Monde

Les barrages de la Chine sur le Brahmapoutre inquiètent l'Inde et le Bangladesh

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 03.04.2015 à 18 h 22

Repéré sur The diplomat, Sciences et Avenir, i100

e fleuve Yarlung Tsangpo au Tibet, qui s'élargit et prend le nom de Brahmapoutre en Inde.  via Wikimedia Commons

e fleuve Yarlung Tsangpo au Tibet, qui s'élargit et prend le nom de Brahmapoutre en Inde. via Wikimedia Commons

La construction de digues sur le Brahmapoutre conduit à des tensions entre la Chine et les autres pays de la région, comme le rapporte The Diplomat. 

En novembre 2014, la première unité du projet, la station hydroélectrique de Zangmu, était devenue opérationnelle. Le projet était déjà controversé à l'époque, comme l'expliquait alors Sciences et Avenir. Le site rapportait les paroles du responsable de la société d'électricité du Tibet, recueillie par l'agence gouvernementale Chine nouvelle, qui affirmait: 

«Cette centrale hydroélectrique va résoudre les problèmes de carence en électricité du Tibet.» 

Cinq autres unités devraient être créées cette année, et le gouvernement chinois a autorisé un autre projet hydroélectrique le long du fleuve. 

Certains analystes prédisent une «guerre des eaux» entre l’Inde et la Chine. Brahma Chellaney, expert en affaires stratégiques, expliquait en 2009:

«Les barrages, digues, canaux et systèmes d’irrigation en amont peuvent transformer l’eau en une arme politique.»

Les projets de la Chine inquiètent le nord de l’Inde et le Bangladesh. Les barrages installés par l’Inde sur le Gange avaient déjà réduit le débit d’eau au Bangladesh. La salinité accrue des sols ont pesé sur l’agriculture et ces dernières décennies des millions de Bangladais ont dû déménager, ce qui a donné lieu à des conflits ethniques.

Interrogé par le Diplomat, Romesh Bhattacharji, ancien bureaucrate indien qui a voyagé jusqu’à la frontière entre l’Inde et la Chine, explique que le projet ne retenait pas d’eau et qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. 

Mais d’autres sont moins optimistes. Les barrages chinois sont une source d’inquiétude pour les pays riverains en aval selon Ramaswamy Iyer, ancien secrétaire des ressources en eau du gouvernement indien et professeur honoraire du Centre de recherche politique de New Delhi. Le projet est loin d’être bénin pour l’environnement, sans compter que l’eau n’est libérée que lorsque les turbines ont besoin de marcher, ce qui va créer de grandes variations dans le débit journalier, entre 0% et 400% par jour.

D’autres encore, s’inquiètent du possible détournement du Brahmapoutre vers le nord, ce qui aurait un impact significatif sur l’agriculture et la pêche. Mais Bhattacharji explique que les Chinois devraient faire monter l’eau plus de 1.000 mètres au-dessus de son altitude actuelle pour la détourner vers le nord, ce qui lui semble impossible. 

La tension entre les pays ne s’améliore pas, puisqu’ils ne communiquent pas sur leurs projets entre eux. L’Inde elle aussi construit des digues et bafoue les normes environnementales et autres au passage. Ces barrages pourraient empirer la situation en Assam et au Bangladesh.

Une infographie publiée par The Independent présente les pays qui manquent le plus d'eau, dont font partie l'Inde, le Bangladesh, et dans une moindre mesure la Chine. 

Carte des pays en manque d'eau (de la vulnérabilité en jaune à la sécheresse extrême en rouge), via i100

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