Censurer le Net pour la protection des mineurs ne va pas de soi

Slate.fr, mis à jour le 05.02.2009 à 11 h 57

Comme pour la musique, le remède ne répond pas aux vrais problèmes.

La tentation d'un web pur, nettoyé de toute menace — pédo-pornographique, appel à la haine, etc,— qui apparaît dans quelques pays occidentaux semble désormais partagée par des responsables politiques français et relayée par certains médias. «Ces intentions qui président à ces projets de censure paraissent des plus louables, note André Gunthert dans un billet synthèse sur “Le filtrage d'internet, ou comment rejouer le fiasco des DRM”. Comment refuser de protéger nos enfants contre la vision de spectacles choquants ou les agressions de pervers sexuels?».

Filtrer un média comme le Net n'est pas le bon moyen de parvenir à ces fins, note le chercheur. L'histoire des mesures techniques de protections (Digital rights managment) [des fichiers musicaux par exemple] est un «fiasco» qui a accéléré le piratage plutôt que le limiter. Reproduire ce schéma dans le cadre de la protection des mineurs serait contreproductif. Etude d'une commission américaine sur le sujet à l'appui, André Gunthert pointe que «les problèmes rencontrés en ligne par les mineurs ne sont pas différents de ceux auxquels ils sont confrontés en dehors du web, mais en sont plutôt le miroir. Internet augmente la proportion de contenus illégaux disponibles, mais n'accentue pas nécessairement l'exposition des jeunes à ces contenus. Ceux qui sont le plus susceptibles de les retrouver en ligne sont ceux qui ont déjà des comportements à risques ou des difficultés dans leur vie.»

Vous souhaitez proposer un autre lien que vous jugez plus pertinent ou complémentaire? Envoyez-le à [email protected]

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte