Crise: Obama a-t-il déjà échoué?
S'il ne sauve pas le système financier, la dépression est inévitable.
- Barack Obama à la Maison Blanche -
Les deux volets du programme de sortie de crise de Barak Obama, annoncés la semaine passée, reçoivent une volée de critiques. Une moitié (disons) des économistes fait la moue, une (grande) majorité des financiers fait la grimace. La Bourse a plongé de près de 5% après l'annonce du plan de Tim Geithner, le secrétaire au Trésor. Le plan de relance économique de 787 milliards de dollars aura «des effets qui viendront beaucoup trop tard». Le plan de stabilisation des banques évalué, lui, à 2.000 milliards est d'«un concept flou, pas à la hauteur des enjeux». Le magazine The Economist de ce week-end résume le climat : «une énorme opportunité a été gâchée face à la crise économique».
On n'a pas pris conscience en France de la dimension de cette crise. Le débat reste ridiculement franco-français et les syndicats attendent encore de Nicolas Sarkozy des mesures qui sauvent l'emploi et les salaires! Comme si le président français avait la moindre force contre le tsunami mondial. Comme si les 26 milliards d'euros du plan français (et encore faut-il y regarder de près) pesaient devant les presque 3.000 milliards de dollars d'Obama. C'est donc outre-Atlantique que cela se passe et pas ici. C'est là que doit porter notre regard.
Or, les anglo-saxons sont critiques. Ils craignent que le président américain ait loupé son entrée. On peut, bien entendu, arguer qu'il est bien tôt pour juger. Les détails du plan Geithner manquent? Ils viendront, a plaidé la Maison Blanche: «nous ne sommes là que depuis le 4 janvier. Qu'on nous laisse un peu de temps». Hélas, ça ne marche pas comme ça dans une économie de marché où les impressions, les anticipations, bref la psychologie des acteurs, est l'élément déterminant des plans de sauvetage. Le moins qu'on puisse dire est que cet aspect «impression» a été manqué. Et que c'est grave.
Mais venons-en au fond. Le plan de relance économique a été critiqué parce que la nouvelle administration, dans un souci de construire un consensus bi-partisan, a laissé la main au Congrès, lequel Congrès a disputé chaque mesure, en abaissant in fine leur efficacité. C'est le cas de la suppression des aides pour les achats de voitures ou d'immobilier, deux méthodes parmi les plus rapides de relance. D'autre part, la lutte des Républicains contre les dépenses publiques a finalement conduit à un plan plus faible, de 787 milliards de dollars contre près de 1000 au début des discussions.
Mais le vrai problème est que les mesures en faveur de la consommation (un tiers du plan) ne seront effectives qu'au second semestre voire en 2010. Dans l'immédiat, mi-mars sans doute, les Américains vont recevoir un avis de baisse d'impôts de 64 dollars par mois par ménage et 32 dollars pour une personne seule. Pas lourd...
Plus utiles seront en revanche les aides versées aux Etats qui doivent équilibrer leurs budgets selon la loi américaine et qui, du coup, licencient pompiers, flics et profs. Les 54 milliards de dollars qu'ils vont recevoir vont freiner ces stupides suppressions de postes. Pour l'essentiel du plan, les travaux d'infrastructures, ils ne commenceront forcément que lentement et leur effet ne se fera sentir à plein qu'en 2010. On peut toutefois espérer que dès qu'ils verront les chantiers s'ouvrir, les Américains auront meilleur moral.
Au total, le plan de 787 milliards reste quand même puissant. Le double des 280 milliards d'euros des plans européens additionnés.
La vraie critique porte sur le deuxième plan, celui de stabilisation du système financier. Il remplace et s'ajoute à celui lancé en octobre sous Georges Bush, le plan de 800 milliards de dollars dit «plan Paulson» qui a clairement échoué. Le système financier au lieu de se stabiliser continue de tomber comme un château de cartes. De nouvelles couches de crédits sont abîmées par la récession et déclarées «toxiques». Les pertes s'accumulent dans les bilans des banques. Une véritable panique règne dans les établissements anglo-saxons et le monde financier est désormais persuadé que nous allons tomber dans une véritable dépression. Le FMI a estimé à 2 400 milliards de dollars l'ensemble des crédits toxiques, or le capital cumulé des banques occidentales n'est que de 1 200 milliards. En clair, toutes les banques sont en faillite, à de très rares exceptions près.
Remettre les marchés en ordre de marche
Et il n'y a pas que les banques ! Il ne faut pas oublier qu'elles ne financent plus que le tiers de l'économie aux Etats-Unis et la moitié en Europe, le reste de l'argent nécessaire aux investissements et à la consommation venait des marchés financiers. Or ceux-ci sont quasiment éteints. Ils ne fonctionnent plus.
Faire repartir le crédit est absolument essentiel. Comme l'a rappelé Dominique Strauss-Kahn samedi lors du G7 de Rome : « l'économie ne redémarrera pas tant qu'on n'aura pas nettoyé les bilans bancaires». C'est bien joli de faire haro sur les banquiers et de remettre en cause l'argent qu'on leur verse mais aucune économie ne peut se passer de banques. Il faut les remettre sur pied. D'où l'importance cruciale du plan Geithner.
Que propose ce plan? D'abord d'injecter de nouveaux capitaux dans les banques (350 milliards) mais avec un haut degré de surveillance (à l'inverse du plan Paulson). L'administration les soumettra à un «stress-test» pour les sonder en profondeur et n'accorder des aides qu'à celles qui peuvent repartir, c'est-à-dire se remettre à prêter. Plus question de soutenir les faibles, çà ne sert qu'à rembourser leurs actionnaires, c'est inutile pour l'économie dans son ensemble.
Ensuite la Federal Reserve va ouvrir encore plus largement son tiroir caisse pour 1.000 milliards en acceptant en garantie des actifs encore moins solides.
Enfin, une «mauvaise banque» (Bad bank, banque poubelle) sera créée qui aura un capital mixte de 500 milliards de dollars, apportés par l'Etat fédéral pour 100 milliards et par le secteur privé pour 400 milliards. Ce dispositif est le cœur du plan. Il a été préféré, après de très longues hésitations, aux autres choix possibles que sont la nationalisation et la garantie publique contre les pertes (système pour lequel a opté pour son compte la Grande-Bretagne). Les 500 milliards pourraient être portés à 1 000 milliards en cas de besoin, a dit Tim Geithner.
C'est le cœur du plan pourquoi? Parce que tout le problème depuis 18 mois et le début de la crise des subprimes est l'évaluation des actifs toxiques. Combien valent-ils ? Personne ne veut les acheter d'où leur valeur mise à zéro alors qu'ils «valent» sûrement plus. Leur donner un juste prix tel est l'enjeu. Qui peut le faire? Et bien le secteur privé répond l'administration Obama. Si c'est l'Etat qui rachète, il prend le risque de trop les payer, auquel cas c'est le contribuable qui est pénalisé, ou à l'inverse de trop peu offrir, auquel cas aucune banque ne les vendra à la «mauvaise banque». En mettant dans le coup le secteur privé, le plan recrée un marché à priori équilibré: l'actionnaire privé de la Bad bank en face des actionnaires privés des banques.
Est-ce que ce ça peut marcher? C'est sur ce point que portent les critiques. D'abord parce qu'aucun détail n'est encore donné (qui seront ces actionnaires privés de la Bad bank?). Ensuite, et plus fondamentalement, parce que les Hedge Funds, autrement dit une forme de privé, proposent déjà de racheter aux banques les actifs toxiques à vil prix. Mais les banques refusent de leur vendre, parce qu'elles jugent ces offres trop basses. Pourquoi les vendraient-elles à la Bad bank?
Ajoutons des critiques sur le premier volet : les recapitalisations. D'abord parce qu'il faudrait au moins 500 milliards de dollars au lieu des 350 prévus (le reliquat du plan Paulson). Ensuite à cause des modalités des actions que touchera l'Etat, des actions dites préférentielles. Cette nationalisation seulement partielle a pour objectif de ne pas faire fuir les actionnaires privés restant. Ce serait sinon, comme on l'a vu avec Bank of America, un effondrement des cours de Bourse et une diminution parallèle des capacités de prêts de la banque. L'administration Obama a choisi, là encore, une solution mixte. Mais évidemment, cette solution est vue par le monde anglo-saxon comme bancale. (lire Douglass Elliot).
Dernière critique : ce plan n'est pas à la mesure de l'effondrement du système qui est à l'œuvre. Il est sous-calibré. Ne faudrait-il pas directement nationaliser les banques à 100% d'un coup comme le demande notre très alarmiste confrère Martin Wolf du Financial Times?
Comment se faire une idée? Attendons un peu. Après les images idylliques de son succès électoral Barak Obama a plongé dans la boue politique de Washington et dans les détritus toxiques de la crise financière. Son équipe propose, après des réflexions qu'on imagine très informées, un plan qui dans l'ensemble reste costaud. Certes, il manque beaucoup de détails. Certes, la banque poubelle est un vrai pari. Je persiste espérer que cela va marcher. Enfin, j'en fais, moi aussi, le pari. D'ailleurs on n'a pas le choix. Si Barak Obama échoue, la dépression est assurée.
Eric Le Boucher
A lire aussi sur Slate.fr, une contribution de Dominique Mariette sur les Banques poubelles et un article de Daniel Gross sur le plan Geithner.
Mis à jour le 16/02/2009 à 8h04











































je viens de lire l'article très technique.... Mais il faut laisser à M. OBAMA le temps d'agir. Il est arrivé le 20 janvier aux commandes , cela ne fait pas un mois et on attend de lui qu'il mette fin à la crise d'un coup de baguette magique. Il y en a d'autres élus avant lui et qui échouent lamentablement !!! ce n'est peut-être pas l'homme providentiel mais il essaye quelque chose. Après tout, les américains ont laissé faire Bush, ils l'ont même réelu... et on a vu le résultat. M. Obama peut être parce qu'il est noir, on lui demande plus!!!! il faut attendre les résultats de son plan.
Je croise les doigts pour qu'il réussisse mais la crise est peut-être plus profonde que ce que l'on nous dit...
Tous les regards se tournent vers les USA, mais ce sont les chinois et les indiens qui détiennent la clé du problème.
Alors laissons faire l'administrations US et surtout soutenons-la. Nous avons tous à y gagner.
Il est vrai que des simples et modestes citoyens néophytes en économie nationale et mondiale, comme moi, nous restons éblouis et stupéfaits devant une page économique écrite par des Experts tels que Monsieur Eric LE BOUCHER.
J'espère que votre analyse puisse intéresser nos gouvernants ainsi que nos responsables politiques qui, à mon avis, ont dû mal à reconnaître que "la crise est grave" et que cela se passe ici et maintenant...
Bravo, pour votre savoir explicite. C'est toujours un plaisir de vous lire.
Dommage que dans une première approche nous restions comme dans le "virtuel" et que l'on est pas d'emblée une vrai conscience comptable de la balance proportionnelle instantanée de la valeur des transactions en milliars.
Aussi, on dirait que les commentateurs ainsi que nos politiques auraient tendance à banaliser le prix de la valeur réelle en milliars, millions et milliers !
Qu'n pensez-vous?
On veut sauver notre système ,dans ce cas ,aidons M.Obama a sortir de cette crise .Dans le cas contraire ne nous étonnons pas de l'apparition d'un nouveau Marx voir d'un Mao!
Il y a trop de banques, la concurrence est remplacée, doublée par la course aux profits, alors ces géants de la finance qui en fédèrent d'autres plus petites, s'entendent entre eux, inventent sans cesse des nouveaux produits, jusqu'à empiéter tellement sur le pouvoir d'achat des américains que ceux-ci consacrent 20 à 30% de leurs revenus à payer les intérêts de leurs emprunts...
La promotion et les augmentations de salaires stagnent, les américains peinent à rembourser leurs emprunts, font faillite.... la banque saisit tous leurs biens, qui sont revendus à des clients qui empruntent à leur tours pour payer ces achats.
Remède à cette escalade, encadrer le crédit, et créer des banques sociales et coopératives gérées par les représentants des emprunteurs et des associations à but social...
La solution ne peut pas se trouver dan,s le système bancaire qui a perdu de vue tous les buts et ambitions autres que celui de faire du fric, toujours plus, et toujours plus vite.
Merci pour ce papier. Je retrouve avec plaisir la patte d'Éric Le Boucher qui manque aujourd'hui au Monde.
Deux remarques:
- Tout plan de relance - ou de stabilisation - repose d'abord sur la fameuse confiance. Il y a forcément une part de pari. Relancer l'économie allemande avec la mise en circulation du D-Mark ou l'économie française avec les mesures Pinay supposait le retour de la confiance. On connaît aussi des plans qui ont clairement échoué, comme la relance par la consommation de 1981. Il n'est pas donné à tout le monde d'inspirer la confiance. Que le problème de la crédibilité de Barack Obama et de son équipe soit posé n'a rien que de normal. Mais il me semble qu'ils bénéficient d'un avantage fondamental: l'échec de Bush et de Paulson. Il n'y a plus que les sénateurs et représentants républicains pour croire encore aux vertus du laissez-faire en ce qui concerne le marché et de l'auto-régulation pour les banques (et Wall Street).
- Les critiques à l'encontre du plan Sarkozy portent sur son montant et ses modalités.
26 milliards, ce n'est peut-être pas beaucoup, mais paraît correspondre à une économie relativement peu (sans doute pas assez à moyen terme) mondialisée et à un système bancaire qui, jusqu'à plus ample informée, tient encore à peu près debout - si l'on excepte le cas Natixis où se mêlent l'incompétence et la vanité: il y a des révocations sans indemnité qui se perdent... Nos banques ne sont ni Lehmann Bros., ni Hypo Re, ni HBOS, ni Fortis. Elles ont besoin d'être soutenues, pas d'être renflouées, et, d'ailleurs, elles vont payer l'aide de l'État au prix fort.
On reproche d'autre part au plan français de porter seulement sur les investissements. Mais nous savons tous qu'une relance par la consommation a les effets inflationnistes que je dénonçais déjà dans mon commentaire au papier de Dominique Mariette. En réalité, une relance par la consommation s'apparente à "traitement social de la dépression", du genre cautère sur jambe de bois, on le sait, et appauvrissement à court terme des moins favorisés. Le PS et les syndicats, toujours prompts a défendre le secteur public, rivalisent de myopie et de démagogie.
Pari pour pari, parions donc que la nécessité poussera enfin les Européens à serrer les rangs, dans deux semaines ou dans deux mois (ou davantage encore, sans doute), au lieu d'attendre le salut que les États-Unis ne sont plus en mesure d'apporter.
Confraternellement.
Bonjour,
Tout à fait d'accord sur le précédent commentaire qui indique que la première chose à retrouver, est LA CONFIANCE.
Quelques remarques :
- ce sont les mêmes experts avec les mêmes recettes que dans le passé qui sont aux commandes.
- Comment leur faire confiance quand ils disent TOUS qu'ils n'ont pas vu la crise arriver. La crises des sur-primes a commencé il ya a 18 mois !!!!!. Fallait-il être un grand expert pour deviner que ce système ( dans lequel l'augmentation du PIB ne profitait qu'à quelque uns, appauvrissait la grande masse des citoyen, que ces mêmes acteurs de Wall Street se distribuaient 18.5 milliards de dollars de prime il y a quelques mois, j'en passe et des meilleures....) était sain et durable.
- Je ne suis absolument pas contre le capitalisme mais nous devons maintenant le réinventer de fond en combe et si la réunion d'avril prochain aborde réellement ces problèmes, la confiance pourra peut être revenir mais cela sera long. En attendant, la récession est là et pour plusieurs années, pourquoi pas le reconnaître MAINTENANT.
LES CITOYENS DE TOUS NOS PAYS ONT BESOIN DE VERITE, DE JUSTICE, DE DECOUVRIR DE NOUVELLES TÊTES AVEC DE NOUVELLES IDEES.
Obama est président depuis 3 semaines et la crise a commencé il y a au moins 14 mois aux USA; pendant tout ce temps qu'à fait l'Europe?peu et en ordre dispersé; et Sarkozy et Merkel ont plus de liberté pour agir efficacement qu'Obama; quand au jugement des économistes, qui a raison, les 50% qui soutiennent le plan ou les 50% qui le critiquent?
Obama a engagé 3 000 milliards de dollars, mais la mesure semble-t-il la plus efficace, la quasi-nationalisation provisoire du secteur bancaire, n'est pas possible aux USA où elle serait perçue comme une tentative de soviétisation de l'économie! So what? attendons et peut-être, demandons aux plus brillants esprits de notre Europe de participer à un conseil d'analyse économique européen dont j'ignore s'il existe déjà, mais qui pourrait être un outil utile, particulièrement en temps de crise!
En tout état de cause, merci pour votre analyse très claire qui malheureusement signifie: "seul un miracle peut nous sauver!"
mais il n'y a pas de temps à laisser au temps !! en France la colère des américains contre les banques, à la hauteur de la confiance qu'ils avaient en elle, est sous-médiatisée, et les français dans leur tradition "veaux" attendent .que ça passe. Peut-être Sarkozy ne peut-il rien faire tout seul, mais il pourrait peut-être, avec son tempérament agité, utiliser son effet anxiogène si critiqué ? C'est une suggestion, peut-être faut-il au contraire rassurer, unifier. Rassurer les français, agiter les autres ?
un matin je me suis levé, les chinois dans la nuit nous avaient volé tous nos produits laitiers, normal ils ne connaissent pas le lait, c'est nouveau, c'est moderne alors!!!!!!!!! ha les experts
puis les indiens et les chinois (encore eux) se mettent à boire du pétrole . J'ai essayé, c'est imbuvable; plus de pétrole. En 56, 20 ans de réserve; 74, 20 ans de réserve; En 2007 enfin plus de pétrole; 147$ le baril, pas de doute, les experts ont raison et , et, et 42$ le baril en janvier 2008; génération spontannée, Pasteur avait tort
revenons à la CRISE économique; question où est passé l'argent?
je subventionne l'automobile, je produis; oui mais les allemands, les américains font de même
que fait on des voitures; ben on les vend!!!!!!!! oui mais à qui? on les solde; oui mais les allemands, les américains vont faire de même; on réduira les coûts ; le licenciement c'est pas pour les chiens!!!!!!!! et puis ils achéteront des voitures pour trouver du travail; cela ne vous rappelle rien;
on erigera des barrières; le protectionnisme c'est beau, c'est nouveau; on fera des voitures; oui mes notre sidérurgie a disparu; que cela ne tienne, on les fera en plastique; oui mes le plastique, c'est du pétrole
mais ou est passé l'argent: sur les chinois sont passés un soir et , et et
soyons sérieux. ceux qui se sont rempli les poches s'apprétent à preter aux états, enfin ils espèrent
uburoi
La dépression est assurée, toute la question est de savoir quelle sera son ampleur et sa durée. Outre la lenteur de sa mise en oeuvre, le plan de soutien ne permettra pas, de toute façon, de gommer les effets sur la croissance potentielle de la crise du crédit, évalués à 2900 milliards de dollars sur 3 ans. Ce que l'on peut raisonnablement attendre de ce plan est de freiner les effets de la crise sur l'activité et sur les prix, pas d'inverser la tendance.
En ce qui concerne les banques, il serait vain de chercher à nettoyer leur bilan, si la situation de l'économie et le marché de l'immobilier US n'étaient pas stabilisés en parallèle. Nous en sommes loin. La question posée par la "bad bank" est de savoir qui va supporter des pertes estimées maintenant à près de 2000 milliards de dollars par Nouriel Roubini pour le seul secteur bancaire américain. Certainement pas les partenaires privés de l'Etat américain. Les 100 milliards publics du nouveau plan apparaissent bien indigents par rapport au problème à traiter.
Mais admettons que l'on parvienne à rétablir la santé financière des banques, que le plan de soutien produise ces pleins effets, cela permettrait-il à terme de relancer l'économie? On peut en douter, tant que n'auront pas été réglés les dysfonctionnements de l'économie réelle. Pour relancer la machine, les banques devraient prêter toujours plus d'argent à des emprunteurs incapables de les rembourser, ce qui est évidemment inconcevable. L'économie mondiale ne pourra retrouver le chemin de la croissance qu'en substituant à une logique d'endettement une logique de répartition des revenus. Pour faire court, prendre à travers l'impôt une partie de l'épargne des "riches" pour la donner aux "pauvres" au lieu de la leur prêter.
Oui, en effet, tout se passe maintenant aux Etats-Unis et on croise les doigts pour que le plan d'Obama fonctionne. Dommage tout même qu'il n'existe pas d'équivalent européen à ce plan de relance américain. Dans l'UE, on réagit plutôt en ordre dispersé : Brown baisse la TVA , Sarkozy mise sur une relance par l'investissement (y croit il vraiment?), Merkel joue sur les deux tableaux ... Certes, tous les pays ne sont pas tous logés à la même enseigne. Ce qui se passe en Espagne avec l'effondrement de l'immobiler n'existe pas en France et la situation des banques britanniques est plus dramatique qu'ailleurs ... mais tout de même, un plan européen coordonné, ca aurait eu plus de gueule que de donner l'impression que chacun essaie de s'en sortir le mieux possible dans son coin. Le monde a besoin de deux moteurs pour s'en sortir : le moteur américain mais aussi le moteur européen.
Au vu des commentaires précédents , je pense moi aussi que, chercher comme la France le fait (ainsi que d'autres pays européens de ...premier plan) à sortir de la crise en "solo" est une ineptie !
C'est maintenant plus que jamais qu'il faudrait une entente voire une entraide entre les divers partenaires européens qui, dans leur ensemble, pèsent bien peu face à la débâcle américaine !
Obama sort le grand jeu, met sur la table des moyens considérables, est soit approuvé soit considéré avec scepticisme par ses concitoyens.
Parviendra-t-il à relever l'économie défaillante ? Je le souhaite de tout coeur.. Si l'ex-géant américain voit ..s'effondrer ses ..pieds d' argile, ce n'est certes pas la si fragile Europe qui pourrra résoudre cette crise à l'amplitude encore - me semble-t-il - mal mesurée !
Et n'oublions pas les ondes répercutées sur des pays jusqu'ici en plein "boum", l'Inde ou la Chine par exemple..
La planète entière, pour maintes raisons, est bien mal en point !
Refondre les règles du capitalisme, partir sur de nouvelles bases, peut-être, bon gré, mal gré, serons- nous amenés à le faire .. Oui, mais, quand ??
L'assurance-vie peut-elle être victime aussi de la crise dite du « subprime »? peut elle être polluée par les fonds toxiques? Les investissements en unités de comptes sont ou peuvent être des placements à risques comme n'importe quel investissement boursier Meme si les assureurs sont beaucoup plus rassurants pour ce qui concerne les fonds en euros, les montages restent obscures et se garantissent les uns les autres
Allianz, AGF CNP se montrent trop discrets et il serait étonnant que la folie du gain facile à 2 chiffres n'ait pas contaminé les fonds des assurances vie.
uburoi