Avis de gros temps devant Nicolas Sarkozy
En pleine crise, en panne dans l'opinion et privé de fusibles, le chef de l'Etat possède peu d'options pour reprendre la barre.
- Nicolas Sarkozy en mars 2007. REUTERS -
Désespérant! C'est ce qu'ont dû se dire les conseillers du président à la lecture des sondages du jour, parce qu'ils résument parfaitement la situation. En l'espèce, il s'agissait de mesurer l'impact du transfert de François Pérol de l'Elysée vers le nouvel ensemble bancaire né de la future fusion des Caisses d'Epargne avec les Banques Populaires: approbation de l'entrée de l'Etat au capital, et d'un contrôle exercé par ce dernier, désapprobation de la nomination d'un proche du chef de l'Etat. Parce que ce dernier a été imposé, sans le respect des formes. On peut étendre le raisonnement: les Français peuvent approuver une politique, ils rejettent la méthode; ils peuvent considérer que l'action est bonne, mais se défier de celui qui la conduit.
Ce ne serait pas si mal. Pourtant le désamour va bien au-delà de la personne du chef de l'Etat, car près de deux Français sur trois n'approuvent ni n'ont confiance dans la politique conduite face à la crise. La difficulté est donc double: à l'impopularité du président s'ajoute celle de sa politique, dans un moment où chacun sent bien qu'à la crise économique peut rapidement s'ajouter une crise sociale majeure, débouchant elle-même sur une crise politique. Avec toutes les dérives que celle-ci pourrait comporter.
Bien sûr, il y a ceux — peut-être sont-ils aujourd'hui une majorité — pour qui la cause est entendue: rien ne sert de supputer pour savoir si le président peut reprendre la main, ou d'attendre qu'une politique porte ses fruits; pour ceux-là, venus de la gauche ou déçus de la droite, le quinquennat est déjà un échec, et il est urgent de passer à autre chose, fût-ce en brusquant les événements. Mais partons de l'idée que Nicolas Sarkozy n'a pas dit son dernier mot. Quelles chances a-t-il de redresser la barre?
Le quinquennat, cadeau empoisonné
Toute la construction de la Ve République repose sur une idée simple: protéger le président, car il est, comme disait de Gaulle, «en charge de l'essentiel». Hormis les situations insurrectionnelles - à laquelle rêvent ceux qui souhaitaient exporter le tumulte antillais en métropole - la Cinquième fait de la présidence une forteresse imprenable. Or il n'en est plus tout à fait ainsi.
En premier lieu du fait du quinquennat, cadeau empoisonné légué par le couple Chirac-Jospin. Le quinquennat et la concomitance des mandats présidentiel et législatif privent le président de l'arme absolue de la reconquête qu'était la cohabitation. Souvenons-nous de la crise qui s'installa très vite après 1981, et qui vit le pays rejeter la gauche au bénéfice d'une droite à la fois libérale et sécuritaire, conduite par Jacques Chirac; en moins de deux ans (1986-1988), François Mitterrand récupéra la mise et réinstalla la gauche. On a pu louer alors, et admirer, les capacités du Président.
Mais quelque temps plus tard, rebelote! Un autre président, Jacques Chirac, pourtant moins habile, mit plus de temps et obtint le même résultat: cohabitation égale résurrection! D'ailleurs, qui n'a observé, à une plus petite échelle, que dès qu'un ou une ministre se tait ou fait mine de s'opposer, il ou elle redevient aussitôt populaire. Cette fois, pour le président, nulle issue de secours: sauf dissolution de l'Assemblée, Nicolas Sarkozy ne peut plus guère «donner du temps au temps», selon la maxime mitterrandienne.
Union nationale
En second lieu, la moindre force présidentielle tient à l'actuel titulaire de charge: tout se passe comme s'il s'était ingénié à défaire un à un les remparts que lui offraient les institutions: puisqu'il n'y a plus ni Premier ministre ni ministres puissants, il n'y plus de «fusibles». Au seuil de l'été 1984, après que deux millions de personnes mobilisées par l'Eglise et l'opposition eurent convergé de Versailles à Paris, le président Mitterrand avait du pour s'en sortir non seulement retirer une réforme litigieuse (celle d'un service public unique de l'éducation) mais aussi sacrifier son Premier ministre Pierre Mauroy. Or chacun sait que dans le système mis en place par et pour Nicolas Sarkozy, il n'y place pour aucun autre responsable que lui-même, donc pas de fusible possible.
Ou plus précisément, pour obtenir l'oxygène que suffisait à donner un autre Premier ministre, il faudrait une redistribution des cartes bien plus grande; pas impossible, sur le papier, mais dans les faits bien improbable. C'est le scénario d'une ouverture aux allures cette fois d'union nationale.
Après tout, de deux choses l'une: ou bien, nous sommes dans une crise grave, certes, mais comme les autres, c'est-à-dire cyclique; il nous faut alors essentiellement attendre la reprise américaine, et traiter socialement les conséquences de la crise pour en atténuer le choc ; politiquement, rassurer l'électorat de la droite peut suffire, dès lors que l'on considère qu'en 2012, la reprise étant passée par là, une nouvelle candidature est possible. Ou bien nous sommes, comme le croient certains experts, dans une crise de système, beaucoup plus grave, comportant des risques d'ébranlement de nos sociétés assez incontrôlables; alors qu'importe l'UMP ou le PS, qui y sont résolument hostiles, il faut passer par dessus les clivages, et choisir ailleurs que dans son camp, mais avec une autre répartition des pouvoirs, un chef de gouvernement.
De ce point de vue, chacun devine que Nicolas Sarkozy n'a qu'une option en magasin, en la personne de Dominique Strauss-Kahn, parce que, ès qualités et par lui-même, il crédibilise une politique de lutte contre la crise. On retrouverait alors une forme de cohabitation, et de sauvegarde pour le président. Scénario, encore une fois, hautement improbable, tant l'allergie est grande en France à toute forme de ce que les Américains appellent une politique «bipartisane», et de ce que les Allemands pratiquent à travers leur «grande coalition».
Il reste donc à espérer que Jacques Attali, et ceux qui avec lui nous annoncent que le pire est devant nous, seront démentis par les tenants d'un prochain retournement de cycle, plus compatible avec une gestion classique des clivages politiques. Mais dans tous les cas, ça risque de secouer!
Jean-Marie Colombani
Mis à jour le 02/03/2009 à 13h16







































Depuis ses débuts, la stratégie de Nicolas Sarkozy est de jouer sur la peur et la division. En tant de crise, il faut s'unir et ça il ne sait pas faire ! Je vous invite à lire une adaptation contemporaine, écrite en 2003, de la pièce de Jules Romains, Knock. Cela décrit très bien la seule et unique stratégie de Sarkozy et cela en montre aussi ses limites. (http://www.laptiteblan.fr/pages/SarKnockzy)
D'ailleurs, c'est aussi l'occasion de revoir Knock en DVD, Louis Jouvet y est excellent.
Merci pour votre site,
blan
Sarkozy à pas mal de soucis,
il suffit d'avoir écouté france info au début de la crise. lors d'une émission du des enfants interrogeaient un "expert" au sujet de la crise. Ce dernier affirmait : "la crise est du au président et ses 15 milliard de cadeaux au riches".
les exemples dans la presse sont aussi nombreux de propos malheureux, d'informations erronées etc .....
sarkozy est hyperactif,
Sarkozy est prolixe.
Mais Sarkozy à oublié de "contrôler" l'information et lui même.
Par contrôle j'entends informer, expliquer, disséquer.
Les journalistes actuels courent aux sensationnel! et après le lecteur donc ils doivent frapper juste: "Sarko à saint tropez , sarko et les carla" ou sarkozy "ment" se "trompe".
dire Le président à raison n'est pas vendeur.
dire le salon de l'agriculture c'est bien passé n'est pas vendeur.
on est dans un société consumériste: en bien mais aussi informations.
Le président doit se vendre et se faire vendre. Multiplier les propos discordant ne sert pas.... sauf à se poignarder soit même. à quand un président qui se vend à l'opignon comme un savon ou une barquette? aux usa c'est déjà le cas ... chez nous on devra y venir...
Acte 1
Nicolas Sarkozy prête 6 milliards d’euros à Peugeot et Renault à condition “qu’ils ne délocalisent pas en Tchéquie”.
Acte 2
Le Président tchéque,président pour 6 mois de l’Union Européenne,s’insurge de ces propos.On menace de retoquer les 6 milliards pour non respect de la libre implantation des entreprises en Europe.
Acte 3
Sommet européen oblige,la France déclare ce week-end qu’elle n’est pas protectionniste.
Acte 4
Ce matin sur Canal+,Bruno Le Maire,ministre des affaires européennes déclare sous la pression des journalistes :”Peugeot et Renault sont astreints à une obligation morale pour privilégier l’emploi en France vis-à-vis du gouvernement français.La crise va être très dure et s’ils se retournent vers nous pour de nouveaux financements,nous jugerons aux actes”.
Acte 5
La société SAM à Decazeville est sous traitante de Renault.Les travailleurs vont en etre pour 8 semaines d’arrêt,Renault vient de leur faire savoir que les carters de moteur ne seront plus fondus chez eux mais chez leur sous-traitant en Turquie.
Le Fabricant de pneus “Continental” à Clairoix dans l’oise a fait renoncer à ses 1200 salariés aux 35 heures l’année dernière.Passage aux 39 heures avec 90 euros nets de rémunération supplémentaire mensuelle.
Aujourd’hui,l’usine est au chômage technique.Le 16 mars doit être annoncer la fermeture définitive de l’entreprise.
Hier, j’ai vu aux infos télé,un ouvrier de Continental :”il délocalise en Tchéquie,le salaire mensuel là bas est de 400 euros.Peut-on vivre ici avec 400 euros”.
Acte 6
Bientôt en juin les européennes.
L’Europe protège t-elle?
L’Europe évite-t-elle les licenciements?
L’Europe maintient-elle le pouvoir d’achat?
Il va falloir être convainquant,le roi est nu.
Que le quinquennat soit un cadeau empoisonné, personne n'en doute. J'étais de ceux, peu nombreux je crois, qui préconisaient plutôt un septennat non renouvelable. Pour autant, il me semble que Nicolas Sarkozy, sondages ou pas, n'est pas dans une situation aussi désespérée qu'il peut y paraître. L'affaire Pérol n'est qu'une péripétie, et, d'ailleurs, quel président s'est abstenu de nommer des hommes de confiance à des postes stratégiques? Ni la Gauche ni les villepinistes ne sont en mesure de donner des leçons sur ce point. Le seul ennemi du pouvoir, en ce moment, c'est la crise. Et la seule question qui vaille se résume à celle-ci: Nicolas Sarkozy est-il à la hauteur? Les mois à venir nous apporteront la réponse. J'espère, pour ce qui me concerne, qu'il saura résister à tous ceux qui le pressent de céder aux sirènes d'une relance par la consommation dont nous savons tous les effets pervers. Il est vrai que ceux qui exigent qu'ils agissent ainsi prédisaient, il y a peu, un plan de rigueur...
Confraternellement.
Nicolas Sarkozy, ou la politique en 3 D : déception, défiance, désamour ... Comme vous le soulignez, sa marche de manoeuvre est très étroite, et il a, en une année et quelques mois de gouvernance, fait sauter tous les " fusibles " ... Le pays est en panne et vit une véritable " crise de système ", pouvant aller jusqu'à l'asphyxie. Selon moi, il faudrait pouvoir instaurer un pouvoir " à l'allemande ", symbolisé par la " grande coalition " ... Mais le PS, en France, n'est plus le grand parti d'opposition qu'il a été, capable de relayer l'actuelle majorité ! Donc, aucune issue de ce côté-là, pour le moment. Sans faire de pessimisme outrancier, la situation est suffisamment grave pour qu'elle inquiète le plus grand nombre ... Et la solidarité " à la française ", me direz-vous ? Elle a manifestement du plomb dans l'aile... Malgré tout, pour faire face aux nombreuses difficultés qui nous attendent, je persiste à croire qu'une prise de conscience collective est nécessaire et qu'elle n'émanera pas forcément des politiques !
Je ne comprends rien à ces histoires de fusibles et de quinquennat, cadeau empoisonné. Le président ne se cache plus derrière son premier ministre, c'est plutôt mieux, non ? Et qui regrette les cohabitations qui rendaient la France ridicule ?
Quelle politique mener face à la crise financière ? Manifestement personne n'en sait rien, mais nous avons la chance énorme de vivre dans un monde ouvert, toutes les solutions vont être essayées ici et là, et les initiatives qui rencontreront un début de succès se propageront comme des traînées de poudre.
Il est évident que très peu de gens ont les connaissances requises en économie pour émettre un avis un tant soit peu pertinent, et que du coup les politiques sont bien embarrassés. En attendant (cf l'excellent commentaire de Roger Nifle, orthographe mise à part) les enfants gâtés des media vont dire pis que pendre de tout et de n'importe qui, avec une forte prédilection pour dénigrer ceux qui se tapent le boulot, c'est-à-dire qui gouvernent. La vérité est que personne ne sait comment éviter les violentes secousses de notre développement économique, ceux qui déversent des torrents de "on vous l'avait bien dit", "tous des voleurs" (variante sur slate: "tous des crétins", cf L'âge de l'argent stupide), "il faut changer tout le système", etc etc ad nauseam sont comparables à ces supporters bouffis qui insultent des sportifs extraordinaires qui les valent dix mille fois.
"(cf l'excellent commentaire de Roger Nifle, orthographe mise à part) "
Oui il fallait lire "Prophétie auto-exauçante ? encore une couche" deux fautes dans le même titre et quelques autres encore.
Du côté de l'évolution économique, il n'y a rien à attendre. Les banques américaines sont globalement dans une situation épouvantable et même si, par un coup de baguette magique, elles parvenaient à surmonter leurs difficultés, les ménages sont tellement endettés que le crédit ne pourrait plus soutenir la croissance comme il l'a fait depuis 30 ans. L'économie américaine a perdu son moteur et, tant qu'elle n'en aura pas trouvé un autre, elle demeurera vouée, au mieux, à une courbe en L sans sortie prévisible.
La conjonction de la personnalité de Nicolas Sarkozy et d'une situation de crise aigue constitue un mélange potentiellement explosif. Dans l'esprit des français, l'idée du président bling bling dont l'initiative la plus marquante a été le cadeau de 15 milliards d'euros fait à ses copains patrons est maintenant solidement ancrée. Alors que le plan de relance aurait pu être l'occasion de se démarquer, il en a remis une couche en privilégiant une politique de l'offre comportant des mesures aussi inadaptées et connotées patronat que la suppression de la taxe professionnelle. La révolte sociale gronde, si la situation économique continue de se dégrader, comme c'est probable, tout est possible.
Une autre voie sur le plan politique pourrait être la constitution d'une confédération avec les pays du noyau dur européen, Allemagne, France, Italie, Bénélux, Grande-Bretagne si elle est prête à jouer le jeu sans arrière-pensée. Une confédération permettrait d'harmoniser les politiques et de regrouper les moyens de ses membres pour les porter à un niveau en phase avec l'ampleur des défis qui nous attendent. Les esprits semblent loins d'être prêts à une initiative de cette portée mais, dans les jours extraordinaires qui sont devant nous, ils pourraient mûrir plus rapidement que c'est aujourd'hui prévisible.
Pour reprendre la barre, il faudrait que Nicholas Sarkozy nous annonce qu'il a changé de cap.
Pour filer la métaphore sportive comme Arthur, Nicholas Sarlozy n'a pas perdu un match: c'est tout le système de jeu qu'il a adopté pour la France et sur lequel il a été élu capitaine qui a conduit le monde dans le mur.
Alors le pragmatisme c'est bien, mais tant qu'il ne nous convaincra pas qu'il a pris conscience de ses erreurs, ses réformes ne seront perçues, au mieux, que comme autant de rustines sur une chambre à air poreuse.
Sarkozy a fait sauter tous les fusibles, sans doute, mais avait-il le choix ? La société dans laquelle un de Gaulle pouvait jouer les monarques républicains, planant au-dessus des mêlées du jour, n'est plus la nôtre. Notre rapport à l'autorité n'est plus celui de nos aînés. Et il faut certainement s'en réjouir. La France a abandonné une nouvelle part de son inquiétante exceptionnalité, pour se rapprocher du modèle des démocraties libérales classiques. Comme en Grande-Bretagne, le chef du gouvernement, c'est désormais le chef de la majorité parlementaire : le président de la République et non plus le premier ministre. Le passage au quinquennat a contribué à désacraliser la fonction : tant mieux. Le pays a perdu suffisamment de temps avec les interminables septennats de Mitterrand et Chirac. A présent, un homme et son équipe sont jugés sur leur action en 5 ans. Aux Etats-Unis, c'est sur 4, et personne n'y prétend que c'est une période insuffisante pour conduire une politique cohérente. Sarkozy est pratiquement à mi-mandat. Nous jugerons en fin de partie. La solution DSK à Matignon présenterait, certes, certains des avantages d'une "grande coalition" à la française. Toujours utile en période de crise économique aiguë. Mais elle affaiblirait le pouvoir en le divisant. Et il est probable que l'ensemble de la gauche ne suivrait pas davantage DSK qu'elle n'a accepté la démarche des Kouchner, Martin Hirsch, Bockel, Amara, Besson, etc. Les média parleraient de "débauchage" et DSK perdrait toutes ses chances d'incarner le recours, en cas d'échec de la politique menée par Sarkozy face à la crise.
Il est vrai que les sondages sont mauvais. Mais ce ne sont que des sondages ! Je vous fiche mon billet que dans deux jours on ne reparlera plus de la nomination de monsieur Pérol. De plus dès que Sarkozy est à l'international les sondages remontent , et il y a un sondage dont on ne parle jamais : 3 électeurs de Sarkozy sur 4 revoteraient pour lui.
Vous dites "brusquer les événements", mais qui le pourrait ? Les Français sont de mauvaise humeur, c'est entendu, mais de là à suivre monsieur Besancenot ! Vous ne voyez tout de même pas madame Aubry en porte-drapeau de l'insurrection ?
Il est vrai que le quinquennat a changé la nature de la Vème République, ajoutez à cela le style très particulier de notre président ! Mais de là à faire l'apologie de la cohabitation ! Les Français ont en mémoire que toutes ces cohabitations se soldées par monsieur Le Pen au second tour. Monsieur Jospin, qui n'était pas au plus bas dans les sondages, avait été blackboulé. Ce qui n'était pas admirable mais pitoyable.
Et maintenant vous nous dites Strauss-Kahn. Cela me rend perplexe ! Je ne le connais que depuis que Sarkozy a tout fait pour qu'il soit nommé au F.M.I. Et comme le président "choisit toujours les meilleurs", j'admets que monsieur Strauss-Kahn doit être un bon.
Cependant le souvenir que j'en ai, c'est celui d'un candidat aux primaires du P.S. incapable de s'imposer comme candidat aux présidentielles face à son propre parti.
Alors, face à la France ?
Si une nouvelle élection intervenait aujourd'hui, trois électeurs sur quatre de M. Sarkozy revoteraient pour et il serait réélu nous dites vous.
M. Sarkozy a obtenu le 6 mai 2007 18 867 197 voix.
Les trois quarts représentent donc 13 867 197 voix.
Il y avait 35 773 578 bulletins exprimés le 6 mai 2007.
Eh bien, avec ses trois quarts de votants revotant pour lui, M. Sarkozy n'obtiendrait plus que ....38%......
Comme par hasard, c'est à peu près ce dont les sondages de "popularité" le créditent actuellement....
Votre décompte est tout à fait admirable et je vous en félicite.
Cependant je crains que vous ne m'ayez mal lue.
Je n'ai jamais dit que Nicolas Sarkozy serait réélu. J'ai simplement cité un sondage dont on ne parle jamais.
Comme beaucoup, je cherche aux quatre coins de l'horizon politique, un nom assez crédible pour éventuellement remplacer le président en cas de défaillance.
Je ne vois ni n'entends rien.
Mais peut-être avez-vous une idée ?
Monsieur Colombani, je trouve que votre article ressasse. Tout ce que vous écrivez, on l'a lu et relu.
Par ailleurs, vous tombez dans un travers typiquement français, celui qui consiste à rechercher dans le petit jeu des nominations personnelles la solution aux problèmes de fond. Heureusement qu'on n'est plus sous la IVème république car vous nous auriez pondu quelque chose sur la prochaine coalition.
Quelques questions ouvertes et auxquelles vous ne semblez pas trop vous intéresser:
- Que peut faire NS pour traiter avec son propre camp qui semble représenter la résistance au changement la plus tenace?
- Quid de l'hypothèse qu'il s'en fiche et ne changera pas de cap?
- Quid d'une nouvelle ouverture?
- Que se passerait il si la reprise se profilait à l'horizon?
Reprise du commentaire effacé par erreur
1 - L'opinion publique. La majorité des français désapprouve le mode de nomination du président d'un groupe bancaire. Or bien entendu les mêmes ignoraient l'existence des procédures de consultation d'une commission de déontologie et les conditions de sa saisine (qui ne semblent pas être celles qui ont été largement diffusées). Ils n'ont donc réagi qu'à ce que les médias et ceux qui les ont alimenté ont transmis, sans aucun autre moyen de jugement ni d'expérience.
Voilà donc un cas où l'opinion publique n'est pas une réaction à la réalité mais à ce qui est communiqué comme tel. La consommation des français est restée très élevée en janvier et le taux d'épargne a explosé. Les français sont plus inquiets que partout ailleurs. Pourquoi? L'opinion publique forgée par les médias (médiateurs qui transmettent avec ou sans discernement) est bombardée plus qu'ailleurs de négativité. Voir « l'opinion publique » http://journal.coherences.com/article387.html .
2 - Storytelling. Une des façons les plus efficaces de mobiliser une population c'est le storytelling c'est à dire raconter des histoires qui installent un Sens et une cohérence derrière une redondance narrative. « Le président veut être omnipotent mais le président est impuissant ». « Il devait répondre magiquement aux revendications des français mais il travaille pour les riches qui prennent l'argent des pauvres ». « Il veut agir partout mais il est incompétent ». « Le Grand Soir de la révolution, comme à Versailles, est imminent ». Voilà ce que l'on nous sert sur tous les tons, dans toutes les circonstances, à propos de tous les événements, structurant toutes les interprétations, soutenant toutes les projections et prophéties. Cela nous en dit long sur ceux qui s'y adonnent mais rien ou presque sur la réalité présidentielle. Voyez le storytelling de Barack OBAMA entrainant le meilleur des valeurs américaines pour comparer.
3 - Prophéties auto-exauçantes, auto-réalisatrices et auto-destructrices. La psychanalyse nous alerte sur le fait qu'il y a des prophéties qui, voulant annonçer ce qui va se passer, sont révélatrices des désirs, quelques fois inconscients, de ceux qui les profèrent. D'autres (Robert K Merton http://fr.wikipedia.org/wiki/Proph%C3%A9tie_auto-r%C3%A9alisatrice ) se réfèrent au théorème de Thomas « Si les hommes considèrent des situations comme réelles, alors elles le deviennent dans leurs conséquences ». Voir aussi : http://auriol.free.fr/parapsychologie/predictaction.htm .
Ainsi si les effets de la crise sont pour beaucoup un problème de confiance alors les prophéties catastrophistes, les négativités répétées, les histoires inquiétantes préparent l'opinion publique à des désastres. Les problèmes de crédit sont des problèmes de crédibilité. Ne parlons pas du droit ou du devoir d'informer mais de responsabilité communautaire. La critique des faits peut très bien être mise en perspective au service du bien commun et pas d'une contamination des esprits.
Gardons pour la fin les prophéties auto-destructrices. Ce sont celles que le PS et d'autres énoncent depuis des années avec perséverance, dans toutes les circonstances, hors de tout critère de vérité, et dont on voit les ravages auto-destructeurs. Le désir inconscient devient suicidaire lorsque la population ne se rend pas aussi facilement et peut même provoquer des effets inverses, une résilience défensive et salvatrice. L'écart actuel entre l'opinion relative au président et le % de voix qu'une élection lui concèderait est significatif. Il serait réélu demain sans problème. Mais il n'y a pas d'élection prévue, sauf dans le scénario de Monsieur Colombani et les co-auteurs des histoires qu'on nous raconte.
quelques éléments en vrac, incomplets et tardifs. je répondrai plus rapidement la prochaine fois, promis!
Sur l'Europe, accusée de ne pas nous protéger: je suis toujours gêné lorsque l'union européenne paie pour les fautes des nations qui la composent et qu'on lui fait porter un chapeau qui n'est pas le sien; c'est un procédé commode, redoutablement efficace et injuste. L'Europe , outre les progrès formidables qu'elle nous a permis d'accomplir, ne cesse de nous protéger depuis que la crise existe: sans l'euro, nous aurions vite replongé dans le cycle dévastateur déficit extérieur-dévaluation-austérité, qui signifie l'appauvrissement du plus grand nombre. Et si l'on veut être mieux protégé demain, pour notre énergie ou nos industries de pointe, il ne tient qu'à nous de faire grandir l'Union.
Donc je ne suis pas du tout d'accord avec le discours anti-européen qui resurgit ici et là et que la perspectve des élections européennes va relancer.
Il m'avait échappé que Martine Aubry ne croyait pas Nicolas Sarkozy désireux de conserver le pouvoir par les armes. Mais cette phrase démontre au moins que la liberté de proférer des sornettes (je pensais à un mot plus fort, mais la courtoisie m'a retenu) a été dûment préservée. Pour un PS attaché à défendre les libertés, c'est l'essentiel, non?
Pardon à ceux que j'oublie mais j'avais noté une double critique, opposée: d'un coté ceux qui disent que Sarkozy n'est pas dans une situation si "désespérée"; de l'autre ceux qui me reprochent de "ressasser".
Il me semble que dans leur majorité les Français n'ont plus confiance. Bien sûr on peut toujours incriminer les médias, qu'un internaute compare à ces spectateurs qui conspuent les joueurs qui, eux, sont sur le terrain: mais c'est ainsi, dans une démocratie, on vote, et ensuite on juge, ou on déjuge; c'est le plus souvent un jeu cruel, aiguisé par la cruauté des acteurs. Quand il recevait à l'Elysée, François Mitterrand aimait parler Histoire, et s'amusait à rapprocher les formes modernes du combat politique de ses formes anciennes, où derrière les lourds rideaux des palais se cachaient des hommes de main, armés de leurs dagues; il n'y a plus de sang, en démocratie du moins, mais la violence est bien là, qui peut aller jusqu'au montage, comme on l'a vu récemment dans l'affaire Clearstream. le reproche que l'on peut faire à la presse est de relayer cette violence, c'est un autre sujet.
En attendant que l'opinion se détourne est une réalité. "déception-défiance-désamour" dit Claudeg. Quant à ceux qui lui sont fidèles, ils sont, lorsqu'on les interroge, sur le recul, sur le mode:" heureusement que l'on a pas Ségolène"! C'est un soutien qui n'est plus tout à fait de l'adhésion. Donc, problème.
Comme toujours dans les périodes de crise et d'impopularité, deux réactions s'affrontent. Pour les uns, il est urgent de se recentrer sur l'électorat de la droite et de lui donner du grain à moudre idéologique; pour compenser, en quelque sorte, des mesures sociales dictées par la crise; ou les reculs du pouvoir, par exemple vis-à-vis de la fonction publique; ceux-là attendent que le président tourne le dos à l'ouverture, bloque des projets comme celui du statut du "beau-parent", au nom de la famille traditionnelle, et voudraient voir continuer les "réformes", notamment la réduction des effectifs de la fonction publique.
Pour les autres, plus encore à cause de la crise, Nicolas Sarkozy doit penser aux soixante quatre millions de Français, et ses souvenir qu'il y avait dans son contrat présidentiel la promesse d'aller au-delà des clivages ; il lui faudrait donc rechercher, cette fois ouvertement, une forme d'unité nationale; donc une ouverture non plus "intuitu personnae" mais politique. D'où l'hypothèse Strauss-Kahn, parce qu'il est compétent, et parce qu'il est socialiste. L'actuel directeur du FMI se perdrait? Peut-être à court terme. Mais enfin pour le moment, c'est la première attitude qui semble refléter l'état d'esprit dominant.
A dire le vrai je me sens proche d'El Gato, lorsqu'il énonce que pour reprendre la main, Nicolas Sarkozy devrait admettre un changement de cap, qu'il opère sous la pression des evènements. de mémoire, c'est la chose la plus difficile à demander à un dirigeant politique: opérer un retournement de façon cohérente et transparente.
Comme dirait Philippe Sollers, attendons et prions!
Certes les français émettent de la défiance vis-à-vis de sa gestion politique dans cette crise, mais ce que vous appelez « le désamour » due à son attitude souvent méprisante et autoritaire, à sa méthode souvent brutale et autocratique, choque une grande partie de l’opinion, y compris dans les rangs de la majorité.
Si son projet politique et les orientations qu’il souhaitait prendre au moment des présidentiels étaient claires (que l’on soit d’accord ou non avec lui), son attitude et sa méthode ont largement contribués à rendre sa politique incohérente, les orientations floues au travers « des réformes minutes » passées en force, et non pas dans un consensus d’opinions qui ont cristallisés les tensions. Tout ceci a fini par rendre la gouvernance inaudible, surdité renforcée par la crise économique et la déception de promesses lointaines, hypothétiques, non tenues et maintenant intenables.
La méthode.
Il évoque toujours un problème général qui ne peut par sa nature être contestable pour passer une idée, ou une réforme qui elle peut être totalement contestable c’est sa méthode !
Exemple : dire qu’il faut attraper les délinquants et les criminels d’une manière générale n’est pas contestable, mais dans la foulée, passer une réforme qui consiste à ficher tout le monde (j’exagère à peine) y compris de manière génétique et prêcher qu’il faut rechercher les prés délinquants en maternel, cela devient plus que contestable !
Ce qui est étonnant et sans doute contradictoire dans le commentaire de Roger Nifle, c’est que le « storytelling » qu’il d’écrit, fait aussi parti de la méthode de communication du président et de sa majorité, pour forcer la main des récalcitrants !
Je suis d’accord avec vous, quand, en se positionnant dans l’habit de hyper président de tout et en reprenant à son compte ce que ses prédécesseurs laissaient à la charge du gouvernement (ils savaient déléguer au 1er ministre, et aux ministres) il a fait sauter les fusibles !
En cas d’aggravation du contexte actuel, qu’il soit mondial, européen ou nationale, il n’est pas sur que DSK accepte de cohabiter même en cas de crise grave, profonde et incontrôlable. Il ont tout deux un tel ego.., qu’il serait difficile, voir impossible à DSK de se rabaisser au rôle de faire valoir crédibilisant la politique de lutte contre la crise de Nicolas Sarkozy.
Il est raisonnable de penser que dans le cas contraire, l’introduction de DSK dans une cohabitation y compris pour de motifs légitimes de crise incontrôlable et donc en adoptant une posture passant au dessus des clivages, constituerait un grave constat d’échec personnel du président, de sa politique, de sa méthode, et de son attitude. Il serait alors inutile pour lui de se représenter en 2012.
Je partage aussi votre « espérance »pour cette sortie de crise, même si j’ai une petite voix intérieure qui pense aussi qu’Attali n’est pas loin (en partie seulement) d’une réalité à venir, ou il faudra s’accrocher et serrer les fesses.
D'abord, je voudrais remercier JM Colombani de répondre aux commentaires de ses lecteurs car c'est une chose très rare sur internet. En pratique, le web 2.0 permet d'engager des discussions, mais il est exceptionnel que celles-ci puissent réellement lieu, faute d'implication des "parties".
Cependant, je persiste et signe: Que ce soit DSK ou un autre, l'important à mes yeux n'est ni la position de tel ou tel dans les sondages, ni le désamour de l'opinion (on est élu pour un certain temps, pas pour louvoyer au gré des humeurs des uns et des autres), ni encore qui est premier ministre à tel ou tel moment.
L'important, c'est de répondre à la question: "que faut il faire et pour quoi faire"?, bref de trancher sur le fond avant de trancher sur la forme. Si les réformes ou mesures engagées sont bonnes, alors pourquoi changer? Si elles ne le sont pas, que faut il changer?
Sur certains points, on voit le gouvernement avancer et prendre position sur le fond: La régulation financière ou le retour au commandement intégré de l'OTAN sont des exemples. Sur d'autres, des débats sont ouverts mais ne sont pas tranchés: Faut il recourir à l'impôt pour financer la relance (a mon avis, oui)? Faut il relancer par la consommation (à mon avis, non) Faut il continuer à déréguler le travail le dimanche (à mon avis, oui)? Faut il aller plus loin dans l'autonomie des universités et les partenariats avec le privé (à mon avis, oui)? etc.
Voilà par exemple, M Colombani, des points que je voudrais vous voir aborder avant de conjecturer sur le désamour, l'opinion, le futur premier ministre, les mesures tactiques et les manœuvres d'appareil.
Bonne journée