur de la géolocalisation, c'est un truc de vieux?

Matthieu Josse, mis à jour le 19.02.2009 à 12 h 01

Les «digital natives» ne voient pas Big Brother derrière Google Latitude.

Capture de l'interface de Google Latitude par Zach Wittacker

Capture de l'interface de Google Latitude par Zach Wittacker

La géolocalisation en temps réel, c'est un truc qui fait un peu peur à tout le monde. Et pourtant, vous n'y échapperez pas. Surtout vos enfants. Car cette technologie déjà bien avancée et il n'y a aucune raison que les plus jeunes n'y trouvent pas une utilité sociale.

L'expression «Big Brother» a été mise à toutes les sauces sur Internet, y compris ici, avec la sortie de Google Latitude, une extension de Google Map. Alors de tels services existent déjà (Loopt, Yahoo Fire Eagle ou Friend View), tout le monde s'est jeté — puissance médiatique de Google oblige — sur le sujet avec des avis très tranchés sur cette application de géolocalisation appliquée aux individus mêmes. En résumé, Latitude permet de visualiser sur Google Map la position de ses amis inscrits à ce service. Evidemment, l'utilisateur peut décider qui le localise ou dans quels endroits il sera visible ou pas.

Tout de suite, tout le monde a pensé à un aspect positif (savoir où est son môme) avant de verser dans la parano tendance espionnage (votre femme/mari sait où vous êtes et éventuellement où vous n'êtes pas censé être).

Agiter le chiffon rouge sur ce sujet, c'est oublier un peu vite que dans votre voiture, le GPS, le truc dont vous ne pouvez plus vous passer même pour aller chercher du pain, c'est de la géolocalisation. Certes dans son expression la plus pratique, mais c'est la même chose. Sauf que pour le coup, vous avez l'impression - illusoire - de maîtriser la technologie car c'est vous qui dites à l'appareil où vous allez et que celui-ci vous guide juste pour savoir comment y aller. Et avec le pass Navigo dont vous (si vous êtes Parisien) vous servez pour franchir les tourniquets, la RATP peut savoir à quelle station vous prenez le métro tous les matins, et où vous sortez pour aller à votre boulot (si vous prenez le RER)... Sans compter le téléphone portable. Demandez aux membres du commando Erignac repéré par cette méthode ce qu'ils en pensent.

Pour mieux comprendre l'étendue de cette révolution, il vaut mieux regarder du côté d'une application sociale gratuite comme Aka Aki, sorte de twitter pour mobile bénéficiant d'une fonction géolocalisation. Sur son téléphone, on peut voir si des amis se trouvent non loin. Ça ne les localise pas précisément, ça dit juste s'ils se trouvent à proximité. On peut également savoir si on a croisé des personnes qui ne font pas partie de notre réseau. Des éléments paramétrables si l'on veut restreindre l'accès à son profil. Au contraire de Latitude, c'est surtout moi qui me situe par rapport aux autres, et non l'inverse. Et là, on retrouve une valeur qui sous-tend l'aspect communautaire du web, notamment chez les «digital natives» qui ont déjà intégré ces nouveaux rapports sociaux, effrayants pour la génération précédente.

Vu sous cet angle, on se demande comment Facebook ou Twitter ne vont pas être obligés de proposer ce genre de services. Rapidement.

Matthieu Josse

 

 

Image de une: Capture de l'interface de Google Latitude par Zach Wittacker.

 

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