l'explication
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- Par Grégoire Fleurot
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Grégoire Fleurot est journaliste à Slate.fr. Il s'occupe notamment de la rubrique «L'explication».
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Comment survivre à un crash d'avion
Une adolesente de 14 ans a survécu au crash de l'avion de Yemenia Airways.
Une adolescente de 14 ans est la seule survivante du crash de l'avion l'Airbus A-310 de Yemenia Airways au large des Comores, qui transportait 153 personnes. C'est la 12e fois depuis 1970 qu'un survivant unique est retrouvé après une catastrophe aérienne. Slate avait recensé en mars dernier les moyens de diminuer le risque d'être victime d'un crash aérien. Voici l'article d'origine.
***
L'amerrissage spectaculaire d'un vol US Airways le 15 janvier dans le fleuve Hudson à New York a sauvé la vie de ses 155 passagers et membres de l'équipage. Le 25 février, lors du violent crash du vol Turkish Airlines à côté de l'aéroport de Schiphol, 126 des 135 personnes à bord survivent. Des résultats impressionants, certes, mais plus courants qu'on ne le croit. D'après l'International Air Transport Association (IATA), si les accidents d'avion sont en hausse, le nombre de morts, lui, est en baisse. Il y a eu 502 décès suite à des accidents d'avion en 2008 contre 692 en 2008, soit 0,13 mort par million de passagers contre 0,23 en 2007.
En août 2005, une invraisemblable série noire de crashs aériens avait entraîné à travers le monde des interrogations sur l'évolution de la sécurité aérienne. Depuis, les institutions de contrôle ont renforcé leurs mesures pour prévenir les risques. Mais que peut faire le simple voyageur pour mettre toutes les chances de son côté?
Eviter les compagnies latino-américaines et voler plutôt canadien
D'après le rapport sur la sécurité 2007 de l'aviation civile française, la région Amérique Latine / Caraïbes et la région Afrique représentaient chacune 18% des accidents mortels mondiaux pour respectivement 7% et 2% du trafic mondial en 2007. Les compagnies de la région Asie/pacifique représentaient 36% des accidents mortels pour 19% du trafic. Au contraire, la région Amérique du nord contribuait pour 42% à l'activité aérienne mondiale sans aucun accident mortel de passagers en 2007.
Vérifier la fiabilité de sa compagnie
Depuis 2006, l'Union Européenne actualise régulièrement une liste noire des «transporteurs aériens faisant l'objet d'une interdiction d'exploitation générale dans la communauté». La dernière mouture date du 14 novembre 2008  et recense plus de 170 compagnies.
A l'inverse, l'International Air Transport Aviation (IATA) représente 230 compagnies aériennes et 93% du traffic aérien mondial. Depuis fin 2008, tous ses membres voient leur sécurité rigoureusement auditée.
Ecouter les consignes de sécurité
Après trois vols, vous avez peut-être l'impression de connaître toutes les consignes de sécurité par cœur. Sauf qu'en fait non, et que si un accident arrive vous serez sans doute dans un état de panique assez avancé pour vous faire oublier tout ce que vous avez cru savoir. Si vous n'avez pas le courage de lire la brochure, suivez au moins les démonstrations des hôtesses de l'air, et écoutez-les réellement! Par exemple, il ne suffit pas d'enfiler son gilet de sauvetage quand le commandant de bord l'ordonne, il faut surtout ne pas le gonfler avant d'être sorti de l'avion. Un détail? Lors du crash du vol Ethiopian Airlines 961 en 1996, de nombreux passagers sont restés bloqués dans l'avion à cause de leurs gilets de sauvetage gonflés, et ils sont morts noyés. Petit cours de rattrapage tout en dessin et en humour par la compagnie aérienne Virgin.
Se repérer dans la cabine
La grande majorité des accidents sont accompagnés d'incendies. Le danger ne provient alors pas des flammes mais bien de la toxicité de la fumée, d'où la nécessité d'évacuer au plus vite. Etant donné la visibilté très réduite que génère la fumée, savoir exactement où on se situe dans la cabine peut se révéler précieux. Pour cela, compter le nombre de siège entre sa position dans la cabine et les deux sorties de secours les plus proches en entrant dans l'avion. Pour les plus prévoyants, le repérage peut se faire avant même d'embarquer: certaines compagnies mettent à disposition sur Internet les plans de cabine des avions de leur flotte.
Se former à la sécurite aérienne
Les stages de gestion du stress d'Air France pour les personnes anxieuses en avion ont reçu beaucoup de publicité lors de leur lancement. Mais une autre sorte de formation, beaucoup plus pratique, existe pour mettre toutes les chances de son côté lors d'un accident ou d'un atterissage d'urgence. British Airways offre ainsi des «stages de sensibilisation à la sécurité aérienne» d'une demi-journée aux entreprises qui souhaitent former leurs employés voyageant fréquemment. La simulation comprend un atterrissage d'urgence dans un Boeing 737 reconstitué et l'évacuation de la cabine enfumée pour 130 livres par personne.
Dire oui à la position de sécurité
En cas d'accident, les hôtesses de l'air et stewards vous crieront sans doute «Brace position!» «Brace! Brace!» ou encore «Penchez-vous!». Il faut redresser son siège, se baisser le plus possible au point d'avoir sa tête entre ses jambes. Les mains vont soit tenir les genoux, soit se mettre derrière la tête, mais sans croiser les doigts. Certaines rumeurs disent que cette position est censée rendre la mort aussi rapide et peu douloureuse que possible, ou encore qu'elle est conseillée par les compagnies d'assurance qui ne veulent pas payer de frais médicaux, mais n'écoutez pas ces hoax. La «brace position» permet d'empêcher au maximum d'être projeté vers l'avant de l'avion et de s'écraser sur les sièges de devant.
Une question de pilotes
Un avion qui tombe en panne au milieu de l'océan Atlantique, un vol d'oiseau qui bloque les deux réacteurs quelques secondes après le décollage. Ces situation, à première vue vouées à un destin tragique, ont en commun d'avoir connu une issue heureuse grâce au sang-froid des pilotes. Dans le premier cas, le pilote Robert Piché a posé l'appareil aux Açores avec les deux moteurs arrêtés après un vol plané de plus de 21 minutes, «le plus long de l'histoire aéronautique». Aucun des 293 passagers et des 13 membres d'équipage n'a été sérieusement blessé. Dans le deuxième cas, le désormais célèbre Chesley B. Sullenberger a posé son avion sur le fleuve Hudson, sauvant la vie de tous les passagers.
Oublier la place miracle
«Quel siège est le plus sûr?», une question que tout le monde s'est déjà posé en entrant dans un avion, surtout s'il s'agit d'un vol low-cost où les places ne sont pas attribuées. Pour certains, les places du milieu présentent moins de risques, car le fuselage y est plus résistant. Mais c'est également là que se trouvent les réservoirs de carburant. Selon CNN, qui s'est penché sur la question, il est probable que la «place la plus sûre» n'existe pas. Même une place proche des sorties de secours ne garantit pas une évacuation rapide, les portes ne fonctionnant pas toujours après un accident. Quant aux places qui bordent les allées, elles permettent plus de mobilité mais sont sujettes à un autre type de risque, bien plus fréquent que le crash: les bagages qui tombent des compartiments sur la tête.
Enfin, toutes ces recommandations ne peuvent que ramener le risque à un niveau proche de zéro, pas l'éliminer. Le destin fait le reste du travail. Le businessman néerlandais Rob de Knecht vient de survivre à deux crashs d'avion en huit jours, dont celui du vol Turkish Airlines sur l'aéroport de Schiphol, avec seulement quatre côtes cassés. Le meilleur moyen de survivre à un crash serait-il de s'asseoir à côté de Rob?
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Photo : l'amerrissage du vol US Airways le 15 janvier sur le fleuve Hudson, pris par Janis Krums, via Twitpic
Cécile Dehesdin et Grégoire Fleurot
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Comments
Afrique ou Amérique (du Nord)?
Donc, si je comprends bien, la prochaine fois que je ferai Paris - Dakar (en avion, pas en 4x4...), je prendrai Air Canada! Ça, c'est une solution intéressante...
Afrique ou Amérique (du Nord)?
Il y a aussi Quantas, qui, je crois me souvenir, n'a jamais déploré d'accident. Mais je ne sais pas s'ils ont des Sydney-Bamako ;)
Il faut dire qu'historiquement, l'Australie est un pays de voleurs... de part sa taille ;) ;) ;)
Dans la marine : il faut saluer tout ce qui bouge et peindre le reste (Marin Shadok)
Statistique, encore ?
Le nombre de « crash » aurait augmenté, mais qu'en est-t-il du nombre d'heure de vol ? A-t-il lui aussi augmenté ?
C'est un peu comme le « triangle des Bermudes » : c'est l'endroit du monde où il y a le plus de disparitions. C'est vrai, sauf qu'on oublie de dire que c'est aussi et surtout l'endroit du monde le plus fréquenté et qu'ainsi donc, statistiquement, cette zone n'a rien de particulier par rapport au reste du monde dans la fréquence des disparitions...
Petit rajout « technique » à l'article :
À noter que la phase de vol la plus dangereuse est le décollage (et non l'atterrissage, qui lui possède ses propres pièges mais présente des solutions en techniques de pilotage), car il n'y a aucun espoir de pouvoir revenir sur la piste et de plus, le centre de gravité de l'avion, rempli de kérosène, est le plus souvent incompatible avec un atterrissage. La SEULE solution est de trouver un endroit dégagé, plus ou moins dans l'axe pour s'écraser en faisant le moins de dégâts possibles. L'Hudson est donc bien pratique dans ce cas, et est une destination plus ou moins planifiée dans cette éventualité. Car une des tâches importante du pilotage, aussi importante que la navigation ou le pilotage proprement dit, est la planification constante des points de dégagement (compatibles avec la finesse* de l'avion) en cas de problème.
(*) [vulgarisation très technique] la finesse est, sans moteurs et sans vent, le rapport de la distance au sol théorique que peut parcourir un avion en fonction de son altitude divisé par cette altitude (une finesse de 8 indique que si l'avion est à 6000m, il pourra parcourir au sol un cercle d'un rayon théorique de 48Km au maximum auquel on doit retrancher une distance de sécurité dans lequel on devra trouver un aérodrome ou on zone propice, ie. plaine plutôt que montagne). Celle-ci est une caractéristique connue et mesurée donnée par le constructeur, très dépendante de la voilure, des trainées, du vent et de la vitesse relative mais pas de la masse.
Dans la marine : il faut saluer tout ce qui bouge et peindre le reste (Marin Shadok)
La baraka
Il y a quelques années la course à la baisse des prix des voyages en avion avait pu faire craindre que la sécurité pourrait être sacrifiée.
Heureusement la plupart des grandes compagnies ont redoublé d'efforts en matière de sécurité et de maintenance de leurs appareils.
Il est donc primordial de bien choisir sa compagnie... et de s'en remettre à Dieu !
Tout le reste n'est que l'occasion d'écrire un article, somme toute, assez divertissant, surtout pour ceux qui ne prennent jamais l'avion.
Marianne Arnaud
A Diou ?
S'en remettre a Dieu ? Non, il vaut mieux s'en remettre au pilote et au copilote... Ceux sont eux qui font voler l'avion et qui tiennent le manche !
Jen
Sauf quand...
Sauf quand c'est le pilote qui s'en remet à Dieu...
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g5P5w1tcvOBwMQtb4rYwT...
Sécurité et conseils pratiques
Il est vrai que statistiquement la phase de décollage est plus dangereuse que la phase d'atterrissage mais tous les vols sont inclus dans ces statistiques. Or ce qui tue le plus au décollage est une perte soudaine de puissance venant d'un moteur. Vous comprendrez que si vous n'avez qu'un moteur, c'est beaucoup plus ennuyeux que si vous en avez 2: la perte de puissance totale sur un monomoteur durant le décollage se termine à coup sûr en accident. Ensuite, les pilotes inexpérimentés ou mal préparés ou panickés vont chercher à tout prix à revenir se poser sur la piste en cas de problème durant la phase de décollage ce qui se termine souvent en accident.
Sinon, en avion, je suis toujours surpris de voir le nombre de personnes qui se fichent éperdument des consignes de sécurité. Plus inconscient, ceux qui sont situés sur des rangées d'évacuation et qui ne prennent même pas la peine de lire les consignes de sécurité spécifiques à leur position et responsabilité. En plus des conseils de l'article: regarder derrière soi pour repérer les issues de secours, s'assurer que votre gilet de sauvetage est bien à l'endroit où il est supposé être, à l'international garder votre passeport dans votre poche à l'atterrissage et au décollage et se vêtir un maximum en cas d'amerrissage en eau froide.
Précision concernant l'IATA
Précision: l'IATA ne représente que les compagnies qui effectuent des vols internationaux et représente 93% du traffic aérien international. Il ne faut pas oublier cela, surtout dans des pays comme les USA où la proportion de vols intérieurs est conséquente. (Southwest Airlines, par exemple, n'est pas membre de l'IATA)
"When once you have tasted flight, you will forever walk the earth with your eyes turned skyward, for there you have been, and there you will always long to return." Leonardo Da Vinci
De mauvais goût
Etait-il indispensable de ressortir cet article du 25 mars dernier, intitulé : "Comment ne pas (trop) risquer sa vie en avion", justement aujourd'hui, où un avion d'Air France a disparu, avec 228 personnes à bord !
Il me semble que les familles des victimes que ce crash n'aura pas manqué de faire, auraient mérité plus de tact de la part de Slate.fr.
Marianne Arnaud
A propos du mauvais goût
Chère Marianne, je ne vois pas ce que vous trouvez de mauvais goût dans cet article. C'est une information. Ca ne change rien à la douleur des famille qui sont déjà , malheureusement, bien au delà de ce genre de considération.
S'il fallait dénoncer quelque chose dans le traitement journalistique de ce type de catastrophe, ce serait plutôt la question que les télévisions se croient à chaque fois obligées de poser aux proches des victimes sur le thème "Alors vous êtes malheureux d'avoir perdu votre père, mère, vos enfants, vos amis (rayer les mentions inutiles) ? Là on est dans le voyeurisme pur. Tout le monde connait la réponse, et il s'agit simplement de faire un "beau" plan sur une personne en larmes.
El Gato
L'image dans le tapis
Cher El Gato,
Cette histoire de "mauvais goût" c'est un peu comme dans le livre de Henry James "L'image dans le tapis".
Si vous ne voyez pas l'image, personne ne peut rien pour vous. Mais si vous la voyez, tout à coup, vous ne pouvez plus ne pas la voir.
Cela dit pour tout ce qui concerne la télévision, vous avez parfaitement raison.
Cordialement.
Marianne Arnaud
Coquille
Très bon article, bien documenté.
A signaler une toute petite coquille : "Il y a eu 502 décès suite à des accidents d'avion en 2008 contre 692 en 2008" ; je pense qu'il s'agit de 2007 pour le second chiffre.