Économie

Davos crisis

Temps de lecture : 2 min

Le forum, pessimiste et tout penaud, est en plein doute - Par Eric Le Boucher, à Davos

Préparation du sommet 2009. REUTERS/Pascal Lauener
Préparation du sommet 2009. REUTERS/Pascal Lauener

Mercredi 10h17 - Davos la pessimiste

 

Steven Roach, le responsable Asie chez Morgan Stanley, est très pessimiste sur la région. La Chine a eu un quatrième trimestre négatif par rapport au troisième. Du coup, les exportations de Taiwan et de Corée sont en chute libre, respectivementen baisse de 50 et de 38%. Pour l'ensemble du monde il voit récession cette année, une anémie en 2010, et 2,5 % durant les trois années suivantes. C'est à dire encore en récession dans les pays développés.

Ces chiffres impressionnants ont plongé Davos dans un profond pessimisme.

Mercredi, 8h11 - Davos la penaude

On l'a connue flamboyante et arrogante, la voila toute modeste, confuse et coupable même. Le capitalisme financier va mal, la station suisse de Davos aussi. Le forum économique qui s'y tient depuis 1971, mais qui ne sera connu que grâce à la crise du pétrole trois ans plus tard, a toujours eu de l'ambition. Le voilà à « redéfinir le monde d'après-crise », le thème de la rencontre millésime 2009 qui débute aujourd'hui et qui durera jusqu'à dimanche.

Davos était aussi, autrefois, une station de cure contre la tuberculose. C'est là que vient le jeune héros de Thomas Mann dans « La Montagne magique ». Aujourd'hui, la tuberculose c'est l'économie mondiale qui l'a.

Les 1400 «executives», PDG et banquiers qui paient 40.000 euros environ pour avoir le droit de monter jusqu'ici (parmi les hommes politiques, membres d'associations diverses et journalistes, au total 2.500 congressistes) vont d'abord faire du « networking », rencontrer les clients, les conseillers et faire des affaires. Le World Economic Forum reste un lieu privilégié avec tant de patrons « sous la main ».

Mais ils viennent aussi rencontrer les 40 chefs d'Etat et de gouvernement (27 l'an dernier) qui vont exposer leur vue sur ce monde post-crise et roder le discours qu'ils préparent pour le G20 d'avril, à Londres, sur le nouveau système financier international.

Ils seront écoutés mais seront-ils crus ? Autrement dit les hommes et les femmes politiques qui alignent les plans de relance sont-ils assez convaincants pour obtenir, au niveau mondial, un retour de la confiance?

Tel est le vrai thème du Forum cette année. Et cela ne concerne pas seulement les Etats-Unis, d'ailleurs l'administration Obama, au travail à Washington, n'a pas fait le déplacement. Mais aussi l'inquiétante Russie ; Vladimir Poutine est la vedette d'aujourd'hui. Et la plus inquiétante Chine : sa croissance pique-t-elle du nez ? Et quelles seront les conséquences ?

Rétablir la confiance tout en s'occupant des « 39 global risks 2009 » que les organisateurs ont dénombrés : le climat, la rareté des ressources, la géopolitique, l'eau, les pandémies, etc. Marier le long terme et la relance immédiate.

Les représentants de l'élite mondiale sont interrogatifs. Le pessimisme domine, comme le prouve les suppressions d'emplois à la hache qu'ont décidé ces grands patrons pour leur groupe, (ING, Philips, Pfizer, General Motors....)

Davos penaude est angoissée.

Eric Le Boucher

Eric Le Boucher Cofondateur de Slate.fr

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