France

Comment sortir la Guadeloupe de l'ornière?

Slate.fr, mis à jour le 19.02.2009 à 16 h 15

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Un syndicaliste a été tué à la Guadeloupe, dans la nuit du 17 au 18 février, à proximité d'un barrage. Christian Vainqueur, le secrétaire régional de l'UNSA-Police en Guadeloupe, met en garde dans le Monde contre une situation proche de la «guérilla» que les forces de l'ordre ont de plus en plus de mal à maîtriser.

Pointe-à-Pitre est devenue la nuit pour le reporter du Point une ville fantôme en proie aux violences. La presse internationale, de Aljazeera au Hindu en passant par le Edmonton Sun canadien, la BBC ou Voice of America s'inquiète. La députée de Guadeloupe, Jeanny Marc (app. PS), a appellé à l'aide mercredi 18 février sur France 2. «Si en Bourgogne ou dans l'Oise, il y avait une crise de cet ordre, je crois que le gouvernement n'aurait pas traité la population de la même manière qu'en Guadeloupe», a-t-elle déclaré.

Comment sortir de la crise et que faire pour reconstruire le tissu social à la Guadeloupe et aussi à la Martinique? Nous sollicitons vos avis et vos commentaires.

Les témoignages ci-dessous de la Martiniquaise Tatie danièle et du Guadeloupéen Jatem — qui se présentent comme tels en tout cas — sont une bonne amorce pour un débat que nous souhaitons tolérant, ouvert et constructif.

Merci

La rédaction de Slate.fr

-Par Tatie danièle, le mer, 18/02/2009 - 15:44.

» Je suis Martiniquaise et je suis totalement contre l'autonomie et, pire, l'indépendance, parce que justement nous finirons, à titre d'exemple, comme Haïti, Madagascar ou la RD du Congo.

» Je souhaite que, vous les métropolitains arrêtiez de nous considérez comme sous merdes encombrantes. Si la crise qui touche actuellement mon île et la Guadeloupe, s'était installée dans un département sur le territoire métropolitain, je suis certaine que celui qui est censé être le Président de la République Française dont fait partie des DOM TOM aurait réagi plus vite. Et ne vous méprenez pas, peu importe ce qu'il aurait dit, mais qu'il réagisse lui qui, dit-il, doit s'occuper de tout.

» La vie ici est très très chère. J'ai eu l'occasion de vivre en Métropole et j'étais, pour ainsi dire, comme une enfant dans un magasin de jouets, quand j'allais, notamment faire mes courses.

» Tout ce que nous demandons c'est d'être logé à la même enseigne qu'en Métropole, concernant les prix, les salaires, les loyers, le prix de l'essence, etc.

» Les loyers sont élevés même pour un studio. Et touts comptes faits (loyer, charges fixes, nourriture) je ne peut me le permettre. Pourtant je ne suis pas gréviste. Je travaille, j'économise parce que je sais qu'il y a bien pire que moi.

» Une chose que je vous accorde. Je souhaite vivement que les Antillais se mettent au travail au lieu de tout le temps réclamer de l'argent "gratuitement" et qu'ils arrêtent cette consommation effrénée de biens de consommation tellement futiles.

» J'ajoute qu'on ne choisit pas forcément d'être une femme seuie et souvent avec enfant.!!!

» Enfin, je pense comme beaucoup, qu'il faut arrêter cette histoire de la relance par la consommation.
IL n'y a pas que les bagnolles dans la vie, les portables, les téléviseurs, etc.

» Travaillons au lieu de cultiver ce culte de l'apparence, du signe extérieur de richesse. (ici y'en a qui roule en 4*4 et qui ne touche que le RMI, travaille au noir donc ne cotise pas ou bénéficient d'aides diverses. Moi je suis Assistante de Direction et j'espère garder ma voiture de 12 ans et 124 000 kms encore longtemps.)

» Arrêtons de vivre au dessus de nos moyens. Arrêtons d'envier ce que les autres peuvent s'offrir et pas nous.

» Mais apprenons aussi à partager. Il serait stupide de ne pas comprendre qu'un directeur gagne plus que l'ouvrier. Mais Il est normal qu'un salarié qui a participé à la création de richesse de son entreprises en tire également des bénéfices.

Bonne après-midi!»

 

-Réalité
Par Jatem, le mer, 18/02/2009 - 17:58.

A travers ces commentaires on peut voir que la plupart passent à cotés des réelles revendications. Ils ne demandent pas la charité mais que l’on respecte leur droit. Ils sont devenus français, ce sont battu pour elle participant même à sa libération en 45, sans oublier tout ce qui a été fait auparavant pour enrichir leur pays. Aujourd’hui encore, il continue à défendre les couleurs de leur pays dans tous les domaines ou ils le peuvent. Cependant sous prétexte que leur liberté fut accordée, on a omis de faire partager la fraternité et l’égalité.

Le manque de fraternité se voit encore chez certains français qui au lieu d’essayer de comprendre leur problème préfèrent adopter une attitude réactionnaire en réclamant en se débarrassant de ces colonies en donnant leur indépendance. Sauf que la Guadeloupe n’est pas une colonie mais un département donc elle est la France, on ne se sépare pas de la France comme, la République doit rester une et indivisible, essayons donc de trouver une solution en agissant comme si c’était un n’importe quel autre département français.

Ensuite, l’égalité a été oublié pour d’obscur raison la justice social n’est pas respecté. Le problème là ce n’est pas que dans les D.O.M. que ce phénomène subsiste, étant noir aussi que l’on puisse aller dans les études on ne pourra pas accéder au plus haut poste de le société sauf dans la fonction public car la progression hiérarchique se fait sur concours donc impartialité. En Guadeloupe, la situation est d’autant plus visible que contrairement au reste de la France, la population majoritaire est noire et qu’elle ne détient pas les fils de son économie. Apparemment, des rapports démontrent que des certains (ça tombent mal, blancs) se gavent sur le dos des guadeloupéens. Mais contrairement à ce que l’on peut voir sur les médias le conflit n’est pas racial mais juste le respecte de la justice sociale. Les Guadeloupéens ne sont pas racistes, je suis noir guadeloupéen, j’ai grandi avec des blancs, j’ai été à l’école avec eux et en j’en compte évidemment parmi mes amis. Si vous avez besoin d’autres preuves, vous n’avez qu’à observer le nombre de mariage avec des métropolitains. Néanmoins comme partout, il y a des cons donc des racistes et la population guadeloupéenne n’y échappe pas mais de là à en faire une généralité, c’est exagéré. Pour conclure, les revendications sont d’ordres sociales économiques donc laissez les dans la sphères sociales et économiques, la population réclament des réelles dynamiques économiques, et pas que le tourisme qui en soit ne suffit à assurer une économie viable, et simplement que l’on permettre de vivre décemment en favorisant entre autre leur progression sociale.

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