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Bob l'éponge, Fifa et hip-hop: dix choses à savoir sur Michy Batshuayi, la nouvelle hype qui pourrait faire basculer la L1

Jacques Besnard, mis à jour le 04.04.2015 à 15 h 25

Portrait du Balotelli belge, qui est en train de mettre le Vélodrome à ses pieds.

Michy Batshuayi contre Lille, le 21 décembre 2014. REUTERS/Jean-Paul Pélissier.

Michy Batshuayi contre Lille, le 21 décembre 2014. REUTERS/Jean-Paul Pélissier.

Ce dimanche 5 avril, le PSG se déplace à Marseille, sur lequel il compte deux points d'avance, pour le choc de la 31e journée de L1. Vous savez certainement beaucoup de choses sur Zlatan Ibrahimovic, mais pouvez-vous en dire autant de son adversaire du soir, Michy Batshuayi?

Arrivé un peu sur la pointe des pieds, le joueur belge est en train de mettre le Vélodrome à ses pieds et André-Pierre Gignac (parfois) sur le banc. Au Plat Pays, le nouvel international s’est fait un nom grâce à ses qualités footballistiques mais aussi par son excentricité. Voici dix choses à savoir pour faire le malin avec vos potes entre deux Curly et un Apéricube.

1.C'est l'attaquant le plus efficace de Ligue 1...

Michy est un très bon buteur. Ses 21 buts marqués dans le championnat belge lors de la saison 2013-2014 le prouvent. «Il a un talent fou. Il est capable de s’adapter à toutes les équipes. Sa principale qualité? La finition. Pied droit, pied gauche, tête, c’est pareil pour lui. Il peut devenir l’un des meilleurs attaquants d’Europe», confirme Julien De Sart, international espoir belge formé avec lui au Standard de Liège.

Cette année, le Belge est loin du podium des buteurs de la Ligue 1. La faute, sans doute, à son faible temps de jeu lors de la première partie de saison. Car si l'on compare le ratio buts marqués/minutes jouées avant les matches de ce week-end, le Belge est devant tous les meilleurs attaquants de Ligue 1. Avec 8 banderilles plantées en seulement 5 titularisations et 724 minutes de jeu, le Marseillais marque un but toutes les 91 minutes.

C'est mieux que le meilleur buteur lyonnais Alexandre Lacazette (1 but toutes les 97 minutes), Zlatan Ibrahimovic (1 but toutes les 102 minutes) et son coéquipier marseillais André-Pierre Gignac (1 but toutes les 154 minutes). «Il a tout, explique Thomas Bricmont, journaliste pour l'hebdomadaire belge Sport/Foot Magazine. Il est rapide, technique, puissant, c'est un bon finisseur, il est extrêmement doué. Je ne suis pas étonné par ce qui lui arrive. A mon avis, Marseille n'est qu'une étape. Je le vois un jour côtoyer le très très haut niveau.»

2.... et le plus rapide

Depuis le début de l’année 2015, les statistiques de Batshuayi sont incroyables. L’attaquant marseillais n'a par exemple mis que 55 secondes pour trouver le chemin des filets contre Saint-Etienne, 96 secondes lors de sa titularisation à Toulouse, 38 secondes après son entrée en jeu face aux Lensois…

 
Le Diable rouge a récidivé lors de sa première sélection avec la Belgique. Pour ses premières minutes internationales, Michy a marqué sur son premier ballon après 193 secondes de jeu face à Chypre.

 

3.Il a été renvoyé du centre de formation

Le joueur marseillais a connu quelques frasques durant son adolescence. Il a ainsi été viré du centre de formation d'Anderlecht pour des problèmes de discipline. Dans une interview qu’il a accordée à la chaîne du club marseillais, OMtv, Michy parlait de soucis de retards à répétition.

Après un passage au Brussels, un autre club de la capitale européenne (et un but qui donna la victoire aux siens contre Anderlecht), Michy est repéré à 14 ans par le Standard de Liège pour parfaire sa formation. Là aussi, il donne du fil à retordre à ses éducateurs. Christophe Dessy, directeur du centre de formation liégeois, se souvient:

«Il doit être sur le podium des joueurs les plus compliqués qu’on eu à gérer si on devait faire un classement qui prendrait en compte la discipline. C’est vrai qu’il nous a fait nous arracher quelques cheveux. C’était un garçon focalisé sur ses résultats sportifs mais qui n’était pas très scolaire. Il avait des problèmes classiques, des retards, des conseils de discipline. Comme beaucoup de jeunes au final.

 

Pour éviter qu’il néglige ses études, qu’il se rende compte un peu de la réalité, on lui a demandé d’aider le jardinier à s’occuper des pelouses, à nettoyer les bâtiments… ll était borderline mais on en rigole maintenant. Dans le fond, c’est quelqu’un de bien comme tous les membres de sa famille. Il va réussir à Marseille car il nous a dit qu’il le voulait. J’en suis convaincu. En tout cas, on est fier de ce qu’il réalise.»

4.Il a été viré des Espoirs belges

Plus vieux, Michy a encore fait parler de lui, cette fois-ci dans les médias belges. Lors d’un rassemblement avec les Espoirs, lui et son coéquipier Ibrahima Cissé auraient fait monter des call-girls dans leurs chambres. «Ils ont été punis pour tout le monde car le staff ne peut pas virer tout un groupe. Eux ont été pris sur le fait. C’est dommage car ce sont tous les deux des bons gars. Ca a fait beaucoup de bruit mais c’est arrivé à des centaines de joueurs. Après, personne ne sait vraiment bien si c’étaient des call-girls ou des copines», affirme Thibaut Roland, chroniqueur sportif qui a suivi Michy à ses débuts et qui connaît bien ses parents. «Je ne crois pas que ce soit Michy qui les ait fait monter», confirme Thomas Bricmont.

Pas facile de savoir avec précision ce qui s’est passé. Une chose est sûre, les deux compères, suspendus quatre matchs, avaient manqué par la même occasion le Tournoi international de Toulon. Une bonne leçon… «On ne veut plus en parler. C’est une erreur de jeunesse. On a appris de nos fautes, c’est ce qui nous a fait grandir…», conclut son compère Ibrahima Cissé, qui a depuis été rappelé en équipe Espoirs.

5.Il est parti du Standard sous les sifflets

Formé à Liège, lancé dans le grand bain par le club wallon, Batshuayi a vu son expérience au Standard tourner en eau de boudin alors qu’il avait quand même planté 21 buts en championnat durant la saison. Ce qui a notamment ruiné sa cote de sympathie auprès des fans, ce sont, en fait, les rumeurs qui l'annonçaient partant dès le mois de janvier. Son nouvel et désormais ex-agent, Christophe Henrotay, mandaté par les parents du joueur pour ses bons contacts en Premier League, souhaitait le faire signer à Everton avant de le prêter chez l’ennemi anderlechtois. «Henrotay est arrivé avec son carnet d’adresse international en lui promettant de le faire signer en Angleterre. C’est lui qui lui a promis le plus d’argent à ses parents. En tout cas, cela n’a jamais été la décision de Michy», assure Thibaut Roland.

Thomas Bricmont pense la même chose:

«Batshuayi n’a jamais souhaité signer à Anderlecht mais ça l’a sans doute déstabilisé durant la seconde partie de saison. Selon moi, il a surtout été sifflé par le public car il a totalement manqué ses play-offs [après une première phase à 16 clubs, le championnat de Belgique se termine par des play-offs à 6 clubs, ndlr]. Le Standard était favori et il s’écroule à l’image de l’équipe dans la dernière ligne droite. Il était individualiste. Il ne pensait qu’au titre de meilleur buteur. Il a terminé deuxième, en plus.»

Un des cadres de la Famille des Rouches, une association qui «chapeaute» les associations de supporters du club, confirme:

«Il y avait un monde entre le Michy du début de saison et celui des play-offs. Il y a un match contre Anderlecht où il rate deux ou trois occasions. On perd au final 2-1. Les supporters l’ont dès lors pris en grippe. Au Standard, on veut des joueurs qui mouillent le maillot. Il était trop personnel, trop égoïste.»

Son ancien coéquipier Julien De Sart estime quant à lui que les supporters ont été trop durs avec Michy… «Les gens ont oublié tout ce qu’il avait fait. Sans lui, on n’aurait jamais fait la même saison.»

Michy a finalement rompu son contrat avec Henrotay. En août 2014, il a été condamné à payer plus de 80.000 euros à son ancien agent…

6.Il a laissé planer le doute entre la Belgique et le Congo

Cette histoire de call-girls et sa mauvaise fin de saison au Standard ne l’ont pas mis dans les petits papiers de Marc Wilmots: le sélectionneur des Diables rouges avait été très sévère à son encontre avant le Mondial brésilien:

«Je trouve qu’il joue de manière trop égoïste durant les play-offs. Il pense trop peu au collectif. Ce que je veux à tout prix éviter, c’est un joueur qui joue sa propre Coupe du monde tout seul.» 

Pré-sélectionné dans les 30, puis finalement recalé pour le Mondial, Michy aurait pu porter les couleurs de la République démocratique du Congo, le pays de ses parents. Le sélectionneur africain Florent Ibenge l’avait en tout cas présélectionné et aurait fait de très insistants appels du pied au joueur en début d’année. «Il m’avait contacté, j’avais parlé avec lui mais Michy a grandi à Bruxelles, il a tous ses amis ici, il a toujours voulu jouer pour les Diables», explique son père. «C’était plus un coup d'intox pour faire avancer son cas auprès de Marc Wilmots», pense Thomas Bricmont. 

Michy a laissé planer un petit doute avant de communiquer officiellement sa décision début mars:

«Je suis né en Belgique, c'est le pays dans lequel j'ai grandi, au sein duquel j'ai été formé. J'ai eu la chance et la fierté de porter les couleurs des Diables rouges depuis un certain nombre d'années maintenant. Ma décision s'inscrit donc dans la continuité de cette vie d'homme et de sportif.»

7.C'est un grand gamin

L'attaquant belge a beau être majeur et vacciné du haut de ses 21 ans, il a encore des airs d'enfant ou d’adolescent. A Liège, il avait été arrêté par la police avec un pistolet factice dans son coffre. Cette année, c’est son sac à dos à l'effigie de Bob l'éponge qui fait un carton sur les réseaux sociaux.


A en croire Thomas Bricmont, qui l'avait interviewé avec cinq autres joueurs et amis, Michy porte également parfois une tétine…

«Il ne l’a jamais lâchée. Ca dénotait un peu car ils ont tous un look un peu racaille. Lui aussi avait une casquette, un look rap US. Les autres se moquaient un peu de lui.»

Sur le terrain, Michy sait également s’amuser, même lors de rencontres importantes, comme lors de ce moment insolite avec Silvio Proto en plein Standard-Anderlecht. En clair: c'est comme s’il faisait la même chose lors du clasico de ce dimanche avec Sirigu.


Même esprit lors du match Lens-Marseille, avec cette petite baffe sur son coéquipier Brice Samba avant de partir en courant.

Pour beaucoup, comme son ancien coach au centre de formation Christophe Dessy, c’est ce mental qui fait sa force:

«Cet état d’esprit qui lui est propre fait qu’il n’a pas peur des obstacles. Comme au Standard, qui a un public chaud, il n’est pas stressé par le public et la pression marseillaise.»

Reste que Michy a encore du mal à couper le cordon avec ses parents, qui se relaient pour venir le voir dans le sud de la France. «On va là-bas toutes les semaines», confirme Pino, son père. «Il a besoin de sa famille pour qu’il soit bien à l’entraînement et bon en match.»

Selon Thibaut Roland, «la seule chose pour laquelle il ne les a pas consultés, c’est pour son transfert à Marseille. Sur les conseils de Meïssa N’Diaye, son agent, il a coupé son téléphone pour éviter que d’autres intérêts n’entrent en jeu dans sa prise de décision». 

8.Il a interpellé EA Sports pour actualiser son profil à Fifa

Michy, comme beaucoup de footeux, est un grand fan du jeu Fifa (et un très mauvais perdant, selon Julien De Sart). Mécontent de sa photo dans la dernière version du jeu, il (ou celui qui gère son compte Twitter) a interpellé gentiment l’entreprise EA Sports pour l’actualiser.

Force est de constater que deux mois ont passé, mais le changement n’est toujours pas intervenu. L’attaquant phocéen a renvoyé un message via le même canal.

9.Il a des potes rappeurs

Michy écoute du rap. Il s’entend, semble-t-il, surtout très bien avec les rappeurs. Avec Dédé Gignac,  il a par exemple participé au clip du rappeur marseillais Alonzo, en featuring avec Maître Gims.


A Bruxelles, plusieurs de ses amis (Julien Vercauteren, l’international Anthony Vanden Borre, Ilombé Pelé Mboyo…) ont également participé à un clip de rap du groupe New School, dont une des chansons fait référence à l’attaquant marseillais: «Pour mes refrés couleur ébène / Comme le soulier à Michy». Une référence au soulier d’ébène, trophée qui récompense le meilleur footballeur africain du championnat belge, remporté en mai 2014 par Batshuayi.

New School avait également publié une photo des compères sur laquelle on peut voir Michy faire le signe du groupe. Le même que Romelu Lukaku avait fait pour célébrer l'un de ses buts avec les Diables.


Le rappeur Soprano (qui vient de publier un message pour saluer le travail de New School), a également défendu Michy afin qu’il soit titularisé. «Michy, je vais demander à Bielsa de te faire jouer plus parce que tu es trop fort!», a-t-il lancé dans une vidéo sur la page Facebook du joueur.

Enfin, le Bruxellois avait demandé un freestyle à Karim Haddouche, alias Sat l'artificier (ancien de la Fonky Family), après un entraînement sur la Canebière. L'ancien rappeur marseillais s’est exécuté après l’avoir interviewé pour l’OMtv.

 

10.Son petit frère est un futur crack

Si le passage de Michy à Anderlecht a été express, son frère fait ses classes chez les Mauves, et plutôt bien. A seulement 17 ans, le cadet est en train d’affoler lui aussi les recruteurs. Déjà buteur avec l’équipe professionnelle, Aaron Leya Iseka (il a pris le nom de sa mère) fait surtout parler de lui chez les jeunes Bruxellois. Avec 9 buts marqués, dont un triplé en quart de finale contre Porto, il est actuellement le meilleur buteur de la Youth League, la Ligue des champions des jeunes de moins de moins de 19 ans.

«Il y a une énorme solidarité entre les deux frères. Lorsqu’il était à Liège, Michy venait souvent voir son frère jouer chez les jeunes avec Anderlecht», se remémore Thibaut Roland. «En tout cas, une chose est sûre. Je reste persuadé qu’Aaron est plus fort que lui. Michy, à 15-16 ans, on imaginait pas qu’il exploserait comme cela. A 13-14 ans, tout le monde disait qu’Aaron allait devenir professionnel.»

Selon le Mirror, Chelsea se serait positionné pour recruter la pépite belge, qui vient néanmoins de signer un nouveau contrat avec Anderlecht pour cinq années supplémentaires.


Les deux frères ne sont pas les seuls à faire parler d’eux dans la famille puisque Verlaine, la sœur jumelle de Michy, a été candidate à Miss Belgique.

Jacques Besnard
Jacques Besnard (65 articles)
Journaliste
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