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70 ans après, 5.000 personnes visitent le site de la toute première explosion atomique

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 06.04.2015 à 11 h 18

Repéré sur The New York Times, Associated Press, KRQE

L'obélisque du site de Trinity, via Wikimédia Commons.

L'obélisque du site de Trinity, via Wikimédia Commons.

C'est à un tourisme apocalyptique d'un genre rare que se sont livrées plusieurs milliers de personnes, samedi 4 avril, nous rapporte le New Tork Times: la visite du site du Nouveau-Mexique où a explosé la première bombe atomique, le 16 juillet 1945, dans le cadre de l'essai Trinity, lui-même part du projet Manhattan, quelques semaines avant Hiroshima et Nagasaki. Là, une obélisque noire marque l'endroit où la bombe a explosé, c'est à dire, comme le rappelle la radio KRQE en citant des propos de l'époque du général Thomas Farrell, la naissance d'un phénomène aux effets «sans précédent, magnifiques, beaux, stupéfiants et terrifiants. La main de l'homme n'avait jamais produit un phénomène au pouvoir aussi extraordinaire.»

D'après le quotidien américain, le site n'est généralement ouvert au public que deux fois par an (la prochaine fois sera en octobre) et l'ultime visite en date, la dernière avant les 70 ans de l'explosion, a suscité un record d'affluence, avec 5.534 visiteurs:

«Faites attention aux serpents, préviennent les règles de sécurité, mais ne vous souciez pas des radiations, qui sont tombées à des niveaux suffisamment bas pour ne plus être une cause de préoccupation. Ce qui n'a pas empêché une queue de se former pour prendre un selfie devant une pancarte accrochée à un grillage: "Danger, matériaux radioactifs".»

«Cet essai a amené la Seconde Guerre mondiale à une conclusion rapide et inauguré l'ère atomique. C'est donc ici, au milieu de nulle part dans le Nouveau-Mexique, que le monde a changé il y a 70 ans», a expliqué à l'Associated Press Erin Dorrance, porte-parole du site.

La journée de samedi a aussi été marquée par un mouvement de protestation de la part des Downwinders, un groupe local qui se bat pour la reconnaissance de l'impact négatif qu'a eue la bombe sur la santé des habitants de la région. «Dans ma famille, six personnes ont un cancer et deux personnes sont mortes d'un cancer», a expliqué à l'Associated Press Jan Rael, l'un d'entre eux. Pour l'instant, le gouvernement américain n'indemnise pas les malades, mais deux élus du Congrès ont introduit une proposition de loi pour obtenir des fonds.

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