Monde

Des centaines de pêcheurs esclaves libérés en Indonésie à la suite d'une enquête de l'Associated Press

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 05.04.2015 à 9 h 56

Repéré sur Associated Press

Pêcheurs en Indonésie, le 12 décembre 2014 REUTERS/Antara Foto/Yusuf Fikri

Pêcheurs en Indonésie, le 12 décembre 2014 REUTERS/Antara Foto/Yusuf Fikri

Alors qu'une plainte vient d'être déposée contre BFMTV pour «mise en danger de la vie d'autrui» à la suite du direct de la chaîne sur la prise d'otages de l'Hyper Cacher, une enquête de l'Associated Press rappelle que parfois, les journalistes peuvent aussi sauver des vies.

Pendant un an, des reporters de l'agence de presse américaine ont recueilli les témoignages d'une quarantaine de pêcheurs birmans en situation d'esclavage dans l'île reculée de Benjina en Indonésie. Vendus par des trafiquants pour environ 900 euros, ces hommes travaillaient plus de 20 heures par jour sans salaire ou pour des sommes dérisoires. Ceux qui n'étaient pas assez efficaces étaient battus ou mis en cages, et aucun n'avait le droit de quitter l'île.

Vendredi dernier, après qu'Associated Press avait publié en mars un long article sur le sujet, des membres du gouvernement indonésien se sont rendus sur l'île et après plusieurs entretiens confirmant les conclusions des journalistes, ils ont procédé à une évacuation des travailleurs. Plus de 300 sont immédiatement partis.

«Certains étaient tellement malades et maigres qu'ils trébuchaient ou devaient être portés sur la passerelle menant au bâteau» écrivent les journalistes Robin McDowell et Margie Mason.

Parmi les employés de cette entreprise de pêche thaïlandaise, il y avait même un salarié payé exclusivement pour battre et terroriser les pêcheurs. La société en question, nommée Pusaka Benjina Resources, est enregistrée comme indonésienne, mais tous les capitaines de bâteaux sont thaïlandais. Or les bâteaux étrangers ne sont pas autorisés à pêcher dans les eaux indonésiennes. 

Les journalistes avaient également suivi le parcours des cargaisons de poissons, transportées jusqu'en Thaïlande, et qui se retrouvaient ensuite parfois vendues dans les grandes surfaces américaines.

L'enquête de l'Associated Press était ciblée sur l'île de Benjina, mais le problème est plus vaste. Fin mars l'Organisation internationale pour les migrations a annoncé qu'il y avait environ 4.000 hommes en situation d'esclavage dans les îles tropicales des alentours.

En juin 2014, une enquête similaire du Guardian révélait que les sous-traitants en poisson d'un fournisseur thaïlandais de crevettes utilisaient de nombreux travailleurs en situation d'esclavage. 

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